Étiquette : musique française

  • Ecouter la sublime quintessence de la musique française : Jacques-Martin Hotteterre (1674-1763)

    A la tête de son ensemble de très grande qualité Camerata Köln,

    Michaël Schneider nous propos un nouveau _ le troisième à ce jour _ double CD de musique de chambre

    de Jacques-Martin Hotteterre (1674 – 1763 ) :

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    la quintessence de l’art français :

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    le raffinement le plus subtil

    dans une grande économie de moyens

    au service d’une infinie palette d’affects splendides

    qui nous font fondre de plaisir

    par leur charme le plus évident et naturel qu’il soit.

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    Il s’agit cette fois

    du double CD Complete Chamber Music Vol. 3 _ Suites opp. 4, 5 & 6 (CPO 555 038-2) ;

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    après les non moins éblouissants double CDs

    Complete Chamber Music Vol. 1 _ Suites op. 2 (CPO 777 790-2) ;

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    et Complete Chamber Music Vol 2 _ Trios Sonatas op. 3, Suite op. 8. (777 790-2).

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    Et dans ce sublime répertoire,

    je n’oublierai pas de rappeler les merveilleuses réussites discographiques Hotteterre

    de mon ami Philippe Allain-Dupré :

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    le Premier livre de Pièces (CD Naxos 8553707)

    avec Philippe Pierlot (viole de gambe), Yasuko Uyama-Bouvard (clavecin Hemsch) et Vincent Dumestre (théorbe)

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    et le Second livre de Pièces (CD Naxos 8553708)

    avec Laurence Pottier, Philippe Pierlot, Yasuko Uyama-Bouvard et Jean-François Bougès

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    Une musique enchanteresse !

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    Ce mardi 9 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le sublime CD Ricercar « Vater unser » de Clematis et Paulin Bündgen : pour confirmation…

    Comme pour confirmer ma déclaration de « sublime« 

    à propos du CD Ricercar Vater unser

    de Paulin Bündgen et son ensemble Clematis

    _ le CD Ricercar RIC 389  _

    en mon article Un sublime CD « Vater unser » de Clematis, d’après les collections Düben de Stockholm du 12 juillet dernier

    _ presque trois mois, déjà _,

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    j’y mettais l’accent sur l’importance musicale des archives-collection Düben de la cour de Suède,

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    voici ce jour un excellent article 

    CLEMATIS FAIT DIALOGUER VOIX ET INSTRUMENTS DANS LA PIÉTÉ LUTHÉRIENNE

    sur ce même CD Vater unser de Clematis et Paulin Bündgen chez Ricercar

    _ avec la présence de Jérôme Lejeune à la viole ténor au sein de l’ensemble instrumental ! _,

    sur le très bon site Res Musica,

    et sous la plume de Cécile Glaenzer :

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    Vater unser, German sacred cantatas.

    Johann Hermann Schein (1586-1630), Samuel Eccard (1553-1611), David Pohle (1624-1695), Franz Tunder (1614-1667), Johann Fischer (1646-1716), Johann Wolfgang Franck (1644-1710), Johann Christoph Bach (1642-1703), Georg Böhm (1661-1733), Johann Theile (1646-1724), Johann Michael Bach (1648-1694), Johann Rudolph Ahle (1625-1673), Heinrich Schwemmer (1621-1696).

    Paulin Bündgen, contre-ténor.

    Ensemble Clematis.

    1 CD Ricercar.

    Enregistré à Centeilles en octobre 2017.

    Durée 1:19:46

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    Vater-Unser-Clematis-Paulin-BündgenLe label Ricercar revient à ses premières amours avec ce programme de musique sacrée allemande de la deuxième moitié du XVIIe siècle. L’ensemble belge Clematis nous propose ici la découverte d’un pan trop méconnu de ce répertoire, qui fait la part belle au dialogue _ voilà _ entre la voix d’alto de Paulin Bündgen et les instruments.

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    La plupart des œuvres de ce programme proviennent de manuscrits conservés dans la collection Düben à Uppsala, qui contient de véritables pépites méritant d’être mises en avant _ c’est sur ce point pas assez connu-là que je mettais aussi l’accent ; et ils furent plusieurs membres de la famille Düben à se succéder à la cour de Suède. Nous avons là une génération de compositeurs _ allemands _ très influencés par l’Italie et l’opéra, dans le sillage de Schütz _ et aussi de Buxtehude _, mais aussi pour certains par la France _ mais oui ! _, comme Johann Caspar Fischer _ un compositeur passionnant (1656 – 1746) ; cf le superbe CD Uranie que lui a consacré, au clavecin et à l’orgue, mon amie Elisabeth Joyé (CD Encelade ECL 1402), en 2016 _ qui séjourna à Paris en tant que copiste au service de Lully _ et n’oublions pas non plus le séjour (et la mort, en 1650) de Descartes à la cour de la reine Christine ; Descartes y participant à la réalisation de ballets de cour !

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    Si le fil conducteur de tout ce répertoire est bien sûr _ comme l’indique le titre même choisi pour ce CD _ le choral luthérien, son traitement instrumental _ oui ! un merveilleux dialogue, en effet ! _ se développe avec une étonnante _ et bienheureuse, joyeuse _ liberté, tant dans l’ornementation _ oui _ que dans le choix des formes (sinfonia, ritornello, sonata …). Ce programme fait _ très _ judicieusement alterner _ lui aussi : en dialogue _ pièces instrumentales et cantates pour alto solo de formes variées : lieder strophiques, lamentos, concerts spirituels… La caractéristique commune de toutes ces pièces vocales est le rôle primordial _ et il faut en effet bien le souligner, en effet ! _ qu’elles donnent aux instruments, offrant un véritable dialogue _ voilà ! _ entre les cordes et la voix.

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    Le leitmotiv du choral Vater unser, qui donne son titre au CD, revient trois fois dans le programme en trois versions instrumentales _ oui. La dernière est due  à Georg Böhm, dans une transcription de son choral orné pour orgue, où le violon s’empare du thème richement ornementé. Stéphanie de Failly, premier violon et fondatrice de l’ensemble Clematis, y fait merveille _ oui. Bel exemple d’aller-retour entre l’Allemagne et l’Italie, le Salve Regina du papiste Rovetta qui devient Salve mi Jesu sous la signature de Franz Tunder, comme J.S. Bach le fera avec le Stabat Mater de Pergolèse transformé en motet luthérien. On retrouve toutes les caractéristiques de la cantate dans le motet Herr, wer ich nur dich habe de David Pohle (avec les cordes qui imitent le tremblant de l’orgue) et dans le grand Weil Jesu in meinem Sinn de Johann Wolfgang Franck. Mais le chef d’œuvre absolu _ oui !!! _ est le célèbre lamento Ach dass ich Wasser g’nug hätte de Johann Christoph Bach, tant admiré par son cousin Johann Sebastian _ oui. Le premier violon y dialogue admirablement _ oui _ avec la voix d’alto, dans une intensité dramatique qui nous donne à voir _  mais oui _ couler les larmes du pécheur dans des effets descriptifs incomparables qui collent au sens des paroles _ absolument. Le contre-ténor Paulin Bündgen y est magistral _ oui !!! _, comme tout au long de ce programme. Sa voix souple épouse parfaitement _ oui _ toutes les nuances du texte et nous élève _ voilà _ vers une spiritualité intemporelle _ soit l’éternité même : c’est parfaitement relevé.

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    Jérôme Lejeune, fondateur du label Ricercar, tient lui-même la partie de viole ténor au sein de Clematis _ c’est, bien sûr, à relever ! _ et nous fait bénéficier de sa grande érudition _ mais oui, comme chaque fois !!! Lumineuse ! _ dans le texte du livret qui nous éclaire _ superbement _ sur ses choix musicaux.

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    Un merveilleux moment de musique,

    vous disais-je ce 12 juillet dernier,

    de ce sublime CD Ricercar Vater unser _ German sacred santatas…

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    Ce dimanche 7 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Un compositeur baroque italo-français de grande qualité à découvrir : Michele Mascitti (1664 – 1760)

    Arcana nous offre un très beau CD

    des Sonate a violino solo e basso, opera ottava, de Michele Mascitti (1664 – 1760),

    …

    par Gian Andrea Guerra, violon solo,

    Nicola Brovelli, violoncelle,

    Matteo Cicchitti, violone,

    et Luigi Accardo, clavecin, pour le continuo de la basse :

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    le CD Arcana A 111.

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    Depuis que j’ai goûté à une œuvre de Michele Mascitti,

    il y a pas mal de temps déjà,

    je suis très attentif à toute oeuvre de lui que je découvre interprétée au concert ou au disque :

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    et chaque fois avec beaucoup de plaisir.

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    Pour la superbe musique

    de cet introducteur du baroque italien

    en France,

    à l’orée du XVIIIème siècle,

    à partir de 1704…

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    Voici deux notices

    précisant les circonstances de la création des oeuvres de Mascitti :

    …
    d’abord,

    cette notice biographique en une encyclopédie musicale italienne,

    sous la plume de Guido Olivieri,

    parue en 2008 :

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    MASCITTI, Michele

    …
    di Guido Olivieri – Dizionario Biografico degli Italiani – Volume 71 (2008)
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    …

    MASCITTI, Michele. – Nacque a Villa Santa Maria, presso Chieti, nel 1664 circa. Trasferitosi a Napoli, iniziò lo studio del violino probabilmente con lo zio Pietro Marchitelli, primo violino (dal 1683) della Cappella Reale di palazzo.

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    Sui primi anni di attività del M. esistono soltanto due documenti, risalenti rispettivamente al 26 genn. 1695 e al 5 marzo 169 : in essi il M. viene menzionato come violinista, ingaggiato insieme con Marchitelli, sotto la direzione di Francesco Provenzale (Fabris). Forse anche grazie all’appoggio dello zio ottenne un impiego come violino «soprannumerario» nella Cappella Reale (Prota-Giurleo).

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    Circa un presunto discepolato del M. presso Arcangelo Corelli, non esiste alcuna testimonianza documentaria; tuttavia, con ogni probabilità, i due ebbero modo di conoscersi durante la visita di Corelli a Napoli nel maggio del 1702.

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    Una procura in favore dello zio Marchitelli, redatta nel dicembre 1702, lascia presumere che di lì a poco il M. si sia allontanato definitivamente da Napoli. Secondo Fétis, il M. si stabilì a Parigi dopo un viaggio in cui aveva attraversato l’Italia, la Germania e l’Olanda.

    …

    La prima notizia certa della presenza del M. a Parigi risale all’agosto 1704, quando gli fu concesso un privilegio di stampa della durata di otto anni. Nel novembre dello stesso anno un articolo del Mercure de France sottolineava come il M. avesse acquistato una notevole reputazione sin dal suo arrivo a Parigi, avendo avuto l’onore di esibirsi con successo alla presenza del re, del delfino e di tutta la corte (Dean, p. 97). Lo stesso articolo annunciava la pubblicazione della prima raccolta di sonate, che aveva avuto un eccezionale successo di vendite, tanto che l’intera prima tiratura era ormai quasi esaurita (ibid.).

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    Nella dedica dell’opera, il M. afferma che le sue sonate erano già state apprezzate dal duca Filippo d’Orléans, mecenate noto per la sua inclinazione verso la musica italiana, al cui servizio il M. fu occasionalmente attivo. Il gran numero di copie sopravvissute e le numerose ristampe, molte delle quali non autorizzate, realizzate da Étienne Roger ad Amsterdam e da John Walsh a Londra, confermano il successo dell’op. I.

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    Fra il 1706 e il 1738, il M. diede alle stampe altre 8 collezioni di musica strumentale. Probabilmente il favore incontrato dalla sua musica presso il pubblico parigino permise al M. di vivere dei soli proventi ricavati dalle sue opere. La circostanza può spiegare l’assenza di dedica nelle due successive raccolte. Soltanto, infatti, con la pubblicazione delle 14 sonate op. IV (1711), il M. scrisse nuovamente una dedica, indirizzata all’elettore di Baviera, Massimiliano II, allora in esilio a Parigi. La dedica afferma che la raccolta – composta da 8 sonate per violino solo e 6 trio-sonate – era stata commissionata dallo stesso principe.

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    Il 7 apr. 1714, il M. ottenne un rinnovo del privilegio di stampa per altri quindici anni (Brenet, p. 424). Nello stesso anno, diede alle stampe la raccolta di sonate op. V, dedicata al cardinale Pietro Ottoboni.

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    È possibile che con questa opera, il M. provasse a ingraziarsi il famoso mecenate e, forse, aspirasse a occupare il posto lasciato libero da Corelli, scomparso nel 1713, già al servizio dello stesso cardinale. Tuttavia non va dimenticato che all’epoca Ottoboni rivestiva anche il titolo di cardinale protettore del Regno di Francia.

    …

    Ben otto anni separano la pubblicazione dell’op. V dalla successiva. Sebbene non vi siano tracce della sua attività in questo periodo, si può supporre che il M. partecipasse come virtuoso di violino alla vivace vita concertistica della capitale francese. Alcune sue composizioni furono forse eseguite nella celebre serie del Concert spirituel o in quella del Concert des Mélophilètes. Una traccia indiretta di tale attività si trova nella raccolta dell’op. VII (1727), la cui seconda parte contiene quattro concerti grossi, ai quali si deve, almeno in parte, la fama del M., essendo questi i primi del genere pubblicati in Francia.

    …

    In questi anni, il M. entrò in contatto anche con i fratelli Pierre e Antoine Crozat, membri di una ricca e influente famiglia di finanzieri. Secondo Titon du Tillet, il M. fu ospitato nella ricca dimora dei Crozat, in rue Richelieu, e dunque è facile supporre che fosse attivo, sia come violinista sia come compositore, nei concerti organizzati da Pierre Crozat (Le Parnasse françois, 1743, suppl. 1, p. 756).

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    Il 26 genn. 1731, il M. ottenne la proroga del privilegio di stampa per altri otto anni (Brenet, p. 433). Nello stesso anno, pubblicò la raccolta op. VIII, nella cui dedica tesse le lodi di una «Madame Crozat» (probabilmente Marie-Marguerite Crozat moglie di Antoine). L’ultima raccolta di sonate del M., apparsa nel 1738, è dedicata a Louis-François Crozat, marchese du Châtel, figlio maggiore di Antoine ed erede di tutti i suoi beni. Nella dedica il M. accenna al suo ruolo di insegnante di musica della giovane figlia del dedicatario, Antoinette-Eustachie, a conferma del fatto che i Crozat erano ormai diventati i suoi principali mecenati.

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    Il 30 dic. 1739, il M. ottenne la cittadinanza francese, adottando il nome Michel con il quale già da tempo era noto a Parigi. Pochi mesi dopo, sposò Marie-Anne Labattue (circa 1693-1769) ed ebbe come testimoni di nozze numerosi membri della famiglia Crozat. Sebbene il 12 luglio 1740 gli fosse stato rinnovato il privilegio di stampa per altri dodici anni (Brenet, p. 441), il M. trascorse gli ultimi vent’anni della sua lunga esistenza lontano da ogni attività musicale.

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    Il M. morì a Parigi il 19 apr. 1760, nella dimora dei Crozat, all’età di novantasei anni.

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    Il M. occupa un ruolo di fondamentale importanza _ voilà ! _ nella diffusione della musica italiana in Francia all’inizio del Settecento. Lo straordinario successo di pubblico ottenuto soprattutto dalle prime raccolte si basò sull’imitazione dell’op. V di Corelli _ oui _ che il M. prese a modello fino quasi alla esplicita citazione. La semplicità e il modesto contenuto tecnico delle sonate date alle stampe non riflettono le straordinarie qualità di virtuoso per le quali egli venne ammirato dal pubblico parigino, dal momento che esse furono destinate a un pubblico amatoriale. In qualche caso, tuttavia, le sonate mostrano un livello tecnico senza dubbio più avanzato rispetto al modello corelliano, come si vede, per esempio, nel Largo della sonata op. III n. 8, interamente condotto sulle doppie corde. Sebbene nella premessa dell’op. II, il M. dichiari esplicitamente di aver tentato la riconciliazione del gusto francese con quello italiano _ voilà ! _, pochi sono in realtà i tratti riconducibili allo stile francese. L’unica chiara concessione alla musica a programma, tanto in voga in Francia, si trova nell’ultima sonata dell’op. V : un divertissement intitolato Psyché diviso in dieci movimenti, ciascuno con un titolo descrittivo.

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    Nei primi decenni del XVIII secolo, le composizioni del M. entrarono a far parte stabilmente del repertorio musicale in Francia : virtuosi, quali i violisti Antoine e Jean-Baptiste Forqueray, il celebre violinista Jean-Pierre Guignon e il flautista Michel Blavet, eseguirono spesso le sonate del Mascitti _ voilà. Nel 1713, un articolo apparso nel Mercure galant considerava le sonate di Corelli, T. Albinoni e del M. _ mais oui _ fra gli esempi più sublimi del genere. Una ciaccona del M. venne inserita nell’intermezzo Serpilla e Baiocco di Giuseppe Maria Orlandini, rappresentato a Parigi nel giugno 1729. La fama del M. era ancora viva nel 1802 quando Jean-Baptiste Cartier incluse ne L’art du violon il Larghetto della sonata op. VIII n. 2.

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    Opere (tutte pubbl. a Parigi) : Sonate a violino solo e a due violini, op. I (1704) ; Sonate da camera a violino solo, op. II (1706) ; Sonate a violino solo e a due violini, op. III (1707) ; Sonate a violino solo e a due violini e basso, op. IV (1711) ; Sonate a violino solo e basso, op. V (1714) ; Sonate a violino solo e basso, op. VI (1722) ; Sonate a violino e basso e quattro concerti a sei, op. VII (1727) ; Sonate a violino solo e basso, op. VIII (1731) ; Sonate a violino solo e basso, op. IX (1738). Per un elenco dettagliato delle opere e del loro contenuto, si veda il Catalogue des éditions françaises des sonates de M. M., a cura di Barbara Nestola, consultabile alla pagina web http: //philidor.cmbv.fr/catalogue/recueil-mascitti-1. Delle opere del M. si conoscono, inoltre, numerose ristampe apparse a Londra e ad Amsterdam. Un Air-Presto in fa maggiore per violino solo fu pubblicato in P. Prelleur, The modern musick-master, London 1731, pt. V, p. 18.

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    Copie manoscritte delle op. II e III si conservano a Toulouse, Bibliothèque municipale, Mss., Mf.1744 ; inoltre 8 sonate per clavicembalo, a Berlino, Staatsbibliothek Preussischer Kulturbesitz (The New Grove Dict…., pp.26s.).

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    Fonti e Bibl. : M. Brenet, La librairie musicale en France de 1653 à 1790, d’après les Registres de privilèges, in Sammelbände der internationalen Musikgesellschaft, VIII (1907), pp. 401-466; L. de La Laurencie, L’école française de violon, de Lully à Viotti : études d’histoire et d’esthétique, Paris 1922, pp. 132-143 ; U. Prota-Giurleo, Il teatro di corte del palazzo reale di Napoli, Napoli 1952, pp. 67-69 ; R.H. Dean, The music of M. M., diss., University of Iowa, Iowa City, IO, 1970 ; W.S. Newman, The sonata in the Baroque era, New York 1983, ad ind. ; P. Allsop, Arcangelo Corelli, new Orpheus of our times, Oxford 1999, pp. 183-185 ; D. Fader, Musical thought and royal patronage of the Italian style at the court of Philippe II, duc d’Orléans (1674-1723), diss., Stanford University, Palo Alto, CA, 2000, ad ind. ; G. Olivieri, The «fiery genius». The contribution of Neapolitan virtuosi to the spread of the string sonata (1684-1736), diss., University of California at Santa Barbara, Santa Barbara, CA, 2005, pp. 145-176 ; D. Fabris, Music in seventeenth-century Naples: Francesco Provenzale (1624-1704), Aldershot 2007, p. 209 ; F.-J. Fétis, Biogr. univ. des musiciens, VI, p. 16 ; Diz. encicl. univ. della musica e dei musicisti, Le biografie, IV, p. 703 ; The New Grove Dict. of music and musicians, XVI, pp. 26 s. ; Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Personenteil (2004), XI, col. 1256.

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    G. Olivieri

     

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    La seconde notice

    récapitule les œuvres musicales publiées par Michele Mascitti :

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    Michele Mascitti (1664 in Villa Santa Maria (from Chieti) ; 24 April 1760 in Paris) was an Italian violinist and Baroque composer.

    He was educated by a relative, Pietro Marchitelli (1643-1729), a violinist in the royal court orchestra in Naples, and at the « Teatro San Bartolomeo », possibly by Corelli. Mascitti found a temporary position in the royal orchestra, but he soon left. First, he traveled through Italy, and later throughout Europe, spending time in Germany and the Netherlands. He was under the protectorate of Cardinal Ottoboni and the reigning Duke of Bavaria.
    In 1704, he settled in Paris and took the Frenchified given name of Michel. He became a French citizen in 1739. Philippe d’Orléans was a patron, allowing Mascitti early appearances at the court of Versailles.
    Mascitti published all nine of his sonata collections in Paris. The four concertos from Op. 7 follow the concerto grosso style of Corelli. During his lifetime, Mascitti enjoyed similar fame to Albinoni and Corelli. His compositions were mainly in the Italian, and sometimes French, style. They contained an abundance of novel harmonies for the period.

    • 6 violin sonatas, and 6 trio sonatas Op. 1 (Sonata in three parts) (1704)
    • 15 chamber sonatas with violin and cello Op. 2 (1706)
    • 12 chamber sonatas with violin solo with the violone or harpsichord Op. 3 (1707)
    • 8 violin sonatas and 6 trio sonatas Op. 4 (1711)
    • 12 Sonatas Op. 5 (No. 12 « Psyche ») (1714)
    • 15 Sonatas for Violin and basso continuo Op. 6 (1722)
    • 8 chamber sonatas for solo violin and bass, and 4 « concerts in six » Op. 7 (1727)
    • 12 Sonatas for solo violin and bass Op. 8 (1731)
    • 12 Sonatas for solo violin and bass Op. 9 (1738)

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    Ce vendredi 28 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • 4 remarquables articles de Jean-Charles Hoffelé sur des rééditions d’enregistrements de musique française d’Ernest Ansermet autour de Claude Debussy

    Voici 4 articles passionnants

    des 4 août, 31 août, 9 septembre et ce jour même, 16 septembre 2018,

    de Jean-Charles Hoffelé sur son très riche site Artamag,

    à propos de très bienvenues rééditions d’enregistrements d’Ernest Ansermet,

    dont trois par l’excellent Decca-Eloquence australien (que dirige Cyrus Meher-Homji),

    de musique française,

    de, et autour de, Claude Debussy :

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      4 août 2018 : Révisons nos classiques http://www.artalinna.com/?p=9805 
    31 août 2018 : Sombre Allemonde http://www.artalinna.com/?p=9963 
     9 septembre 2018 : Esprit français http://www.artalinna.com/?p=10007
    16 septembre 2018 : Jeux http://www.artalinna.com/?p=10047 
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    http://www.artalinna.com/?p=9805
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    RÉVISONS NOS CLASSIQUES

    Un couplage imparable assemblé sur le thème des Ballets Russes par Cyrus Meher-Homji pour sa _ passionnante ! _ collection Eloquence, rappelle à quel point Ernest Ansermet fut versé dans les musiques écrites pour la troupe de Diaghilev. Ironie de la discographie pourtant abondante du chef helvétique, il ne gravera pas Parade, ni l’intégrale de Chout (mais une grande sélection) et l’éditeur laisse de côté ses versions éclairantes du Tricorne, du Chant du rossignol, de Renard, si bien que seul Pulcinella (peu gâté par un trio vocal frustre) et Les Noces (géniales de bout en bout, écoutez le sel qu’y met Hugues Cuénod !) illustrent ici des œuvres qu’il a créées. L’écriture claire et anguleuse de Stravinsky lui va comme un gant, mais pour parfaites que soient ses interprétations, une émotion supplémentaire _ voilà ! _ se dégage du pan français de ce double album.

    …

    Daphnis et Chloé, La Valse, le Prélude à l’après-midi d’un faune (avec les incroyables diaprures de la flûte de Pépin), Jeux, ces disques sont célèbres, mais les connait-on vraiment ? _ d’où le caractère si bienvenu de ces rééditions !

    …

    Daphnis et Chloé _ par Ansermet _ est une merveille qui égale les gestes de Pierre Monteux, Charles Munch ou André Cluytens, avec en prime une prise de son _ Decca _ faramineuse qui sculpte l’espace et que cette réédition rend mieux que les précédentes : on y voit _ voilà ! _ non seulement le ballet, Ansermet battant ses mesures dans le tempo des danseurs, mais on y entend aussi la narration de la pantomime dans la volupté des décors de Bakst ; en tous points la sensation d’être à la création de l’œuvre _ ce qui devrait être le cas pour tout concert et toute interprétation (discographique y compris…) !!! Et la poésie trouble _ voilà _ de Ravel fut-elle jamais mieux servie, dite avec tant de pudeur et pourtant tant de sensualité ? Quel orchestre, quel art des respirations, quelle magie des atmosphères _ oui _ qui gagne même jusqu’au chœur, magnifiquement mené.

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    La Valse, filée comme un mauvais songe, est superbe de style (c’est l’ultime enregistrement _ 2-8 avril 1963, au Victoria Hall de Genève _ des quatre que lui consacra Ansermet). Et Debussy ? Le Prélude, torpide _ oui _, ne s’oublie plus avec ses pleins et ses déliés extatiques, son faune si sexuel : on voit le râle de plaisir de Nijinsky _ mais oui !

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    Le sommet de l’ensemble est pourtant Jeux, partition réputée injouable pour les orchestres d’alors. Mais Ansermet savait se débrouiller des mesures les plus complexes et dirige le tout _ en avril 1958, à Genève, donc _ dans une fluidité envoûtante, faisant apparaître le trio amoureux des joueurs de tennis, décrivant cette symphonie de nuit éclairée avec non plus simplement de la sensualité, mais un érotisme qui s’échevèle dans des crescendo névrotiques _ voilà. Lecture géniale, unique _ que celle-ci, de 1958 _, que l’on ne connaît pas assez. Ecoutez seulement. Et lisez le très beau texte de François Hudry.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ernest Ansermet and the Ballets Russes

    Claude Debussy (1862-1918)
    Prélude à l’après-midi d’un faune, L. 87
    Jeux, L. 133
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Daphnis et Chloé, M. 57
    La Valse, M. 72
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Pulcinella
    Les Noces

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    Marilyn Tyler, soprano (Pulcinella)
    Basia Retchitzka, soprano
    Lucienne Devallier, contralto
    Carlo Franzini, ténor (Pulcinella)
    Hugues Cuénod, ténor
    Boris Carmeli, basse (Pulcinella)
    Heinz Rehfuss, baryton-basse
    Chœur Motet de Genève
    Chœur et Orchestre de la Suisse Romande
    Ernest Ansermet, direction

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    Un album de 2 CD du label Decca 482 4989 (Collection « Eloquence Australia »)
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    Photo à la une : © Decca

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    http://www.artalinna.com/?p=9963
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    SOMBRE ALLEMONDE

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    29 décembre 1962, Ernest Ansermet dirige au Metropolitan de New York l’opéra qu’il aura défendu toute sa vie. Pelléas et Mélisande n’avait plus aucun secret pour lui, et il faut entendre avec quelle sensualité il emporte dans un flot dramatique incessant ce qui s’impose comme sa plus grande version _ notons-le _ du chef-d’œuvre de Debussy, devant même ses deux admirables versions genevoises captées par les ingénieurs de Decca.

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    La distribution au français immaculé y participe en grande part, à commencer par le Golaud blessé et mordant de George London, voix noire de vrai baryton-basse auquel vient se brûler le ténor solaire du Pelléas de Nicolai Gedda, avec son timbre de jeune premier et son sourire triste. Quel duo fraternel ils forment, sublime d’élans et d’accents (la remontée des souterrains !) confronté à la Mélisande naturellement sensuelle et vraiment comme venue d’un autre monde d’Anna Moffo, modèle de style qu’on n’espérait pas à ce point tenu.

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    La scène de la lettre de Geneviève selon Blanche Thebom est admirable pour le français, la ligne, les inflexions, et la soirée réserve une sacrée surprise avec Yniold, génialement campé par la toute jeune Teresa Stratas.

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    Version historique, indispensable, et enfin restituée dans toute sa présence sonore par Yves St-Laurent qui propose ici un ajout considérable à l’héritage sonore d’Ernest Ansermet. Immanquable.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Claude Debussy (1862-1918)
    Pelléas et Mélisande, L. 93

    Anna Moffo, soprano (Mélisande)
    Nicolai Gedda, ténor (Pelléas)
    George London, basse (Golaud)
    Blanche Thebom, mezzo-soprano (Geneviève)
    Jerome Hines, basse (Arkel)
    Teresa Stratas, soprano (Yniold)

    Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
    Ernest Ansermet, direction

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    (Enregistré le 29 décembre 1962)

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    Un album de 3 CD du label Yves St-Laurent Studio YSLT738
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    Photo à la une : © DR

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    http://www.artalinna.com/?p=10007
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    ESPRIT FRANÇAIS

    Dans cet immédiat après-guerre où la gravure directe sur 78 tours régnait encore, Ernest Ansermet céda à la proposition de Decca : graver avec l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire les œuvres de Claude Debussy et de Maurice Ravel. Le projet fit long feu et se déporta de Paris à Genève, la saga des albums de l’Orchestre de la Suisse Romande et de son « patron » pouvait commencer.

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    C’est très exactement cette bascule qu’illustre cet album parfaitement composé. Ecoutez La Valse enregistrée à Paris _ le 6 octobre 1947 à la Maison de la Mutualité _ : son mouvement vif, l’équilibre des bois et des cordes toujours placés avant les cuivres, s’ils soulignent le génie de la balance qui fut toujours le signe de l’art d’Ansermet, rappellent aussi la manière dont Gaubert et ses amis dirigeaient le répertoire français à Paris. Ecoutez ensuite l’Alborada del gracioso qui ouvre l’album, sèche, d’une précision fanatique, aux phrasés et aux accents si percussifs qui dessinent le personnage et font voir la sérénade, c’est le génie visuel d’Ansermet qui s’y impose, parfaitement re-situé par un orchestre qui est devenu le prolongement naturel de sa personne _ enregistrée le 4 février 1947, au Studio Radio de Genève .

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    Avec ses amis genevois, il réussit _ ce même 4 février 1947 _ sa version princeps de La Mer (il en laissera quatre versions successives), précis minutieux qui fait tout entendre, mais sait d’abord distiller des atmosphères d’une subtilité sciante _ ô la justesse de cet oxymore ! _, orchestre clair jusque dans les ultimes pages où exulte une tempête solaire, l’inverse de la catharsis qu’y déchaînait Charles Munch.

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    Avec les Parisiens _ le 28 mai 1948 à la Maison de la Mutualité _, il distille le plus onirique des accompagnements que j’ai jamais entendus dans Shéhérazade : sa chère Suzanne Danco n’a plus qu’à voguer sur cet orchestre d’épices. Ils y reviendront ensemble à Genève pour la stéréophonie, mais auront-ils retrouvé les élans qui emportent ici La Flûte enchantée, son mystère érotique ?

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    Transferts parfaits, textes éclairants signés par François Hudry, album essentiel.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ernest Ansermet
    Ravel & Debussy – The Decca 78s
    Claude Debussy (1862-1918)
    La Mer, L. 109
    Petite Suite, L. 65
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Shéhérazade, M. 41
    La Valse, M. 72
    Alborada del gracioso, M. 43/4

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    Suzanne Danco, soprano
    Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
    (Ravel, La Valse, Shéhérazade ; Debussy, Petite Suite)
    L’Orchestre de la Suisse Romande
    Ernest Ansermet, direction

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    Un album du label Decca 482 5007 (Collection Eloquence Australia)
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    Photo à la une : Le chef d’orchestre Ernest Ansermet – Photo : © DR

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    http://www.artalinna.com/?p=10047

    JEUX

    Depuis sa création le 15 mai 1913, au Théâtre des Champs-Elysées sous la baguette de Pierre Monteux, Jeux effrayait les orchestres, mais aussi les chefs. Debussy y avait écrit tout un nouveau monde de sons et de rythmes qui allaient plus loin encore dans l’abstraction lyrique _ voilà _ que ne l’avait fait la simple complexification métrique du Sacre du printemps.

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    Comme aimait à le rappeler Pierre Boulez, Jeux est l’alpha de l’orchestre moderne _ rien moins. Monteux lui-même l’aura dompté pour le ballet – deux lectures en concert témoignent de sa mise en place au cordeau – mais ce seront les chefs d’orchestre dévolus à la musique de leur temps, Bruno Maderna, puis Pierre Boulez, qui en saisiront toute l’importance historique _ voilà _, précédés au disque par deux pionniers : Victor de Sabata, lui-même compositeur, et Ernest Ansermet.

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    Octobre 1953, Victoria Hall _ à Genève _, Gil Went et Roy Wallace règlent leurs micros pour saisir ce qui deviendra la version la plus parfaite du chef-d’œuvre de Debussy enregistrée alors. Si Ansermet se souvient du ballet – ses tempos sont ceux des danseurs – il fait entendre avec une impérieuse sensualité chaque repli harmonique _ oui _ de cette langue si neuve, pliant, dépliant, froissant, défroissant son orchestre qui semble un grand félin dans la nuit.

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    Cette poésie gorgée de timbres où danse encore le souvenir du faune languide, si sensuel, torride comme une nuit d’été, vous enveloppe littéralement d’une symphonie de sons. Abstrait et érotique pourtant. Ansermet refera d’autres Jeux tout aussi réussis (et peut-être plus fluides, de mouvements moins détaillés, ici on voit les beaux muscles), je vous en ai causé il n’y a pas si longtemps _ cf son article Révisons nos classiques du 4 août dernier, donné ici même un peu plus haut _, mais il faut connaître ceux-ci, enregistrés pour faire exemple _ en 1953, à Genève, donc _, et qui sont pourtant la vie même.

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    L’éditeur ajoute la version la moins connue de La Mer (octobre 1957 _ toujours au Victoria Hall à Genève _) selon le chef helvète, un rien plus sombre que les trois autres moutures, et passe aux séances parisiennes _ à la Maison de la Mutualité, les 20 et 21 septembre 1954 _ dévolues à Paul Dukas : L’Apprenti sorcier narré comme un tranquille cauchemar, mais surtout et pour la première fois rééditée en stéréophonie, La Péri (sans sa Fanfare), torpide, sensualiste, emperlée, toute en diaprures, un Orient de sons qui tourne immanquablement la tête. Ernest Ansermet était décidément bien plus que l’esprit cartésien auquel certains veulent le réduire.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Claude Debussy (1862-1918)
    La Mer, L. 111(enr. 1957)
    Jeux, L. 133 (enr. 1953)
    Paul Dukas (1732-1809)
    La Péri
    L’Apprenti sorcier

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    L’Orchestre de la Suisse Romande, mezzo-soprano
    Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
    Ernest Ansermet, direction

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    Un album du label Decca 4824975 (Collection « Eloquence Australia »)
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    Photo à la une : Le chef d’orchestre Ernest Ansermet – Photo : © OSR

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    Des articles très à l’écoute, donc, de Jean-Charles Hoffelé,
    sur son très riche site d’Artamag,
    d’enregistrements magnifiquements réédités _ pour trois d’entre ces albums _
    par l’australien Decca-Eloquence,
    que dirige le très perspicace Cyrus Meher-Homji.
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    Grand merci à chacun d’entre eux !!!

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    Ce dimanche 16 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa