Étiquette : label Deutsche Grammophon

  • Le défi, pour tout interprète, de se confronter au génie terriblement péremptoire d’un Beethoven, au tempérament de base colérique : la splendide ultime Waldstein de Rudolf Serkin, en 1986, en son infiniment précieux CD posthume, paru chez DG en 2023 : « The lost tapes »…

    Répondant au terrible défi, pour tout interprète, de se confronter au génie tellement péremptoire de Beethoven, au puissant tempérament de base colérique,

    c’est à une splendide ultime « Waldstein » n° 21 Op. 53 que Rudolf Serkin (Eger, 28 mars 1903 – Guilford, 8 mai 1991) s’est, une ultime fois, du moins pour le disque, au mois de mars 1986, à New-York, confronté, merveilleusement,

    et qu’est venu, en 2023, nous offrir son somptueux CD DG 486 4935 « The lost tapes » – ce qui n’est pas tout à fait le juste qualificatif ces bandes avaient seulement été mises de côté, elles n’était pas perdues, seulement un peu oubliées… – , paru, avec l’autorisation de sa fille Judith Serkin, pour Deutsche Grammophon, en 2023…

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    Écoutez donc ceci, cela et puis cela..

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    La « Waldstein » est probablement, des 32 sonates pour le piano de Beethoven – avec la bouleversante 32e et ultime, génialissime – celle qui m’emporte le plus…

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    Un somptueux cadeau que ce CD !

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    En complément,

    on peut consulter les deux belles appréciations suivantes de Christophe Huss et Jean-Charles Hoffelé,

    intitulées respectivement « Des inédits de Rudolf Serkin refont surface » et « Vitalité« ,

    parues dans Le Devoir du 29 novembre 2023 et sur le site Discophilia le 25 décembre 2023…

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    Ce dimanche 28 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir l’émouvantissime piano le plus intime de Tchaikovsky par l’inépuisable subtilité toute de tendresse de l’admirable Daniil Trifonov : quel artiste !

    Découvrir l’émouvantissime piano le plus intime de Tchaikovsky par l’inépuisable subtilité toute de tendresse de l’admirable Daniil Trifonov,

    tel est le jubilatoire cadeau que vient nous offrir – quelle formidable surprise ! – le double CD Deutsche Grammophon 486 7471 « Daniil Trifonov – Tchaikovsky – The Sleeping Beauty – Children’s album – Piano Sonata op.80 – Theme and Variations op. 19/6  » – enregistré à Worcester (Massachussets), au mois de janvier 2025 …

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    Et j’adhère en plein, à l’écoute de ce double CD de 93′, à ce que promettait l’ultrafine oreille de ce magnifique recommandeur qu’est Jean-Charles Hoffelé, en son article « Nurserie » du 4 novembre dernier,

    qui va tout droit à l’essentiel :

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    NURSERIE

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    Commencez – mais oui ! – par le second disque : Daniil Trifonov s’immerge dans les petits poèmes lyriques que sont les vingt-quatre vignettes de l’Album pour les enfants, cycle merveilleux – absolument ! Quelle sublime découverte pour moi qui le découvre ici !!! – qu’il sauve de toute tentation didactique. Son toucher vise – et atteint pleinement – à l’intime – voilà ! – , et déploie une palette d’une subtilité inépuisable – voilà qui est parfaitement dit.

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    L’élégance nostalgique qu’il infuse – oui – magnifie ce voyage vers l’enfance où Tchaïkovski semble avoir écrit un journal intime. Les pages les plus anecdotiques comme la célèbre Sérénade napolitaine qu’on connaît sous d’autres vêtures sont désarmantes de poésie, et la prière finale (Dans l’église) sonne telle une confession lourde de regrets qui ne saurait être d’un enfant.

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    Il prendra à contre-pied la grande suite tirée par Mikhail Pletnev de La Belle au bois dormant, qui la voulait brillante – cf le CD n° 10 du très beau récent coffret Erato « Mikhail Pletnev – The Erato Recordings – 1988 – 2001″… Daniil Trifonov préfère l’éloigner des grands gestes du ballet pour la métamorphoser en une narration, mi conte mi rêve – voilà... – : ce clavier sait si bien se faire onirique – oui, oui…

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    Qu’il parvienne à sauver la Sonate, Op. 80 de ses raideurs, à rendre si convaincant le redoutable Thème original et variations, laisse espérer pour demain d’autre cycles revisités par ses talents poétiques : le piano de Tchaïkovski, si méprisé, si rarement compris, a trouvé son aède – voilà ! Quel artiste accompli est décidément Daniil Trifonov !

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    LE DISQUE DU JOUR

    Piotr Ilitch Tchaïkovski(1840-1893)

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    Thème original et variations
    en fa majeur, Op. 19, TH 133 No. 6

    Sonate pour piano (No. 2)
    en ut dièse mineur,
    Op. 80, TH 123

    Album pour les enfants,
    Op. 39, TH 141

    La Belle au bois dormant,
    Op. 66, TH 13 – Suite de concert pour piano seul élaborée par Mikhail Pletnev

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    Daniil Trifonov, piano

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    Un album de 2 CD du label Deutsche Grammophon 486 7471

    Photo à la une : le pianiste Daniil Trifonov – Photo d’origine : © Dario Acosta

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    Et si je parle ici de jubilatoire découverte de ma part, c’est parce que je n’ai guère d’attraction immédiate – et encore moins familière ! – envers ce répertoire russe…

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    Mais Daniil Trifonov, oui, je l’apprécie beaucoup, beaucoup ! – écoutez déjà simplement ceci…

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    Comme pas mal de pianistes russes, d’ailleurs  – et le plus souvent, eux aussi, exilés à l’Ouest – : eux aussi infiniment subtils…

    Ce qui me rappelle la situation d’exil à l’Ouest du génial écrivain – lui… – Vladimir Nabokov – courrez lire son extraordinaire et merveilleux « Ada ou l’ardeur« …

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    Ce vendredi 7 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Brahms idéal de John Eliot Gardiner avec l’orchestre rayonnant de vie maîtrisée du Concertgebouw : transparence et fulgurance, cristal de feu…

    Après une intégrale des Symphonies de Brahms sur instruments anciens avec son Orchestre Révolutionnaire et Romantique, pour Philips en 2007,

    John Eliot Gardiner – né le 20 avril 1943 – a choisi l’Orchestre du Concergebouw – d’Amsterdam : les enregistrements ont eu lieu en septembre 2021, mai 2022 et janvier 2023 – pour une seconde intégrale, de resplandissante vie et maturité, des quatre Symphonies de Johannes Brahms, combinant sereinement fulgurance et transparence, pour un triple CD Deutsche Grammophon 486 3529 « Johannes Brahms – Complete Symphonies – Royal Concertgebouw Orchestra – John Eliot Gardiner« …

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    Voici l’excellente présentation qu’en a donné Jean-Charles Hoffelé en son article « Retour à Brahms » du 14 juin dernier :

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    RETOUR À BRAHMS

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    Dans sa brève note d’intention, Sir John Eliot Gardiner loue la flexibilité – voilà – des musiciens du Concertgebouw. On l’entend à l’œuvre. Le fini des phrasés, le nuancier, la précision des rythmes, jusqu’à cette agogique qui efface les barres de mesure, disent assez que les Néerlandais se fondent dans le geste – souple et clair – du chef anglais.

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    Dix-huit ans après l’atelier à ciel ouvert – avec instruments anciens – de son parcours Brahms avec l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, Gardiner ne revient pas ici pour doublonner. La rencontre tient de la pure magie – oui ! – , transparence et fulgurance – voilà ! « Fuego y cristal« , dit lui-même, citant Borges, John Eliot Gardiner à la page 5 du livret – , pure beauté des timbres -oui, oui – , et ce drive qui dès la timbale preste qui ouvre le cycle, indiquent qu’ici on ne traînera pas, même pour la pastorale de la Deuxième dont l’énergie du Finale rappelle – rien moins ! – le geste de Karel Ančerl à Prague.

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    L’allégement de l’ensemble ne vise pas à amincir l’univers Brahms, il lui infuse une lumière qui irradie – de l’intérieur – les polyphonies – la Quatrième est simplement fabuleuse – et expose toute la modernité, l’élan vers de nouveaux mondes sonores que Schönberg sut y débusquer. Pourtant les audaces de cette nouvelle syntaxe sont comme guipées dans une gangue de classicisme – absolument – ; l’absence de pathos – ouf ! – suffirait à l’expliquer si en sus les rythmes inextinguibles n’invitaient parfois une sève quasi bohémienne. L’ombre de Dvořák peut-être, qui ferait le second sujet idéal – mais oui ! – de cet alliage parfait, d’autant que la discographie du chef anglais reste de ce côté-ci plutôt courte.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johannes Brahms
    (1833-1897)

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    Symphonie No. 1 en ut mineur, Op. 68
    Symphonie No. 2 en ré majeur, Op. 73
    Symphonie No. 3 en fa majeur, Op. 90
    Symphonie No. 4 en mi mineur, Op. 98

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    Royal Concertgebouw Orchestra
    Sir John Eliot Gardiner, direction

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    Un album de 3 CD du label Deutsche Grammophon 4863519
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Sir John Eliot Gardiner –
    Photo : © Hans van der Woe

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    Quelle vie et quelle sérénité à la fois !

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    C’est un pur bonheur de musique !

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    Nous aimons Brahms…

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    Ce jeudi 19 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le drame d’Eros et Tanathos de « Tosca » de Puccini, saisi jusqu’au vertige par la direction toute de sensibilité – et charme aussi – de Daniel Harding, à Rome, avec un trio électrisant de chanteurs parfaits : Eleonora Buratto, Jonathan Titelmann et Ludovic Tézier… Une réalisation musicale et discographique ultra-prenante et stylée…

    C’est un double CD 486 6997 mémorable (!!) que nous offre Deutsche Grammophon avec la sensualissime dramatique « Tosca » de Puccini, dont le drame torride d’Eros et Tanathos est saisi jusqu’au vertige par la direction musicale toute de sensibilité-sensualité de Daniel Harding, à Rome, avec un trio électrisant de chanteurs parfaits : Eleonora Buratto, soprano, Jonathan Titelmann, ténor, et Ludovic Tézier, baryton. 

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    Deux beaux commentaires

    par Sylvain Fort, « Quatre étoiles« , pour le numéro de Diapason de ce mois de juin 2025 – aux pages 78-79 – ,

    et par Jean-Charles Hoffelé, « Retour à Rome« , sur son blog Discophilia, en date d’hier 30 mai 2025 :

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    RETOUR À ROME

    Une Tosca de plus ? Daniel Harding, prenant son magister romain – à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia – , n’aura pas résisté à la tentation légitime de s’immerger dans les beautés d’une partition dont l’orchestre est un des personnages, vrai portrait sonore de Rome – où se déroule l’intrigue de ce drame de 1802, entre Sant Andrea della Valle et le Château Saint-Ange… – , des splendeurs menaçantes du Te Deum – qui clôt l’acte premier – aux réponses des cloches ouvrant avec le chant du berger – ici une petite fille – l’acte ultime.

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    Il en fait entendre tous les raffinements – sensuels autant que dramatiques – , osant un temps qui n’est pas toujours celui du théâtre – le petit concert de cordes avant « E lucevan le stelle » fut-il jamais si détaillé ?-, profitant du confort relatif d’un concert à l’Auditorium Parco della Musica – où a été réalisé l’enregistrement, au mois d’octobre 2024.

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    Une Tosca suprêmement bien chantante – oui – (Eleonora Buratto), tigresse amoureuse jusqu’à l’assassinat d’un Scarpia stylé – oui – (Ludovic Tézier), où soudain la terreur se mêle dans son timbre ardent à la fureur, des comprimari modestes mais bien chantants, tous doivent pourtant laisser le primus au – sensualissime – Cavaliere de Jonathan Tetelman, Cavaradossi ténébreux de timbre (et on imagine de regard), lui aussi surveillant le style – oui, oui -, impressionnant – voilà ! – autant pour la comédie amoureuse de l’Acte I, finement détaillée, que pour le calvaire de l’Acte II et les illusions du troisième.

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    Mais qu’on écoute d’abord avec quel art Daniel Harding dit – à l’orchestre – « son » Puccini, prélude, espérons-le, à une Madama Butterfly, une Manon Lescaut, une Fanciulla del West, une Turandot …

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Tosca [, SC 69]

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    Eleonora Buratto, soprano (Floria Tosca)
    Jonathan Tetelman, ténor (Mario Cavaradossi)
    Ludovic Tézier, baryton
    (Le baron Scarpia)
    Giorgi Manoshvili, basse
    (Cesare Angelotti)
    Matteo Macchioni, ténor (Spoletta)
    Davide Giangregorio, basse (Un sacristain)
    Nicolò Ceriani, baryton (Sciarrone, un gendarme)
    Costantino Finucci, baryton (Un geôlier)
    Alice Fiorelli, soprano (Un berger)

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    Orchestra e Coro dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia
    Daniel Harding, direction

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    Un album de 2 CD du label Deutsche Grammophon 4866997
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    Photo à la une : le ténor Jonathan Tetelman, et en arrière-plan,
    le chef Daniel Harding – Photo : © DR

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    L’incarnation musicale du drame est telle, et avec un tel charme pénétrant, qu’on se croit même – en se passant d’images… – complètement au théâtre, et même au cinéma

    – mais Puccini est tellement cinématographique…

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    Ce samedi 31 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa