Étiquette : Jean-Charles Hoffelé

  • Après Rameau, ou le regret anticipé d’un glorieux été et automne qui vont finir : à propos du si beau « Jouissons de nos beaux ans ! » de Cyrille Dubois et György Vashegyi (suite)…

    En forme de suite et confirmation de mon article d’avant-hier 20 septembre «  « ,

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    voici, ce vendredi 22 septembre, sur son site Discophilia, un article de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Après Rameau« , consacré lui aussi au passionnant CD « Jouissons de nos beaux ans ! » tout récemment paru :

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    APRÈS RAMEAU

    La tragédie lyrique tardive naissait, avec ses fastes et ses fantaisies, survivance que Gluck allait roidir, dépouillant le merveilleux au profit du tragique. Ce Jouissons de nos beaux ans !, qui pioche dans le connu et plus encore _ en effet _ dans l’inconnu, n’est pas seulement un carpe diem souvent démenti par le ton sombre de bien des pages (et jusqu’au trouble sommeil sous pavot de l’émouvante « cantate » de François Lupien Genet intitulée Le Triomphe de l’Harmonie), il est aussi une forme de regret anticipé _ voilà… _ illustré par l’automne d’un art glorieux dont les derniers feux brillent ici _ oui… Hélas !

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    J’attendais fatalement le haute-contre vertigineux _ oui _ de Cyrille Dubois dans les débauches du Bacchus de Dauvergne (Les Amours de Tempé), dans les adresses enivrées de Momus (Platée) ou dans les pyrotechnies de l’Antiochus ramiste (Les Fêtes de Polymnie), mais c’est dans la douloureuse colère d’Agénor, si noblement déclamée où semble s’annoncer Gluck (Bury, Les Caractères de la Folie), l’espressivo entre rage et résignation de Deucalion (admirable Deucalion et Pyrrha de Berton), l’élégance avec vocalise du sensuel Daphnis (Dauvergne à nouveau) que le chant solaire _ oui ! _ du haute-contre fait merveille _ et c’est même trop peu dire…

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    Le programme, si prodigue en raretés, doit autant à Cyrille Dubois qu’à l’insatiable curiosité de Gÿorgy Vashegyi qui ponctue la fête avec une spectaculaire ouverture de Zaïs. _ mais aussi à Benoît Dratwicki. On annonce la conclusion  _ vraiment ?!? _de la si productive collaboration de la belle bande hongroise avec le Centre de Musique baroque de Versailles. Refermant l’album je me demande bien quel arrêt _ funeste et imbécile… _ a pu défaire des liens que j’espérais insolubles !

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    LE DISQUE DU JOUR

    Jouissons de nos beaux ans

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    François Rebel (1701-1775) / François Francœur (1698-1787)

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    Air, puis Prélude pour Arthémis,
    extrait de « Tarsis et Zélie »

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    Antoine Dauvergne (1713-1797))

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    2 Airs de Bacchus, puis 1 Air de Daphnis, extraits des « Amours de Tempé »

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    Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

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    Sarabande pour Hébé, extrait de « Castor et Pollux »
    Air de Calisis, puis Descente de Polymnie, extraits des « Boréades »
    Premier et second Tambourins, extrait de « Daphnis et Églé »
    Ouverture, extrait de « Zaïs »
    Air d’Antiochus, extrait des « Fêtes de Polymnie »
    Air de Myrtil, extrait de « La Guirlande »
    Air pantomime, puis Air de Thespis avec Chœur, extraits de « Platée »

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    Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)

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    Chœur de nymphes, extrait des « Fêtes de Paphos »
    Air de Titon, extrait de « Titon et l’Aurore »

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    François Lupien Grenet (1700?-1753)

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    Air de Hylas avec Chœur, extrait du « Triomphe de l’Harmonie »

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    Pancrace Royer (1703-1755)

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    Air pour les Turcs en rondeau, extrait de « Zaïde »
    Air pour les Jeux et les Plaisirs, extrait du « Pouvoir de l’Amour »

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    Louis-Joseph Francœur (1738-1804)

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    Air de Céphale, extrait de « L’Aurore et Céphale »

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    Pierre-Montan Berton (1727-1780)

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    Air de Deucalion, extrait de « Deucalion et Pyrrha »

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    Bernard de Bury (1720-1785)

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    Air d’Agénor, extrait des « Caractères de la Folie »

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    Jean-Baptiste Philibert Cardonne (1730-1792)

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    Air d’Ovide, extrait de « Ovide et Julie »

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    Pierre Iso (1715-1794)

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    Chœur, extrait de « Phaétuse »

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    Cyrille Dubois, ténor
    Purcell Choir
    Orfeo Orchestra
    György Vashegyi, direction

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    Un album du label Aparté AP319
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    Photo à la une : le ténor Cyrille Dubois –
    Photo : © Olivier Lalane/lephiltre

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    Un survol un peu rapide pour une si belle et brillante réalisation…

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    Ce vendredi 22 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Encore et toujours l’étendue et la portée du tropisme ferrarais : une nouvelle pépite discographique du magnifique Francesco Corti, sur un clavecin de Philippe Humeau, son CD « Frescobaldi and the South », le CD Arcana A 547…

    Et toujours dans le rayonnement intense de l’insistant tropisme ferrarais,  voici une nouvelle pépite du prodige Francesco Corti au clavecin : le CD Arcana A 547 « Frescobaldi and the South« …

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    Alors que je possède depuis sa parution ce CD enchanteur (!),  j’ai pourtant attendu jusqu’ici de le chroniquer sur mon blog…

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    Mais voici que le toujours sagace Jean-Charles Hoffelé vient, lui, de le faire sur son très riche et très souvent pertinent site Discophilia, sous le tout simple intitulé « Méditerranée«  _ alors que la cité natale de Frescobaldi, la Ferrare des Este, sur un des bras secondaires du Pô, et dans la proximité brumeuse de son large delta, se trouve proche, elle, de l’Adriatique…

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    Voici donc ce très intéressant article « Méditerranée » :

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    MÉDITERRANÉE

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    La belle idée, faire pencher le romain Frescobaldi _ de naissance ferraraise, le 13 septembre 1583, et formé à Ferrare par le ferrarais Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607)… Et ce n’est qu’en sa 20e année, en 1603, que Girolamo Frescobaldi quitte Ferrare et vient s’installer à Rome… _ vers la pointe de la botte ! Evidemment Francesco Corti ne va pas prendre pour l’armature de son récital, dans le plus roide, le plus savant _ et austère _ des pages coulées de la plume de Frescobaldi. Capriccio, Gagliarda, Balletto _ imaginatifs… _ dament le pion aux quelques Toccatas choisies, brillantes, et enlevées comme tel par le geste leste du claveciniste aidé par les couleurs vermeilles d’un spectaculaire clavecin italien _ oui _ signé Philippe Humeau. _ bravissimo à lui aussi !

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    L’exubérance est bien le propos des auteurs napolitains _ dont le génialissime et éminemment singulier Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1513), qui a séjourné à Ferrare de 1594 à 1596 : en 1594, Gesualdo avait épousé en secondes noces Éléonore d’Este, sœur de Cesare d’Este, l’héritier présomptif du duc Alphonse II d’Este (Ferrare, 22 novembre 1533 – Ferrare, 27 octobre 1597) ; et de Carlo Gesualdo Luzzasco Luzzaschi a assurément profité ces années-là de la proximité musicale… _ , écoutez seulement la Toccata prima de Bernardo Storace ou l’explicite Consonanze stravaganti de Giovanni de Macque : partout, la danse s’invite _ oui ! _, et le brio réhausse jusqu’à la nostalgie (la Toccata nona de Frescobaldi). L’instrument, lui aussi, commande ce flot de lumière _ oui _ qui rendra la Battaglia si réaliste jusque dans l’effondrement de l’armure.

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    Passionnant _ comme à chaque fois ! _, Francesco Corti a ouvert grand la porte d’un autre monde du clavecin ultramontain, ce voyage mériterait _ assurément _ d’autres étapes.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Frescobaldi and the South.
    Intendomi chi può che m’intend’io

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    Girolamo Frescobaldi
    (1583-1643)

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    Toccata prima, F 2.01
    Toccata decima, F 2.10
    Partite sopra Ruggiero, F 2.15
    Capriccio sopra La Battaglia, F 2.31
    Balletto e ciaccona, F 2.32
    Gagliarda seconda, F 3.28
    Toccata nona « Non senza fatiga si giunge al fine », F 3.09
    Capriccio nono, di durezze, F 4.09
    Toccata settima, F 3.07
    Recercar con obligo di cantare la quinta parte senza tocarla, F 12.44*
    Gagliarda quinta, F 3.31
    Cento partite sopra passacagli, F 2.29

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    Giovanni de Macque (ca. 1550-1614)

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    Capriccio sopra re fa mi sol
    Consonanze stravaganti
    Prima Gagliarda (2 versions)

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    Rocco Rodio (ca. 1530-ca. 1620)

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    Terza ricercata

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    Scipione Stella (1558-1622)

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    Partita sopra la Romanesca

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    Francesco Lambardo (1587-1642)

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    Toccata
    Gagliarda

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    Michelangelo Rossi (ca. 1601-1656)

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    Toccata prima
    Corrente terza

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    Bernardo Storace (XVIIe siècle)

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    Ciaccona

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    Giovanni Salvatore (début XVIIe siècle-ca. 1688)

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    Canzon francese Seconda, del nono tuono naturale

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    Luigi Rossi (ca. 1597-1653)

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    Passacaille del seigr. Louigi

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    Francesco Corti, clavecin
    Andrés Locatelli, flûte à bec

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    Un album du label Arcana A547
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    Photo à la une : le claveciniste Francesco Corti – Photo : © DR

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    Un CD essentiel

    afin de continuer à pénétrer l’idiosyncrasie frescobaldienne en la richesse de ses contextes italiens…

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    Ce dimanche 17 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Avec un lancinant goût de revenez-y : le magique « Concerto for cello and orchestra » en ut mineur Op. 43 de Mieczyslaw Weinberg, servi cette fois par un radieux Edgar Moreau et un très incisif WDR Sinfonieorchester dirigé par Andris Poga…

    Chaque nouvelle parution discographique _ et elles n’ont pas été jusqu’ici très nombreuses… _ du « Concerto pour violoncelle et orchestre, en ut mineur« , Op. 43, de Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996),

    déclenche inexorablement une très puissante curiosité de ma part :

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    comment va donc être servi cette fois ce lancinant admirable chef d’œuvre de la musique du XXe siècle ?..

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    Il s’agit cette fois du CD Erato 5054197489334 « Edgar Moreau – Weinberg – Dutilleux – Cello Concertos« , par le violoncelliste Edgar Moreau et le WDF Sinfonieorchester dirigé par Andris Poga…

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    C’est l’article « L’Ombre de Rostropovitch » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia le 7 septembre dernier, qui m’a appris la parution de ce CD.

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    Le voici donc :

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    L’OMBRE DE ROSTROPOVITCH

    Mstislav Rostropovitch avait couplé Tout un monde lointain… avec le Concerto de Witold Lutosławski, œuvres composées peu ou prou parallèlement (elles seront toutes deux créées en 1970) et destinée sà l’archet du violoncelliste russe. Plutôt que de reprendre à l’identique le couplage mythique des deux œuvres enregistrées en 1974 par leur inspirateur, Serge Baudo, Witold Lutosławski et l’Orchestre de Paris, Edgar Moreau décale le sujet de son disque _ puisque telle est la thèse de Jean-Charles Hoffelé…

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    Toujours deux œuvres créées par Rostropovitch, mais dont les premières auditions sont distantes de treize années. L’occasion _ seulement ? _ était trop belle d’enregistrer le Concerto de Mieczysław Weinberg dont les gravures se comptent désormais sur les doigts d’une seule main _ mais le chroniqueur ne se donne pas la peine de les citer : pourquoi ? Ce sera la révélation de l’album _ en effet ! _, le jeune violoncelliste en savourant _ oui _ les thèmes nostalgiques, pétris d’échos de musiques judaïques, trouvant derrière la relative consonnance du matériau – l’œuvre fut en fait écrite durant les années de purge formaliste, et demeura longtemps sous le boisseau – le lyrisme têtu _ voilà _ d’un compositeur qui refusait de se plier au diktat esthétique soviétique, ce que la direction ample et éloquente _ justement incisive aussi _ d’Andris Poga souligne avec art.

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    L’enchaînement avec la divagation onirique de l’ouvrage de Dutilleux produit un inévitable hiatus. La lecture séquentielle, caractérisant chacune des cinq « poèmes », en faisant autant de mondes en soi, sacrifie trop la coulée sous opium, l’irréel voyage dans des ailleurs sonores que Victor Julien-Laferrière et David Robertson ont si généreusement distillés (voir ici).

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    Affaire de timbres aussi, la radiance manque aux vents et aux percussions de l’Orchestre de la WDR, mais pas la précision, ni la présence. C’est l’archet torturé, expressionniste d’Edgar Moreau que je suis pas à pas, m’inclinant devant une conception d’abord concertante. À mon sens, elle réduit la puissance poétique de ce chef-d’œuvre _ de Dutilleux _, mais faites-vous votre opinion, vous déjugerez peut-être mon écoute, et puis ne serait-ce que par le Concerto de Weinberg _ et c’est bien pour moi là l’essentiel !!! _, l’album s’impose _ ouf !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Henri Dutilleux (1916-2013)

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    Tout un monde lointain…

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    Mieczysław Weinberg(1919-1996)

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    Concerto pour violoncelle et orchestre en ut mineur, Op. 43

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    Edgar Moreau, violoncelle
    WDR Sinfonieorchester Köln
    Andris Poga, direction

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    Un album du label Erato 5054197489334
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    Photo à la une : le violoncelliste Edgar Moreau – Photo : © DR

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    Ce n’est donc pas du tout le souvenir de Rostropovitch qui oriente ici mon écoute _ et je suis d’ailleurs très loin d’être un inconditionnel de celui-ci… _ ;

    mais c’est la curiosité de découvrir la façon dont les divers interprètes qui s’y attachent, font sonner et chanter la singularité lancinante de ce superbissime Concerto de Weinberg ;

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    auquel j’ai déjà consacré plusieurs articles _  sur les 25 articles que j’ai consacrés jusqu’à’ici à Mieczyslaw Weinberg depuis le 5 décembre 2018, avec, justement, « « ,

    relire surtout celui du 5 juillet 2020 « « , mentionnant les CDs des interprétations qu’en ont données au disque Mstislav Rostropovitch et Guennadi Rojdestvenki, pour Melodya en 1964, Nicolas Altstaedt et Michal Nesterowicz, pour Channel Classics en 2016, et, alors, en 2020, Raphaël Wallfisch et Łukasz Borowicz, pour CPO ;

    j’ai aussi en ma discothèque personnelle le CD de ce Concerto pour violoncelle et orchestre Op. 43 par Claes Gunnarson et Thord Svedlund, en 2008, pour Chandos ;

    ainsi peut-être que l’article du 11 juillet 2021 «  » (avec un renvoi à l’article de ce même jour de ResMusica « Œuvres pour violoncelle et piano de Weinberg par Marina Tarasova et Ivan Sokolov« )…

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    Ce lundi 11 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La délicieuse surprise d’un plus-que-parfait bonbon Locatelli par la formidable Isabelle Faust et un très incisif sans rugosité aucune Giardino Armonico de Giovanni Antonini…

    C’est une vraie surprise d’un plus-que-parfait bonbon Locatelli par la formidable Isabelle Faust et un très incisif, sans rugosité aucune, Giardino Armonico de Giovanni Antonini,que le CD « Pietro Antonio Locatelli il virtuose, il poeta – Violin Concertos – Concerti grossi« , que nous proposent ces inspirés interprètes, avec ce CD Harmonia Mundi HMM 902398 _ écoutez ici et vous serez conquis !_ ;

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    que vient de fort justement chroniquer, sur son site Discophilia, le 31 août dernier, Jean-Charles Hoffelé, sous l’intitulé « Le violon de l’ange » :

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    LE VIOLON DE L’ANGE

    Tartini ou Locatelli _ le démon contre l’ange… _, s’il faut préférer de garder l’un contre l’autre _ de ces virtuoses du violon baroque _, alors Locatelli. Mon choix est tranché depuis longtemps, Locatelli, aussi virtuose soit-il, est d’abord un poète _ oui _, et comme les poètes son art ne veut pas épater, mais surprendre et toucher _ comme le suggère si bien François Couperin…

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    Isabelle Faust le sait bien qui fait entendre dans le délirant jeu à la chanterelle qui parcourt tout l’Allegro et le Finale du Concerto en la majeur ce rossignol têtu, un peu ivre. Et comme elle portera le grand chant du Largo où passe le souvenir de Vivaldi : un vrai aria d’opéra _ oui.

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    L’album est magnifique _ vraiment, en effet… _ d’autant qu’il a le goût de trop peu. Deux Concertos seulement choisis dans le beau bosquet de L’Arte del violino, détaillés et envolés par un archet capricieux et tendre _ oui, d’une tendresse merveilleusement juste _, alternés avec deux Concertos grossos, dont l’un des opus les plus saisissants coulés de la plume de Locatelli, cette Pianto d’Arianna, scène dramatique _ quasiment opératique _ en six sections qui fait entrer tout un théâtre dans le petit orchestre et où Arianna est un violon.

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    Album touché par la grâce _ oui !!! Comme c’est assez rare ainsi… _, magnifié par cette poésie diseuse _ oui _ que partagent _ mais oui ! _ Isabelle Faust, Giovanni Antonini et son Giardino magique ; vite !, une suite.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Il virtuoso, il poeta

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    Pietro Antonio Locatelli(1695-1764)

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    Concerto grosso en ut mineur, Op. 1 No. 11
    Concerto pour violon et orchestre en la majeur,
    Op. 3 No. 11

    Concerto grosso en mi bémol majeur, Op. 7 No. 6 « Il pianto d’Arianna »
    Concerto pour violon et orchestre en ut mineur, Op. 3 No. 2
    Concerto grosso en fa mineur, Op. 1 No. 8 (extrait : VI. Pastorale)

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    Isabelle Faust, violon
    Il Giardono Armonico
    Giovanni Antonini, direction

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    Un album du label harmonia mundi HMM 902398
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    Photo à la une : la violoniste Isabelle Faust et le chef d’orchestre Giovanni Antonini – Photo : © D 

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    Mais mieux encore que ces chronicages,

    c’est l’interprétation parfaitement emballante du génie musical de Pietro Antonio Locatelli qu’offre ce CD qui emportera votre conviction…

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    Bravissimo !

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    Ce dimanche 10 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa