j’ai choisi de débuter la matinée de ce samedi 10 janvier par la ré-écoute, enchantée, de la merveilleuse « Gran Partita » KV. 361 de Mozart, dans l’interprétation particulièrement aimée de l’Akademie für Alte Musik Berlin, du très beau CD Harmonia Mundi HMM 902627 « Mozart – Gran Partita – Wind Serenades K. 361 & 375 » – enregistré à Berlin au mois de février 2020…
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Et le bonheur de la transcendante joie mozartienne, matinée d’une légère pointe de mélancolie, revient : la transfusion de grand air, immédiate, est magique !..
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Ce samedi 10 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
Il se trouve que le lumineux Ligeti mozartien – voilà ! voilà ! – du CD Harmonia Mundi HMM905370 « Kammerkonzert and other works » (for Wind Quintets) des Siècles et François-Xavier Roth – enregistré en 2016 à Soissons du 12 au 14 avril 2016 – , paru d’abord en 2017 pour le discret label – arlésien – Musicales Actes-Sud, et reparu en 2023 pour le plus visible label – arlésien lui aussi – Harmonia Mundi – pourquoi ? pourquoi ? – manquait à ma discothèque personnelle ;
or voici que ce début d’année 2026, un très bienvenu destockage de CDs Harmonia Mundi, a fait parvenir chez mon disquaire préféré ce CD, qui vient de me permettre, pour mon bonheur de mélomane féru des splendides musiques pour harmonie, tant de Mozart – telle la sublimissimeGran Partita KV 361 – que de György Ligeti, de rattraper enfin ce malencontreux défaut de ma discothèque…
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Sur ce CD que je n’avais pas repéré lors de sa première parution, en 2017, pour le discret label Musicales Actes-Sud, cf l’article de Benoît Sitzia « Les Siècles pour Ligeti » paru sur le site de ResMusica le 27 février 2017 – il m’avait échappé... – :
L’orchestre Les Siècles, reconnu entre autre pour son engagement atypique à défendre le répertoire moderne sur instruments d’époque, nous propose un disque consacré au répertoire de la deuxième moitié du XXe siècle avec un programme dédié à la musique de chambre du compositeur hongrois György Ligeti (1923-2006). Menés par leur chef et fondateur François-Xavier Roth, les solistes de l’orchestre repartis en groupes chambristes nous livrent un enregistrement d’une rare qualité qui force l’admiration.
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Pour cette belle monographie, trois œuvres appartenant à deux « manières » du compositeur nous sont proposées et ordonnancées comme une arche allant du quintette à vent à l’orchestre de chambre.
Ce chemin débute avec les Six bagatelles pour quintette à vent composé en 1953 d’après six des onze pièces pour piano solo que compte Musica ricercata (1951-53). Ici les solistes des Siècles font preuve d’une vivacité rythmique et d’une clarté de jeu qui rendent hommage au caractère « naïf » et provocateur de cette œuvre de jeunesse qui fut censurée jusqu’en 1969. L’équilibre des voix et des timbres rendu par le quintette offre une lecture renouvelée et aérée d’une œuvre qui souffre trop souvent d’appesantissements et nous livre ainsi tout les détails de l’écriture du premier Ligeti.
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Le célèbre Kammerkonzert pour treize instrumentistes poursuit ce chemin musical prometteur. Cette œuvre de 1970 en quatre mouvements constitue un véritable jalon dans l’histoire de la musique, et consacre l’aboutissement d’une deuxième « manière » du compositeur hongrois. Ici Roth et Les Siècles subjuguent dès le premier mouvement grâce à une formidable construction des textures orchestrales tout en conservant le contrôle dynamique et formel de ce grand déploiement contrapuntique, offrant ainsi une clarté d’écoute rare pour cette œuvre.
Dans le deuxième mouvement une expressivité travaillée permet de conserver une couleur instrumentale homogène tout en faisant ressortir pleinement les fragments mélodiques, apportant ici le lyrisme nécessaire à l’écoute de cette œuvre dans sa grande forme. Le troisième mouvement, inscrit dans une écriture verticale et obsessionnelle, exige une grande rigueur rythmique et dynamique que les instrumentistes et leur chef transcendent. L’équilibre harmonique est saisissant et le choix d’une interprétation plus analytique permet un contraste bienvenue dans l’écoute globale de l’œuvre.
En conclusion, le quatrième mouvement confirme toute les qualités énoncées précédemment tout en offrant une lecture des plans timbraux et sonores très contrastée ce qui permet à l’architecture de ce Kammerkonzert de se déployer comme un récit limpide, permettant à tout auditeur de cheminer au sein de ce kaléidoscope sonore.
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Pour finir, les Dix pièces pour quintette à vent (1968) nous permettent de façon concrète d’effectuer une synthèse des deux œuvres précédentes. Ici encore les solistes des Siècles nous livrent une interprétation précise et maîtrisée. Les dix pièces courtes alternent écriture de groupe et pièces « concertantes » destinées à chacun des instruments du quintette. La conduite formelle claire ne cède en rien à l’exigence de l’écriture qui aime jouer sur les contradictions de la tessiture naturelle des instruments et du registre de jeu qui leur est imposé par le compositeur. Le dernier mouvement, noté Presto bizzaro, conclu très théâtralement cette œuvre dont Ligeti prit soin de noter sur la partition une citation de Lewis Caroll : «…mais… » il y eut une longue pause « C’est tout? » demanda Alice timidement {…}.
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Alors gageons – oui, oui – que Les Siècles et François-Xavier Roth nous offriront d’autre enregistrements aussi brillants portant la musique d’hier et d’aujourd’hui avec cet engagement qui les caractérise.
consacrés tous trois au merveilleux resplendissant CD Harmonia Mundi HMM 905 382 « Ligeti – Violin, Piano & Romanesc Concertos » des Siècles, François-Xavier Roth, ainsi qu’Isabelle Faust et Jean-Frédéric Neuburger.
Un CD qui fait date !
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Mozart – Ligeti : une merveilleusement lumineuse filiation,
pour notre plus grand bonheur de musique !
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Viva Mozart ! Viva Ligeti ! Viva la musique !
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Ce lundi 5 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
Voici Benjamin Alard au plus haut de son – déjà immense ! – art d’interprète en le merveilleux volume 11 – Harmonia Mundi HMM 902475.77, en 3 CDs ; enregistré à Provins en avril et mai 2023 – de sa magistrale Intégrale des Œuvres pour clavier de Jean-Sébastien Bach, en ces chefs d’œuvre absolus que sont les Partitas BWV 825 à 830, le Concerto italien BWV 971, l’Ouverture dans le style français BWV 831, de ses Clavier-Übungen I & II, que Bach a pris le plus grand soin de publier lui-même, comme l’explique fort bien Peter Wollny aux pages 6 à 11 du livret de ce parfait coffret…
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Les clavecins Jacob Kirkman (Londres, 1757) et Hieronymus Albrecht Haas (Hambourg, 1740), conservés au Musée instrumental de Provins, ne sont pas, non plus, tout à fait pour rien dans la réussite fabuleuse de cet enregistrement lumineux,
non plus que la réalisation, direction artistique, prise de son et montage parfaits d’Alban Moraud…
La tendresse retenue de Bach à Mülhausen (en 1707-1708 : un séjour de 11 mois seulement d’un Bach âgé de 22 ans) splendidement irradiée par Sébastien Daucé et son Ensemble Correspondances en le très touchant CD Harmonia Mundi 902745 « J. S. Bach – Christ lag in Todesbanden – Cantatas 4 – 106 – 131 « :
un magnifique CD qui vient nous offrir un Bach délicatement illuminé par une sublime douceur française…
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Une interprétation singulière, qui enrichit superbement la discographie,
tout spécialement de la merveilleuse Cantate 106, Actus tragicus…