Étiquette : interprétation

  • L’enthousiasme Walton (suite) : maintenant ses Symphonies 1 et 2, par Kazuki Yamada dirigeant le City of Birmingham Orchestra…

    Mon enthousiasme pour l’œuvre de William Walton (Oldham, 29 mars 1902 – Ischia, 8 mars 1983) se poursuit :

    voici maintenant mon écoute de ses Symphonies 1 (1932-35) et 2 (1952-53), brillamment servies par Kazuki Yamada – né à Hamado, au Japon, le 26 janvier 1979 – dirigeant le City of Birmingham Orchestra dans le superbe CD Deutsche Grammophon DG 488 8227 « William Walton – Symphonies 1 & 2 – Orb and Sceptre«  – enregistré Live à Birmingham en décembre 2024 et novembre 2025…

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    Une musique splendide !

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    Il se trouve aussi que l’article de l’excellent Crescendo Magazine du 9 août dernier, et sous la plume de Carlo Schreiber, intitulé « Une dernière valse pour Kazuki Yamada« , à l’occasion de son concert d’adieu à Monte-Carlo, fait un très juste éloge de ce très fin chef :

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    Une dernière valse pour Kazuki Yamada
    Le 9 août 2026 par Carlo Schreiber

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    Le concert de clôture au Palais Princier affiche complet. Il s’agit du dernier concert dirigé par Kazuki Yamada en tant que directeur artistique et musical de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – voilà. Une soirée forcément particulière, qui prend, au fil du programme, des allures de fête – tiens, tiens… – autant que d’adieu.

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    Le concert s’ouvre par une curiosité : une transcription du Quatuor à cordes de Maurice Ravel pour bois, cuivres et diverses percussions — sans aucun instrument à cordes — réalisée par le compositeur et arrangeur italien Giancarlo Chiaramello.

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    Le Quatuor de Ravel est – très évidemment – un chef-d’œuvre, une œuvre d’une perfection formelle et d’une subtilité de timbres qui paraissent – en effet – indissociables de son écriture originale. Ravel fut par ailleurs un orchestrateur exceptionnel, capable de transformer les couleurs instrumentales sans jamais perdre la substance de sa musique. Pour La Valse, il travailla simultanément aux versions pour piano, pour deux pianos et pour orchestre — trois réalisations musicalement indépendantes – tout à fait !

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    Giancarlo Chiaramello connaît, lui aussi, parfaitement l’art de l’arrangement. Il a notamment signé les arrangements de tous les concerts Pavarotti & Friends, expérience qui témoigne d’une solide maîtrise de l’écriture orchestrale et des possibilités offertes par les différents pupitres.

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    La démarche n’en demeure pas moins surprenante. Entendre les fameux pizzicati du deuxième mouvement du Quatuor transposés aux bois, aux cuivres et aux percussions constitue certes une expérience insolite. Mais cette curiosité sonore peine – très probablement – à convaincre sur le plan musica – qui prévautl. Ce qui, chez Ravel, naît d’un équilibre extrêmement subtil entre quatre instruments à cordes — de leurs attaques, de leurs résonances et de leur complémentarité — perd ici une part importante de son évidence et de sa finesse – voilà…

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    La virtuosité de l’arrangement est indéniable, mais elle ne suffit pas à faire oublier ce que l’œuvre originale doit précisément à son écriture pour cordes – exactement. La transcription apparaît davantage comme un exercice de style que comme une nécessité musicale – c’est dit. L’Orchestre ne joue d’ailleurs que les deux premiers mouvements — vraisemblablement pour des raisons de minutage —, laissant une impression d’inachevé. Le public accueille cette proposition avec des réactions partagées – et on le comprend bien.

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    Heureusement, la suite du programme donne à la soirée une tout autre dimension – ouf !
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    Kantorow, l’ivresse lisztienne
    Alexandre Kantorow est l’un des pianistes favoris du public monégasque. Il avait été révélé au Festival de Menton, lors d’un récital donné au Musée Cocteau en 2018. L’année suivante, il devenait le premier pianiste français à remporter la médaille d’or du prestigieux Concours Tchaïkovski. En 2020, il recevait la Victoire de la Musique Classique dans la catégorie « Soliste instrumental ».

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    Ce fut le début d’une carrière fulgurante qui l’a conduit à se produire avec les plus grands orchestres, dans les salles les plus prestigieuses et dans les principaux festivals internationaux. En 2021, il devient artiste en résidence de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo – voilà – , où il se produit aussi bien en récital qu’en soliste avec orchestre ou en musique de chambre. Depuis, il revient régulièrement à Monaco, en récital comme aux côtés de partenaires tels que Daniel Lozakovich ou Sergey Khachatryan.

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    Rejoignant le clavier à grandes enjambées, il ne fait qu’une bouchée du Deuxième Concerto de Franz Liszt, une œuvre à la mesure de ses moyens démesurés. Il y fait preuve davantage d’aisance que de perfection, mais cette liberté participe pleinement au caractère de son interprétation. Libre et fantasque, son discours progresse davantage par à-coups que dans une parfaite continuité. Il est pourtant impossible de résister à cet enthousiasme un peu échevelé, d’autant que l’orchestre joue pleinement le jeu, enfiévré par la baguette de Kazuki Yamada – un chef vraiment magnifique.

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    Moins souvent joué que le Premier Concerto, le Deuxième Concerto pour piano de Liszt se présente sous la forme d’un vaste mouvement continu, relativement concis, dans lequel le soliste se fait tour à tour poète, rêveur, virtuose et provocateur. La structure évolue sans cesse grâce à cette méthode très personnelle de transformation thématique qui constitue l’une des grandes originalités du langage de Liszt.

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    Cette conception renouvelle profondément la forme du concerto, dépassant la traditionnelle opposition entre le soliste et l’orchestre, ce jeu de « combat et de collaboration » si caractéristique du XIXᵉ siècle. L’élément de lutte demeure pourtant présent : celui de l’individu face au groupe, du piano qui s’affirme avant de se fondre à nouveau dans la matière orchestrale.

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    Alexandre Kantorow a parfaitement saisi ces enjeux. Sa maîtrise technique considérable n’est jamais une fin en soi : le développement organique de la musique prime – très heureusement, bien sûr – sur la démonstration de pure virtuosité – à laquelle je suis personnellement allergique… Avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo placé sous la baguette de Kazuki Yamada, il instaure une véritable complicité de musique de chambre – ce qui personnellement me convient à merveille…

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    De cette écoute réciproque naissent des moments d’une grande intensité, qui inspirent au pianiste des envolées poétiques d’autant plus sublimes que la dynamique entre le piano et l’orchestre atteint son point d’équilibre – c’est très bien. Kantorow se montre également éblouissant dans les passages de bravoure, notamment lorsque Liszt déchaîne ses redoutables cascades d’octaves. La virtuosité est spectaculaire, mais elle reste intégrée au discours musical – bien, bien…

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    Le public est conquis. Plusieurs rappels plus tard, Kantorow revient au piano et offre la – très belle – paraphrase de Liszt sur le – sublime – Liebestod de Tristan und Isolde de Richard Wagner.

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    Après l’exubérance du concerto, cette transcription prend une tout autre dimension. Le piano devient voix, orchestre et souffle dramatique à la fois – voilà. Kantorow y déploie un lyrisme d’une intensité presque irréelle.

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    Le nirvana.

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    La Valse, enfin
    Il reste alors à Kazuki Yamada une dernière œuvre, et pas n’importe laquelle – mazette ! – : La Valse de Ravel, l’une des partitions les plus brillantes et les plus fascinantes – mais oui – du répertoire orchestral.

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    C’est aussi l’une des œuvres préférées du chef japonais – tiens, tiens… – , qui lui accorde une signification – personnelle – toute particulière : c’est avec elle qu’il acheva ses études de direction d’orchestre au Japon. Pourtant, en dix ans à la tête de l’OPMC, – assez étrangement – il ne l’avait jamais dirigée à Monaco. Elle avait toujours été confiée aux chefs qu’il avait invités. Ce soir, La Valse sera donc – enfin – la sienne. Une première, et pas des moindres – dont acte.

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    Dès les premières mesures, Yamada impose un Ravel épidermique, éruptif, haletant – conformément à la signification même de cette œuvre en effet singulière pour Ravel : en son projet, dès 1914, il l’avait d’abord intitulée « Wien« …  – , donné avec une générosité et une urgence presque terribles – et il le faut absolument : Vienne ou l’apocalypse joyeuse (1880 – 1938), pour reprendre l’expression de mon ami Jean Clair… Et Ravel ressentait très intensément tout cela… Ce n’est pas une valse élégante qui se déploie, mais une extase – orgasmique à la fin ! – dansante, tournoyante, presque hallucinante — un tourbillon qui devient peu à peu plus passionné, plus fiévreux, jusqu’à l’épuisement – voilà, voilà.

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    Kazuki Yamada ne traîne pas. Son envie d’en découdre saisit à la gorge. Il attise les sonorités crues d’un monde qui semble de moins en moins sûr de lui-même. La valse se dérègle, se déchaîne, perd progressivement ses repères, jusqu’à cette seconde partie qui arrive comme une gifle, une déflagration – oui.

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    Lancé tel un train infernal, l’OPMC danse sur un volcan. La musique semble courir à sa perte avec une jubilation presque inquiétante – et ce doit tout à fait être cela…

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    Une apocalypse joyeuse selon Yamada – et selon Jean Clair.

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    Cette interprétation constitue une conclusion particulièrement forte – forcément ! – au concert, mais aussi, symboliquement, au parcours monégasque – qui s’achève donc – du chef japonais. Durant ses années à la tête de l’OPMC, Kazuki Yamada aura contribué à affirmer l’identité artistique de l’orchestre, en faisant dialoguer le grand répertoire symphonique avec des œuvres moins attendues et en multipliant les rencontres avec des solistes et des chefs de premier plan.

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    Cette dernière soirée au Palais Princier avait donc quelque chose de plus qu’un simple concert de clôture. Elle célébrait une relation artistique construite au fil des années, une complicité entre un chef et un orchestre, mais aussi une page importante de la vie musicale de la Principauté.

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    Et lorsque les dernières mesures de La Valse s’effondrent dans un vertige final, demeure une étrange impression : celle d’avoir assisté à une fête, mais aussi à un adieu.

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    Ce concert a la douceur mélancolique des soirs où l’on remercie un ami avant de le voir prendre un autre chemin.

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    Monte-Carlo, Palais Princier, 6 août 2026

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    Crédits photographiques. :  Frederic Nebinger / Palais princier

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    Un commentaire de ce CD « William Walton – Symphonies 1 & 2 – Orb and Sceptre » de Kazki Yamada est paru dans le numéro 755 S du magazine Diapason du mois de mai dernier, sous la plume de Thomas Deschamps, assez positif, mais constellé toutefois de nuances mitigées : « orchestration truculente« , « noblesse requise » , »habileté« , « naturel« , « finesse« , « direction élancée« , mais aussi « premier degré« , « peine à traduire l’indication « con malizia » « …

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    Alors que mon disquaire préféré a été, lui, enthousiasmé par ce CD. Et c’est son enthousiasme qu’à mon écoute personnelle je m’empresse de partager… Kazuki Yamada sait magnifiquement nous emporter dans cette très belle musique, vivante et contrastée, de William Walton.

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    Ce samedi 15 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Jouir de la « Proserpine » de Lully et Quinault de Christophe Rousset et ses Talens lyriques : de délicieuses retrouvailles au CD…

    Jouir de la « Proserpine » de Lully et Quinault (de 1680) de Christophe Rousset et ses Talens lyriques : que voici de délicieuses retrouvailles en un triple CD Château de Versailles Spectacles CVS 187 !!! – enregistré du 19 au 22 juin 2025…

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    Retrouver ainsi le génie subjuguant et de Philippe Quinault (Paris, 3 juin 1635 – Paris, 26 novembre 1688) et de Jean-Baptiste Lully (Florence, 28 novembre 1832 – Paris, 22 mars 1687) pour l’éternité si miraculeusement accordés, est subjuguant d’intensité…

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    Admirez ici par exemple ceci (2′ 28)…

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    Ce lundi 10 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P. s. :

    ce 14 août, sur son blog Discophilia, Jean-Charles Hoffelé vient de consacrer à cette « Proserpine » de Lully et Quinault si bien servie par Christophe Rousset et ses Talens lyriques, un très juste article intitulé « Proserpine retrouvée« , que l’on peut consulter ici …

  • La merveilleuse humanité Téchiné dans « Les Gens d’à côté », sublimement servie par une immense Isabelle Huppert à son sommet…

    C’est lors de la rédaction de mon article d’avant-hier « Apprécier « La Prisonnière de Bordeaux », tourné à l’automne 2023, dans ma rue, à 50 mètres de mon balcon… » que j’ai découvert, avec grande surprise, l’existence du film d’André Téchiné « Les Gens d’à côté » (sorti sur les écrans en 2024), comportant, qui plus est, le même duo d’actrices Isabelle Huppert/Hafsia Herzi que dans « La Prisonnière de Bordeaux » de Patricia Mazuy (sorti lui aussi en 2024), ainsi que de son précédent film « Les Âmes sœurs » (sorti, lui, en 2023), et qui avaient tous deux échappé à ma vigilance de passionné pourtant de l’œuvre entier d’André Téchiné ;

    et dont je me suis empressé de commander illico presto les deux DVDs….

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    C’est donc avec une très vive émotion que je désire témoigner, ici même, de mon intense admiration, et de l’art de cinéaste si profondément humain d’André Téchiné, et du jeu si subtilement expressif, en toute la complexité du ressenti de son personnage, de l’immense Isabelle Huppert, en ce film d’une très grande sobriété, « Les Gens d’à côté« …

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    Scène d’ouverture

    Les Gens d’à côté s’ouvre par une manifestation policière. Pour cette scène, André Téchiné s’est inspiré de la réalité, du dispositif et des slogans, même si le réalisateur les a revisités et remis en scène. Il confie : « J’avais envie de filmer en ouverture cette part sensible, vulnérable de la police. Cette face cachée est liée à un dysfonctionnement de la profession dont on parle finalement assez peu. »

    « La scène de manifestation est d’ailleurs développée plus tard par une scène de réunion syndicale qui permet de rebondir vers la fiction et d’interroger les raisons du suicide de Slimane, le compagnon de Lucie (Isabelle Huppert). Les médias donnent l’image d’une police justicière et rageuse ; dans le film, la déléguée syndicale pointe la souffrance au travail de ses collègues » – voilà.

    Zone pavillonnaire

    André Téchiné a tourné dans une zone pavillonnaire indéfinissable, entre ville et campagne – dans le Midi. Il précise : « Lucie dit à Julia qu’il n’y a rien pour les jeunes dans cet endroit. Ce sont des endroits périphériques, on ne sait plus trop où on est. C’est tout un tissu avec des centres commerciaux, des pavillons, des zones industrielles, tout ça s’interpénètre. C’est une vie pavillonnaire avec l’inévitable clôture qui définit l’espace de résidence. »

    « Le geste de la fiction était de faire se rencontrer Lucie et Julia puis Yann – le compagnon de Julia et père de la petite Rose – dans ce genre de zone où on ne se rencontre pas. Il m’a semblé que ces endroits ne sont pas tellement montrés au cinéma. Ils méritent qu’on s’y attarde, qu’on les fasse exister, et j’ai l’impression que ces espaces urbains ni campagnards contribuent à cloisonner les gens. »

    Retrouvailles

    Après Les Ames soeurs, Les Gens d’à côté est le second film d’André Téchiné avec Georges Lechaptois à l’image. Le metteur en scène confie précise : « Quelles étaient nos options principales ? Tout simplement filmer ces espaces comme ils sont. Et puis filmer au plus près – voilà ! – les émotions des acteurs, leurs gestes, leurs regards, leurs tremblements dans ces lieux à la fois étranges et familiers. »

    Qui pour les voisins ?

    André Téchiné a très tôt pensé à Hafsia Herzi et Nahuel Perez Biscayart  pour les voisins, et a même écrit le scénario des Gens d’à côté comme une partition en ayant en tête ces deux comédiens : « Pour le mode opératoire du Black Bloc,  frêle et agile, avec le don d’ubiquité de se glisser partout, Nahuel me semblait physiquement correspondre. Et puis pour endosser ce personnage trash dans la tourmente – voilà aussi – , il a pris tous les risques. »

    « Parfois sale, parfois bouffon, parfois défoncé, il a relevé tous les défis d’un rôle dangereux. Pour Hafsia, j’avais vraiment envie de travailler avec elle. Elle a un don inouï pour l’improvisation, elle est quasiment co-autrice des dialogues, elle les change d’une prise à l’autre, elle invente tout le temps, elle a une imagination spontanée, un instinct très sûr », raconte le réalisateur.

    Bonne entente

    Isabelle Huppert et Hafsia Herzi sont, quelques semaines après Les Gens d’à côté, à l’affiche de La Prisonnière de Bordeaux de Patricia Mazuy.

    45 ans après…

    Isabelle Huppert et André Téchiné se retrouvent pas loin de 45 ans – mazette ! – après Les Sœurs Brontë. Le metteur en scène confie : « Elle a une fermeté impressionnante dans le jeu, elle va droit à l’essentiel, et en même temps, elle garde toujours son opacité – c’est magnifiquement juste. On ne sait pas ce qu’elle a dans la tête – voilà. Elle tient debout et elle projette son ombre. Je ne sais pas comment elle fait pour avoir un jeu à la fois aussi précis et aussi mystérieux – voilà son génie !.. J’aime sa relation avec la petite fille : Isabelle n’est pas du tout maternelle avec elle, elle est comme une grande sœur, et elle me donne le sentiment qu’elle a gardé le sens de l’enfance, ça lui donne beaucoup de fraîcheur » – oui, aussi : en permanence elle s’invente dans chaque situation affrontée.

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    Et jeter ici un coup d’œil à la bande d’annonce du film (de 1′ 31)…

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    Ce samedi 8 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Sur son violoncelle Gennaro Gagliano ayant appartenu au chef et violoncelliste John Barbirolli, Astrig Siranossian nous offre un bien joli récital-hommage « Sir ! – Elgar – Bruch – Britten »…

    Sur son beau violoncelle Gennaro Gagliano, ayant appartenu au chef et violoncelliste Sir John Barbirolli (Londres, 2 décembre 1899 – Londres, 29 juillet 1970),

    la jeune violoncelliste Astrig Siranossian (née à Lyon le 19 décembre 1988) vient nous offrir, avec le CD Alpha 1217 « Sir ! – Elgar – Bruch – Britten« , un bien joli récital-hommage, avec Nathanaël Gouin au piano, et le London Symphony Orchestra dirigé par François-Xavier Roth – enregistré à Londres au mois d’avril 2024 pour le « Concerto pour violoncelle Op. 85 » de Sir Edward Elgar (Lower Broadheath, 2 juin 1857 – Worcester, 23 février 1934) et « Kol Nidrei Op. 45«  de Max Bruch (Cologne, 6 janvier 1838 – Berlin, 2 octobre 1920) ; et à Paris, salle Colonne, au mois de mai 2025 pour la « Sonate pour violoncelle Op. 65 » de Lord Benjamin Britten (Lowestoft, 22 novembre 1913 – Aldeburgh, 4 décembre 1976) et « Salut d’amour Op. 12«  d’Edward Elgar… 

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    Bien sûr, on garde le souvenir le plus ému de la génialissime Jacqueline Du Pré (Oxford, 16 janvier 1945 – Londres, 19 octobre 1987) interprétant le Concerto pour violoncelle d’Elgar, avec John Barbirolli dirigeant le London Symphony Orchestra, en 1965 – écoutez ça ici ! (29′ 54) : de la braise… – ;

    ou de Janos Starker interprétant Kol Nidrei – composé par Max Bruch pour la communauté juive de Liverpool en 1880 – , avec Antal Dorati dirigeant le même Symphony Orchestra, pour Mercury en 1962 – écoutez çà ici (9′ 56), c’est sublime…

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    Un bien beau récital-hommage…

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    Ce vendredi 7 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa