Étiquette : interprétation

  • Mieux écouter les troublantes et profondes « Mélodies hébraïques » pour alto et piano Op. 9 de Joseph Joachim, grâce au très beau CD principalement consacré au Trio Op. 114 de Johannes Brahms, de Tabea Zimmermann, Jean-Guihen Queyras et Javier Perianes…

    Mieux écouter les « Mélodies hébraïques » pour alto et piano Op. 9 de Joseph Joachim, composées en 1854 et dédiées à Johannes Brahms, grâce au CD principalement consacré au « Trio Op. 114 » de Johannes Brahms que viennent de nous proposer Tabea Zimmermann, Jean-Guihen Queyras et Javier Perianes, le CD Harmonia Mundi HMM 907 789 « Johannes Brahms – Trio Op. 114 – Robert & Clara Schumann – Joseph Joachim – Romances et Hebrew Melodies » – enregistré à Berlin du 14 au 17 septembre 2025 – ,

    tel est à mes yeux le premier mérite de l’article – consacré à ce CD – qui paraît ce mercredi 5 août, et intitulé « L’alto règne« , de Jean-Charles Hoffelé sur son  site Discophilia,

    par rapport à mon article en date du 25 avril dernier « Le merveilleux « Trio en la mineur » Op. 114 de Brahms par Tabea Zimmermann, alto, Jean-Guihen Queyras, violoncelle, et Javier Perianes, piano : une tendre et chaude intime conversation sublimement poétique…« , dans lequel mon attention s’était un peu trop focalisée sur cet absolu chef d’œuvre de Brahms qu’est son « Trio Op. 114 » pour clarinette ou alto, violoncelle et piano…

    …

    L’ALTO RÈGNE

    …

    Clarinette ou alto pour la tardive ballade automnale – en 1894 ; Johannes Brahms (Hambour, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897) avait 61 ans… – du Trio, Op. 114 de Johannes Brahms ? Tabea Zimmermann, jouant un nouvel alto signé Patrick Robin, n’aura pas résisté à l’ajouter à l’enregistrement  – déjà réalisé par elle, pour EMI, et avec Harmut Höll; en 1993… – des deux Sonates – Op. 120 de 1894 – , et c’est merveille de l’entendre déployer ce chant profond qui semble doubler le velours du violoncelle de Jean-Guihen Queyras.

    …

    L’œuvre est mystérieuse, parcourue d’élans schumanniens qui sonnent comme autant de regrets, et c’est naturellement que l’altiste tisse dans le reste du disque les liens avec le cercle de l’auteur des Kreisleriana, trois Romances – Op. 94 – de Robert, trois autres – Op. 22 – de Clara qui ne palissent pas devant celles de son époux, ce qui est assez rare – en effet !!! – pour être souligné, le Scherzo-tempête de la Sonate « F.A.E » où l’alto fait le cor, compléments évidents qui ne doivent pas reléguer la vraie surprise du disque : les Mélodies hébraïques – Op. 9, pour alto et piano – de Joseph Joachim – Kittsee, 28 juin 1831 – Berlin, 15 août 1905 – , prières émouvantes qui serrent le dialogue entre l’alto et le piano de Javier Perianes, l’autre fil rouge poétique – voilà, voilà – d’un disque précieux.

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    Johannes Brahms (1833-1897)

    …
    Scherzo pour violon et piano (No. 3, extrait de la Sonate « Frei aber einsam » ; version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
    Trio en la mineur, Op. 114 (version pour alto, violoncelle et piano)

    …
    Robert Schumann
    (1810-1856)

    …
    3 Romances, Op. 94 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
    Clara Wieck-Schumann (1819-1896)

    …
    3 Romances, Op. 22 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)

    …
    Joseph Joachim (1831-1907)

    …
    Hebräische Melodien, Op. 9

    …

    Tabea Zimmermann, alto
    Jean-Guihen Queyras, violoncelle
    Javier Perianes, piano

    …

    Un album du label harmonia mundi HMM 902789
    …

    Photo à la une : l’altiste Tabea Zimmermann – Photo : © Rui Camilo

    …

    Écoutez donc ici ces 3 troublantes – et profondes – « Mélodies hébraïques » Op. 9 de Joseph Joachim – sous-titrées « Impressions des poèmes de Byron » et dédiées donc à son ami Johannes Brahms…  – ,

    sous les doigts de fées de Tabea Zimmermann et Javier Perianes :

    la n°1 , sostenuto (4’40) ;

    la n° 2 , grave (7′ 29) ;

    et la  n°3 , andante cantabile (6′ 50)…

    ….

    Avec ce bref commentaire-ci, sur l’œuvre, de Jean-Guihen Queyras :

    « Joseph Joachim compose ses Mélodies hébraïques op. 9 entre 1855 et 1860. Au nombre de trois, elles le sont pour piano et alto, celui-ci pensé comme le médium idéal pour styliser la voix. Là encore, les tempos sur le versant lent cultivent un ton mélancolique. Ainsi du premier morceau, Sostenuto, intimiste et lyrique par l’usage du registre le plus grave de l’alto. Le second installe un lamento douloureux dont affleurent quelques dissonances. Un passage central semble un temps calmer l’affliction. L’Andante cantabile final, de veine consolatrice, présente d’étonnantes modulations dans le riche tissu motivique typiquement brahmsien« …

    …

    Grand merci donc, M. Hoffelé : votre oreille  est très attentive !

    …

    Ce mercredi 5 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Des lectures exultantes de 4 œuvres orchestrales (composées de 1929 à 1940) du grand Igor Markevitch (1912 – 1982), en un exaltant très réussi album du Rundfunk-SinfonieOrchester Berlin, sous le geste fulgurant du chef Johannes Kalitzke : c’est vraiment très beau…

    L’œuvre orchestrale – composée entre 1929 et 1944 – de l’immense chef Igor Markevitch (Kiev 9 août 1912 – Antibes, 7 mars 1982) n’est, il faut bien le constater, guère fréquentée, ni au concert ni au disque, de nos jours : Igor Markevitch est pour nous d’abord et surtout un chef d’orchestre majeur et génial du XXe siècle, à la très forte personnalité qu’on identifie et admire immédiatement à l’oreille…

    …

    Aussi, c’est aussi un retour de notre oreille à la musique de l’entre-deux-guerres, et tel un rafraîchissant bain de jouvence, que vient nous proposer le jeu exaltant du Rundfunk-SinfonieOrchester Berlin, sous le geste fulgurant du chef Johannes Kalitzke, en le magnifique CD Eda 056 « Igor Markevitch – Concerto for piano and orchestra – Cinema Ouverture – Cantique d’amour – Lorenzo Il Magnifico » – enregistré à Berlin du 2 au 4 et les 6 et 7 janvier 2025  – , avec le concours du pianiste Jonathan Powell et de Sarah Maria Sun, soprano…

    …

    J’admire depuis longtemps le chef Igor Markevitch,

    et j’ai aussi lu, et conserve en ma bibliothèque personnelle, son passionnant « Être et avoir été« , paru aux Éditions Gallimard en 1980…

    …

    L’article du bon Jean-Charles Hoffelé « L’Orchestre du chef » paru ce jour-ci, le lundi 3 août 2026, m’a ainsi incité à me procurer illico presto ce CD,

    que j’ai trouvé chez mon disquaire préféré,

    et qui ne m’a pas déçu : un récital magnifique de 4 œuvres vraiment superbes d’Igor Markevitch compositeur…

    …

    L’ORCHESTRE DU CHEF

    …

    Christopher Lyndon-Gee et son Orchestre Philharmonique d’Arnhem avaient laissé de côté dans leur grande anthologie de l’œuvre orchestrale (Marco Polo) – parue de 1995 à 2004 –  le Concerto pour piano (1929) commandé par Diaghilev que Markevitch acheva le lendemain de son 27e anniversaire – le 10 août 1929, par conséquent. Il était alors un des parangons de la nouvelle musique européenne, et pianiste virtuose, plutôt que chef d’orchestre.

    …

    Jonathan Powell l’exhume dans ce qui deviendra son ultime enregistrement – il est en effet décédé le 27 décembre 2025 – , dévoilant une partition dont le motorisme regarde d’assez loin le modèle invoqué – les Concertos brandebourgeois – pour trouver sa voie entre Hindemith et Bartók – oui – , mais toujours avec ce ton si personnel, ces harmonies singulières, cet art du discours – d’Igor Markevitch, voilà ! –  qui placent son œuvre symphonique, encore trop timidement redécouverte, au centre de la nouvelle musique de l’entre-deux-guerres – oui.

    …

    Les trois autres partitions figurent dans l’anthologie de Christopher Lyndon-Gee, lectures probes que démode le geste autrement fulgurant – absolument ! – de Johannes Kalitzke et des Berlinois : le brio piquant – exactement – de l’Ouverture de cinéma, le nocturne torpide – mais oui – du Cantique d’amour, sa partition la plus fascinante, véritable point de bascule dans l’œuvre de Markevitch, trouvent ici des lectures exaltées – tout à fait, qui nous empoignent.

    …

    Chef-d’œuvre – oui !!! et immense… – où l’orchestre de Markevitch atteint son point de fusion Lorenzo il Magnifico (1940) écrit durant l’exil florentin, voit passer les échos du second conflit mondial, mais cette symphonie concertante pour soprano et orchestre reste inclassable, perle noire – voilà ! et saisissante !!! – où brille la poésie du souverain-mécène, finement saisie par le soprano agile de Sarah Maria Sun, faisant jeu égal avec la gravure princeps de Lucy Shelton qui ne disposait pas d’un orchestre aussi brûlant – oui, oui, oui.

    …

    Magnifique album – tout simplement, c’est évident – , édition soignée comme toujours chez eda records, Johannes Kalitzke et ses Berlinois ne doivent pas en rester là au chapitre Markevitch, la Sinfonietta, le Psaume, Le Nouvel Âge – respectivement de 1929, 1933 et 1937 – mériteraient leurs interprétations !

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    Igor Markevitch (1912-1983)

    …
    Concerto pour piano
    et orchestre

    Ouverture de cinéma
    Cantique d’amour
    Lorenzo il Magnifico (Sinfonia concertante pour soprano et orchestre)*

    …

    Jonathan Powell, piano
    *Sarah Maria Sun, soprano
    Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin
    Johannes Kalitzke, direction

    …

    Un album du label eda records 056
    …

    Photo à la une : le compositeur et chef d’orchestre Igor Markevitch,
    dans sa jeunesse – Photo :
    de Cecil Beaton, pour Vogue, en 1929 © DR

    …

    Un CD magnifique, qui nous transporte…

    …

    Et à défaut de proposer ici un podcast ou une vidéo de ce très exultant CD dirigé par Johannes Kalitzke, enregistré en 2025,

    voici le podcast (de 28′ 33) du « Lorenzo Il Magnifico » de l’Arnhem Philharmonic Orchestra dirigé par Christopher Lyndon-Gee, avec Lucy Shelton, soprano…

    …

    Ce lundi 3 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les miraculeux Chopin, à l’intimité murmurée si proche de nous, de l’idiomatique Szymon Nehring : un chant qui réconforte au plus profond et plus tendre de l’âme polonaise…

    C’est la lecture d’un article de Jean-Charles Hoffelé, « Dans les Tatras« , le 20 juin dernier – cf mon article de reconnaissance, après commande à mon disquaire préféré, puis réception, puis enchanteresse écoute ; cf mon article en date du 3 juillet suivant : « Un éblouissant idoinement idiosyncrasique CD Szymanowski par Szymon Nehring, au piano, et Marin Alsop dirigeant le Polish National Radio Symphony Orchestra, avec la Symphonie n°4 concertante Op. 60 et un choix de 10 Mazurkas de l’Op. 50 : une révélation magique !« … – , consacré au merveilleux CD Rubicon RCD 1215 « Szymanowski – Symphony N°.4 – Mazurkas » de Szymon Nehring, Marin Alsop et le Polish National Radio Symphony Orchestra – tout l’œuvre de Szymanowski me passionne ! et je suis à l’affut du moindre CD de ses interprétations… – ,

    qui m’a fait découvrir le nom, jusqu’alors inconnu de moi, du jeune pianiste polonais Szymon Nehring – né à Cracovie le 29 septembre 1995 – , et désirer connaître – éclairé à nouveau par l’article de Jean-Charles Hoffelé, « Né pour Chopin ?« , en date du 23 janvier 2025, et consacré à son CD NIFCCD 223 « Chopin – Szymon Nehring – Nocturnes… » – enregistré pour l’Institut National Frédéric Chopin à Varsovie au mois d’avril 2024 – , dont tout spécialement les 4 Mazurkas Op. 68 sont sublimes ! – ce pianiste ainsi annoncé comme prodige tout particulièrement dans Chopin…

    …

    Et il se trouve, de plus, que vient tout juste de paraître aussi un nouveau CD NIFCCD 224″Chopin – Szymon Nehring – Études… » de l’Institut Chopin de Varsovie – enregistré pour moitié, en même temps que le précédent, en avril 2024, et l’autre moitié en mai 2025 – , que je me suis évidemment immédiatement procuré, et auquel Jean-Charles Hoffelé vient de consacrer, juste le 26 juillet dernier, un nouvel article, intitulé « Retour à Chopin »

    – cliquer bien sûr sur ces divers liens pour accéder à la lecture de ces divers articles… 

    …

    Dans le récital habilement composé du CD NIFCCD 223, tâcher d’écouter en priorité les sublimes 4 Mazurkas Op. 68, aux plages 5 à 8 du CD ; et dans le récital complémentaire du CD NIFFCCD 224, la merveilleuse Étude Op° 10 n°3, à la plage 3 du CD – pour lesquelles je n’ai hélas pas réussi à découvrir de podcasts ou vidéos à partager ici… Et à défaut, et à titre purement documentaire, jeter une oreille à ce podcast bien imparfait des Mazurkas Op. 50 n° 1 à 4 de Karol Szymanowski par Szymon Nehring, enregistrées en un concert en Pologne en 2018 : la si singulière Mazurka étant probablement la pierre de touche à laquelle jauger en priorité le jeu d’un pianiste dans Chopin ou Szymanowski…

    …

    Voilà.

    Ces deux récitals Chopin de Szymon Nehring pour l’Institut National Frédéric Chopin de Varsovie, sont un régal de précision et justesse du rendu des diverses œuvres choisies, en leur idiosyncrasie, beaucoup d’entre elles, assez peu interprétées par la plupart des pianistes, étant assez peu connues des mélomanes : Szymon Nehring sait ainsi leur rendre une bien belle justice…

    …

    Szymon Nehring, ou un pianiste ultra-sensible…

    …

    Ce jeudi 30 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir avec émerveillement un chef d’œuvre récent d’Olli Mustonen : son « Taivaanvalot » (créé en 2016) dans le CD Alpha 1292 « Heavenly Lights », servi admirablement par Ian Bostridge, ténor, Nicolas Altstaedt, violoncelle, et Olli Mustonen, piano : c’est à la fois puissant et complètement bouleversant…

    Ce sont les noms de Nicolas Altstaedt et Ian Bostridge – deux artistes que j’apprécie tout particulièrement – qui m’ont immédiatement fait me procurer le CD Alpha 1292 « Heavenly Lights » – enregistré live au Festival de Lockenhaus en juillet 2023 (pour « Taivaanvalot« ) et en juillet 2025 (pour les 3 autres œuvres du CD) – ,

    comportant d’Olli Mustonen – né à Vantaa, en Finlande, le 7 juin 1967 – , auquel je ne m’étais pas jusqu’ici spécialement intéressé, ni en tant qu’interprète, ni en tant que compositeur – une erreur d’inattention de ma part ! , la symphonie pour ténor, violoncelle et piano « Taivaanvalot«  (en français : « Les Lumières des cieux« …) – un chef d’œuvre absolument stupéfiant ! mais hélas sans podcast ni vidéo disponible à présenter ici pour l’instant… – ainsi que sa « Sonate pour violoncelle » (de 2006),

    mais aussi deux autres chefs d’œuvre – absolus ! – de Zoltan Kodaly (Kecskemét, 16 décembre 1882 – Budapest, 6 mars 1967) – un compositeur que je porte au pinacle !!! – : la « Sonate pour violoncelle et piano, Op. 4 » (de 1909-1910) – écoutez ici ce superbe extrait (de 8′ 18) – et la « Sonatina » – elle aussi pour violoncelle et piano – (de 1920)

    – et par Nicolas Altstaedt, je possède déjà le CD Alpha 737 « Kodály – Duo for violin and violoncello Op. 7 – Dvorak – Piano Trio Op. 90 ‘Dumky’ « …

    …

    À défaut de pouvoir présenter ici un extrait à écouter de ce « Taivaanvalot » de ce CD Alpha 1292 « Heavenly Lights » dans l’interprétation de Ian Bostridge, ténor, Nicolas Altstaedt au violoncelle et Olli Mustonen au piano au Festival de Lockenhaus,

    voici à écouter ici un extrait de la « Symphonie n° 2 pour orchestre Taivaanvalot » (de 2020) d’Olli Mustonen, avec le Turku Philharmonic Orchestra dirigé par Olli Mustonen, ainsi qu’avec, aussi, le ténor Ian Bostridge : un enregistrement d’octobre 2023 du label Ondine – soit trois mois après l’enregistrement de la version originale sans orchestre, réalisé live au Festival de Lockenhaus, du présent CD Alpha…

    …

    Quel chef d’œuvre aussi puissant qu’émouvant que ce « Taivaanvalot » d’Olli Mustonen…

    …

    Ce mercredi 29 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa