Étiquette : Nicolas Altstaedt

  • Deux transcendants bijoux pas assez reconnus, sublimement servis par les trois interprètes du merveilleux triple album « Ravel – Julien Libeer », que sont Lorenzo Gatto, au violon, Bruno Philippe, au violoncelle, et Julien Libeer lui-même, au piano : la « Sonate pour violon et violoncelle » (1921-1922) et la « Sonate pour violon et piano n°2 » (1923-1927) : chapeaux bien bas, Messieurs les transcendants interprètes !

    Ce sont deux transcendants bijoux que viennent aussi sublimement nous servir – et nous faire splendidement redécouvrir : rien moins ! – les trois interprètes du merveilleux triple album Harmonia Mundi HMM 902761.63 « Ravel – Julien Libeer » que sont Lorenzo Gatto, au violon, Bruno Philippe, au violoncelle, et Julien Libeer lui-même au piano, avec leurs magistrales confondantes interprétations ici de la « Sonate pour violon et violoncelle » M. 73 (1921-1922) et la « Sonate pour violon et piano n°2 » M. 77 (1923-1927) :

    chapeaux bien bas, Messieurs de tels magiques interprètes !

    …

    D’œuvres bien peu assez souvent servies – et surtout à un tel degré de perfection d’interprétation  ! – jusqu’ici au disque, et passant un peu trop inaperçues au sein du merveilleux – sans nul déchet, jamais ! – corpus ravelien ;

    tout particulièrement en cette année « Ravel 2025 » du 150ème anniversaire de la naissance de Maurice Ravel – né le 7 mars 1875 à Ciboure…

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    Deux mémorables révélations à nos oreilles et à la jubilation de notre goût !

    Ravel est si grand…

    …

    De ces deux œuvres assez atypiques, l’intitulé « sonate« , déjà, que leur donne Ravel, n’a vraiment rien de classique, ainsi que le remarque excellemment Marcel Marnat aux pages 500 à 505, pour la « Sonate pour violon et violoncelle » M. 73 (1921-1922),  et 591 à 596, pour la « Sonate pour violon et piano n°2 » M. 77 (1923-1927), en des chapitres intitulés par Marcel Marnat « Mordant » et « Tradition« , en son indispensable « Maurice Ravel« , paru chez Fayard en 1995…

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    Ravel, et cela constamment en sa vie personnelle comme en sa carrière de compositeur, défie décidément les classements…

    Lui-même, de même que son œuvre tout entier, est quasi inclassable…

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    Et si l’on cherche malgré tout une sorte de filiation à ces deux œuvres atypiques dans l’histoire du corpus tout entier de l’œuvre ravelien, c’est sans doute dans la continuité-prolongement du sublimissime « Trio » M. 67 composé à Saint-Jean-de-Luz l’été 1914 – cf Marcel Marnat, « Maurice Ravel« , aux pages 389 à 397 et 407-408, aux chapitres intitulés « Ravel pensant« .et « Masses« … – qu’il faudrait toutes deux les relier, ces deux, à nouveau, sublimissimes chefs d’oeuvre, bien trop méconnus des mélomanes, et bien trop peu interprétés au concert comme au disque…

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    Quant au choix discographique assez génial de Julien Libeer – quel artiste profond !– de les intégrer toutes deux, cette « Sonate pour violon et violoncelle » M. 73 et cette « Sonate pour violon et piano n°2 » M. 77, à son triple album principalement pianistique, et ici avec ces excellentissimes compères que sont le violoniste Lorenzo Gatto et le violoncelliste Bruno Philippe, à cet OVNI splendidissime qu’est ce triple album Harmonia Mundi HMM 902761.63 « Ravel-Julien Libeer« ,

    je le situe dans la continuité-prolongement – annoncée par lui-même en son CD Mozart : « une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne« , écrivait-il alors… – de son précédent merveilleux album Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart 1-3-3-4 – solo-duo-trio-quartet » paru au début de cette année 2025, le 28 mars, très exactement – cf ici mes 3 très laudatifs articles des 24 et 27 mars, puis 3 avril 2025 :

    « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »…« ,

    « Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge…« ,

    et « Elegance (suite) : le lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer et ses amis : une connivence de ressentis…«  …

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    Au total,

    une miraculeuse redécouverte de 2 chefs d’œuvre pas assez reconnus ni interprétés de Maurice Ravel, cette « Sonate pour violon et violoncelle » M. 73 – j’en retiens, présents en ma discothèque personnelle, l’interprétation de Vineta Sareika, violon, et Christian-Pierre Lamarca, in le CD Fuga Libera FUG 547 du Trio Dali, paru en janvier 2009 ; et celle de Pekka Kuusisto, violon, et Nicolas Altstaedt, violoncelle, dans le CD Alpha 627 « Salonen – Ravel« , paru en février 2022 : une interprétation très très austère qui m’avait laissé, pour ce chef d’œuvre certes atypique de Ravel, stupéfait (cf mon article « Ecouter le « redoutable » Concerto pour violoncelle et orchestre d’Esa-Pekka Salonen, par le superbe violoncelliste Nicolas Alstaedt, dans le CD Alpha 627«  en date du 14 juin 2022)…  – et cette « Sonate pour violon et piano n°2 » M. 77,

    et la confirmation brillantissime du génie-talent de pionnier re-découvreur et interprète ultra-intelligent et hyper-sensible de Julien Libeer, pas seulement pianiste magnifique !

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    De quelle stupéfiante « virée Ravel » nous fait donc ici cadeau, cet automne, avec ce somptueux – quelle superbe prise de son, aussi ! – triple album ‘Ravel-Julien Libeer« , ce merveilleux artiste prospecteur qu’est Julien Libeer,

    rejoint ici par ses compères-complices magnifiques eux aussi Lorenzo Gatto et Bruno Philippe…

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    Ce mardi 28 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Retour à 4 bouleversants Duos pour violon et violoncelle d’Europe centrale (de Zoltan Kodaly, en 1914 ; d’Erwin Schulhoff en 1925 ; et Bohuslav Martinu en 1927 et 1958) par le violon et le violoncelle des frères Michael et Nicolas Seigle…

    Le premier et peut-être principal mérite du CD Passavant PAS 116053 « Sur les routes de l’Est – Martinu – Schulhoff – Kodaly » _ enregistré à Passavant du 13 au 15 janvier 2016 _, et que j’ai découvert parmi les CDs soldés cet été par mon disquaire préféré,

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    est de remettre à l’oreille 3 précédents _ vraiment splendides ! _ CDs de Duos de violon et violoncelle, de ma collection personnelle :

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    _ le CD Praga Da Camera  PRD 350 033 « Bohuslav Martinu – Duos and Trios for Strings« , avec le violoniste Pavel Hula et le violoncelliste Michal Kanka _ un CD enregistré à Prague au mois de juin 2000 _, comportant les deux Duos n°1 H. 157 (de 1927) et n°2 H. 371 (de 1958) de Bohuslav Martinu (1890 – 1959).

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    _ le CD Praga Digitals PRD/DSD 250 203 « Erwin Schulhoff – Chamber Music – Czech Degenerate Music – vol. IV« , par des membres des Kocian Quartet et Prazak Quartet, dont, à nouveau, Pavel Hula et Michal Kanka _ un CD enregistré lui aussi à Prague en 2003 ou 2004 _, comportant le Duo pour violon et violoncelle d’Erwin Schulhoff (1894 – 1942), composé en 1925 ;

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    _ et le CD Alpha 737 « Kodaly – Duo for violin and violoncello Op. 7 – Dvorak – Piano Trio Op.90 ‘Dumky’« , par le violoniste Barnabas Kelemen et le violoncelliste Nicolas Altstaedt (ainsi que le pianiste Alexander Lonquich) _ un CD enregistré à Lockenhaus au mois de juillet  2020 ; sur cette œuvre magistrale et sur ce CD magnifique, cf mes articles des 15 avril : «  » et surtout 4 avril 2022 : «  » … ; et regarder cette brève vidéo d’une durée de 3′ 57... _, comportant ce sublimissime Duo pour violon et violoncelle de Zoltan Kodaly (1882 – 1967), composé l’été 1914…

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    Un CD intéressant, donc, de ces deux frères Michael et Nicolas Seigle,

    même si les interprétations de Pavel Hula et Michal Kanka, à Prague, d’une part, et Barnabas Kelemen et Nicolas Altstaedt, à Lockenhaus, d’autre part, vont assurément plus profond…

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    Ce mardi 6 août 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un admirable CD « Bridge Britten Debussy Cello Sonatas » (et aussi Janacek…) par Truls Mork et le pianiste Havard Gimse : profond et enchanteur…

    C’est au goût très sûr et l’oreille exercée de Vincent Dourthe _ qui m’a vivement conseillé ce CD _, et à nos passionnants échanges sur les sorties de disques,

    que je dois l’acquisition de ce merveilleux CD de « Cello Sonatas« , le CD Alpha 560,

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    par le parfait Truls Mork (né à Bergen le 25 avril 1961), et le non moins parfait _ jusqu’ici je ne le connaissais pas, n’avais pas repéré son merveilleux talent à lui aussi… _ Havard Gimse (Kongsvinger, 15 septembre 1966) _ tous deux sont norvégiens… _,

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    dans un programme _ « aussi original que splendide« , commente Patrick Szersnovicz dans un superbe article du numéro de septembre du magazine Diapason, à la page 96 _ de Sonates pour violoncelle et piano,

    des compositeurs Frank Bridge (Brighton, 26 février 1879 – Eastbourne, 10 janvier 1941), Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 22 août 1862 – Paris, 25 mars 1918), Leos Janacek (Hukvaldy, 3 juillet 1854 – Ostrava, 12 août 1928) et Benjamin Britten (Lowestoft, 22 novembre 1913 – Aldeburg, 4 décembre 1976),

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    soient

    la Sonate pour violoncelle H.125 (1913-1917) de Frank Bridge,

    la Sonate pour violoncelle  L.135 (1915) de Claude Debussy,

    le conte « Pohadka » (1910), de Leos Janacek,

    et la Sonate pour violoncelle Op.65 (1961) de Benjamin Britten.

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    Une interprétation par Truls Mork et Havard Gimse qui touche profondément, et enchante durablement

    pour ces musiques qui nous retiennent si intensément…

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    En général, peu de choses me portent vers des CDs au programme musical apparemment aussi composite _ ma préférence allant plutôt à des CDs plus unis d’un seul compositeur _,

    ou bien portés par un (ou des) interprète(s) dont j’ai à cœur de suivre le parcours : ici, il y a pas mal de temps que j’avais été confronté à cet excellent violoncelliste _ mais il en est aujourd’hui’hui pas mal d’excellents ! et je l’ai déjà bien remarqué : Johannes Moser, Julian Steckel, Nicolas Altstaedt (cf par exemple mon bref article du 11 septembre 2019 qui les cite : « « ) ; Daniel Müller-Schott (cf mon article du 23 décembre 2019 : « « ) ; mais aussi l’excellent lui aussi Christian Poltéra, dont je suis très attentivement les successifs CDs (ainsi, à venir très bientôt, le CD BIS 2507 « Haydn-Hindemith«  ; et encore, bien sûr, notre très bon Jean-Guihen Queyras… _ qu’est Truls Mork ; et quant à son complice ici, le pianiste Havard Gimse, carrément son nom ne me disait absolument rien…

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    Et le violoncelle dont il est souvent répété qu’il est, avec l’alto, très proche de la voix _ je veux dire la voix humaine, avec la variété chantante et si fine de ses moindres inflexions… Et dont le jeu de l’alliance si contrastée avec le crépitant, voire pétaradant, en sa discontinuité, piano, est si souvent exaltant…

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    Quant aux compositeurs de ce CD Alpha 560, et à leurs œuvres propres, si je fréquente, et avec passion, ces génies très singuliers que sont et Claude Debussy et Leos Janacek,

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    de Benjamin Britten, certaines œuvres, telles les mélodies, par exemple ses sublimes « Illuminations » (par Peter Pears, mais aussi le cher Ian Bostridge _ duquel je possède la totalité des merveilleux CDs Britten _), me vont droit au cœur…

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    Mais Frank Bridge, lui, dois-je dire,

    m’est _ à part deux ou trois CDs que je possède, mais qui n’ont guère marqué ma mémoire ; cependant, en cherchant un peu en ma discothèque personnelle, je viens de retrouver un passionnant CD Hyperion Helios CDH 55063 (de 2001 ; l’enregistrement date des 10 et 11 juillet 1987) de ses Trios avec piano de 1907 et 1929, et de son Quatuor-Fantaisie avec piano de 1911, par le Dartington Piano Trio : une musique superbe que je suis en train d’écouter !.. De bien belles musiques à découvrir et explorer… _ demeuré un quasi inconnu jusqu’ici…

    À peine me souviens-je de l’intérêt que lui porte, ainsi qu’à toute la musique anglaise du XXe siècle, mon ami mélomane Denis Kambouchner…

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    Quelle émouvante découverte, donc, que cette sublime Sonate de Frank Bridge, de 1913-1917, surtout ainsi interprétée par les merveilleux Truls Mork et Havard Gimse ici…

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    Alors, et avec un tel magnifique programme,

    ce CD de Truls Mork et Havard Gimse me bouleverse.

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    Ce samedi 10 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter le « redoutable » Concerto pour violoncelle et orchestre d’Esa-Pekka Salonen, par le superbe violoncelliste Nicolas Alstaedt, dans le CD Alpha 627

    C’est en découvrant, non sans surprise, l’article intitulé « Nicolas Alstaedt s’attaque au redoutable concerto de Salonen« ,

    un article en date d’hier 13 juin 2022, sur le site de ResMusica, et sous la plume de Jean-Claude Hulot,

    …

    que je m’avise que je n’ai pas encore consacré d’article sur ce blog au très marquant CD Alpha 627,

    dans lequel, avec le violoniste Pekka Kuusisto, et le Rotterdam Philharmonic Orchestra sous la direction de Dima Slobodeniouk, l’excellent violoncelliste Nicolas Altstaedt, interprète très brillamment le passionnant et très riche  Concerto pour violon et orchestre d’Esa-Pekka Salonen,

    ainsi que la Sonate pour violon et violoncelle de Maurice Ravel…

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    Quelle étrange négligence de ma part envers ces deux interprétations, qui m’ont pourtant marqué…

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    Nicolas Alstaedt s’attaque au redoutable concerto de Salonen

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    Il est heureux qu’une partition aussi récente que le vaste Concerto pour violoncelle d’Esa Pekka Salonen créé en 2017 _ voilà _ bénéficie déjà d’un autre enregistrement que celui du compositeur accompagnant le dédicataire Yo Yo Ma. 

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    Au programme également de cet enregistrement, la Sonate pour violon et violoncelle de Ravel. Curieux couplage : assez incongru et très bref !

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    Le Concerto pour violoncelle de Salonen a été créé en 2017 par le chef compositeur et son dédicataire, le grand Yo Yo Ma, avec le Chicago Symphony. Les deux artistes l’ont d’ailleurs enregistré peu après, mais avec le Los Angeles Philharmonic (Sony). C’est une page de grandes dimensions (près de quarante minutes) d’une forme classique en trois mouvements, mais d’une écriture très élaborée, mettant en valeur la virtuosité comme les possibilités de timbres de l’instrument. L’œuvre est bien représentative du style volontiers composite de Salonen, en particulier dans le spectaculaire finale, l’orchestration est chargée mais évidemment très virtuose. Nicolas Alstaedt qui a eu le privilège de jouer ce concerto avec son auteur _ au Festival d’Helsinki _ est ici entouré par l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam capté en concert. S’il n’égale pas tout à fait la formidable plasticité du Los Angeles Philharmonic dirigé par le maître lui-même, il offre cependant une heureuse alternative pour une partition destinée à devenir un classique du XXIᵉ siècle, avec une prestation pleinement satisfaisante.

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    On aurait aimé l’entendre associée à un autre grand concerto encore récent comme celui de Dutilleux, mais le violoncelliste a préféré nous proposer la Sonate de Ravel (1920) que rien ne rapproche esthétiquement du Concerto de Salonen, en compagnie du violoniste finlandais Pekka Kuusisto. Le résultat est d’une austérité qui rend cette page, l’une des moins immédiatement séduisantes de Ravel, plutôt intimidante, à l’opposé exact de l’excès de lyrisme du récent enregistrement de Kopatchinskaja et Gabetta pour le même éditeur _ Alpha. On regrette qu’Alstaedt, partenaire de musique de chambre de Vilde Frang et Bartabas Kelemen n’ait pas privilégié un de ces violonistes, tant cette version se révèle d’une sévérité presque rebutante. Un disque intéressant, mais à classer à Salonen plus qu’à Ravel.

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    Esa-Pekka Salonen (né en 1958) : Concerto pour violoncelle et orchestre.

    Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et violoncelle.

    Nicolas Altstaedt, violoncelle ; Pekka Kuusisto, violon ; Orchestre philharmonique de Rotterdam, direction : Dima Slobodeniouk.

    1 CD Alpha.

    Enregistré (Salonen) à De Doelen, Rotterdam les 14 et 16 décembre 2018,

    et (Ravel) à la Jesus Christus Kirche de Berlin en octobre 2019.

    Texte de présentation en français, anglais et allemand. Durée : 57:22

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    Ce mardi 14 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa