Étiquette : interprétation

  • Une nouvelle bouleversante interprétation du sublime « Kitsch-Music » (de 1977) de Valentin Silvestrov, par Polina Osetinskaya, après celle de Boris Berman…

    Après le merveilleux double CD PDD 030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » _ enregistré à Beaune du 6 au 9 juin 2022 _ qui m’a fait découvrir et admirer cette sublime musique de Valentin Silvestrov qu’est sa « Kitsch Music » (de 1987 _ il y a 38 ans déjà ; mais nous sommes bien là dans le registre de l’intemporel… _),

    …

    c’est l’article « Polina Osetinskaya offre un supplément d’âme aux « Musiques simples » de Pärt, Silvestrov et Kancheli » de Jean-Luc Caron paru le 10 janvier dernier sur le site de ResMusica,

    qui m’a fait commander, aussitôt, et recevoir très vite, chez mon disquaire préféré, l’admirable et profondément émouvant CD Evidence EVCD 128 « Simple Music – Pärt – Silvestrov – Kancheli » de la pianiste Polina Osetinskaya _ enregistré à Saint-Petersbourg du 22 au 24 octobre 2024.

    …

    …

    Quelle sublimissime musique, décidément !

    …

    …

    Pärt, Silvestrov et Kancheli, trois compositeurs majeurs de notre temps apparaissent sous les doigts inspirés _ oui ! _ de la pianiste russe  avec des pièces pour piano bien éloignées des vertigineuses et ambitieuses partitions capitales qui ont assuré leur réputation internationale.

    …

    …

    Tous ont en commun une farouche et courageuse opposition à l’autocratie soviétique puis russe qui les ont conduit à s’exiler en Europe occidentale. La pianiste russe partage avec eux des commentaires critiques envers ce régime dictatorial qui lui valent moultes difficultés. Les pièces sélectionnées pour cet enregistrement se positionnent dans le registre de l’intime _ oui ! _, de la pudeur et du respect de la mélodie, une pacifique parenthèse que s’octroient ces personnalités indomptables et déterminées.

    …

    …

    Für Alina (1976) de l’Estonien marque le début de son style tintinnabuli, sa musique minimaliste, influencée par l’héritage médiéval, faisant suite à la période sérielle et moderniste. Avec Pour Alina, composé pour la fille d’un couple d’amis, il adopte une écriture simple et un tempo libre. Le compositeur confie que « c’est dans cette pièce que j’ai découvert les séries d’accords parfaits dont je fis ma règle très simple de fonctionnement. » Il quitte son pays et s’installe en Allemagne en 1980.

    …

    …

    Suivent les six courtes Variations sur la guérison d’Arinushka, écrites en 1977, s’appuyant sur des thèmes rudimentaires et bien dessinés dépourvus de sophistication et destinées _ aussi _ à l’intimité.

    …

    …

    Pärt extrait de sa musique composée pour le film Ukuaru (1973) une valse délicate dont la mélodie devient rapidement populaire.

    …

    …

    , né _ en 1937 _ deux ans après Pärt, fuit son Ukraine natale en 2022 (il a 85 ans) face à la guerre qui l’oppose à la Russie de Poutine et gagne Berlin. Il a constitué un vaste catalogue et fréquenté différentes esthétiques, souvent avec un grand bonheur, passant d’une modernité assumée à un regard nostalgique tourné vers le passé _ ce que nous donne excellemment à percevoir de double CD « Vaalentin Silvestrov – Boris Berman », du Palais des Dégustateurs . A l’instar de ses chers amis, Pärt et Kancheli, il excelle également dans les petites formes s’exprimant dans le registre de l’intimité enrichies par un passé luxuriant _ et voilà qui est fort bien résumé ! Kitsch Music écrite en 1977 se décompose en cinq courts mouvements parfois comparées à des chansons sans paroles _ à la Mendelssohn _ et riches d’airs concis enrichis de répétitions, le tout se rangeant dans le registre de la nostalgie _ oui… _ bien davantage que dans celui de la satire ou du sarcasme.

    …

    …

    , lui aussi quitta un temps la Géorgie de ses ancêtres pour retrouver une liberté d’expression effective en Allemagne puis en Belgique (au début des années 1990). Sa production intéresse aussi bien l’orchestre que les compositions complexes et inspirées, requérant de nombreuses combinaisons originales. Vers la fin de sa vie il reprit habilement ses nombreuses participations musicales consacrées au cinéma et au théâtre, ne conservant que l’essentiel des mélodies chaleureuses et des rythmes heureux en les confiant au piano principalement, mais pas uniquement. Le succès national et mondial de ces précieuses miniatures l’a étonné tout en faisant le bonheur non feint d’une multitude d’artistes.  _ née à Moscou le 11 décembre 1975 _ les enrichit à son tour d’une vibrante interprétation _ intense et bouleversante dans son parfait rendu de l’intimité infiniment douce et tendre de certaines de ces pièces _ avec ces 19 miniatures sélectionnées qui rejoint les réussites de pianistes tels que Alessandro Stella, George Vatchanadze, Alessandro Simonetto et Elisaveta Blumina.

    …

    …

    La pianiste russe agrémente ses interprétations d’un toucher délicat _ oui ! _, d’une note de sensualité contrôlée _ oui, oui ! _ mais aussi d’élans effervescents et de lyrisme élégiaque _ voilà _ qui n’appellent que des éloges _ absolument…

    …

    …

    Simple Music.
    Arvo Pärt (né en 1935) : Für Alina ; Variations for the Healing of Arinushka ; Ukuaru valss ;
    Valentin Silvestrov (né en 1937) : Kitsch Music ;
    Giya Kancheli (1935-2019) : Simple Music.
    Polina Osetinskaya, piano.
    1 CD evidence classics EVCD126. Enregistré du 22 au 24 octobre 2023, salle de concert Myasnikov, Saint-Pétersbourg (Russie).
    Notice trilingue : anglais, russe et français.
    Durée : 67’

    …

    …

    A mon tour, je recommande donc ce bouleversant merveilleux et infiniment touchant CD de Polina Osetinskaya _ dont l’acmé est la « Kitsch-Music » de Silvestrov…

    …

    …

    Ce dimanche 19 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les découvertes à rebondissements du jubilatoire festif CD « Mozart – Sonates / Rondos » du plus jeune que jamais Jérome Hantaï, en son CD Mirare MIR 730, enregistré à Hardelot en février 2020, il y a 5 ans déjà…

    Ma réception enthousiaste,

    en mes articles successifs « L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…« , en date du 21 mai 2024, puis « Redécouvir Jérome Hantaï interprétant Mozart sur un piano forte : le délicieux CD Mirare « Mozart – Sonates – Rondos » enregistré en 2020« , en date, lui, du 4 décembre 2024 _ comportant un lien à l’article « Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï » de Jean-Noël Régnier paru le 30 novembre 2024 _,

    se voit ce jeudi 16 janvier 2025 rejoint par le très festif, à son tour, article intitulé « Vivacité » , sous la plume, cette fois de Pierre-Yves Lascar _ tiens, tiens _, sur l’excellent site Discophilia de Jean-Charles Hoffelé

    pour un CD, le CD Mirare MIR 730, enregistré au théâtre élisabéthain d’Hardelot les 10 et 11 février 2020 _ il y a donc 5 ans déjà !.. _, et publié par Mirare le 14 avril 2024  : 

    …

    pourquoi donc tant de _ successifs… _ retards, pour un enregistrement si festivement jubilatoire,

    et si idéalement mozartien aussi ?..

    ..

    …

    VIVACITÉ

    …

    …

    Les Sonates de Mozart posent quelques pièges à qui les abordent sur un piano moderne, jamais sur un pianoforte, le discours y coule naturellement _ oui ! _, les accents piaffent, le caractère aiguisé des rythmes, la fantaisie des mélodies, les surprises de l’harmonie, tout un petit monde s’accorde soudain, prodigieux de vitalité _ voilà ! Et voilà qui convient parfaitement aussi au talent d’interprète festif de l’excellent Jérôme Hantaï…

    …

    …

    Jérôme Hantaï a pour lui un pétillant pianoforte anonyme de l’époque de Mozart restauré par Christopher Clarke, dont le clavier alerte sert son propos _ pétillant, alerte : des adjectifs qui conviennent parfaitement à la personnalité, et pas que musicale, du facétieux, dans la vie aussi, Jérôme Hantaï…

    …

    …

    Commencez par la Sonate en si bémol majeur, cette allégresse, cette fantaisie de grande allure s’incarnent dans le plaisir _ délicieux _ d’un jeu savoureux, si alerte, simplement irrésistible _oui, oui _, et qui n’exclut pas l’émotion _ en effet _, palpable au détour d’une modulation.

    …

    …

    Tout le disque est une fête _ voilà ! voilà ! _, évidemment commencée par le ton très Watteau _ oateux, avec son ombre délicate, à peine une brume, de mélancolie _de la Sonate en ut majeur, petite merveille de tendresse _ oui _ que Jérôme Hantaï sauve des mignardises habituelles, une fantaisie supplémentaire _ encore un caractère de Jérôme Hantaï _ paraissant dans les trois Rondos, joués sans traîner, le ré majeur doré par quelques accents Sturm und Drang est particulièrement attachant _ tout cela est parfaitement entendu….

    …

    …

    Il serait dommage que Jérôme Hantaï ne poursuive pas _ depuis ce mois de février 2020 de cette prise à Hardelot… _ dans ce jardin particulier que lui sont les Sonates de Mozart

    _ cf aussi ses Haydn, d’abord en le CD Ambroisie AMB 9975 « Joseph Haydn – Sonates pour piano forte« , enregistré en novembre 2004 à la Cité de la Musique à Paris ; puis en un tout aussi réjouissant « Haydn – Mozart – Sonates« , le CD Mirare MIR 456 ; cf mon article « De merveilleux Haydn et Mozart au pianoforte, par un très ludique Jérôme Hantaï «  en date du 5 mai 2019… .

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Wolfgang Amadeus Mozart
    (1756-1791)

    …

    …
    Sonate pour clavier (No. 7)
    en ut majeur, K. 309

    Rondo en fa majeur, K. 494
    Rondo en ré majeur, K. 485
    Sonate pour clavier (No. 13)
    en si bémol majeur, K. 333

    Suite en ut majeur, K. 399/385i (extrait : II. Allemande)
    Rondo en la mineur, K. 511

    …

    …

    Jérôme Hantaï, pianoforte

    …

    …

    Un album du label Mirare MIR730
    …

    …

    Photo à la une : le claviériste Jérôme Hantaï –
    Photo : © Jean-Baptiste Millot

    …

    …

    Une fête parfaite de musique !

    …

    Dont la jubilation fait grand bien…

    …

    …

    Ce jeudi 16 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence…

    Ce vendredi midi,

    coup de sonnette du facteur qui m’apporte le somptueux cadeau que me fait Eric Rouyer du tout nouveau CD PDD041  « Shostakovich – Silvestrov » du constamment merveilleux Palais des Dégustateurs,

    en une interprétation à la fois sobre, sans pathos, et surtout sublimement émouvante, de l’alto miraculeux d’Ettore Causa et du piano parfait de Boris Berman, au service de purs chefs d’œuvre pour alto et piano de Dmitri Shostakovich (1906 – 1975) et Valentin Silvestrov (né à Kiev le 30 septembre 1937)….

    …

    …

    Quel choc !

    …

    …

    Bien sûr, la « Sonate ultime, Op. 147, pour alto et piano » (de 1975), de Dmitri Shostakovich, qui ouvre le programme de ce CD,

    de même que l’ »Impromptu pour alto et piano, Op. 35 » (de 1931), qui vient le clore,

    sont superbes d’émotion en cette interprétation épurée et profonde _ parfois aux bornes du silence… _ d’Ettore Causa et Boris Berman…

    …

    …

    Mais ce sont les œuvres de Valentin Silvestrov qui me bouleversent !!!

    …

    Soient

    _ l’« Elégie pour alto » (de 2010),

    _ l’ »Epitaphe (L. B.)«  _ Larissa Bondarenko, l’épouse de Valentin Silvestrov, décédée en mai 1996 _ (de 1999),

    _ les « Trois Intermezzi pour piano«  _ dédiés par le compositeur à Boris Berman _ (de 2022),

    _ et enfin le « Triptyque pour alto et piano«  _ sur une commande toute spéciale du Palais des Dégustateurs _ (de 2023),

    constitué de l’ »Intermezzo« , la « Sérénade« , et le « Moment musical » :

    …

    de renversants chefs d’œuvre de compassion…

    …

    …

    Un CD tout simplement admirable !!!

    …

    …

    Ce vendredi 27 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir l’oeuvre de musique classique (hors cinéma) du hongrois Miklos Rosza (Budapest, 1907 – Los Angeles, 1995)…

    La parution toute récente du CD LSO  0886 « Bartok – Rosza » par Roman Simovic et le London Symphony Orchestra dirigé par John Edusel pour le Concerto pour violon n° 2 de Bela Bartok, et Simon Rattle pour le Concerto pour violon de Miklos Rosza _ cf l’article de Pierre-Jean Tribot « LSO Live célèbre son aniversaire » paru sur le site de Crescendo magazine le 16 décembre dernier  _,

    m’a mis en recherche d’interprétations plus anciennes de ce Concerto pour violon de Miklos Rosza (Budapest, 18 avril 1907  – Los Angeles, 27 juillet 1995)…

    …

    …

    Et c’est ainsi qu’en fouillant un peu dans les bacs, j’ai fini par dénicher un très intéressant  CD Alto ALC 1488 « Miklos Rosza – Violon Concert – Theme & Variations – Vintner’s Daughter – Hungarian Nocturne » du New-Zealand Sylphony Orchestra dirigé par James Sedares,

    avec le violoniste Igor Gruppmann dans le Concerto pour violon _ l’enregistrement du Concerto pour violon de ce CD Alto a eu à Wellington au mois d’avril 1996…

    …

    …

    Le concerto pour violon, Op. 24 de Miklos Rosza, composé en 1943, a été créé à Dallas en 1958 par le grand Jascha Heifetz…

    …

    …

    Et j’aime beaucoup les compositeurs hongrois…

    …

    …

    Ce mercredi 25 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa