En revenant me pencher sur la poiesis des « Bagatelles » de Valentin Silvestrov, suite à un courriel de Mikhail Rudy adressé à Eric Rouyer…

En réponse à un courriel de réponse de Mikhail Rudy _ évoquant la « Nostalgie pour la  culture universelle“ selon la belle définition d’Ossip Mandelstam de l’Acméisme… _ à la demande d’Eric Rouyer de bien vouloir proposer une description de la musique de Silvestrov, après lecture de mon article du 29 décembre dernier,
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voici mes réflexions de ce matin 6 janvier sur la poiesis musicale de Valentin Silvestrov en ses « Bagatelles »… :
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Chers amis,
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merci de ce partage de mes modestes impressions d’écoute _ « Ce que m’apporte la méditation sur les « Bagatelles » (ou « Moments musicaux ») de Valentin Silvestrov dans la préparation de mon entretien à venir mardi 14 janvier prochain, à la Station Ausone, avec l’ami philosophe Bernard Sève à propos de son magistral « Les Matériaux de l’art »… » _
de la sublime musique des « Bagatelles » de Valentin Silvestrov,
dont l’intimité, pour soi (et pas pour le concert), me touche et bouleverse au plus profond,
à la manière _ elle aussi pour soi, intime _ des « Moments musicaux » de Schubert, ou des « Intermezzi » de Brahms :
face, et comme en réponse, à l’essentiel…
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Et la musique, pour peu qu’on l’écoute vraiment, parle alors mieux, et au plus près, que n’importe quel discours…
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C’est ainsi la genèse intime de ces pièces-là _ toutes simples et en même temps si riches et si belles _,
c’est-à-dire les « sentiers » de poiesis à peine conscients d’où sourd, peu à peu, leur improvisation-création sous les doigts du compositeur, seul à seul en l’intimité de son piano, pour lui,
qui touche aussi ma propre curiosité pour le cheminement de création infiniment intime (en même temps que riche de mémoire un peu cultivée…) de ces pièces qui in fine seront notées sur le papier sous le titre générique de « Bagatelles » par Valentin Silvestrov ;
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et qui comportent en leur départ, j’allais dire forcément, quelques réminiscences, à la fois légères et feutrées, mais touchantes et profondes, et qui vont peu à peu, en revenant instamment, mais ces nouvelles fois-là revisitées et fécondées _ ou encore hybridées _ par ces improvisations en dialogue, reprises et continuées au fil des jours, révéler une forme de familiarité insistante en la propre neuveté _ et singularité : ne surtout pas la minimiser _ de ces nouvelles pièces qui jaillissent et naissent, et qui seront baptisées, quand elles auront ainsi insisté et persisté, « Bagatelles »,
en un dialogue comme suivi et poursuivi par le jeu libre et pour lui-même, à l’intimité fervente de son piano, du compositeur, à partir de ces premiers tous petits « grains »- là, qui vient l’inviter à continuer, en toute humilité, le dialogue musical ouvert par la fascination première (bientôt relayée en ritournelles…) de ces menus grains inauguraux-là…
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Les riches livrets de présentation de Tatjana Frumkis pour les CDs PDD 030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » et PDD 041 « Shostakovich – Silvestrov » du Palais des Dégustateurs, me semblent, à cet égard déjà, très instructifs.
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Après,
outre Boris Berman, interprète privilégié de longue date de Valentin Silvestrov,
c’est Valentin Silvestrov lui-même qui, en plus de sa musique, par quelques mots un peu détaillés et développés, pourrait venir nous éclairer un pas plus loin sur les sentiers broussailleux de son imageance singulière de compositeur toujours en activité, à 87 ans…
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Il n’y a donc jamais de création purement et absolument ex nihilo, mais toujours à partir de l’évidence de tels premiers « grains » qui ouvrent, et viennent, se libérant, animer, puis relancer, en ritournelles, l’inspiration,
celle-ci (en dialogue) étant à son tour fondamentalement ouverte, et authentiquement créatrice _ et pas indigemment reproductrice…
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C’est ce que je suis permis de nommer faculté d’ « imageance »
à partir des travaux de mon amie Marie-José Mondzain dont le père, le peintre Simon Mondzain (1888 – 1979) est lui aussi venu de ces contrées d’Europe centrale et orientale,
celles-là mêmes que Czeslaw Milosz (1911 – 2004) a nommée, en 1959 _ pour la célébrer quand celle de l’Ouest l’oubliait un peu trop… _, « Une Autre Europe »…
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D’ou mon lien, à l’écoute enchantée de cette musique de Valentin Silvestrov, à ma très vive admiration pour la magistrale analyse (et les lumineuses synthèses) de l’ami Bernard Sève en son « Les Matériaux de l’art » (aux Editions du Seuil),
sur lequel portera notre entretien de mardi 14 janvier prochain à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
pour le compte aussi de notre Société de Philosophie de Bordeaux…
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Ce lundi 6 janvier 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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