Étiquette : label Le Palais des Dégustateurs

  • Pénétrer vraiment la substantifique mœlle de très précieuses œuvres de Chostakovitch et Silvestrov : une nouvelle reconnaissance de l’exceptionnelle et attachante personnalité créatrice de Valentin Silvestrov dans le magique CD PDD041 « Shostakovich – Silvestrov » du constamment merveilleux Palais des Dégustateurs d’Eric Rouyer…

    Comme en écho un peu tardif à mes articles « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence… » et « Avancer dans la connaissance (et la jouissance) de l’œuvre, au moins discographique, de Valentin Silvestrov : une sidération !.. » des 27 et 28 décembre derniers (2024) sur ce blog « En cherchant bien« ,

    voici que je découvre ce petit matin à mon réveil ce bel article de reconnaissance du magique CD « Shostakovich – Silvestrov » d’Ettore Causa, alto, et Boris Berman, piano – soit le CD PDD041 du Palais des Dégustateurs de mon ami Eric Rouyer –, ce bel article suivant, sous la plume de Jean-Luc Caron et paru hier 5 mars sur le site de ResMusica, intitulé « Ettore Causa et Boris Berman dans les mondes singuliers de Chostakovitch et Silvestrov » – et dont je relève tout de suite la belle et juste expression de « mondes singuliers » appliquée à ces deux très grands compositeurs : oui, c’est bien cela ! –,

    que je m’empresse de bien volontiers reproduire ici :

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    Après plusieurs enregistrements – déjà – très remarqués – oui ! – pour le label Le Palais des dégustateurs, l’altiste et le pianiste défendent avec brio des pièces précieuses – merveilleuses, sublimes : des chefs d’œuvre !.. – de Chostakovitch et Silvestrov dont ils pénètrent – par la profonde justesse d’inspiration de leur interprétation – la substantifique mœlle – voilà !

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    La Sonate pour alto et piano op.147, dernier chef-d’œuvre – oui : c’est en effet là son mot de la fin, son œuvre ultime et splendide… – du Russe qui y porte le point final le 5 juillet 1975, est dédiée au fameux altiste du Quatuor Beethoven Fiodor Droujinine. Le compositeur souffrant et épuisé – oui, il est au bout de sa vie, et de son œuvre… – peine à venir à bout de cette pièce puissante qui contient plusieurs réminiscences – en effet – et constitue une manière d’adieu déchirant à la vie – voilà ! L’altiste d’origine italienne  et le pianiste russe en offrent une lecture exempte de tout pathos, évitant une excessive mélancolie et défendant un tonus créateur digne du vaste catalogue de Chostakovitch qui s’éteint le 8 août 1975. Cette exigence de véracité – oui ! –  infiltre les trois mouvements de la Sonate. Le Moderato initial est marqué par un courant sonore tonique enrichi d’élans exacerbés et la présence d’interrogations sans réponses précises que les musiciens contrôlent efficacement dans les toutes dernières mesures. Le deuxième mouvement, Allegretto, se veut dès l’entrée davantage sautillant et ne dédaigne pas l’expression d’un certain optimisme renouant une ultime fois avec la rythmique si spécifique et tellement appréciée du compositeur – en effet. Énergie et vitalité – oui – que le duo Causa et Berman traduit magnifiquement, ne négligeant pas la proximité – électrique ! – d’un esprit enflammé et d’un corps meurtri. Le final, un long Adagio d’une quinzaine de minutes, se concentre sur une méditation impressionnante – voilà, voilà – , toutefois dénuée d’effusion romantique palpable, offrant un sentiment douloureux de beauté, de dignité – oui – et de rappels de musiques antérieures dont il évoque le souvenir non sans une certaine modestie – c’est une musique toute d’intimité, pour soi… On repère ainsi des souvenirs de la Sonate Au clair de lune de Beethoven, du Concerto pour violon « à la mémoire d’un ange » d’Alban Berg, des évocations de la Symphonie n° 5 « du destin » de Beethoven, mais encore des passages s’appuyant sur la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski, sans oublier des emprunts à Rachmaninov, à Wagner et à certains de ses propres opus.

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    Récemment redécouvert (2017), le très bref Impromptu pour alto et piano op. 33, une pièce de 1931, montre la distance existant entre le créateur mature et singulier et le jeune musicien, alors âgé de 25 ans, encore très perméable à l’esprit du romantisme.

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    , obligé de quitter son Ukraine natale en 2022 – pour les terribles raisons que l’on ne sait que trop !, tout particulièrement ces terribles jours-ci d’effroyable trahison… -, est défendu ici avec un engagement puissant et brillant par Causa et Berman, ce dernier connaissant personnellement le compositeur -oui. Aujourd’hui internationalement apprécié – oui -, Silvestrov a élaboré un très copieux catalogue riche d’authentiques chefs-d’œuvre – mais oui ! – aux grands écarts esthétiques inspirés – absolument…

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    Causa interprète seul et en première gravure mondiale Élégie, dédiée elle aussi à Fiodor Droujinine. Musique quasiment athématique, presque aphoristique, expressive, s’achevant par une seule note en suspens. Avec les Trois Intermezzi pour piano seul, pièce récente (2022) dédiée au pianiste , on constate un retour à la mélodie et au beau son, un climat de méditation apaisée et douce – oui, telle une berceuse.

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    Le tout récent Triptych pour alto et piano, 2023, en trois très brefs mouvements, totalise une dizaine de minutes. L’Intermezzo adopte un rythme de marche non conventionnel, la Sérénade a été qualifiée de « chant sans paroles » – à la Mendelssohn – et Moment musical – à la Schubert -, à l’avancée légère, mais aux intrications sonores complexes des deux interprètes, permet d’évoquer de grands créateurs romantiques du passé – en effet.

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    et Boris Berman, grâce à cette interprétation de haut vol et leur souci de véracité rare – oui, oui ! – , défendent l’exceptionnelle et attachante personnalité créatrice de  – tout cela est très juste.

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    Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour alto et piano, op.147 ; Impromptu pour alto et piano, op.33 ; Valentin Silvestrov (né en 1937) : Elegy pour alto ; Epitaphium (L.B.) ; Three Intermezzi pour piano forte ; Triptych pour alto et piano. Ettore Causa, alto ; Boris Berman, piano. 1 CD Le Palais des Dégustateurs PDDO41. Enregistrement réalisé du 7 au 9 juin 2024 au Couvent des Jacobins, Beaune, France. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 67’40

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    Une belle reconnaissance qui devrait élargir le cercle des amoureux de la musique de Valentin Silvestrov, ainsi que celui des amateurs des superbes réalisations discographiques du vaillant Palais des Dégustateurs, de cet admirable défricheur – et partageur généreux de splendides beautés musicales – qu’est, par son label discographique audacieux et très probe, Eric Rouyer…

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    Ce jeudi 6 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De Valentin Silvestrov à Giya Kancheli : un parcours de profond plaisir musical et de curiosité, avec la découverte de saisissantes « Simples musiques », quasi minimalistes, au charme très pur…

    De Valentin Silvestrov à Giya Kancheli : un parcours de profond plaisir musical _ et de curiosité ravie _, avec la découverte éblouie de saisissantes toutes « Simples musiques« , quasi minimalistes, infiniment touchantes en la pureté et innocence de leur simplicité, justement… ;

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    ou comment j’en suis venu, de l’écoute jouissive d’un flamboyant CD de piano à l’écoute jouissive d’un autre flamboyant CD de piano, à la découverte éblouie de l’œuvre, jusqu’ici inconnue de moi, du compositeur géorgien Giya Kancheli (Tbilissi, 10 août 1935 – Tbilissi, 2 octobre 2019), après la découverte de l’œuvre, elle aussi jusqu’ici inconnue de moi, du compositeur ukrainien Valentin Silvestrov (Kiev, 30 septembre 1937)…

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    Un parcours de curiosité et découvertes musicales éminemment  jouissives, donc, en leur fascinante « simplicité« , que viennent jalonner, au moins pour moi, les expressions des articles suivants de mon blog « En cherchant bien« 

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    en date des 27 décembre 2024 « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence…« ,

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    puis 31 décembre 2024 « Un cadeau d’Eric Rouyer : une vidéo de Boris Berman présentant, au piano, des extraits de son splendide double CD PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » : l’alchimie étrange des rencontres, au passage toujours furtif de Kairos…« , 

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    et ensuite 16 janvier 2025 « Une nouvelle bouleversante interprétation du sublime « Kitsch-Music » (de 1977) de Valentin Silvestrov, par Polina Osetinskaya, après celle de Boris Berman…« …

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    Et aujourd’hui, donc, ce saisissant désarmant de charme pur, en ses très courtes « miniatures« , double CD Piano Classics PCL 10198 « Kancheli – 33 Miniatures – Simple Music for Piano & Works by Altunyan and Tsintsadze« , par George Vatchnadze, au piano, et Suren Bagratuni, au violoncelle… 

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    Presques de simples chansons (sans paroles), en deux ou trois minutes chacune, juxtaposées :

    écoutez-les ici, en cliquant…

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    Encore de somptueuses toutes simples découvertes musicales, qui s’appellent et se répondent l’une l’autre…

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    Merci !

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    Ce mardi 11 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle bouleversante interprétation du sublime « Kitsch-Music » (de 1977) de Valentin Silvestrov, par Polina Osetinskaya, après celle de Boris Berman…

    Après le merveilleux double CD PDD 030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » _ enregistré à Beaune du 6 au 9 juin 2022 _ qui m’a fait découvrir et admirer cette sublime musique de Valentin Silvestrov qu’est sa « Kitsch Music » (de 1987 _ il y a 38 ans déjà ; mais nous sommes bien là dans le registre de l’intemporel… _),

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    c’est l’article « Polina Osetinskaya offre un supplément d’âme aux « Musiques simples » de Pärt, Silvestrov et Kancheli » de Jean-Luc Caron paru le 10 janvier dernier sur le site de ResMusica,

    qui m’a fait commander, aussitôt, et recevoir très vite, chez mon disquaire préféré, l’admirable et profondément émouvant CD Evidence EVCD 128 « Simple Music – Pärt – Silvestrov – Kancheli » de la pianiste Polina Osetinskaya _ enregistré à Saint-Petersbourg du 22 au 24 octobre 2024.

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    Quelle sublimissime musique, décidément !

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    Pärt, Silvestrov et Kancheli, trois compositeurs majeurs de notre temps apparaissent sous les doigts inspirés _ oui ! _ de la pianiste russe  avec des pièces pour piano bien éloignées des vertigineuses et ambitieuses partitions capitales qui ont assuré leur réputation internationale.

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    Tous ont en commun une farouche et courageuse opposition à l’autocratie soviétique puis russe qui les ont conduit à s’exiler en Europe occidentale. La pianiste russe partage avec eux des commentaires critiques envers ce régime dictatorial qui lui valent moultes difficultés. Les pièces sélectionnées pour cet enregistrement se positionnent dans le registre de l’intime _ oui ! _, de la pudeur et du respect de la mélodie, une pacifique parenthèse que s’octroient ces personnalités indomptables et déterminées.

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    Für Alina (1976) de l’Estonien marque le début de son style tintinnabuli, sa musique minimaliste, influencée par l’héritage médiéval, faisant suite à la période sérielle et moderniste. Avec Pour Alina, composé pour la fille d’un couple d’amis, il adopte une écriture simple et un tempo libre. Le compositeur confie que « c’est dans cette pièce que j’ai découvert les séries d’accords parfaits dont je fis ma règle très simple de fonctionnement. » Il quitte son pays et s’installe en Allemagne en 1980.

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    Suivent les six courtes Variations sur la guérison d’Arinushka, écrites en 1977, s’appuyant sur des thèmes rudimentaires et bien dessinés dépourvus de sophistication et destinées _ aussi _ à l’intimité.

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    Pärt extrait de sa musique composée pour le film Ukuaru (1973) une valse délicate dont la mélodie devient rapidement populaire.

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    , né _ en 1937 _ deux ans après Pärt, fuit son Ukraine natale en 2022 (il a 85 ans) face à la guerre qui l’oppose à la Russie de Poutine et gagne Berlin. Il a constitué un vaste catalogue et fréquenté différentes esthétiques, souvent avec un grand bonheur, passant d’une modernité assumée à un regard nostalgique tourné vers le passé _ ce que nous donne excellemment à percevoir de double CD « Vaalentin Silvestrov – Boris Berman », du Palais des Dégustateurs . A l’instar de ses chers amis, Pärt et Kancheli, il excelle également dans les petites formes s’exprimant dans le registre de l’intimité enrichies par un passé luxuriant _ et voilà qui est fort bien résumé ! Kitsch Music écrite en 1977 se décompose en cinq courts mouvements parfois comparées à des chansons sans paroles _ à la Mendelssohn _ et riches d’airs concis enrichis de répétitions, le tout se rangeant dans le registre de la nostalgie _ oui… _ bien davantage que dans celui de la satire ou du sarcasme.

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    , lui aussi quitta un temps la Géorgie de ses ancêtres pour retrouver une liberté d’expression effective en Allemagne puis en Belgique (au début des années 1990). Sa production intéresse aussi bien l’orchestre que les compositions complexes et inspirées, requérant de nombreuses combinaisons originales. Vers la fin de sa vie il reprit habilement ses nombreuses participations musicales consacrées au cinéma et au théâtre, ne conservant que l’essentiel des mélodies chaleureuses et des rythmes heureux en les confiant au piano principalement, mais pas uniquement. Le succès national et mondial de ces précieuses miniatures l’a étonné tout en faisant le bonheur non feint d’une multitude d’artistes.  _ née à Moscou le 11 décembre 1975 _ les enrichit à son tour d’une vibrante interprétation _ intense et bouleversante dans son parfait rendu de l’intimité infiniment douce et tendre de certaines de ces pièces _ avec ces 19 miniatures sélectionnées qui rejoint les réussites de pianistes tels que Alessandro Stella, George Vatchanadze, Alessandro Simonetto et Elisaveta Blumina.

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    La pianiste russe agrémente ses interprétations d’un toucher délicat _ oui ! _, d’une note de sensualité contrôlée _ oui, oui ! _ mais aussi d’élans effervescents et de lyrisme élégiaque _ voilà _ qui n’appellent que des éloges _ absolument…

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    Simple Music.
    Arvo Pärt (né en 1935) : Für Alina ; Variations for the Healing of Arinushka ; Ukuaru valss ;
    Valentin Silvestrov (né en 1937) : Kitsch Music ;
    Giya Kancheli (1935-2019) : Simple Music.
    Polina Osetinskaya, piano.
    1 CD evidence classics EVCD126. Enregistré du 22 au 24 octobre 2023, salle de concert Myasnikov, Saint-Pétersbourg (Russie).
    Notice trilingue : anglais, russe et français.
    Durée : 67’

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    A mon tour, je recommande donc ce bouleversant merveilleux et infiniment touchant CD de Polina Osetinskaya _ dont l’acmé est la « Kitsch-Music » de Silvestrov…

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    Ce dimanche 19 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En revenant me pencher sur la poiesis des « Bagatelles » de Valentin Silvestrov, suite à un courriel de Mikhail Rudy adressé à Eric Rouyer…

    En réponse à un courriel de réponse de Mikhail Rudy _ évoquant la « Nostalgie pour la  culture universelle“ selon la belle définition d’Ossip Mandelstam de l’Acméisme… _ à la demande d’Eric Rouyer de bien vouloir proposer une description de la musique de Silvestrov, après lecture de mon article du 29 décembre dernier,
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    voici mes réflexions de ce matin 6 janvier sur la poiesis musicale de Valentin Silvestrov en ses « Bagatelles »… :
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    Chers amis,
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    de la sublime musique des « Bagatelles » de Valentin Silvestrov,
    dont l’intimité, pour soi (et pas pour le concert), me touche et bouleverse au plus profond,
    à la manière _ elle aussi pour soi, intime _ des « Moments musicaux » de Schubert, ou des « Intermezzi » de Brahms :
    face, et comme en réponse, à l’essentiel…
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    Et la musique, pour peu qu’on l’écoute vraiment, parle alors mieux, et au plus près, que n’importe quel discours…
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    C’est ainsi la genèse intime de ces pièces-là _ toutes simples et en même temps si riches et si belles _,
    c’est-à-dire les « sentiers » de poiesis à peine conscients d’où sourd, peu à peu, leur improvisation-création sous les doigts du compositeur, seul à seul en l’intimité de son piano, pour lui,
    qui touche aussi ma propre curiosité pour le cheminement de création infiniment intime (en même temps que riche de mémoire un peu cultivée…) de ces pièces qui in fine seront notées sur le papier sous le titre générique de « Bagatelles » par Valentin Silvestrov ;
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    et qui comportent en leur départ, j’allais dire forcément, quelques réminiscences, à la fois légères et feutrées, mais touchantes et profondes, et qui vont peu à peu, en revenant instamment, mais ces nouvelles fois-là revisitées et fécondées _ ou encore hybridées _ par ces improvisations en dialogue, reprises et continuées au fil des jours, révéler une forme de familiarité insistante en la propre neuveté _ et singularité : ne surtout pas la minimiser _ de ces nouvelles pièces qui jaillissent et naissent, et qui seront baptisées, quand elles auront ainsi insisté et persisté, « Bagatelles »,
    en un dialogue comme suivi et poursuivi par le jeu libre et pour lui-même, à l’intimité fervente de son piano, du compositeur, à partir de ces premiers tous petits « grains »- là, qui vient l’inviter à continuer, en toute humilité, le dialogue musical ouvert par la fascination première (bientôt relayée en ritournelles…) de ces menus grains inauguraux-là…
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    Les riches livrets de présentation de Tatjana Frumkis pour les CDs PDD 030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » et PDD 041 « Shostakovich – Silvestrov » du Palais des Dégustateurs, me semblent, à cet égard déjà, très instructifs.
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    Après,
    outre Boris Berman, interprète privilégié de longue date de Valentin Silvestrov,
    c’est Valentin Silvestrov lui-même qui, en plus de sa musique, par quelques mots un peu détaillés et développés, pourrait venir nous éclairer un pas plus loin sur les sentiers broussailleux de son imageance singulière de compositeur toujours en activité, à 87 ans…
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    Il n’y a donc jamais de création purement et absolument ex nihilo, mais toujours à partir de l’évidence de tels premiers « grains » qui ouvrent, et viennent, se libérant, animer, puis relancer, en ritournelles, l’inspiration,
    celle-ci (en dialogue) étant à son tour fondamentalement ouverte, et authentiquement créatrice _ et pas indigemment reproductrice…
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    C’est ce que je suis permis de nommer faculté d’ « imageance »
    à partir des travaux de mon amie Marie-José Mondzain dont le père, le peintre Simon Mondzain (1888 – 1979) est lui aussi venu de ces contrées d’Europe centrale et orientale,
    celles-là mêmes que Czeslaw Milosz (1911 – 2004) a nommée, en 1959 _ pour la célébrer quand celle de l’Ouest l’oubliait un peu trop… _, « Une Autre Europe »…
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    D’ou mon lien, à l’écoute enchantée de cette musique de Valentin Silvestrov, à ma très vive admiration pour la magistrale analyse (et les lumineuses synthèses) de l’ami Bernard Sève en son « Les Matériaux de l’art » (aux Editions du Seuil),
    sur lequel portera notre entretien de mardi 14 janvier prochain à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
    pour le compte aussi de notre Société de Philosophie de Bordeaux…
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    Ce lundi 6 janvier 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa