Étiquette : interprétation

  • La bouleversante très douce lumière de la « Missa pro defunctis quinque vocum » (de 1589) de Roland de Lassus (1532 – 1594), un chef d’œuvre servi à merveille dans le CD « Roland de Lassus – Requiem » de Vox Luminis dirigé par Lionel Meunier : une vive et très profonde, intense douceur, et durable émotion…

    La bouleversante très douce lumière de la « Missa pro defunctis quinque vocum » (de 1589) de Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich, 14 juin 1594),

    un chef d’œuvre servi à merveille dans le CD Ricercar RIC 493 « Roland de Lassus – Requiem » de l’excellent Vox Luminis dirigé par Lionel Meunier – enregistré à Franc-Waret au mois d’octobre 2025 – ,

    provoque une vive et très profonde, intense et durable, émotion…

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    C’est grand !

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    Ce jeudi 3 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La paradoxale très grande réussite du CD « 48° North – Caldara, from Venice to Vienna » de The BanXies sur un programme dans lequel la musique d’Antonio Caldara (Venise, 1670 – Vienne, 1736), compositeur surtout de très nombreux opéras, occupe seulement 9 plages sur les 25 du CD, et avec des pièces seulement de son Op. 1 de Sonates en trio, publié à Venise en 1693, les 14 autres étant dévolues à des pièces de compositeurs qui ont marqué Caldara, d’une façon ou d’une autre, sa vie durant : Legrenzi, Bach, Ferdinand de Médicis, Porpora, Vivaldi, Marini, Froberger, Biber, Muffat et Fux… Un magistral défi magistralement accompli par The Banxhies…

    C’est une paradoxale très grande réussite qu’accomplit le CD Alpha 1260 « 48°North – Caldara, from Venice to Vienna » – enregistré à Paris aux mois de septembre et octobre 2025 – de The BanXies, sur un programme dans lequel d’Antonio Caldara (Venise, 1670 – Vienne, 28 décembre 1736), compositeur surtout de très nombreux opéras, 9 plages seulement sur les 25 du CD, sont consacrées à Caldara lui-même, et, de plus à son opus précoce, son Op. 1 de Sonates en trio, publié à Venise en 1693 – il avait 23 ans… – , chez l’éditeur Giuseppe Sala,

    les 14 autres de ce programme, portant, elles, sur des pièces d’autres  compositeurs, qui ont marqué, d’une façon ou d’une autre, Caldara, ou qu’il a rencontrés, ici ou là, sa vie durant : Legrenzi, J-S Bach, Ferdinand de Médicis, Porpora, Vivaldi, Marini, Froberger, Biber, Muffat et Fux, et qui sont ici magistralement interprétées par The Banxhies, soient Roxana Rastegar et Yaoré Talibart, violons, Suzanne Wolff, violoncelle et Louise Acabo, clavecin et orgue, rejointes, pour 4 pièces de ce programme, par l’organiste Emmanuel Arakélian…

    Un magistral défi magnifiquement accompli…

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    Si seulement deux œuvres, sur les 15 que comporte le programme de ce CD, sont ici données en leur intégralité – la Sonate en trio 0p 1 n°5 en mi mineur d’Antonio Caldara, aux plages 1 à 4 du CD ; et la Sonate en trio en sol mineur K. 320 de Johann-Joseph Fux, aux plages 22 à 25 – , les autres n’étant données qu’en extraits,

    il faut aussi saluer bien bas les interprétations données ici par les Banxhies et Emmanuel Arakélian d’extraits de quelques formidables chefs d’œuvre splendidissimes de la musique – tels la magistrale Toccata II, FVWV 102 de Johann-Jakob Froberger à la plage 16 (4′ 18), ou le Praeludium de la Sonate du Rosaire n°1 « Annunciatio » de Heinrich-Ignaz-Franz Biber, trois extraits du Concerto grosso en sol mineur, de l’« Armonico Tributo«  de Georg Muffat, ainsi que l’Adagio  de la Sonate pour violon en ré majeur de celui-ci, entre autres merveilles, pour n’en citer ici que quelques uns… – dont les réalisations en ce CD rivalisent – rien moins ! – avec les meilleures données au disque jusqu’ici !

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    Et il faut aussi saluer la précision du texte de présentation du CD justifant le parcours de vie, de Venise à Vienne, d’Antonio Caldara, et les diverses rencontres, de personnes ainsi que d’œuvres, ayant marqué celui-ci et son évolution : c’est en 1715 que Caldara est appelé à Vienne comme vice-maître de chapelle de la cour de l’empereur Charles VI, sous l’autorité de Fux, et qu’il s’y installe avec sa famille. « Compositeur favori de Charles VI, il connaît alors sa période la plus féconde. Sa production est immense et son style évolue, conjuguant la virtuosité italienne à la tradition contrapuntique germanique, institutionnalisée par Fux dans son traité Gradus ad Parnassum (1725). Ce style particulier lui vaut une admiration considérable. (…) Malgré une hiérarchie officielle qui place Fux au-dessus de lui, mais un salaire plus élevé pour Caldara (!!!), aucune rivalité ne semble troubler leur collaboration. Fux lui témoigne même son admiration en lui confiant la direction de son monumental opéra Costanza e fortezza à Prague en 1723 – lors d’un de mes voyages à Prague, au cours de la décennies des années 90, et alors que j’étais conseiller artistique de la Simphonie du Marais, j’avais acheté à Prague, et à destination de Hugo Reyne, une édition de la partition de ce monumental et très marquant « Costanza e fortezza«  de Fux… Caldara se retrouve alors à la tête d’un orchestre monumental de deux cents musiciens, réunissant parmi les plus grands virtuoses de l’époque, tels que Johann Joachim Quantz et Giuseppe Tartini, ainsi qu’un chœur de cent chanteurs. (…) Caldara meurt en 1736 à l’âge de 66 ans, après avoir passé les 20 dernières années de sa vie à Vienne. Il est inhumé dans la crypte de la cathédrale, au son des cloches réservées aux princes. Il laisse derrière lui une œuvre immense, et son influence se prolonge bien au-delà de sa génération : si Johann Sebastian Bach et Georg Philipp Telemann  l’admirent de son vivant, les maîtres de la seconde école de Vienne étudieront et copieront plus tard sa musique pour s’en imprégner. Avec la disparition de Caldara, c’est tout un pan de l’histoire viennoises qui s’achève : Charles VI meurt 4 ans plus tard, puis Fux à son tour – en 1741 – ; l’esthétique évolue, et le monde baroque s’efface progressivement au profit d’un nouvel idéal sonore« .   

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    À mon goût personnel, la seconde et dernière Sonate en trio donnée en son intégralité de ce CD, aux plages 22 à 25, la Sonate en trio en sol mineur K. 320 de Johann Joseph Fux, est assez peu intéressante – et plus généralement je ne cache pas que je n’ai jamais vraiment apprécié Fux en CD ; cf par exemple les remarques de mon article « L’étrange cas Johann-Joseph Fux (1660 – 1741) et les très inégales surprises du CD « If Music… » (Purcell – Handel- Fux – Bach) du contre-ténor Jakub Jozef Orlinski, avec le piano très inattendu ici de Michal Biel…«  en date du 8 avril 2026…

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    Et pour Antonio Caldara,

    j’avais beaucoup apprécié le CD Glossa 922514 « Antonio Caldara – Trio Sonatas » d’extraits de ses Sonates en trio Op 1 et Op. 2, d’Amandine Beyer et Leila Schayegh – enregistré du 5 au 7 mai 2014 – ,

    ainsi que le CD Alpha 426 « Maddalena ai piedi di Cristo« , de Damien Guillon et son Banquet céleste – enregistré les 2 et 3 octobre 2017…

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    Il n’empêche que, à la différence du CD « Le Violon de Rameau » qui ma profondément déçu, et même irrité (!) – cf mon article « Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie… » en date du 29 août dernier… – , ce CD-ci « 48°North – Caldara, from Venice to Vienna » des BanXies suscite mon enthousiasme et emporte ma conviction en dépit de son d’abord très paradoxal hommage ici – surtout à travers diverses marquantes rencontres de son parcours musical de Venise à Vienne… –  à Antonio Caldara, compositeur encore assez mal connu, peut-être du fait qu’il est surtout un compositeur très prolixe d’opéras, difficiles – et très couteux ! – à produire en disques…

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    Et en tout cas, les Banxhies, soient Roxana Rastegar et Yaoré Talibart, violons, Suzanne Wolff, violoncelle et Louise Acabo, clavecin et orgue, sont assurément un ensemble à suivre de très près…

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    Admirez-les ici en cette trop brève vidéo (de 2′ 21) du Grave de la Sonate Op. 1 n°5 d’Antonio Caldara,

    filmée à la Schola Cantorum Basiliensis, par Sergio Flores…

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    Ce mardi 1er septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter le lumineux jeu apollinien de Francesco Piemontesi dans les deux Concertos pour Piano de Johannes Brahms, Op. 15 (de 1859) et Op. 83 (de 1881), avec Manfred Honeck dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig…

    Parce que j’aime beaucoup, beaucoup Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897),

    ainsi que le jeu du pianiste Francesco Piemontesi (Locarno, 7 juillet 1983) – auquel j’ai consacré jusqu’ici pas moins de 10 articles de mon blog encherchantbien.fr depuis celui en date du 26 décembre 2018 « Un pianiste très éminent, à suivre : Francesco Piemontesi, en un concert Liszt, à Lugano« … – ,

    il m’était difficile de passer à côté des deux récents CDs Brahms de celui-ci, avec Manfred Honeck (Nenzing, 17 septembre 1958) dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig fondé en 1781 :

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    _ le CD Pentatone PTC 518 7461 « Brahms – Piano Concerto n°2 and Three Intermezzi Op. 117 » – enregistré à Leipzig les 10 et 11 avril 2025, et paru le 19 septembre 2025 – et sur lequel sont consultables les articles de Christophe Huss « «2e concerto de Brahms», Francesco Piemontesi et Manfred Honeck » (Le Devoir, 26 septembre 2025), David A. McConnell « Review: Brahms – Piano Concerto No. 2 – Piemontesi, Gewandhausorchester, Honeck » (The Classic Review, septembre 2025), Patrice Lieberman « Francesco Piemontesi et Manfred Honeck, Brahms aux sommets » (Crescendo Magazine, 27 octobre 2025), Salvatore Sciafani « Transparence et lyrisme : Piemontesi et Honeck font chanter Brahms au Gewandhaus » (ResMusica, 7 novembre 2025) et, en un avis dissonant, Dave Hurvitz « Basically Boring Brahms from Piemontesi and Honeck » (Classics Today.com , 21 mars 2026) ;

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    _ et le tout nouveau CD Pentatone PTC 518 7417 « Brahms – Piano Concerto n°1 and Six Pieces Op. 118 » – enregistré à Leipzig les 18 et 19 décembre 2025, et qui vient tout juste de paraître… – , pas encore critiqué en revues…

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    Eh bien, j’apprécie beaucoup ce jeu apollinien, fluide et si lumineux, du pianiste tessinois Francesco Piemontesi, qui appartient pour moi à la famille des pianistes auxquels vont mes préférences pour leur absolu naturel, si proche de l’intimité, sans esbroufe, tels un Steven Kovacevich (San Pedro, 17 octobre 1940), un  Aleksei Lioubimov (Moscou, 16 septembre 1944), ou encore un Ronald Brautigam (Amsterdam, 1er octobre 1954), parmi pas mal d’autres…

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    Et dans Brahms j’aime beaucoup aussi, bien sûr, l’immense Evgeni Koroliov (Moscou, 1er octobre 1949)…

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    De même que je me souviens avec toujours très vive émotion du CD Decca – enregistré à Londres du 20 mai au 1er juin 1962 – de Clifford Curzon avec George Szell dans le Concerto pour Piano n°1 de Brahms…

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    À suivre donc, avec très grand plaisir, 

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    Ce dimanche 30 août 2026, Francis Lippa – Titus Curiosus

  • Sur l’intéressant CD « Du Mont – Couperin – Grigny – Partout amour me vient chercher » de l’Ensemble Capella Leonis sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon, une réponse qui tardait un peu trop à venir, pour une affaire de clarté du texte chanté…

    Suite à un courriel reçu hier soir à 22h 50 de Cédric Costantino s’étonnant à très juste raison

    (« votre annonce– in mon article « La merveille des bouteilles lancées à la mer, et rencontrant quelque destinataire inconnu (épisode 2) : le claveciniste et chef Cédric Costantino s’étonnant de voir mention de son nom en un article mien en date du 8 juillet 2020 à propos d’un CD « Nicolas Lebègue » du claveciniste Agustin Alvarez, qu’il ne connait pas, et de ce qui s’en est suivi… » en date du 9 mars 2016, et dans le post-scriptum duquel j’avais écrit : « je suis allé commander ce CD Indésens IC 094 « Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « à mon disquaire préféré, qui l’a reçu très vite ; et je lui consacrerai très bientôt une chronique détaillée…« … – de parler de mon disque est restée vaine sur Internet« )

    de ma promesse non tenue – il me semblait pourtant y avoir répondu, mais ce n’était hélas qu’en pensée : ce CD m’avait en effet donné bien à penser… – , j’ai à cœur de lui donner ici et ce jour enfin satisfaction…

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    Ce CD Indésens IC 094 «Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « – enregistré les 21et 22 juillet à la Chapelle-Haute de Saint-Michel-l’Observatoire – m’a, en effet, beaucoup intéressé, mais aussi imparfaitement plu, car, à ma grande surprise, ce sont davantage les pièces pour instrument seul de Nicolas de Grigny, Louis Couperin, Etienne Richard, Charles Richard, Jean Laquement Dubuisson et Jean de Sainte Colombe – aux plages 1, 6, 8, 10, 11 et 13 du CD – , que les chansons et airs de Henry du Mont – aux plages 2, 3, 4, 5, 7, 9, 12 – et Antoine de Boësset – à la plage 14 – , qui ont suscité là mon plaisir de mélomane.

    Mais cela surtout du fait du genre musical de ces chansons et airs de cour polyphoniques, du règne de Louis XIII, encore marqués des pratiques musicales de la Renaissance, alors que je préfère, et de loin, ce que devient la chanson et l’air de cour à l’époque disons baroque de Louis XIV : plus clairs…

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    Et j’ai probablement eu un peu de mal à l’écrire dans ces journées de début de printemps où j’ai reçu ce CD que j’avais pris soin de commander expressément  à mon disquaire préféré… 

    Mais j’avais éprouvé pareille gêne à l’écoute des divers CDs que Vincent Dumestre et son Poème harmonique avaient jadis consacrés, pour le label Alpha, à ces chansons et airs de cour polyphoniques du règne de Louis XIII, dans lesquels la clarté du texte à servir se perd un peu trop, à mon goût personnel du moins, dans le brouillard diffus, profus ou confus, des diverses voix qui s’entremêlent, et font perdre l’intelligence essentielle, fondamentale, de la signification du texte, souvent un poème fort beau, ainsi mis en musique… 

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    Voilà, une affaire de goût personnel…

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    Ce jeudi 27 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa