Étiquette : interprétation

  • Un délicieux bonbon baroque portugais : les « Responsoires du Vendredi Saint » de José Joaquim dos Santos (1747 – 1801), du CD « In Parasceve » de la Real Camara et l’Officium Ensemble, dirigés par Enrico Onofri : une réalisation d’une intensité et douceur saisissante…

    Ce mardi soir,

    j’ai très à cœur de présenter un délicieux bonbon baroque portugais musical : les « Responsoires du Vendredi Saint » de José Joaquim dos Santos (1747 – 1801),

    dans la réalisation du splendide CD Passacaille 1155 « In Parasceve » de la Real Camara et l’Officium Ensemble – et avec les chanteurs solistes Raquel Alao, Rita Filipe, Rodrigo Carreto et Hugo Oliveira,-, dirigés par Enrico Onofri – un CD enregistré à l’église do Menino Deus, à Lisbonne, du 22 au 25 juin 2024 – :

    une lumineuse et intense performance d’une douceur tragique tout à fait saisissante…

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    Ce mardi 18 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un assez original et in fine probant CD « Un Tombeau pour Ravel » par le jeune Dario Cervera, au clavecin principalement, d’après le modèle du sublime ravélien « Le Tombeau de Couperin » : la vertu de rafraîchir nos admirations par d’un peu audacieuses et renouvelées (et justes !) interprétations…

    C’est ce titre accrocheur de « Un Tombeau pour Ravel » qui d’abord m’a fait écouter, chez mon disquaire – le CD figurait bien visible sur la table des nouveautés… –, ce CD Passacaille 1162 – enregistré au Conservatoire National Supérieur de Paris, du 28 au 31 octobre 2024 –,

    qui, sans immédiatement m’enthousiasmer vraiment par ses performances, sur divers clavecins (un Marc Ducornet de 1994, le Pleyel de Wanda Landowska de 1929, et un Emile Jobin, d’après Tibaut de Toulouse, de 1996) – et la première pièce du programme, un arrangement pour clavecin de la « Pavane de la belle au bois » de « Ma Mère l’Oye » M.62, interprétée ici sur le clavecin archi-ferraillant et bruyantissime (de 1929) de Wanda Landowska (l’écouter donc ici !), n’était certes pas pour rien dans cette approche pour le moins désarçonnée et plutôt répulsive pour moi, placée ainsi  en ouverture (provocatrice ?) de ce CD !.. ; même si, à l’écoute de ce CD, nous voici, et c’est bien sûr là un des buts de cet intéressant et intriguant CD, immédiatement plongés dans ce que Maurice Ravel lui-même pouvait, de son vivant, entendre-percevoir des clavecins accessibles de son temps (1875 – 1937)… – ainsi qu’un piano Erard de 1903 – choisi par Dario Cervera pour la pièce conclusive du programme de ce CD : l’arrangement pour piano seul (réalisé par Jacques Charlot pour la version pour ballet de « Ma Mère l’Oye« ) : il s’agit ici de l’ »Apothéose : Le jardin féérique » de ce « Ma Mère l’Oye » (l’écouter ici  : quelle tendresse… ; et c’est très émouvant !) ; Jacques Charlot (Paris, 13 septembre 1885 – col de La Chapelotte, 3 mars 1915), neveu de l’éditeur préféré de Ravel Jacques Durand, et mort pour la France, est le dédicataire du merveilleux « Prélude » du « Tombeau de Couperin« … –, m’a cependant assez intrigué pour néanmoins me le procurer, et pouvoir à loisir le déguster-critiquer – et éventuellement chroniquer, pour ce 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, à Ciboure, le 7 mars 1875… – plus en détails et avec plus de confort de justesse, sereinement, chez moi, sur ma platine…

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    Et le CD – au programme composé (et adapté-transposé pour un jeu au clavecin par l’interprète, le jeune Dario Cervera Jorda, natif de Valence, en Espagne) sur le modèle du sublime ravélien « Le Tombeau de Couperin«  – comporte aussi en son livret une page d’ »Introduction » de l’ami Manuel Cornejo :

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    « Aussi, en reliant des influences éclectiques, Dario Cervera rend un hommage original – pour le moins, en effet ! Cf encore l’hommage très original lui aussi, rendu à Ravel, à l’occasion de ce 150e anniversaire de sa naissance, par le très brillant Bertrand Chamayou, en son CD « Ravel fragments« , dont j’ai commencé une première assez prudente approche tout au final de mon récent article « De nouvelles pistes de recherche à propos des rapports de Maurice Ravel et les Gaudin, amis (Marie) comme cousins (Magdeleine, Edouard, etc.)…« , en date du vendredi 7 mars dernier : un CD à l’abord désarçonnant lui aussi à la première approche, maistout à fait  passionnant aux successives nécessaires ré-écoutes : j’y reviendrai, forcément !..  – à Maurice Ravel dans son CD en faisant dialoguer quatre pièces pour piano de Ravel – deux extraites de « Ma Mère l’Oye » M.62, puis la « Fugue » extraite du « Tombeau de Couperin »  M.68 (écoutez-la ici), et enfin « Trois beaux oiseaux du paradis« , extraits de « Trois chansons » M.69 (écoutez-les ici…) –, dont trois sont interprétées, chose très rare – bien sûr ! –, au clavecin et non au piano, d’une part avec des œuvres pour clavecin de compositeurs français du XVIIIe siècle – et XVIIe aussi : Louis Couperin (1626 – 1661), et écoutez donc ici ce très surprenant et déstabilisant-ci (wow !) « Tombeau de M. de Blancrocher » (une œuvre que je vénère ! cf, par exemple, cet article-ci « Musiques de joie : la sublime jubilatoire sublimation du deuil brutal d’un ami : le « Tombeau » sur la mort de Monsieur Blancrocher, de Johann-Jakob Froberger, par Gustav Leonhardt, et/ou Bob van Asperen« , en date du jeudi 21 mai 2020…), réalisé ici sur le clavecin Emile Jobin de 1996, d’après Tibaut de Toulouse ! ; Antoine Forqueray (1672 – 1745) ; François d’Agincourt (1684 – 1758) et François Couperin (1668 – 1733) –, d’autre part avec des œuvres de compositeurs contemporains de Ravel – Francis Thomé (1850 – 1909), Erwin Schulhoff (1894 – 1942) –, dont son professeur Eugène Anthiome – (1836 – 1916) – et son ami Manuel de Falla – (1876 – 1946) -« .
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    Un CD original donc, qui réclame assurément plusieurs écoutes, et hyper attentives même, pour ces œuvres – sublimes certaines – toutes d’intimité,

    afin d’être, de ma part, au-delà des premières déstabilisantes surprises d’interprétation, avec un peu mieux de justesse reçues – ainsi que, ce CD, modestement chroniqué ! – …

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    Et les ré-écoutes par nous des 16 pièces de ce CD se révèlent, peu à peu, et in fine, tout à fait probantes :

    le charme de leur interprétation par Dario Cervera sur ces très très divers claviers, est en effet tout à fait opérant une fois nos oreilles, d’abord, sinon brutalisées, du moins au moins déstabilisées, un peu mieux apprivoisées en de nouvelles écoutes un peu scrupuleuses ;

     

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    Car les interprétations justes et honnêtes savent aussi se lancer et renouveler, et rafraîchir nos admirations pour les œuvres – ainsi retrouvées et parfois rendues à leur plus vif pour nous qui les ré-écoutons ainsi ! – des compositeurs…

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    Ce dimanche 16 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « La Gamme et autres morceaux de Simphonie » de Marin Marais, en 1723 : un recueil différent des cinq « Livres de pièces de viole », consacré à des pièces associant le violon à la viole de gambe : le très joli CD Ricercar « Marin Marais – Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont » de l’ensemble The Scale Knitters…

    C’est un bien joli CD « Marin Marais – Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont » par l’ensemble The Scale Knitters que la label Ricercar vient nous proposer avec son CD RIC 471 – enregistré à Centeilles au mois de mai 2024 –, avec son choix d’interpréter – splendidement ! – « La Gamme et autres morceaux de Simphonie » de Marin Marais, en 1723 :

    un recueil différent des cinq « Livres de pièces de viole » qu’a donnés le violiste Marin Marais,

    par le choix des interprètes de ce bel ensemble The Scale Knitters – Marion Martineau et Atsuhi Sakai, basse de viole ; Fiona-Emilie Poupard, violon ; Magnus Andersson, théorbe ; et Brice Sailly, clavecin – d’associer ici la viole de gambe au violon, en ces diverses « pièces de simphonie » ;

    un des sommets de la musique française de l’âge baroque, au charme doux et absolu…

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    Et dégustez aussi les 7 passionnantes et très éclairantes pages du livret de ce CD, intitulées « Etonnez-nous, Monsieur Marais !« , signées du maître d’œuvre de ce magnifique et indispensable label Ricercar, le très érudit Jérôme Lejeune…

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    Et écoutez ici cette hypnotique et tendrissime « Sonnerie » si merveilleusement donnée ici par The Scale Knitters – en français, les tricoteurs de la gamme…

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    On ne s’en lasse pas…

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    Ce mardi 11 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Impeccable Alain Planès, qui me fait pénétrer et apprécier un pas de plus la poésie du piano d’humour glacé d’Erik Satie…

    Le tout nouveau CD Harmonia Mundi HMM 902749 « Satie – Planès«  – enregistré à Royaumont au mois de mars 2024 – me fait mieux pénétrer, grâce à la poésie musicale à la fois délicate et incisive du toujours parfait Alain Planés – né à Lyon le 20 janvier 1948 – un pas de plus avant dans l’univers musical assez singulier d’Erik Satie (Honfleur, 17 mai 1866 – Paris 14e, 1er juillet 1925), qui m’avait, jusqu’il y a naguère – par exemple le plaisir pris à l’excellent CD, aussi, de Bertrand Chamayou, « Letters to Erik Satie« , qui avait commencé de m’apprivoiser à ce goût musical un peu étrange de l’ermite d’Arcueil (cf là-dessus les confessions de mon article « La venue de Bertrand Chamayou à l’œuvre musical d’Erik Satie (1866 – 1925) via son affection pour l’œuvre musical de John Cage (1912 – 1992) : une filiation de poiesis musicale splendide… » en date du 5 janvier dernier…  -, plutôt irrité par les hérissantes facéties de son humour glacé provocateur…

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    Ce samedi 8 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa