Étiquette : Lucien Durosoir

  • Naissance, ce mois de mai 2024, du Festival Lucien Durosoir « Mai musical 2024 », autour de Bélus, en pays d’Orthe, pour des oeuvres magnifiques données ici en miroirs ; ou le constat renouvelé de la sidérante singularité Durosoir…

    Une magnifique initiative

    pour honorer un compositeur à la très forte personnalité musicale.

    …
    …

    De: « Georgie Durosoir »

    Objet: Naissance d’un festival

    Date: 14 mars 2024 à 09:50:43

    …

    Chers mélomanes, chers amis,

    Nous avons le plaisir de vous annoncer la création d’un festival de musique de chambre consacré à la mémoire de Lucien Durosoir (1878 – 1955). Nous l’inaugurons par le Mai Musical 2024 dont vous trouverez le détail ci-dessous.

    …

    Lucien Durosoir a maintenant conquis la place qui lui  revient dans le concert des grands de l’histoire de la musique. Il est légitime de lui dédier un festival. Celui-ci se tiendra en Pays d’Orthe, dans le pourtour du village de Bélus auquel il lia son destin à son retour de la Grande Guerre, et où il fonda sa famille. Nous avons choisi l’idée du « Miroir », une manière de mettre Lucien Durosoir face à ses contemporains _ voilà ! Sa musique démontre ainsi d’elle-même que cette place n’est pas usurpée. Nous espérons vous retrouver nombreux à ces événements qui enrichiront la vie culturelle de notre région.

    …

    Georgie et Luc Durosoir.

    …

    …

    Musique de chambre en Pays d’Orthe

                 Festival Lucien Durosoir »

             « Mai Musical » 2024

    …

    …

    Dimanche 5 mai 2024 : « Sonates en miroir »

    …

    Sonates pour violoncelle et piano de Claude  Debussy et de Lucien Durosoir

    Duo Stanislas Kim, violoncelle et Marie Günter, piano

    Château de Monbet (Saint Lon les Mines, 40300)

    …

    …

    Dimanche 12 mai 2024 : « Scherzando ! »

     

    …

    Le scherzo, avec sa fantaisie, inspirera « Les Gabriëles », quatuor à cordes

    Scherzos de Fritz Kreisler, Lucien Durosoir, Henryk Wieniawski, Quatuor de Claude Debussy

    Château de Monbet (Saint Lon les Mines, 40300)

    …

    …

    Dimanche 19 mai 2024 : « Durosoir invite Ligeti »

    …

    Durosoir Quatuor n° 3 et Ligeti Quatuor n° 1 par le Quatuor Tana

    Château de Monbet (Saint Lon les Mines, 40300)

    …

    …

    Samedi 25 mai 2024 : « Trio/miroir »

    …

    Trios de Debussy, Durosoir, Lili Boulanger par le Trio Ernest,

    Église de Bélus (40300)

    …

    …

    Tous les concerts ont lieu à 16 heures

    …

    Réservations ouvertes à partir du 15 avril

    maimusicalLD@gmail.com

    Ou : 06 80 89  63 34

    …

    …

    Voilà une passionnante initiative, avec de jeunes ensembles de musiciens prometteurs ou déjà confirmés.

    …

    …

    Ainsi, du Quatuor Tana, je possède pour ma part 4 magnifiques CDs :

    …

    _ le double CD « Seven » des sept premiers Quatuors de Philip Glass,

    _ le CD « King Lear » des Quatuors n° 8 et 9 de Philip Glass,

    _ et le CD « WTC 9/11 » de Steve Reich…

    …

    …

    Du Quatuor n°1 (composé en 1953-1954) de György Ligeti (1923 – 2006),

    je possède deux interprétations au disque par le Quatuor Arditti, enregistrées toutes deux à Londres, en 1978, pour le label Wergo _ j’en possède la « special edition«  de 2006 : le CD WER 6926 2 _, et 1994, pour le label Sony Classics_ en formation en partie modifiée : si Irvine Arditti, premier violon, et Rohan de Saram, violoncelle, sont des deux enregistrements de 1978 et 1994, dans celui de 1994, Lennox Mackenzie, second violon, et Levine Andrade, alto, de l’enregistrement de 1978, ont cette fois été remplacés par David Alberman et Garth Knox ; cette interprétation de 1994 (disponible dans le coffret « György Ligeti – Works » de 9 CDs dans la ré-édition-anniversaire de 2010 que je possède : Sony 88697616412) est sidérante d’incisivité et beauté ! C’est magistral !!! _ ; écoutez-ici cette seconde interprétation de 1994 (d’une durée de 20′ 41), elle est spendidissime…

    Ainsi que deux autres interprétations, l’une par l’Artemis Quartet enregistré à Cologne, en 1999 _ dans le CD « Ligeti – String Quartets 1 & 2« , Erato 0946 3369 34 2 5 _, et l’autre par le Quatuor Béla enregistré à Grange des Villarons en 2012 _ dans le CD « György Ligeti – Métamorphoses intimes« , Æon AECD 1332…

    …

    …

    Et il me faut ajouter ici que ce sont mes échanges avec Karol Beffa _ cf son important « György Ligeti » paru chez Fayard en mai 2016 : un magnifique travail  que j’ai dévoré à sa sortie…  _ qui ont aiguillé ma curiosité vers l’œuvre, magistral en effet, de György Ligeti…

    …

    …

    À partager,

    et bien sûr à suivre…

    …

    …

    Francis Lippa

    …

    …

    Des confrontations « en miroirs » passionnantes.

    …

    Et bravo pour un choix si judicieux de programmes de concerts afin de mettre si bien en valeur l’idiosyncrasie puissante de l’œuvre de Lucien Durosoir

    _ cf ma contribution « «  au Colloque « Lucien Durosoir, un compositeur moderne né romantique » qui s’est tenu les 19 et 20 février 2011 au Palazzetto Bru-Zane à Venise ; ainsi que mon article du 23 juin 2020 à propos des trois stupéfiants Quatuors de Lucien Durosoir ; « « … _,

    mises ainsi en regard de quelques uns de ses plus excellents contemporains, tant compositeurs que violonistes :

    Henrik Wienawski (1835 – 1880), Claude Debussy (1868 – 1918), Lili Boulanger (1893 – 1918), Fritz Kreisler (1875 – 1962), György Ligeti (1923 – 2006)…

    …

    Et c’est bien cette très marquante singularité (ou idiosyncrasie), en son siècle, de Lucien Durosoir, à laquelle j’avais consacré la première de mes deux contributions de recherche et analyse au colloque du Palazzetto Bru-Zane à Venise, en février 2011 : «  » _ la seconde de ces deux contributions miennes au colloque de Venise étant : « La poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : Romantiques, Symbolistes, Parnassiens, Modernes« …

    …

    …

    Ce samedi 16 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nouvelle réactualisation, ce jeudi 11 janvier 2024, de la bibliothèque de podcasts et vidéos d’Entretiens de Francis Lippa, d’octobre 2009 à janvier 2024, avec les plus excellents auteurs et parfois amis…

    Suite à mon entretien d’avant-hier mardi 9 janvier à la Station Ausone avec François Noudelmann pour un aperçu rétrospectif sur tout son œuvre philosophique,

    et cela à partir de son passionnant récit familial sur trois générations de Noudelmann : son grand-père Chaïm (1891 – 1941), son père Albert (1916 – 1998), et lui-même François (né en 1958) par rapport à eux deux, en fonction des filiations et dés-affiliations et affinités adventives…

    _ cf mon article d’hier mercredi 10 janvier 2024 «  » qui donnait donc accès à cette jubilatoire vidéo. de notre superbe entretien de 61’… _,

    …

    voici,

    pour succéder à mon précédent article rétrospectif du catalogue de mes divers Entretiens enregistrés (podcasts et vidéos) avec d’excellents auteurs, en date du vendredi 16 décembre 2022 : « « ,

    …

    voici donc

    une nouvelle réactualisation simplement mise à jour de cette collection de liens à de podcasts et vidéos de mes Entretiens enregistrés et disponibles _ les assez nombreux entretiens antérieurs ayant pris place dans les salons Albert Mollat n’ayant hélas pas encore bénéficié d’enregistrements, et cela à l’initiative magnifique de Denis Mollat… _ :

    …

    …

    1)  Yves Michaud, Qu’est-ce que le mérite ? (52′) le 13 octobre 2009

    2)  Jean-Paul Michel, Je ne voudrais rien qui mente dans un livre (62′), le 15 juin 2010

    3)  Mathias Enard, Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants (57′), le 8 septembre 2010

    4)  Emmanuelle Picard, La Fabrique scolaire de l’histoire (61′), le 25 mars 2010

    5)  Fabienne Brugère, Philosophie de l’art (45′), le 23 novembre 2010

    6)  Baldine Saint-Girons, Le Pouvoir esthétique (64′), le 25 janvier 2011

    7)  Jean Clair, Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture (57′), le 20 mai 2011

    8)  Danièle Sallenave, La Vie éclaircie _ Réponses à Madeleine Gobeil (55′) le 23 mai 2011

    9)  Marie-José Mondzain, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs (60′), le 16 mai 2012

    10) François Azouvi, Le Mythe du grand silence (64′), le 20 novembre 2012

    11) Denis Kambouchner, L’École, question philosophique (58′), le 18 septembre 2013

    12) Isabelle Rozenbaum, Les Corps culinaires (54′), le 3 décembre 2013

    13) Julien Hervier, Ernst Jünger _ dans les tempêtes du siècle (58′), le 30 janvier 2014

    14) Bernard Plossu, L’Abstraction invisible (54′), le 31 janvier 2014

    15) Régine Robin, Le Mal de Paris (50′), le 10 mars 2014

    16) François Jullien, Vivre de paysage _ ou l’impensé de la raison (68′), le 18 mars 2014

    17) Jean-André Pommiès, Le Corps-franc Pommiès _ une armée dans la Résistance (45′), le 14 janvier 2015

    18) François Broche, Dictionnaire de la collaboration _ collaborations, compromissions, contradictions (58′), le 15 janvier 2015

    19) Corine Pelluchon, Les Nourritures _ philosophie du corps politique (71′), le 18 mars 2015

    20) Catherine Coquio, La Littérature en suspens _ les écritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres & Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire (67′), le 9 septembre 2015

    21) Frédéric Joly, Robert Musil _ tout réinventer (58′), le 6 octobre 2015

    22) Ferrante Ferranti, Méditerranées & Itinerrances (65′), le 12 octobre 2015

    23) Bénédicte Vergez-Chaignon, Les Secrets de Vichy (59′), le 13 octobre 2015

    24) Frédéric Martin, Vie ? ou Théâtre ? de Charlotte Salomon (61’), le 25 novembre 2015

    25) Marcel Pérès, Les Muses en dialogue _ hommage à Jacques Merlet (64’), le 12 décembre 2015

    26) Yves Michaud, Contre la bienveillance (64′), le 7 juin 2016

    27) Karol Beffa et Francis Wolff, Comment parler de musique ? & Pourquoi la musique ? (32′), le 11 octobre 2016

    28) Etienne Bimbenet, L’Invention du réalisme (65′), le 6 décembre 2016

    29) Olivier Wieviorka, Une Histoire des Résistances en Europe occidentale 1940-1945 (54′), le 8 mars 2017

    30) Michel Deguy, La Vie subite _ Poèmes, biographies, théorèmes (75′), le 9 mars 2017

    31) Frédéric Gros, Possédées (58′), le 6 avril 2017

    32) Sébastien Durand, Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la seconde guerre mondiale (55′), le 6 juin 2017 _ non diffusable publiquement, hélas, pour des raisons techniques : l’entretien est passionnant ! À défaut, lire le livre : « Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale : 1938-1950, une filière et une société face à la guerre, l’Occupation et l’épuration« , aux Éditions Memoring…

    33) François Jullien, Dé-coïncidence (61′), le 17 octobre 2017

    34) René de Ceccatty, Enfance, dernier chapitre (52′) & La Divine comédie (30′), de Dante (traduction en vers et en français de René de Ceccatty), le 27 octobre 2017

    35) Marie-José Mondzain, Confiscation _ des mots, des images et du temps (65′), le 7 novembre 2017, au Théâtre du Port-de-la-Lune : une vidéo.

    36) Pascal Chabot : L’homme qui voulait acheter le langage (49′), le 20 septembre 2018

    37) Nathalie Castagné / Goliarda Sapienza : Carnets (49′), le 29 avril 2019

    38) Jean-Paul Michel : Défends-toi, Beauté violente ! & Jean-Paul Michel « La surprise de ce qui est«  & Correspondance 1981-2017 avec Pierre Bergounioux  (82′), le 3 mai 2019 : une vidéo

    39) Hélène Cixous : 1938, nuits (62′), le 23 mai 2019 : une vidéo

    40) Denis Kambouchner : Quelque chose dans la tête & Vous avez dit transmettre (62′), le 26 novembre 2019

    41) Karol Beffa : L’Autre XXe siècle musical (53′), le 25 mars 2022 : une vidéo 

    42) René de Ceccaty : Le Soldat indien (9′), le 4 novembre 2022 : une vidéo

    43) Pascal Chabot : Avoir le temps : Essai de chronosophie ainsi que Après le progrès & Les sept stades de la philosophie & Global burn-out & L’Âge des transitions & Exister, résister _ ce qui dépend de nous & Traité des libres qualités (64′), le 22 novembre 2022 : une vidéo

    …

    Et donc maintenant aussi :

    …

    44) François Noudelmann : Les Enfants de Cadillac ainsi que Le Toucher des philosophes : Sartre, Nietzsche, Barthes au piano & Les Airs de famille. Une philosophie des affinités & Le Génie du mensonge _ les plus grands philosophes sont-ils de sublimes menteurs ?  & Penser avec les oreilles & Un tout autre Sartre (61′), le 9 janvier 2024 : une vidéo.

    …

    …

    À suivre…

    …

    Le lien à l’article de mon blog du 27 avril 2017 Deux merveilleux entretiens à l’Auditorium de la Cité du Vin, à Bordeaux, avec Nicolas Joly et Stéphane Guégan donne accès, lui, à deux très riches vidéos d’entretiens à la Cité du Vin :

    le premier entretien, le 17 janvier 2017, avec Nicolas Joly _ le très fameux vigneron du prestigieux merveilleux vignoble de La Coulée de Serrant, en Anjou… _, et Gilles Berdin, à propos du livre La Biodynamie (94′) : une vidéo ;

    et le second, le 28 mars 2017, avec Stéphane Guégan _ conservateur du patrimoine _, à propos de la passionnante et très réussie exposition à la Cité du Vin Bistrot ! De Baudelaire à Picasso (96′) : une vidéo…

    …

     

    …

    J’y joins ici aussi ce courriel adressé ce matin même à François Noudelmann, en forme de prolongation à nos riches échanges de mardi, ainsi qu’immense remerciement… : 

    …

    Cher François,

     
    exemplaire aussi a été mon entretien magique avec Jean Clair (le 20 mai 2011) à propos de ses « Dialogue avec les morts » et « L’Hiver de la culture »,
    dont pourra jouir au mieux à l’écoute ta lucidissime exercée « troisième oreille ».
     
    Et beaucoup de ses paroles (et bien plus qu’elles : ses rythmes, ses grains de voix, ses tons, ses ralentis, ses pauses, ses silences, etc.) vont,
    telle une bouteille lancée à la mer,
    trouver en toi l’oreille (et le penser) qu’ils attendaient et espéraient-désespéraient peut-être de rencontrer…
    Mais nous sommes finalement d’incurables jubilatoires optimistes…
     
    En voici un lien au podcast : 
     
    Je vais bien sûr _ et c’est ce que je viens de faire ici même _ rédiger un nouveau récapitulatif des enregistrements accessibles des podcasts et vidéos de mes entretiens,
    en y joignant le merveilleux nôtre d’avant hier 9 janvier,
    où tous ces entretiens sont accessibles à l’oreille ou au regard.
     
    Bien sûr, tous ne sont pas de la hauteur de celui, de bout en bout merveilleux, avec Jean Clair
    _ de même que tous les « Comment l’entendez-vous ? » de la magnifique Claude Maupomé ne sont pas tous de la hauteur somptueuse du « Je l’entends comme je l’aime » de Roland Barthes pour son Schumann ; celui-ci eût lieu au mois d’octobre 1978 ; et c’était d’ailleurs là la première (!) d’une merveilleuse émission qui eut 545 exemplaires, jusqu’en 1990... _,
    mais beaucoup d’entre eux sont, au moins de mon point de vue, assez jubilatoires ; et les passions lumineuses communicatives de ces interlocutions m’ont vraiment beaucoup appris et m’ont ouvert, à moi aussi, de vrais mondes…
     
    De mes 45 entretiens enregistrés jusqu’ici _ les précédents, avant 2009, n’étaient pas encore enregistrés par Denis Mollat ; et le nôtre est donc le 46e… _,
    j’élis :
     
    celui (en vidéo) avec Hélène Cixous sur son « 1938, nuits »,
    celui (en vidéo) avec Karol Beffa sur son « L’Autre XXe siècle musical  » _ il y parle entre autres de Ravel, de Poulenc, de Reynaldo Hahn… _,
    celui (en vidéo) avec Pascal Chabot sur son « Avoir le temps : Essai de chronosophie » (+ l’ensemble de son parcours philosophique),
    celui (en vidéo) avec Marie-José Mondzain sur son « Confiscation _ des mots, des images et du temps »,
    celui (en podcast) avec René de Ceccatty sur ses « Enfance, dernier chapitre » et « La Divine comédie »,
    celui (en podcast) avec Bernard Plossu sur son « L’Abstraction invisible »,
    celui (en podcast) avec Michel Deguy sur son « La Vie subite _ Poèmes, biographies, théorèmes »…
     
    Comme par hasard presque tous des amis…
     
    Tomber sur, rencontrer, trouver de vrais interlocuteurs,
    comme aussi des paysages, des villes,
    et bien sûr aussi des œuvres (ainsi que des interprétations) à lire, regarder, écouter,
    avec lesquels s’entretenir, dialoguer, rebondir, aller plus loin, s’enchanter,
    voilà ce que j’aime _ tel un Montaigne s’entretenant avec ses livres (et ses poutres gravées) en sa féérique Librairie _ ;
     
    et que j’ai aussi eu la chance d’avoir _ mais oui ! _ le long de mes 42 ans de défi d’enseigner à philosopher, dans la classe, avec mes élèves, chaque heure (ou presque…) de cours, au lycée…
    Et j’ai adoré ça !
    De même que j’aime aussi chercher-rechercher un pas plus loin, à côté ou de biais :
     
    _ comme en la recherche du parcours de survie (tu) de mon père le Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006) sous l’Occupation ;
    _ comme en la recherche de l’ancrage argentin (depuis 1830) de mes cousins oloronais Bioy, dont est issu le cousin au second degré de ma mère née Marie-France Bioy (1918 – 2018), Adolfo Bioy Casares (1014 – 1999), l’ami si proche de Jorge Luis Borges ;
    _ comme à propos de l’œuvre musical de Lucien Durosoir (1878 – 1955) pour lequel j’ai donné 2 communications au Colloque musical « Un Compositeur moderne né romantique : Lucien Durosoir » au Palazzetto Bru-Zane à Venise le 19 février 2011 : «Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et « La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ;
    _ comme en la recherche des ancêtres basques du cher Maurice Ravel  (1875 – 1937) à Ciboure ;
    _ comme en la recherche de la descendance de la branche « algérienne » de Louis Ducos du Hauron (1837 – 1920), l’inventeur génial, en 1868, à Lectoure, de la photographie en couleurs…
     
    Et au-dà de ces podcats et vidéos d’entretiens accessibles sur mon blog « En cherchant bien »,
    ce sont tous mes articles (qui ont débuté le 3 juillet 2008) qui constituent pour moi un trésor d’expression et mémoire conservé et accessible…
     
    Voilà !
     
    Un immense merci, cher François.
     
    Voilà ce qu’est s’entendre en s’écoutant et se répondant en s’accordant assez bien, sur le vif…
    Soient les inestimables cadeaux vrais de la vraie vie.
    Une grâce…
     
    Bien à toi, François,
     
    Francis

    …

    …

    Et je joins encore, ce vendredi matin, ce lien-ci à un site où peut se regarder et écouter la vidéo d’une passionnante contribution (d’une durée de 30′) de François Noudelmann consacrée au « doigté » selon Roland Barthes, pour la Fondation Singer-Polignac, le jeudi 4 juin 2015…  

    …

    …

    Ce jeudi 11 janvier 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce que vient nous apprendre (ou pas) le livret militaire de Lucien Durosoir, classe 1898, matricule n° 322 ; et la confrontation de ses données avec ce que révèlent les lettres de Lucien Durosoir adressées à sa mère…

    L’accès au livret militaire de Lucien-Jules-Henri Durosoir,

    né à Boulogne-sur-Seine le  5 décembre 1878, fils de feu Léon-Octave Durosoir et Louise-Marguerite Marie, violoniste de profession, et résidant 5 rue de Laborde à Paris 8e, au moment de l’ouverture de ce livret,

    vient nous livrer quelques intéressantes informations, en particulier, bien sûr, sur le parcours et la carrière militaires de Lucien Durosoir.

    …

    Et d’abord, sur la raison pour laquelle celui-ci, en dépit de son niveau culturel, est demeuré simple soldat (de deuxième classe) durant toute la durée de la guerre _ alors que, par exemple, un André Caplet, lui, né lui aussi en 1878 (le 23 novembre 1878), était sergent… _ : Lucien était « Dispensé – art. 21 – fils unique de veuve » par le conseil de révision…

    …

    …

    D’autre part,

    je remarque aussi, que le détail donné dans ce document-là des « Services et mutations diverses » de Lucien Durosoir dans « l’armée territoriale _ du 1er novembre 1912 au 1er novembre 1918 _ et dans la réserve « , n’apparaît pas nécessairement mentionné dans la correspondance échangée entre Lucien et sa mère, Louise ; et cela du fait que certaines des  mutations sont, et à plusieurs reprises, intervenues à des moments durant lesquels Lucien ne se trouvait pas au front, mais en permission au domicile familial du 45 rue du Moulin, à Vincennes ; et que le fils n’avait donc pas besoin d’en avertir par courrier écrit sa mère, pour l’informer, et en priorité, du changement d’adresse postale où lui adresser désormais le courrier : les transmissions de ces informations sur ces transferts d’affectation (et d’adresse où le joindre), s’étant faites à la maison, et n’ayant donc pas été mentionnées dans les lettres échangées _ et conservées _ entre le fils et sa mère.

    …

    Des lettres qui ont été précieusement _ pour nous qui y avons maintenant ce très précieux accès historiographique ! _ très soigneusement réunies et conservées chez elle, à Vincennes, puis à Bélus, par Louise Durosoir _ décédée à Bélus le 16 décembre 1934 _ ; puis, à Bélus, par son fils Lucien _ décédé à Bélus le 4 décembre 1955 _ ; et maintenant son petit-fils Luc…

    …

    …

    Lucien Durosoir (classe 1898, matricule 322), apprenons-nous, en ce livret militaire ouvert en 1898, dispensé de service actif par le conseil de révision en tant que fils unique de veuve, a d’abord été versé dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1902 ; puis dans l’armée territoriale, le 1er novembre 1912. Rappelé à l’activité par décret présidentiel du 2 août 1914, Lucien Durosoir a rejoint le 23e Régiment Territorial d’Infanterie le 30 août 1914, à Cherbourg. Et il a été en activité aux armées du 13 novembre 1914 au 18 février 1919 :

    après avoir été affecté au 23e Régiment Territorial d’Infanterie _ à Cherbourg, donc _, le 30 août 1914, il a été ensuite versé au 24e Régiment Territorial d’Infanterie _ au Hâvre, cette fois _, à une date hélas peu lisible sur le document _ ce fut en fait le 7 octobre 1914, apprenons-nous à la page 22 de « The Letters of Lucien and Louise Durosoir« … Et c‘est le 23 juin 1917 qu’il est ensuite passé au 274e Régiment d’Infanterie ; puis le 10 octobre 1917, au 74e Régiment d’Infanterie, indique le livret militaire . Et c’est le 18 février 1919, que Lucien Durosoir a été mis en congé illimité de démobilisation ; et a pu rejoindre alors sa mère Louise à leur domicile du 45 rue du Moulin à Vincennes.

    …

    …

    Voilà donc ce que nous apprend des services de Lucien Durosoir aux armées durant la « Campagne contre l’Allemagne » ce livret militaire.

    …

    …

    Cependant une bien intéressante lettre de Lucien à sa mère datée du 1er mai 1918 (à la page 463), vient apporter un éclairage précieux sur quelques ambiguités _ au moins… _ de ce que recèlent, à la lecture, les rédactions de complément successives, sur son livret militaire, au fur et à mesure des mutations de Lucien, en divers régiments, au regard de ce qu’a écrit Lucien _ et qui nous a été conservé _ dans ses lettres de guerre à sa mère depuis le 4 août 1914. 

    …

    …

    Ainsi m’étonnais-je de l’absence d’inscription de la mention sur ce livret militaire de Lucien de son affectation _ pourtant durable : de l’automne 1914 au 23 janvier 2017… _ au 129e régiment d’infanterie !

    À la place de la mention de ce 129e régiment d’infanterie, est écrit ceci : « Affecté au 24e Régiment Territorial d’Infanterie« , à une date hélas peu lisible…

    Alors que, ainsi que l’indique la note de bas de page, page 31, d’Elizabeth Schoonmaker Auld, « Lucien left Le Havre on the 13 » (du mois d’octobre 1914), he was in Villemonble (« in front of Cunault’s home« ) when he wrote this letter (du 14 novembre 1914), and the next day they were near Reims. It was an immediate baptism of fire« …

    Et de fait, le surlendemain, le 16 novembre 1914, Lucien _ « Since last night, I’m in the trenches. (…) We’ve been in the  trenches since yesterday« , écrit-il… _ prend soin de bien indiquer à sa mère l’adresse où lui adresser désormais le courrier : « 3rd company, 3rd section, 129th infantry regiment » (à la page 31). 

    …

    …

    La question que je me pose est donc celle de la date _ et du lieu : Le Hâvre, au mois d’octobre 1914  ? La région de Reims, dans le département de la Marne, au mois de novembre 1914 ? _ de début de l’affectation de Lucien au 129e régiment d’infanterie…

    …

    Est-ce le 6 octobre 1914, à son arrivée au Hâvre, en provenance de Cherbourg (et du 23e Régiment Territorial d’Infanterie) ? Mais au Hâvre, Lucien n’est-ce pas au 24e Régiment Territorial d’Infanterie que Lucien a été intégré ?..

    Ou bien est-ce plutôt le 14 novembre 1914, à son arrivée, au front et dans les tranchées, dans les environs de Reims ?..

    …

    Ou pour le dire autrement, l’affectation de Lucien au 129e Régiment d’Infanterie a-t-elle eu lieu à son arrivée au Hâvre au mois d’octobre 1914 ? Ou bien lors de son transfert dans la Marne, près de Reims, au mois de novembre suivant ?..

    …

    …

    En tout cas, voici ce que révèle la lettre du 1er mai 1918 de Lucien à sa mère, qui s’inquiétait d’anomalies dans les mentions d’affectations officielles de son fils à divers régiments (page 463) :

    …

    « Here is what must have happened. When the 129th had all those adventures, which you know about _ c’est-à-dire de graves mutineries _, at the beginning of June last year, I was sent to the division. In order to keep me _ en tant que violoniste très prisé des officiers mélomanes ! _, as the 129th was leaving the division, they transferred me to the 274th _ le 23 janvier 1917. Probably the modification of that transfer was not sent to the 129th, so I am still on their list. Recently they must have been reviewing the list and realized that I was not there ans asked the gendarmerie for more information. You gave them the wrong information : since the end of October _ en fait le 10 octobre 1917 _ I am no longer assigned to the 274th. That is when I was again transferred. The 274th was dissolved and the division wanted to keep me _ en tant que violoniste toujours très précieux auprès des officiers mélomanes… _, so I was transferred again, this time to the 74th. (…) You just need to tell them that I belong to the 74th Infantry (CHR), 5th Division, SP93. This little incident is proof of the state of the paperwork here« .

    …

    …

    Avec cette conséquence qu’il me semble que la formidable lectrice-éditrice-traductrice qu’est Elizabeth Schoonmaker Auld pourra, lors d’une réédition à venir, par Blackwater Press, de ce monumental travail qu’est ce « Ma Chère Maman, Mon Cher Enfant _ The letters of Lucien and Louise Durosoir 1914 – 1919« , demander que soit repris et corrigé, à la page 22, entre les lettres de Lucien Durosoir des 5 (pages 21-22) et 6 octobre (page 22) 1914, son inter-titre en gros titre :

    « On October 6, Lucien and his régiment left the Cherbourg area for Le Havre, a distance about 220 kilometers, where they were attached to the garrison of the 129th Infantry Regiment » ;

    …

    car il me semble que c’est bien au 24e Régiment Territorial d’Infanterie, alors stationné dans la région du Hâvre, que Lucien, qui faisait alors « part of 159 from our regiment going to Le Havre » (page 22), « our regiment, the 23rd territorial » (page 5), qui stationnait jusqu’alors dans la région de Cherbourg, a bien alors été transféré ;

    et que ce ne sera que le 15 novembre suivant, « at 6:30 p.m. » (lettre du 15 novembre 1914, à la page 31), qu’il rejoindra, au front, dans les tranchées, et sous le feu des « Boches » (« the first trench is barely 400 meters from the German lines« , écrit-il dans sa lettre du 16 novembre 1914, à la page 32), le 129e régiment d’infanterie, positionné alors dans la région de Reims, auquel il avait compris, l’avant-veille, le 13 novembre, sa prochaine affectation : « Just this minute, I was told that I have tonight or tomorrow morning to join, I believe, the 129th near Reims« , en son courrier du 13  novembre (à la page 31)…

    …

    …

    C’est à ce genre d’avancée que m’amène le souci méthodique du lecteur curieux et scrupuleux, quasi maniaque de la plus grande justesse possible de vérité, que je suis, de rechercher systématiquement cette plus grande précision possible _ et c’est parfois très difficile, voire impossible ; et je dois alors, au moins provisoirement, renoncer… _, des identités des personnes (qui ?), des lieux (où ?) ainsi que des dates (quand ?) lorsque ceux-ci, identités, lieux et dates, sont seulement évoqués ou floutés dans les récits, les Journaux, et les Correspondances, qui me passionnent…

    …

    Car rechercher est effectivement passionnant.

    …

    …

    Voilà.

    …

    …

    Ce dimanche 25 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En comparant les nécessaires choix éditoriaux de « Deux Musiciens dans la Grande Guerre », en 2005, et « Ma Chère Maman, Mon Cher Enfant _ the Letters of Lucien and Louise Durosoir 1914-1919 », en 2022 : l’apport considérable de ce nouveau travail d’édition (et traduction en anglais) d’Elizabeth Schoonmaker Auld…

    Si l’on compare ce que nous offrent, de la correspondance de guerre de Lucien Durosoir _ échangée avec sa mère Louise Durosoir _,

    les éditions de « Deux Musiciens dans la Grande Guerre« , en 2005, aux Éditions Tallandier _ et par Luc Durosoir _, d’une part

    _ en 185 pages (sur les 358 que comporte au total le livre : les autres pages étant consacrées aux Carnets de guerre du violoncelliste Maurice Maréchal) _,

    …

    et de « Ma Chère Maman, Mon Cher Enfant _ the Letters of Lucien and Louise Durosoir 1914-1919« , en 2022, aux Éditions Blackwater Press _ et par Elizabeth Schoonmaker Auld _, d’autre part

    _ en la moitié environ, soit 269 pages (sur les 538 que comporte au total le livre : l’autre moitié environ étant consacrée aux lettres de l’« interlocutrice«  de Lucien : sa mère, Louise) _,

    …

    il nous faut bien mesurer l’apport considérable de ce très remarquable travail d’Elizabeth Schoonmaker Auld,

    déjà en nombre de lettres retranscrites, ainsi qu’en nombre de pages,

    qui sont ainsi offertes à notre désir de connaissance…

    …

    …

    Outre l’accès _ très important _ que nous offre désormais l’édition d’Elizabeth Schoonmaker Auld aussi aux lettres de Louise Durosoir, l’ »interlocutrice » de son fils bien aimé

    _ ainsi, par comparaison, dans la correspondance accessible aujourd’hui de Madame de Sévigné avec sa fille adorée Madame de Grignan, nous font hélas défaut les lettres de son « interlocutrice« , Madame de Grignan, détruites par sa fille : a ainsi tristement disparu une très importante partie du cacaractère « conversationnel«  de ces toujours, pourtant, si vivantes lettres de Madame de Sévigné… _,

    …

    il faut reconnaître que Luc Durosoir, en 2005, avait dû se résoudre _ pour diverses raisons éditoriales circonstancielles, à ce moment-là : raisons qu’il me faudra préciser… _ à traiter différemment les « Lettres du front de Lucien Durosoir » des années 1914 et 1915, très détaillées et soigneusement datées (dont des extraits choisis assez substantiels sont assez abondamment donnés aux pages 19 à 153) de ce « Deux Musiciens dans la Grande Guerre » de 2005,

    des lettres de celui-ci des années 1916, 1917, 1918 et 1919, bien davantage survolées, en ce volume _ afin d’y faire place aussi aux 128 pages (page 215 à page 343) des « Carnets de guerre de Maurice Maréchal _ 3 mai 1914 _ 5 novembre 1918 » : en 2005, le nom du violoncelliste Maurice Maréchal (1892 – 1964) était bien connu des mélomanes ; alors que celui de Lucien Durosoir (1878 – 1955) était encore totalement inconnu !.. _, et hélas délestées de leurs remarques musicales _ supposées probablement moins intéressantes alors pour de futurs lecteurs passionnés davantage d’Histoire que de Musique… _  et dont les extraits simplement aboutés et beaucoup plus courts étaient seulement classés par mois d’envois _ Elizabeth Schoonmaker Auld nous rendant accessible aussi l’essentiel de ces bien intéressantes informations musicales… _, aux pages 155 à 213 de ce « Deux Musiciens dans la Grande Guerre« …

    …

    …

    Le complément que vient donc nous offrir, cette année 2022, ce monumental travail éditorial-ci d’Elizabeth Schoonmaker Auld, est donc considérable ;

    …

    et à la hauteur de ce que les éditions de l’ensemble des partitions, d’une part,

    et les enregistrements de tout l’œuvre composé par Lucien Durosoir, au disque _ ainsi, bien sûr, que des performances de concert _, d’autre part,

    par les formidables efforts de Luc et Georgie Durosoir,

    ont pu déjà donner à beaucoup mieux appréhender _ et mesurer… _ la très haute qualité musicale de l’œuvre musical laissé par Lucien Durosoir, réalisé _ sereinement et avec fermeté ; sans pression de quelque superficiel souci de réception immédiate que ce soit… _, par le compositeur qu’il a été entre 1919 et 1950.

    …

    …

    Et afin de bien mesurer l’énorme apport de ce nouveau traitement éditorial de la correspondance accompli par Elizabeth Schoonmaker Auld, par rapport à celui réalisé naguère par Luc Durosoir en son travail pionnier de 2005,

    il n’est que de comparer un peu attentivement les 2 pages de « Traitement éditorial » de Luc Durosoir, aux pages 27 et 28 de son « Deux Musiciens dans la Grande Guerre » en 2005,

    avec les 2 pages de l’ « Editorial Treatment »  d’Elizabeth Schoonmaker Auld, aux pages ix et x de son présent « Ma Chère Maman, Mon Cher Enfant _ the Letters of Lucien and Louise Durosoir 1914-1919« …

    …

    …

    Le gain qui en résulte est en effet proprement considérable ;

    et un caractère très important de la nouvelle présentation de ces lettres croisées entre le fils Lucien et sa mère Louise, était que soit « maintained the conversational aspect » de ces lettres échangées entre ces deux formidables interlocuteurs.

    …

    Elizabeth Schoonmaker Auld, ajoutant malicieusement, page ix, à propos des conversations beaucoup plus intimes qui ont eu lieu, de vive voix _ et sans menace de regard et d’éventuelle censure de la part des autorités militaires _, entre la mère et le fils aux moments des permissions du soldat, retournant alors au domicile familial de Vincennes, ceci :

    …

    « One would like to have had a microphone on the wall to capture their discussions ; Lucien was free to talk about things he couldn’t describe in his letters. We have only the letters after each home leave as clues to their conversations » _ en effet !

    …

    …

    Et j’attirerai ici, au passage _ et il me faudra bien sûr y revenir ! Car c’est très important pour mieux cerner les deux personnalités de fond de Lucien et de Louise…_, l’attention portée à la personne de la demoiselle Muller _ le nom de celle-ci n’est prononcé que deux fois dans les lettres échangées entre Lucien et sa mère Louise : une première fois, dans la lettre du 1er avril 1917 de Lucien à sa mère, page 341 du livre ; et le 3 mai, dans une autre lettre de Lucien à sa mère (page 359) _ d’Abainville _ village paisible (éloigné du front de Verdun et Les Éparges) du sud du département de la Meuse dans lequel Lucien séjourne aux mois de février-mars 1917 (cf les pages 329 à 338), et où il donne divers concerts dans les villages voisins d’Abainville : Gondrécourt, Houdelaincourt, Delouze, Bonnet, Badonvilliers, tous villages limitrophes de celui d’Abainville...

    Et ils se trouve que je connais personnellement un peu cette (belle) région, une sorte de verdoyante petite Suisse, qui est la région natale de mon beau-père, né à Osne-le-Val, en la toute proche Haute-Marne. Mon épouse et moi-même, et notre fille aînée, avions rendu visite, l’été 1977, à la sœur de mon beau-père, à Thonnance-lès-Joinville (Haute-Marne), et à sa belle-sœur, à Toul (Meurthe-et-Moselle): nous étions donc passés par Abainville pour rejoindre la douce vallée, aux belles prairies, de la belle Meuse « endormeuse » afin de rejoindre Toul… Fin de l’incise.

    C’est le 13 février 1917 que Lucien arrive et s’installe au riant village _ de 500 habitants alors _ d’Abainville (pages 330-331), en arrière du front. Mais c‘est lors de son séjour de permission, à Vincennes, entre le 9 ou 19 mars et le 24 ou 25 mars 1917, que, de vive voix, Lucien osera parler à sa mère Louise des sentiments éprouvés pour cette Melle Muller d’Abainville…
    …

    Mais au retour de Lucien dans l’Est _ Lucien se trouve à Nancy au moins le 26 mars, pour un concert auquel il participe, en une salle magnifique d’au moins 800 places (page 339) ; mais Lucien a-t-il alors définitivement quitté Abainville ? Ou pas encore ?.. Ce n’est pas clairement mentionné en aucune des lettres de Lucien qui suivent… _, si le nom d’Abainville revient à diverses reprises dans les lettres échangées entre Lucien et sa mère Louise _ le 6 avril (page 345), le 7 avril (pages 342 et 343), le 8 avril (page 343), le 11 avril (page 345), le 19 avril (page 353), le 5 mai (page 360) _,

    c’est pour évoquer, au passé, et sans prononcer son nom _ une fois seulement, Lucien, le 3 mai (page 359)… _ cette Melle Muller d’Abainville : cette « jeune femme qui était douce, timide, charmante« .

    …

    …

    Et cela nous dit beaucoup aussi des choix, tant disons « affectifs« , que disons « de travail« , auxquels a dû se résoudre Lucien à ce tournant de sa vie d’adulte, déjà au milieu de sa vie, et, pour l’heure, encore en pleine guerre ; en ce printemps 1917 de la Grande Guerre, Lucien, né le 5 décembre 1878, a en effet atteint sa 39e année de vie… Et tant sa vie affective que sa vie professionnelle de musicien violoniste virtuose sont alors réduites à rien.

    Tout sera donc à construire et re-construire, une fois la paix revenue ; et par étapes successives ; et en ayant à faire face, aussi et bientôt, à l’accident domestique _ chute dans un escalier _ qui rendra sa mère impotente et complètement dépendante de ses soins : ce qui viendra ruiner le projet de Lucien de rejoindre à Boston, comme premier violon, l’orchestre que dirigeait désormais son ami Pierre Monteux…

    Mais ce sera là une autre histoire, celle du devenir-compositeur de Lucien Durosoir _ cf mon article « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir«  pour le colloque « Lucien Durosoir : un compositeur moderne né romantique » du Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011, qui met l’accent sur l’importance décisive pour le devenir-compositeur de Lucien Durosoir de ce que je nomme le « sas«  de l’année 1919…

    Avant, suite au décès de sa mère le 16 décembre 1934, et le principal de l’œuvre de musique alors achevé, l’acte au moins aussi important pour lui de fonder, le 17 avril 1935 _ Lucien est alors en sa 57e année… _, à Bélus, sa propre famille…  

    …

    …

    Ce lundi 19 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa