Étiquette : interprétations

  • Ecouter et approfondir le piano de Fanny Mendelssohn (1805 – 1847) : par exemple « Das Jahr » (1841), dans plusieurs interprétations…

    Un tout nouveau CD, « Piano Music« , interprété par Martina Frezzotti,

    soit le CD Piano Classics PCL 10238,

    nous propose une interprétation très sensible de « Das Jahr » (un cycle de 13 pièces, composé en 1841), de Fanny Mendelssohn (1807 -1847).

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    Pour se faire une idée un peu concrète de diverses interprétations de ce cycle,

    on peut écouter diverses versions données par quelques pianistes, par exemple de la pièce intitulée « Mars« ,

    à comparer avec ce que nous donne en ce CD-ci Martina Frezzotti, à partir de 5′ 45...

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    Ainsi, celle de Laura Skride.

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    Celle d’Els Biesemans, en son CD Genuin 12244. 

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    Ou celle de Wolfram Lorenzen, à partir de 5′ 30.

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    Pour ma part, je suis très curieux d’accéder à des pièces antérieures de Fanny Mendelssohn,

    et tout particulièrement à ses pièces de jeunesse,

    où se ressent le mieux ce qu’elle doit à sa formation berlinoise d’une tradition flamboyante issue de Carl-Philipp-Emanuel Bach : moins marquée par le déploiement du romantisme…

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    Et qui se perçoit si magnifiquement dans les si festives Symphonies pour orchestre à cordes de son frère Felix…

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    En tout cas, voici le commentaire que proposait hier sur son site Discophilia Jean-Charles Hoffelé, sous le titre _ pas trop inspiré, pour une fois… _ de « Famille« , pour ce CD de Martina Frezzotti… 

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    FAMILLE

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    Aussi douée que son frère, Fanny Mendelssohn. Ce ne sont pas les treize merveilles de Das Jahr qui infirmeraient cette suggestion. D’ailleurs le vocabulaire, l’imaginaire, l’invention mélodique, tout dans ce cycle majeur du piano romantique que l’on redécouvre depuis quelques années _ en effet _, s’assortit d’évidence au propre génie de Felix.

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    L’ouvrage est merveilleux, collections de vignettes senties, d’une qualité d’écriture remarquable, d’autres « mois » _ de l’année _ qu’il sera passionnant de comparer avec ceux de Tchaikovski, ils ne leur cèdent en rien, pour l’inspiration comme pour la mise en œuvre.

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    Peu de versions : elles se comptent sur un peu plus que sur les doigts d’une main, la plus remarquable jusqu’ici étant celle de Lauma Skride (Sony) avec laquelle Martina Frezzotti fait jeu égal. Doigts légers mais qui timbrent, vélocité et legato, des couleurs à revendre, tout y est pour rendre justice à ces pièces de pur charme.

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    Et quelle poésie dans les deux Nocturnes, le mélancolique et peu sombre premier, l’extase rêveuse du second (Nocturne napolitano), quelle brio dans l’Introduction et Capriccio qu’on croirait absolument de la plume de son frère !

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    Disque parfait pour découvrir l’autre génie de la famille Mendelssohn.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Fanny Mendelssohn (1805-1847)

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    Das Jahr, H. 385
    Nocturne en sol mineur,
    H. 337

    Nocturne napolitano en si mineur
    Introduction et Capriccio en si mineur, H. 349

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    Martina Frezzotti, piano

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    Un album du label Piano Classics PCL10238
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    Photo à la une : la pianiste Martina Frezzotti – Photo : © DR

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    À suivre !

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    Ce mardi 28 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • 2021, année Saint-Saëns : le très riche coffret-anniversaire Warner (de 34 CDs) du « Camille Saint-Saëns Edition » de Warner : à l’heureuse diposition de notre curiosité musicale

    La tradition commerciale des rétrospectives-anniversaires, nous a valu, à nous discophiles passionnés et curieux, à la fin de l’année 2021 (du 100e anniversaire du décès, à Alger, le 16 décembre 1921, de Camille Saint-Saëns _ né à Paris le 9 octobre 1835 _),

    un splendide et très riche et fort intéressant coffret anthologique Warner _ Warner Classics 019029674048 _ de, sinon une intégrale _ certaines des œuvres de Camille Saint-Saëns ne sont toujours pas encore enregistrées au disque ; même si le Palazzetto Bru-Zane n’y ménage pas ses beaux efforts… _, du moins une très riche collection d’enregistrements _ certains rares, anciens, et même très anciens ; et très difficiles à dénicher ; et beaucoup d’entre eux du meilleur choix … _ d‘œuvres très variées _ et le prodigieux Saint-Saëns a touché à quasiment toute la gamme des genres musicaux ! _ enregistrées au disque de Camille Saint-Saëns.

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    Voici l’article que, pour Crescendo, à la date du 13 octobre 2021, et sous le titre de « Saint-Saëns en édition« , Pierre-Jean Tribot a consacré à ce très riche coffret Warner de 34 CDs :

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    Saint-Saëns en édition

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    LE 13 OCTOBRE 2021 par Pierre Jean Tribot
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    Camille Saint-Saëns Edition. 1904-2018. Livret en français, angais et allemand. 1 coffret de 34 CD Warner Classics. 0190296 74048.

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    Avec l’anniversaire Saint-Saëns _ du 16 décembre 2021 _, Warner ne pouvait pas faire abstraction d’une nouvelle boîte thématique tant ses catalogues regorgent _ voilà ! _ de grandes interprétations _ le plus souvent par de grands interprètes français, mais pas seulement : la renommée de Saint-Saëns, ce très grand voyageur aussi, a été mondiale… _ des œuvres du compositeur. Bien évidemment, le coffret n’est pas une intégrale, mais une très large sélection à laquelle sont _ très heureusement _ adjointes plusieurs galettes de gravures historiques majeures.

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    Bien évidemment, Warner recycle des enregistrements connus : Symphonies par Jean Martinon, Concertos et œuvres pour piano et orchestre par Jean-Philippe Collard et André Previn, Concertos pour violon par Ulf Hoelscher, Samson et Dalila sous la direction de George Prêtre, ou le Carnaval des Animaux sous la direction de Louis Frémeaux à Birmingham _ une interprétation splendide ! Mais on est également très heureux de retrouver des raretés _ en effet _ : les poèmes symphoniques (Danse Macabre, La Jeunesse d’Hercule, Phaeton, le Rouet d’Omphale) sous la direction racée et flamboyante _ tout à fait ! _ du grand Pierre Dervaux au pupitre de l’Orchestre de Paris, album qui ne fut jamais régulièrement réédité en dehors de quelques extraits pour compilation et des marchés asiatiques. Ce généreux disque est complété par l’imposant poème symphonique La Foi enregistré à Toulouse par Michel Plasson et l’Orchestre National du Capitole. Du côté du concertant, Warner remet en lice toute une série de belles œuvres pour solistes et orchestre comme l’Odelette pour flûte ou la Tarentelle pour flûte clarinette et orchestre, et d’autres petites merveilles enregistrées par Jean-Jacques Kantorow _ excellent ! _ et l’Ensemble Orchestral de Paris avec une belle brochette de solistes. Autre merveille, _ oui _  l’intégrale de l’œuvre pour orgue par Daniel Roth, là encore une réédition bienvenue tant cette somme enregistrée à l’orée des années 80 est une merveille ! Michel Plasson et Jean-Jacques Kantorow poursuivent notre bonheur symphonique avec des raretés comme la Suite pour orchestre, Une Nuit à Lisbonne ou Cyprès et Laurier pour orgue et orchestre.

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    Les albums de musique de chambre sont plus bigarrés _ oui… _, mais on relève les Quatuors n°1 et n°2 par le Quatuor Viotti, reprise du catalogue Erato ; le Quintette avec piano par le Groupe Instrumental de Paris et le Quatuor avec piano par le Quatuor Kandinsky (une rareté _ oui ! _ du label Fnac Music où il était couplé avec le Quatuor avec piano d’Alexis de Castillon. Outre ces gravures plus ou moins anciennes et souvent très oubliées, le coffret ne pouvait pas faire abstraction _ hum, hum… _ de la dream team actuelle de Warner : Renaud Capuçon, Gautier Capuçon, Bertrand Chamayou et Edgar Moreau, que l’on retrouve tantôt en dialogues avec l’orchestre, tantôt en chambristes et parfois en solo _ j’aurais préféré moi aussi des enregistrements un peu plus anciens…

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    Les œuvres pour piano font appel à une belle sélection de piano : François-René Duchâble, Aldo Ciccolini, Jean-François Heisser, Georges Pludermacher… tout comme les mélodies sont présentées par une large palette de solistes _ qu’il aurait fallu peut-être un plus étoffer… Un seul opéra est présenté dans son intégralité : le Samson et Dalila de légende avec John Vickers et Rita Gorr sous la baguette de Georges Prêtre au pupitre des forces de l’Opéra de Paris _ oui.

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    Du côté anecdotique mais sympathique pointent des galettes de transcription et d’arrangements, c’est un peu fourre-tout, mais attachant. On y trouve des arrangements de Saint-Saëns lui-même, mais aussi ceux d’autres compositeurs, sans oublier du très pittoresque comme le Concerto pour violoncelle n°1 dans une version pour bugle et orchestre à créditer à l’incroyable Sergei Nakariakov. Comme quoi, la facilité mélodique _ voilà ! _ du compositeur le rend intéressant _ mais oui _ quel que soit le vecteur instrumental !

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    Du côté des gravures historiques, ce coffret est une grande réussite _ c’est très juste ! _ : on retrouve évidemment le compositeur au piano _ voilà ! _ pour une série d’enregistrements qui nous plongent dans l’archéologie de la technique ! Ainsi, les premiers enregistrements sur rouleau datent de 1904. Mais le must de cette série réside dans l’intégrale des Concertos pour piano par la formidable Jeanne-Marie Darré, avec l’Orchestre National de la Radiodiffusion française sous la baguette de Louis Fourestier, l’une des plus grandes réussites dans ces cinq concertos ! _ à comparer avec les 2 extraordinaires, stupéfiants et merveilleux CDs d’Alexandre et Jean-Jacques Kantorow, avec le Tapiola Sinfonietta, chez Bis ; cf mon article si enthousiaste du 21 juin dernier : «  « . Les grands chefs et solistes de la place parisienne des années 1930 à 1950 sont également présents _ oui, et c’est parfaitement bienvenu ! _ pour ces sessions historiques : Charles Munch, Piero Coppola, André Cluytens, Philippe Gaubert, Henry Merckel , Eugène Bigot, Alfred Cortot, André Navarra, ou encore Jean Fournet. On passe même la Manche avec le légendaire Jascha Heifetz dans l’Introduction et Rondo Capriccioso et la Havanaise, bien secondé par Sir John Barbirolli au pupitre de phalanges londoniennes _ deux merveilles d’interprétation qui n’ont pas pris une ride, bien sûr !

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    On aime _ beaucoup aussi _ les pochettes qui représentent des œuvres de peintres contemporains _ voilà ! _ du compositeur : du romantisme d’un Delacroix _ vraiment ? _ aux lumières d’un Monet _ et d’un Caillebotte. Cela montre picturalement la longévité _ mais oui ! _  d’un artiste qui aura traversé les modernités même s’il s’en éloignait de plus en plus. La notice de présentation de Marie-Gabrielle Soret est certes synthétique, mais juste et pertinente.

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    La boite est bien belle _ oui _ et le contenu est du plus grand intérêt artistique ! _ voilà… La rareté de quelques gravures concertantes, symphoniques et chambristes justifient l’achat de ce _ très riche _ beau coffret _ en effet !

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    Son : entre 6  et 10 – Livret : 9 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

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    Pierre-Jean Tribot

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    J’ajoute aussi que, pour célébrer ce centenaire 2021 de Camille Saint-Saëns,

    le magazine Diapason a consacré un coffret de sa très remarquable collection « Les indispensables » à une sélection de 11 CDs choisis d’interprétations parmi les plus réussies de la plupart des œuvres maîtresses de Saint-Saëns ;

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    dont voici une présentation, en date du 26 novembre 2021, sous la plume de François Laurent, intitulée « Les chefs d’œuvre de Saint-Saëns, Volume XXIII de notre Discothèque idéale » :

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    Les chefs-d’œuvre de Saint-Saëns, Volume XXIII de notre Discothèque idéale

    – Publié le 26 novembre 2021 à 11:12
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    Ce lundi 27 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un « Ravel plus magique que jamais », celui de François-Xavier Roth et les Siècle, Cédric Tiberghien et Stéphane Degout, justement célébré en sa lumineuse évidence par Crescendo…

    Pour continuer l’élan Ravel de mon article d’hier «   » ;

    ainsi que mes articles «  » du 31 mai 2022 ;

    « « , du 12 août 2020 ;

    et «  » du 27 mars 2018 ;

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    voici un nouvel article très justement enthousiaste,

    intitulé « Ravel plus magique que jamais avec Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et les Siècles« ,

    sur le blog Crescendo, et sous la signature de Parice Lieberman, en date d’hier 24 juin 2022,

     

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    célébrant le bonheur évident du merveilleux CD « Maurice Ravel Concertos pour piano Mélodies » _ le CD Harmonia Mundi HMM 902612.

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    Ravel plus magique que jamais avec Cédric Tiberghien, Francois-Xavier Roth et Les Siècles

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    LE 24 JUIN 2022 par Patrice Lieberman

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    Maurice Ravel(1875-1937) : Concerto pour piano, Concerto pour la main gauche, Pavane pour une infante défunte, Mélodies. Cédric Tiberghien, piano ;  Stéphane Degout, baryton, Les Siècles, direction : François-Xavier Roth. 2022.  73’52 – Textes de présentation en français et anglais.  Harmonia Mundi HMM 902612

     

     

     

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    Ce n’est pas tous les jours qu’un nouvel enregistrement vient revendiquer une place en haut de classement dans une discographie aussi riche que celle des concertos pour piano de Ravel _ de fait…  Est-ce à dire que le collectionneur devrait se débarrasser des précieuses versions Michelangeli/Gracis et Argerich/Abbado du Concerto en sol ? Ou du témoignage historique de Perlemuter/Horenstein ? Ou des deux gravures dirigées par Pierre Boulez avec en solistes Krystian Zimerman et Pierre-Laurent Aimard (ce dernier parfait dans le Concerto pour la main gauche, mais un peu guindé dans celui dit en sol) ? Ou des excellents Collard/Maazel ? Certes, non. Mais cette nouvelle version est désormais à compter au nombre des meilleures _ voilà.  D’autant plus, qu’elle propose le premier enregistrement des éditions révisées Ravel Edition de ces deux partitions concertantes _ oui _, éditions révisées auxquelles Cédric Tiberghien a pris part comme membre du comité de lecture.  Une évidence musicale et éditoriale !

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    Ce qui fait si fortement pencher la balance en faveur de ce nouveau venu, c’est l’extraordinaire clarté _ oui ! _ et la mise en avant des inouïes richesses orchestrales de ces partitions obtenues par la direction fouillée et analytique (mais certainement pas clinique) du chef _ oui ! _, alliée aux superbes timbres des instruments d’époque _ voilà ! _, à commencer par les fabuleuses sonorités des vents, si authentiquement français _ c’est très juste. Si on y ajoute la chaleur des cordes en boyau des archets des Siècles et l’oreille infaillible du chef, on obtient un tissu orchestral d’une rare transparence _ oui _ qui permet mieux que jamais d’apprécier l’originalité de l’écriture et de l’instrumentation de Ravel _ les deux ! _, écrin parfait pour un soliste tout simplement inspiré _ lui aussi.

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    La prestation de Cédric Tiberghien serait d’ailleurs remarquable sur un piano actuel, mais le choix d’un beau Pleyel « Grand Patron » de 1892 (hélas, non représenté dans l’excellent livret) est vraiment à saluer _ parfaitement ! Le caractère et la sonorité de cet instrument sont à mille lieues des monstres de puissance et d’homogénéité que sont devenus les pianos de concert contemporains. On est charmé ici par la clarté _ oui, oui _ de l’instrument, par ces basses sans lourdeur, ce médium soyeux, ces aigus cristallins et légèrement percussifs si typiques de ce grand facteur. C’est ainsi que dans l’Adagio assai du Concerto pour piano, le timbre de l’instrument permet d’éviter la lourdeur mécanique qu’on constate si souvent à la main gauche dans le soliloque d’ouverture du piano que Tiberghien construit -comme l’ensemble du mouvement- avec patience, délicatesse et imagination _ oui. Et que dire des superbes interventions des vents dont l’imbrication avec le piano est tout simplement parfaite ? Magnifiquement joué par Stéphane Morvan, le cor anglais Lorée de 1890 -ni nasillard, ni trop vibré- dialogue merveilleusement avec le soliste. Mais tant d’autres détails sont perçus avec une totale clarté _ encore _, comme les harmoniques de harpe qui semblent venues d’un autre monde dans un premier mouvement où à certains moments l’orchestre sonne comme un gamelan. La façon dont les bois, vifs et moqueurs, dialoguent avec un piano hyperactif et transparent dans le Presto est un régal _ absolument délectable. 

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    Toutes les qualités du soliste, de l’orchestre et du chef se retrouvent bien sûr également dans le Concerto pour la main gauche. Dès l’entrée menaçante du contrebasson, la transparence des timbres orchestraux est une merveille. Après l’introduction cataclysmique menée de main de maître par Roth, Tiberghien saura tout au long de l’œuvre faire preuve autant de fermeté que de délicatesse  _ les deux _ (et le beau Pleyel n’y est pas pour rien _ en effet ! _), et ce jusqu’à l’apothéose finale de l’œuvre.

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    Après avoir brillé dans les concertos, Cédric Tiberghien offre en guise de bis la si galvaudée Pavane pour une infante défunte, rendue ici avec dans une atmosphère de rêverie un peu parfumée _ oui _ quoique sans minauderie aucune.

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    Le pianiste se montre aussi un accompagnateur de choix pour le baryton Stéphane Degout -invariablement viril, ferme _ oui _, à la voix chaude _ et grave _, à l’articulation claire _ toujours, comme c’est absolument nécessaire… _ et au vibrato bien mené- dans trois cycles de mélodies de Ravel. Dans Don Quichotte à Dulcinée, on apprécie particulièrement la belle réussite des artistes dans l’hispanisante Chanson à boire qui clôture le cycle. Les Deux Mélodies hébraïques sont autant de réussites. Le Kaddisch est interprété avec beaucoup de dignité et en évitant l’émotion facile, alors que l’Enigme éternelle est rendue avec une vraie simplicité dépourvue de toute ironie.

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    Stéphane Degout aborde les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé _ ces chefs d’œuvre… _ sans préciosité dans ce cycle destiné à l’origine à une mezzo-soprano, alors que Tiberghien ne fait pas vraiment regretter l’ensemble de neuf musiciens de la partition originale, surtout dans l’exquis halo de piano _ oui _ de Soupir. Et c’est sur la belle mélodie de jeunesse Sainte (toujours sur texte de Mallarmé) que les deux complices mettent le point final à une superbe _ et enthousiasmante, voilà ! _ parution.

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    Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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    Patrice Lieberman

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    Bravo, et un très grand merci !

    Le génie ravélien est ici parfaitement offert à percevoir, en sa plus lumineuse évidence, ombres comprises, à notre écoute…

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    Ce samedi 25 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • D’admirables éblouissantes interprétations des Concertos pour piano de Saint-Saëns par Alexandre Kantorow au clavier et et son père Jean-Jacques à la direction de l’orchestre du Tapiola Sinfonietta : deux CDs absolument jubilatoires !

    Le centième anniversaire, le 16 décembre 2021, du décès de Camille Saint-Saëns

    (Paris, 9 octobre 1835 – Alger, 16 décembre 1921)

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    est magistralement (!!!) célébré au disque

    par deux superlatifs SACDs BIS _ à grimper au rideau de pur plaisir ! _ d’Alexandre Kantorow, au piano, et son père Jean-Jacques Kantorow dirigeant le Tapiola Sinfonietta,

    les CDs BIS 2300 et 2400, parus respectivement en 2019 et 2022,

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    qu’a superbement chroniqués, sur son site Discophilia, Jean-Charles Hoffelé,

    en deux articles successivement intitulés « Bravoure » (en date du 21 mai 2019) et « Grand Piano » (en date du 14 juin 2022).

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    BRAVOURE

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    Et si le coup de génie pour réussir les Concertos de Saint-Saëns était l’entente intime et donc absolue entre le piano et l’orchestre ? À ce titre là, aucun pianiste n’aura eu cette chance, sinon peut-être Magda Tagliaferro pour son Egyptien _ le n°5 _ avec Jean Fournet.

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    Il aura fallu qu’un fils et un père s’y attellent. Evidemment, ce disque insensé doit être le premier volume d’une intégrale de tout ce que Saint-Saëns aura écrit pour son piano – il était un virtuose, cela s’entend : oui, oui… – et son orchestre. Car l’écoute délicate et fusante entre Alexandre et Jean-Jacques Kantorow expose enfin le génie de ces œuvres qui ne sont pas du tout des concertos classiques, se jouent des genres, revendiquent le droit à une fantaisie absolue _ voilà : Saint-Saëns ne manquait certes pas d’esprit !

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    Ce n’est pas peu écrire qu’ils sauvent l’opus le plus délicat de la série, ce Troisième _ composé en 1868 _, généralement le pont aux ânes des intégrales, ici en dessin clair _ oui _ et malgré ses ombres il rayonne _ mais oui… Le Quatrième _ composé en 1875 _ par le naturel absolu _ voilà ! _ de leur interprétation, rejoint Casadesus, les mêmes lignes lumineuses, mais l’ampleur des timbres en plus.

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    Et l’Egyptien ? Concerto redoutable _ composé en 1896 _, un peu Douanier-Rousseau, mais chéri des fortes personnalités : Tagliaferro l’aimait autant que Sviatoslav Richter, tous les deux y voyaient des Espagnes et un exotisme où le piano inventait d’autres sonorités tout au long de l’Andante qui n’est pas qu’un voyage en felouque : Saint-Saëns y produit une divagation poétique inouïe _ oui _ dont Alexandre Kantorow saisit les alliages subtils avec des caresses de grand fauve. Lorsque le motif de la musique nocturne sur le Nil résonne, il évoque dans le battement des accords qui stridulent le haut du clavier une dimension onirique que personne n’avait poussé aussi avant, avec une telle précision, ni Magda ni Sviatoslav.

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    La finesse _ oui _ des couleurs et des dessins que lui offrent son père et ses musiciens finnois sont de la pure poésie _ voilà. Le Finale peut venir, Alexandre fait fuser tranquillement son clavier, envole tendrement son piano avec des agilités de chérubin, petit génie dont ce n’est que le troisième opus ! J’admire !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Camille Saint-Saëns
    (1835-1921)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 3 en mi bémol majeur, Op. 29
    Concerto pour piano et orchestre No. 4 en ut mineur, Op. 44
    Concerto pour piano No. 5 en fa majeur, Op. 103 “L’Égyptien”

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    Alexandre Kantorow, piano
    Tapiola Sinfonietta
    Jean-Jacques Kantorow, direction

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    Un album du label BIS 2300
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    Photo à la une : le pianiste Alexandre Kantorow – Photo : © DR.

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    GRAND PIANO

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    En ouvrant l’album, une photographie montrant Saint-Saëns jouant sous la direction de Pierre Monteux, Salle Gaveau le 6 novembre 1913 me saute aux yeux. Quelle belle idée, pour illustrer le deuxième volume d’une intégrale de tout ce que le compositeur du Carnaval des animaux aura écrit pour le piano et l’orchestre.

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    L’ampleur _ oui _ de la déclamation initiale du Deuxième Concerto _ composé en 1868 _, jusqu’au tonnerre qui ouvre le grave du piano, puis ce thème modelé avec une douleur sourde, quel art, quelle façon de faire entendre dans cette partition si courue comme une autre musique _ exotique… Saint-Saêns fut un immense voyageur de par le globe…

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    Le père aide le fils, cet orchestre n’est pas en retrait, il est absolument consubstantiel aux sons qui murmurent ou jaillissent du grand meuble dont Alexandre Kantorow joue comme d’un orgue, rappelant à quel point Saint-Saëns savait élargir le piano en creusant l’espace entre les registres. Faire entendre cela est simplement inouï. Finale épique, l’orchestre bondissant autant que le pianiste dans un saltarello à perdre haleine.

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    Génial _ absolument ! _ , comme tout le disque où le fils et le père rédiment le Premier Concerto _ composé en 1858 _ et se délectent des bizarreries _ en effet délicieuses _ d’Africa  _ terminé de composé au Caire, le 1er avril 1891 : Saint-Saëns adorait séjourner en Afrique ; et est, d’alleurs, décédé à Alger… _, de la fantaisie pince-sans-rire du Wedding Cake _ de 1885 _ (comme ce jeune homme sait se moquer, ses doigts rire !) ou encore de la pétillante bourrée _ en 1884 _ de la Rhapsodie d’Auvergne !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Camille Saint-Saëns (1835-1921)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en ré majeur, Op. 17, R. 185
    Concerto pour piano et orchestre No. 2 en sol mineur, Op. 22, R. 190
    Wedding Cake, Op. 76, R. 124
    Allegro appassionato en ut dièse mineur, Op. 70, R. 37
    Rhapsodie d’Auvergne, Op. 73, R. 201
    Africa, Op. 89, R. 204

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    Alexandre Kantorow, piano
    Tapiola Sinfonietta
    Jean-Jacques Kantorow, direction

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    Un album du label BIS Records 2400
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    Photo à la une : le pianiste Alexandre Kantorow – Photo : © DR

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    Œuvres superbes _ et magistralement classieuses… _ d’un immense, très grand, compositeur français,

    à redécouvrir comme ici…

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    Et interprétations magnifiques _ que dis-je, absolument éblouissantes ! _

    absolument idoines à l’idiosyncrasie du puissant génie singulier de l’élégant et clair et imaginatif et fantasque Saint-Saëns,

    des Kantorow, fils et père,

    saisis ici, au Tapiola Hall, à Espoo, en Finlande, en un jubilatoire enthousiasmant état de grâce…

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    Un double enchantement discographique, donc.

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    Et un must pour toute vraie discothèque !

    Constituant une aubaine à ne surtout pas laisser passer…

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    Aux bons entendeurs de musique à ce point de perfection-là incarnée, salut !

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    Ce mardi 21 juin 2022 _ Fête de la musique… _, Titus Curiosus – Francis Lippa