Étiquette : interprétation

  • La merveille Huw Montague Randall, baryton, en un CD « Contemplation » essentiel de cette année 2024 (Suite)…

    Un nouvel article, cette fois sur le site de Crescendo et sous la signature de Bénédicte Palaux-Simonnet, « Huw Montague Randall, baryton céleste« , vient très heureusement à son tour amplifier si besoin en était, en plus d’un évidentissime bouche-à-oreilles,

    la reconnaissance médiatique parfaitement justifiée que mon article « « , en date, lui, du 26 octobre dernier, et citant aussi déjà l’excellente reconnaissance compétentissime de Jean-Charles Hoffelé en son article « Chant pur » sur son site Discophilia, en date, lui, du 26 septembre précédent _ mais le CD n’était pas encore parvenu sur la table de mon disquaire préféré, il m’avait fallu patienter tout ce temps-là pour en éprouver la jouissance émerveillée de l’écoute : un véritable événement ! _, ne pouvait aussi que remarquer et célébrer, déjà ;

    …

    une reconnaissace que mérite à un point assez incroyable (!) le chanteur, à l’écoute enchantée de ce merveilleux et enthousiasmant CD Erato 5021732363787 « Huw Montague Rendall Contemplation«  _ enregistré à l’Opéra de Rouen du 20 au 24 novembre 2023 : écoutez-le ici ! C’est absolument splendide ! _ :

    …

    sans conteste un des disques essentiels de cette année 2024…

    …

    …

    Voici donc ce nouvel article,

    très précis en ses appréciations des pièces si magnifiquement interprétées ici,

    de l’excellent magazine Crescendo :

    …

    …

    Huw Montague Rendall : baryton céleste

    …

    …
    LE 24 NOVEMBRE 2024 par Bénédicte Palaux-Simonnet
    …
    …
    …
    …

    …

    …
    Contemplation.
    Airs de Ambroise Thomas (1811-1896), Charles Gounod (1818-1893),Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), Gustav Mahler (1860-1911), Benjamin Britten (1913-1976), Henri Duparc (1848-1933), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Richard Rodgers (1902-1979).

    Huw Montague Rendall, baryton ; Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, direction : Ben Glassberg. 2024.

    Livret en anglais, français, allemand- 75’30’’. Erato 5021732363787

    …

    …

    Le baryton gallois Huw Montague Rendall a choisi d’intituler son premier récital au disque, « Contemplation ». Il s’en explique dans la présentation, invitant l’auditeur à le suivre parmi les chemins d’introspection qu’il a lui-même explorés sur scène et en récital. Déjà, chaque apparition de ce chanteur âgé seulement de trente ans a, en effet, créé l’événement _ on le comprend ! _, qu’il chante Mozart, Ambroise Thomas ou Benjamin Britten.

    …

    …

    Sa réserve _ sa maîtrise naturelle _ témoigne d’une intelligence et d’une maturité _ oui _ d’autant plus remarquables qu’il aurait pu se contenter de grandir dans le sérail. Fils d’ interprètes lyriques de haut vol -la mezzo-soprano Diana Montague et le ténor David Randall- _ mais oui ! excellents tous deux… _, il est au contraire parvenu à développer une personnalité originale pleine de charme _ et à quel degré ! _, de doutes _ de retenue : dénuée de la moindre grandiloquence narcissique _ et de vigueur _ quand le rôle le nécessite : tout cela est parfaitement juste _ tout en s’inscrivant dans une tradition exigeante _ mais oui, tant du chant lui-même que de l’incarnation dramatique des rôles interprétés.

    …

    …

    Ce programme longuement mûri _ oui _ est également porté par des moyens vocaux _ splendides ! _ impeccablement maîtrisés _ oui, et à un point rare. Le timbre est émouvant, naturel _ oui, oui : sans jamais rien d’artificiel, maniéré ou forcé… _, riche en harmoniques feutrés _ voilà, d’une incroyable variété et douceur de nuances, et justesse, chaque fois ! _ et la conduite du phrasé quasi instrumentale _ absolument : quelle musicalité, quel art ! C’est magiquement enchanteur !

    …

    …

    Enfin, la réussite de ce coup d’essai ne serait pas complète sans la fusion des sensibilités musicales, celle du soliste comme celle de l’orchestre _ et c’est aussi très juste. Car c’est bien une véritable « conversation en musique » qui se tisse entre voix et pupitres (avec des cuivres splendides) sous la direction vivifiante de Ben Glassberg _ oui ; et c’est très juste aussi.

    …

    …

    Tout semble fluide _ oui, et même admirablement !.. _ et changeant _ avec une incroyable justesse _, passant de la tendresse d’Hamlet (Ambroise Thomas) aux couleurs viennoises de Korngold, du duo voix et piccolo de Britten (Billy Budd), aux Lieder de Mahler (Lieder eines fahrenden Gesellen) d’une bouleversante beauté _ mais oui : à un point sidérant. En guise de conclusion, un stratosphérique _ oui ! _ Ich bin der Welt abhangengekommen, extrait des Ruckert Lieder, semble suspendre le cours du temps.

    …

    …

    Aussi électrisant chez Mozart _ oui, oui _, l’interprète explore une infinité de nuances _ tout à fait _ et de contradictions _ des personnages complexes incarnés. Il se montre capable de passer en un éclair de la férocité (Hai già vinta la causa ! ) à la douceur ronronnante… irrésistiblement câline ; de telle sorte que -dans le même geste- la caresse se fait outrage et consolation (Deh, vieni alla finestra).

    …

    …

    « Au jardin où les fleurs sont écloses », l’innocence retrouvée propose un contraste savoureux. Ce rare extrait de Monsieur Beaucaire (André Messager) le montre tour à tour rêveur ou sentimental ; puis fougueux et précis lorsqu’il se métamorphose en oiseleur (Papageno, Zauberflöte), rôle qu’il chérit particulièrement.

    …

    …

    Aux antipodes, l’air de Gounod Mab, la reine des mensonges  (Mercutio) laisse entrevoir des abîmes de cynisme qui font écho à la douloureuse introspection d’Hamlet (Ambroise Thomas) placée en tête du programme. Avec l’aisance d’un caméléon _ oui, quel art, quel art ! _, il devient démonstratif voire consensuel lorsque le genre l’exige, ainsi de la comédie musicale américaine Carousel (Richard Rodgers).

    …

    …

    Inutile de souligner la perfection de la diction _ et c’est aussi un des traits frappants de cet artiste impeccable en même temps qu’ extrêmemennt émouvant, chaque fois, et sans jamais rien forcer… _ dans toutes les langues chantées _ oui, oui, oui. Récemment Pelléas à Rouen, Huw Montague Rendall fait ainsi miroiter ici les plus subtiles _ oui ! _ modulations de la Chanson triste d’Henri Duparc ; choisissant dans l’ensemble des tempi qui ne cèdent jamais à la précipitation _ c’est très juste aussi : quelle maîtrise…

    …

    …

    Si le chanteur gallois confie avoir méthodiquement écouté les barytons les plus illustres…  au jeu des portraits, il ne ressemble à personne _ en effet. Un _ incontestable et rayonnant _  coup de maître !

    …

    …

    Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

    …

    …

    Bénédicte Palaux Simonnet

    …

    …

    Un admirable interprète se découvre ainsi à nous _ en ce récital extraordinairement parfait _ ;

    qui le suivrons à coup sûr avec la plus grande attention…

    …

    Quel artiste ! Quel art !

    …

    …

    Ce lundi 25 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La fulgurance saisissante et envoûtante de George Li dans les « Valses nobles et sentimentales » de Maurice Ravel en son marquant CD « Movements – Schumann – Ravel – Stravinsky »…

    J’adhère pleinement à l’adjectif « Fulgurant » que Jean-Charles Hoffelé a très justement choisi pour intituler l’article qu’il vient de consacrer, le 12 novembre dernier, au très marquant CD d’un jeune très brillant pianiste américain, George Li, « Movements – Schumann – Ravel – Stravinsky« , le CD Warner Classics 5054197843148, enregistré à San Francisco du 13 au 15 juin 2023,

    et qui comporte, de Robert Schumann, « Arabesk » op. 18 et les « Davidbündlertänze » op 6, de Maurice Ravel, les « Valses nobles et sentimentales » M. 61, et d’Igor Stravinsky, « 3 Movements from Petrushka« , en une transcription pour piano seul de Stravinsky lui-même.

    …

    …

    Voici donc cet article de Jean-Charles Hoffelé :

    …

    …

    FULGURANT

    Comme les accords de la première Valse fusent ! Là où tant de pianistes se raidissent, George Li envole les traits périlleux choisis par Ravel pour ouvrir le plus insaisissable de ses cycles.

    …

    …

    George Li s’y montre d’un raffinement inouï, son pianisme souverain _ oui ! _ traque partout cette poésie étrange que Vlado Perlemuter ou Samson François avaient eux aussi débusquée, au point que ces Valses sont plus fantasques que nobles, plus vampiriques que sentimentales _ oui, oui _, jusque dans des suspensions à la limite du silence. Fascinant.

    …

    …

    Pas moins fascinantes les Davidsbündlertänze ont aussi leur lot de fantaisies fantasques _ idiosyncrasiquement schumaniennes _, sous ces doigts véloces qui envolent les écritures profuses de Schumann, cette clarté dans l’ampleur, ce sens du mystère, cette ardeur sans poids rappellent Géza Anda, rien moins, et comme son Arabeske chante !

    …

    …

    Couleurs à foison, piano conteur, son Pétrouchka est illico d’anthologie _ sans nul doute ! _, rappelant que l’Américain est chez lui dans le répertoire russe depuis son étourdissante victoire au Tchaikovski. Inexplicable qu’il soit si peu connu en France. S’il poursuivait chez Ravel, Miroirs, Gaspard, Tombeau, Sonatine, on prendrait peut-être ici la pleine mesure de ce petit génie.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Movements

    …

    Robert Schumann
    (1810-1856)

    …
    Arabeske, Op. 18
    Davidsbündlertänze, Op. 6

    …

    …
    Maurice Ravel (1875-1937)

    …
    Valses nobles et sentimentales, M. 61

    …

    …
    Igor Stravinski (1882-1971)

    …
    Trois Mouvements de Petrouchka, K012c

    …

    …

    George Li, piano

    …

    …

    Un album du label Warner Classics 5054197893148
    …

    Photo à la une : le pianiste George Li – Photo : © Paul Marc Mitchell

    …

    …

    Une passionnante interprétation, à confronter bien sûr à d’autres…

    …

    …

    Mais la composition elle-même du programme de ce beau CD, déjà, est fort judicieuse :

    l’enchaînement de ces pièces des trois compositeurs, Schumann (1810 – 1856), Ravel (1875 – 1937) et Stravinsky (1882 – 1971), coulant en quelque sorte de source…

    Bravo !

    …

    …

    Ce samedi 23 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’extase de retrouver le charme fou de Denise Duval interprétant « La Voix humaine » de Francis Poulenc et Jean Cocteau dans le très beau coffret Erato « Georges Prêtre plays Francis Poulenc »

    En forme d’idéale illustration à l’éloge que faisait avant-hier 20 novembre mon bref article « « ,

    …

    revenir en priorité se pâmer au charme absolu de Denise Duval (23 octobre 1921 -25 janvier 2016) jouant-chantant à la perfection « La Voix humaine » de Francis Poulenc sur un texte magnifique de Jean Cocteau _ au CD 7 de ce coffret _ :

    l’incarnation _ patine comprise… _ est carrément sublime !..

    …

    …

    Et admirez-cn cette magnifique vidéo de 9′ 16 + 9′ 15  + 9′ 30 + 10′ 30 …

    …

    …

    Ce vendredi 22 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une épatante escapade Stravinsky, avec Barbara Hannigan à la direction, en un très réjouissant CD Linn 722 « Stravinsky – Chamber Works », entre 1911 et 1954…

    Ce samedi,

    une très épatante escapade Stravinsky, avec Barbara Hannigan à la direction du Royal Academy of Music et du Juillard School Ensemble, ainsi que 8 Songs, en un réjouissant CD Linn 722 « Stravinsky – Chamber Works« , composés entre 1911 et 1954 _ le CD a été enregistré à Londres du 19 au 21 janvier 2023…

    …

    Avec les oeuvres suivantes :

    …

    le Concerto « Dumbarton Oaks » (1937/38) ;

    les « Three Japanese Lyrics » (1912/13) ;

    les « Two Poems of Balmont » (1911 ; 1954) ;

    le « Septet » (1952/53) ;

    les « Three Little Songs – Recollections of my childhood » (1913 ; 1939/30) ;

    l’ »Octet for wind instruments » (1922/23) ;

    le « Concertino for twelve instruments » (1920 ; 1952) ;

    et « Ragtime for eleven instruments » (1918).

    …

    …

    Une escapade extrêmement rafraîchissante, avec d’excellents interprètes,

    et en un répertoire stravinskyen qui mérite tout à fait d’être recouru aujourd’hui tant des interprètes que des mélomanes du XXIe siècle,

    d’une modernité très heureuse…

    …

    …

    Un excellent CD !

    …

    …

    Ce samedi 16 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa