Étiquette : Pierre-Jean Tribot

  • La singularité irréfragable des Quatuors à cordes de Bohuslav Martinu, y compris appréhendée par ses formidables interprètes, au concert comme au disque, que sont les membres du somptueux Pavel Haas Quartet…

    Je vénère tout l’œuvre de Bohuslav Martinu (1890-1959), comme je porte au pinacle l’entière discographie du Pavel Haas Quartet…
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    Cependant, l’audition du CD Supraphon SU 4368-2 « Martinu – String Quartets 2 – 3 – 5 – 7 – Pavel Haas Quartet « – enregistré à Prague en avril et mai 2025 – que je me suis procuré dès sa récente parution, m’a, dois-je reconnaître, laissé assez étrangement circonspect…

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    Je ne parvenais décidément pas à vraiment entrer dedans, et pour des raisons sensibles qui complètement m’échappaient…
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    Jusqu’à avant- hier lundi 26 janvier ma lecture sur le site de Crescendo magazine de l’entretien intitulé « Peter Jarusek, Martinu avec le Quatuor Pavel Haas « , soit un passionnant et très instructif entretien de Pierre-Jean Tribot avec le violoncelliste Pavel Jarusek, membre fondateur du Pavel Haas Quartet,

    qui vient cerner au plus près la singularité renversante de ces 7 quatuors de Bohuslav Martinu, ainsi que l’extrême difficulté d’interprétation satisfaisante qu’ils présentent aux essais-efforts d’interprétation, tant au concert qu’au disque…

    Et ce que Peter Jarusek explicite…
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    Le voici donc in extenso :
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    Peter Jarůšek, Martinů avec le Quatuor Pavel Haas

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    Le 26 janvier 2026 par Pierre Jean Tribot

    Le Pavel Haas quartet est le récipiendaire d’un ICMA 2026 dans la catégorie “musique de chambre” pour un enregistrement des Quatuors n°2, n°3, n°5 et n°7 de Martinů pour Supraphon. Le jury note à propos de cet album “les musiciens réussissent magistralement à révéler les caractères très différents des Quatuors n°2, 3, 5 et 7. Les enregistrements capturent toute la gamme des émotions contenues dans les pièces, de la tension énergique à la mélancolie lyrique”. Peter Jarůšek, violoncelliste du Quatuor Pavel Haas nous donne des précisions sur cet album et sur l’interprétation des quatuors de Martinů.

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    Votre album comprend les quatuors n°2, n°3, n°5 et n°7 de Martinů. Je suppose que c’est la première étape vers un enregistrement complet ?

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    Ce n’est pas le cas ! – tiens donc !.. L’idée initiale de jouer l’intégrale des quatuors de Martinů est venue du directeur du Wigmore Hall, John Gilhooly. Il nous a demandé de jouer les sept quatuors de Martinů au Wigmore Hall. Cette idée est née avant la Covid. Puis certains concerts ont été annulés, et nous avons donc commencé il y a près de huit ans – déjà... L’étude et l’interprétation des quatuors de Martinů ont été très intenses, mais nous avons ensuite réalisé que sept quatuors représentaient vraiment un travail colossal. Ce sont des pièces extrêmement difficiles – voilà… – , nous avons donc décidé de n’en enregistrer que quatre – voilà ! Nous voulions présenter des quatuors très contrastés de Martinů, c’est pourquoi nous avons choisi d’enregistrer les numéros 2, 3, 5 et 7. Qui sait, peut-être compléterons-nous le cycle ou ses quatuors à l’avenir, mais ce n’est pas encore prévu, donc tout est possible. Ce fut une période très passionnante et très intense avec les œuvres – complexes, donc, et très diverses… – de Martinů. Comme je l’ai déjà dit, ces pièces, et celles de Martinů en général, sont extrêmement difficiles, tant sur le plan technique que musical, en particulier pour le jeu d’ensemble, et pas seulement pour la structure individuelle.

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    Que représentent ces quatuors pour vous dans le corpus de la musique tchèque ? Quelles sont leurs qualités musicales ?

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    Martinů possède en général un langage musical extrêmement riche – et complexe. Il combine le style néoclassique, la polyrythmie et la polyharmonie. Il expérimentait beaucoup, ce qui donne une structure très riche. Ses œuvres sont très souvent basées sur des formes pseudo-baroques. Il aimait le jazz, surtout dans les années 20, bien sûr, c’était très à la mode. Son rythme et son harmonie sont identifiables, je reconnaîtrai toujours Martinů quand j’entendrai l’une de ses pièces. Je ne peux pas dire qu’il soit très tchèque, même si dans ses dernières œuvres, il revient à une esthétique tchèque très mélodique plus proche du style de Dvořák, mais toujours avec ses harmonies et surtout son rythme vif et presque déraisonné – qui lui sont propres… Très souvent, le premier temps ne signifie rien. Le premier temps est très souvent le premier temps de la phrase. Mais dans sa musique, il faut juste reconnaître et vraiment analyser si la phrase peut commencer à partir du quatrième temps, ou si elle peut commencer après le deuxième temps. Comme si le deuxième temps était la fin de la phrase. C’est donc un peu comme des mesures, comme ces lignes, qui ne signifient fondamentalement rien. Mais quoi qu’il en soit, Martinů, encore une fois, même pour les Tchèques est un artiste si singulier – voilà le mot décidément clef. Janáček est également très différent – des autres compositeurs tchèques – et on ne peut comparer Janáček à personne d’autre – absolument ! Certains diront que Martinů a un peu de Prokofiev ou de Stravinsky, mais je ne dirais pas cela. Martinů est singulier – voilà, voilà ! – et c’est pourquoi, toutes ces années, nous avons joué et nous continuerons à jouer ses quatuors, qui sont des pièces vraiment passionnantes.

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    Vous avez joué ces quatuors à de nombreuses reprises en concert avant de les enregistrer. Est-il important pour vous de vous familiariser avec les partitions avant de les enregistrer ?

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    C’est la chose la plus importante, maintenant, si on compare avec d’autres genres musicaux, comme la musique pop. Les gens se retrouvent en studio, le producteur mixe les sons, puis on part en tournée. C’est le processus inverse, vous voyez, nous devons vraiment, et nous avons toujours voulu préparer l’enregistrement de nos albums. Nous avons besoin des concerts, nous avons besoin des périodes de répétition, puis, avant les sessions d’enregistrement, nous avons besoin d’au moins dix jours pour nous concentrer uniquement sur cette pièce. Donc, le processus avant l’enregistrement consiste à donner quelques concerts. Sans les concerts, vous ne pouvez pas gagner en intensité et en compréhension intime de la musique – les deux facteurs décisifs…

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    Malgré ses immenses qualités, ses nombreuses beautés et son incroyable variété de styles, l’œuvre de Martinů reste relativement rare en concert et sur disque. Comment expliquez-vous cela ? Pensez-vous qu’un renouveau de Martinů pourrait avoir lieu un jour ?

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    Martinů est toujours présent, mais comme je l’ai dit précédemment, j’ai constaté que les musiciens ont un peu peur – voilà ! – de jouer sa musique. Il faut entrer – vraiment – dans sa musique, car Martinů peut sembler très confus et très robotique en cas de mauvaise interprétation et de mauvaise compréhension. Malheureusement, Martinů n’était pas un compositeur très précis dans sa notation, par exemple dans ses instructions, contrairement à Dvořák, ou même Beethoven ou Brahms. Dans le cas de Martinů, il est capable de mettre environ 40 choses dans les quatre voix du quatuor.

    Il faut vraiment débroussailler et entrer au cœur de cette musique. Il faut donc vraiment réfléchir aux registres, aux structures, à la ligne qui est importante, à celle qui est le deuxième thème. C’est pourquoi cela ne figure pas dans la partition, et si vous suivez simplement sans réfléchir, sans réflexion musicale, mais en suivant la partition, cela peut sembler étrange et déroutant. Encore une fois, c’est aussi très difficile techniquement. Par exemple, quand j’ai commencé à jouer du violoncelle, j’ai joué ses Variations sur un thème slovaque ou sa Sonate. Mais ces deux partitions sont plus faciles parce qu’il y a une ligne solo et le piano. Mais les quatuors sont un grand défi. Je pense donc que les gens ne comprennent pas d’emblée sa musique, et il faut vraiment commencer, à la lire, à la jouer et à y réfléchir. C’est évidemment, un effort !

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    Vous avez déjà enregistré des quatuors de Pavel Haas, Dvořák, Janáček et Smetana. Les quatuors de Martinů sont-ils une sorte d’aboutissement de la musique tchèque ?

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    Nous sommes encore jeunes, donc je pense que cela ne doit pas nécessairement être la fin de notre aventure avec la musique tchèque. Martinů n’était qu’une autre pièce du puzzle de la tradition musicale bohémienne, qui est vraiment incroyable. Il suffit de voir le nombre incroyable – mais oui ! – de personnalités et de compositeurs que comptent la République tchèque ou la Bohême. C’est tout simplement unique – oui. C’est pourquoi nous sommes très fiers et heureux de faire partie de cette culture et de pouvoir présenter Martinů comme un autre exemple de cette région très unique – singulière, voilà… – d’Europe centrale. Ainsi, notre prochain album sera à nouveau consacré à la musique tchèque, avec un peu de Dvořák. L’année prochaine, nous enregistrerons l’Op. 61 en do majeur et l’Op. 105 en la bémol majeur de Dvořák, qui sont vraiment des joyaux de son œuvre.

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    Est-il important pour vous, en tant qu’ensemble de musique de chambre tchèque, de promouvoir la musique tchèque ?

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    Nous sommes très honorés de promouvoir cette musique, mais la musique se promeut d’elle-même, vous savez. Même s’il n’y a pas de musiciens tchèques, je suis sûr qu’il y aura d’autres musiciens du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Asie, et qu’ils joueront toujours Dvořák, Janáček ou Smetana. Bien sûr, nous sommes un ensemble tchèque, nous sommes heureux de comprendre – voilà, et servir au mieux – cette musique, et nous sommes heureux que les organisateurs des concerts comprennent nos propositions. Bien sûr, ils nous demandent de jouer des compositeurs tchèques, mais nous ne jouons pas uniquement des compositeurs nationaux. Mais il y a quand même une telle richesse de personnalités incroyables dans ce pays, et il y a toujours quelque chose à découvrir. En effet, nous sommes très heureux de jouer de cette musique.

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    Votre quatuor à cordes porte le nom de Pavel Haas, un brillant compositeur tchèque assassiné par les nazis. Pavel Haas est-il connu des jeunes générations de musiciens ? Comment pouvons-nous faire vivre son œuvre ?

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    Les gens jouent la musique de Pavel Haas, c’est donc l’essentiel, cela permettra de le garder vivant, lui et sa musique. Il y a encore 20 ans, il n’était pas très connu. Aujourd’hui, les gens le connaissent de plus en plus. Je suis sûr que c’est aussi grâce à notre quatuor, car nous portons son nom. Je suis donc sûr que sa musique est également plus jouée pour cette raison. Son œuvre n’est pas si importante numériquement, car il existe des suites pour hautbois, des études pour orchestre de chambre, un quintette à vent, qui sont de superbes morceaux, ainsi que trois quatuors, quelques chansons, mais c’est tout.. Il est mort à Auschwitz, mais il a emporté avec lui de nombreuses pièces. Nous allons continuer à œuvrer à sa mémoire et à faire connaître son œuvre.

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    Le site du Pavel Haas Quartet : www.pavelhaasquartet.com/en/home/

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    A écouter :

    Bohuslav Martinů : Quatuors à cordes Nos. 2, 3, 5 & 7. Pavel Haas Quartet. Supraphon SU4368-2

    Crédits photographiques : Robert Tichý

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    C’est passionnant et si vrai…

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    Ce mercredi 28 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques avancées concernant mon questionnement sur l’histoire et la généalogie familiales, côté paternel, d’Emmanuel Despax (Suite)…

    Très tôt ce matin, en poursuivant ma recherche, je découvre, sur le site de Crescendo Magazine, un article de Pierre-Jean Tribot en date du 22 juin 2023, intitulé « Emmanuel Despax, après un rêve« , révélant un élément de la généalogie familiale d’Emmanuel Despax qui m’avait jusqu’ici échappé, et qui ne concerne pas son grand-père maternel – et poète – Jacques Charpentreau (Les Sables d’Olonne, 25 décembre 1928 – Paris 13e, 8 mars 2016), mais son arrière-grand oncle – et poète lui aussi – , mais côté paternel Despax, cette fois : Emile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-Verneuil, 17 janvier 1915)…

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    Je cite donc ici ce qu’Emmanuel Despax, à l’occasion de la publication de son CD  « Après un rêve« , déclare à ce propos :

    « Mon grand-père, Jacques Charpentreau, était poète. Je n’ai jamais possédé son don pour les mots, mais nous partagions un lien fort, forgé entre la poésie de la musique et la musicalité de la poésie. Mon album, Après un rêve, lui est dédié.

    Aussi longtemps que je m’en souvienne, il m’a encouragé sur mon chemin artistique. Lorsque j’étais jeune étudiant, je rendais visite à mes grands-parents à Paris et nous nous asseyons pour prendre un café. Nous parlions pendant des heures de musique, de littérature, de poésie et de politique. J’admirais son intelligence, sa culture, son français exquis, sa mémoire, son esprit. Il m’a fait découvrir les œuvres de grands écrivains tels que Victor Hugo, dont les célèbres mots sur la musique, « Ce qu’on ne peut dire et ce qu’on ne peut taire, la musique l’exprime”, me guident et m’inspirent encore aujourd’hui.

    Il aimait beaucoup le répertoire de la Belle Époque. Ainsi, lorsque j’ai décidé d’enregistrer cette musique, j’ai pensé à lui et à beaucoup de ses propres poèmes inspirés par la nuit. En hommage à lui, j’ai sélectionné certains de ses poèmes, ainsi que des œuvres d’autres poètes qu’il admirait, pour accompagner la musique ; y compris un poème de mon arrière-grand-oncle, Émile Despax, un écrivain talentueux de la Belle Époque.« …

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    C’est donc de cette branche dacquoise des Despax qu’est issu Emmanuel Despax…

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    Emile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-Verneuil, 17 janvier 1915) a eu deux frères – cf déjà cet arbre généalogique-ci : même incomplet, il est très éclairant ! – qui peuvent donc être l’arrière-grand-père Despax d’Emmanuel : Gabriel-Gustave Despax (Dax, 22 novembre 1878 – Pissos, 9 mars 1922) et Frédéric Despax (Dax, 27 mai 1880 – Roscoff, 6 février 1935) – lire ici le passionnant portrait des 3 frères Despax, en un article détaillé de la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque du 13 février 1935 intitulé « La mort du capitaine de vaisseau Despax« , réalisé à l’occasion du décès de celui-ci, le capitaine de vaisseau Despax, chef d’Etat-Major du vice-amiral Laurent, préfet maritime de Brest…

    Mais Frédéric Despax semblant n’avoir eu qu’une fille, Jacqueline Despax (La Rochelle, 5 avril 1907 – Dax, 14 novembre 1973), et donc pas un fils dont Emmanuel aurait hérité ce nom de Despax, il nous faut donc nous tourner vers la descendance masculine du frère aîné Gabriel-Gustave Despax  (1878-1922), qui fut maire de Dax de 1913 à 1919, et député des Landes de 1919 à son décès, en 1922.

    Or ce dernier a eu deux fils – constituant deux potentiels grand-pères paternels de notre pianiste Emmanuel Despax – , nés de deux mariages successifs, et qui sont d’une part Jean Despax (Dax, 18 mars 1912  – décédé entre Paris et Amiens, le 18 août 1944, et déclaré victime civile de la guerre), et d’autre part Pierre-Raymond Despax (Dax, 5 janvier 1920 – Avallon, 4 avril 2007). 

    Et il semble que si ce dernier, Pierre-Raymond Despax, bien que marié, n’a pas eu de descendance, il se trouve, en revanche, que Jean Despax, époux à Paris 7e le 6 juin 1936 – furent témoins à ce mariage, excusez du peu !, Charles Maurras et Léon Daudet… – de Simone Louise Léopoldine Nouguès (Paris 17e, 4 janvier 1912 – Ollioules, 30 avril 2006), a eu trois enfants, deux filles, Martine Despax (épouse de Claude Bouthier), Maïlys Despax – née en septembre 1938 – (épouse d’Yves Leclerc), et un garçon, François-Henri Despax – dont j’ignore les lieu et date de naissance – , lequel pourrait bien être le père de notre pianiste Emmanuel Despax (né à Paris en 1984)…

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    Le Journal officiel du 21 novembre 1948 déclare que, par un arrêt de contumace de la cour de justice de la Côte d’Or en date du 22 mai 1946, Jean Despax (…), demeurant en dernier lieu à Mâcon, et actuellement en fuite – on ignorait donc alors qu’il était décédé au mois d’août 1944 entre Paris et Amiens... – , a été condamné à la confiscation de ses biens présents et à venir, meubles et immeubles, divis ou indivis, de quelque sorte qu’ils soient, pour activité anti-francaise…

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    Et puis La Loi du 25 octobre 1950 déclare que par un jugement de divorce en date du 7 juillet 1950 entre Mme Simone Louise Léopoldine Nouguès, épouse de M. Jean Despax, demeurant à Paris 252 rue de Rivoli, et M. Jean Despax, demeurant chez Mme Serveau – il s’agit de la sœur aînée de Jean Despax, Geneviève Despax (Dax, 8 mars 1909 – Draguignan, 15 août 1997), épouse, à Paris 16e le 24 aout 1945, de Marcel Serveau (Makeievka en Russie, 4 juillet 1913 – Draguignan, 19 janvier 2000)… – , 199 rue de Vaugirard, ci-devant et actuellement sans domicile connu – le décès de Jean Despax, le 18 août 1944 quelque part entre Paris et Amiens, continuait ainsi d’être au moins officiellement ignoré en 1950… – , il appert que le divorce a été prononcé à la requête et au profit de la femme, avec toutes les conséquences de droit (Etude de Maître Soubrier).

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    Enfin le numéro 2701 de L’Action française du 18 au 31 mai 2006 consacre une bien intéressante notice nécrologique au décès de « son amie fidèle » Mme Jean Despax – sic – , née Simone Nouguès, survenu le 30 avril 2006 :

    « DECES

    Nous avons appris avec peine le décès de notre amie fidèle Mme Jean DESPAX née Simone Nouguès survenu le 30 avril 2006 – à Ollioules (Var). Ses obsèques ont été célébrées dans l’intimité familiale en la chapelle Sainte-Philomène à Toulon le 4 mai.

    Née en 1912 – le 4 janvier, à Paris 17e – , elle était issue d’un milieu littéraire et artistique (son père – Jean Nouguès (Bordeaux, 25 avril 1875 – Paris 16e, 28 août 1932) – était compositeur d’opéras à succès – sur lesquels Ravel a maintes fois ironisé ; cf cette note de Manuel Cornejo à la page 466 du Tome 1 de son édition de la Correspondance de Maurice Ravel : « Ravel raille à plusieurs reprises le prolifique compositeur bordelais Jean Nouguès (1875 – 1932), qui avait moins de difficultés à faire représenter ses opéras que Ravel n’en eut à l’Opéra-Comique avec son Heure espagnole, laquelle patienta de 1907 à 1911. (…) Les plaisanteries sur Nouguès devint être monnaie courante à l’époque à en juger par une lettre de Caplet à Calvocoressi : « Si vous êtes un homme à poigne, vous pouvez me confectionner le livret en moins de temps qu’il n’en faut pour écrire cinq actes de M. Nouguès »… »… ). Étudiante, elle fut très vite attirée par l’Action française où elle se fit la plupart de ses amitiés et où elle rencontra son futur mari, camelot du Roi – voilà : son père,  était député radical des Landes… Elle tint longtemps dans le journal quotidien, avec Yvonne Fayard et Claire Daudet, la rubrique répondant aux questions des lecteurs. Elle approcha ainsi Charles Maurras et Léon Daudet qui acceptèrent d’être les témoins de son mariage, en juin 1936 – le 6 juin 1936.

    Ayant beaucoup souffert de la division – et c’est bien sûr là un euphémisme – des Français pendant et après la guerre, veuve à 33 ans – au décès de son époux, le 18 août 1944, sa veuve, née le 4 janvier 1912, avait 32 ans : est-ce à dire que celle-ci n’a appris l’effectivité de son veuvage qu’un an plus tard, en 1945 ?.. – , elle fit face avec énergie à l’adversité pour élever ses trois enfants – Martine, Maïlys et François Despax – et travailla dans le milieu médical.

    Elle se rapprocha dans les années soixante-dix de la Fraternité Saint Pie X, à laquelle elle resta fidèle jusqu’à la fin à travers ses engagements à la paroisse de Saint- Nicolas du Chardonnet, puis au prieuré Saint-Maximin à Toulon, où elle habita à partir de l’année 2000.

    Nous prions ses enfants, M. et Mme Claude Bouthier – Martine Despax – , Mme Yves Leclerc – Maïlys Despax – , M. et Mme François Despax – François Despax, peut-être divorcé en 1996, à Aix-en-Provence, de Catherine Charpentreau, la mère d’Emmanuel Despax ; et semble-t-il remarié à Marie Delcroix, dont il a eu 7 enfants…  ; tout cela demeure bien sûr à confirmer ! – , ainsi que ses douze petits-enfants et ses quatorze arrière-petits-enfants de croire à notre profonde sympathie et à l’assurance de nos prières »…

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    Voilà donc où j’en suis de mes recherches ce soir – et demeurent encore d’importantes taches aveugles – sur la généalogie côté Despax de cet excellent pianiste qu’est Emmanuel Despax – écouter ici sa belle interprétation, en le CD Signum SIGCD 937 Resonance, de la très belle « Berceuse«  de Lucien Durosoir, avec Jessie Ann Richardson, la violoncelliste du Piatti Quartet (3′ 40)… – , ce 21 août 2025…

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    Ce jeudi 21 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Célébrer en beauté et vérité le centenaire de la naissance du grand Dietrich Fischer-Dieskau (1925 – 2012) : le superbe et émouvant travail du baryton Benjamin Appl en son passionnant livre-disque « Hommage à Dietrich Fischer-Dieskau – Benjamin Appl – James Baillieu », Alpha 1131

    C’est un bien bel hommage que le baryton Benjamin Appl – avec le pianiste James Baillieu – que vient rendre à son maître Dietrich Fischer-Dieskau (Berlin, 28 mai 1925 – Berg, Bavière, 18 mai 2012), à l’occasion des célébrations du 100e anniversaire de la naissance de celui-ci, à Berlin, le 28 mai 1925…

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    Bien sûr, appréciant beaucoup beaucoup Benjamin Appl, je me suis empressé d’acheter chez mon disquaire préféré ce magnifique livre-disque Alpha 1131, dès sa mise en place sur la table des nouveautés.

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    Et j’y ai prêté tout aussitôt une première oreille – jamais la bonne : trop surprise !.. – , étonné par l’étendue du répertoire ici enregistré, de même que par le timbre de voix de baryton de Benjamin Appl, un poil plus bas, m’a-t-il alors semblé à cette toute première écoute, qu’auparavant : il me semblait que ce timbre de voix était plutôt celui qu’un Michael Spyres qualifie, pour sa part, de « barytenor« …

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    Et j’ai réservé à un peu plus tard des écoutes bien plus attentives, et à la variété et étendue du répertoire musical abordé ici, et à l’interprétation qu’en proposent ici, en 79′, Benjamin Appl et James Baillieu…

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    Et voilà qu’hier mardi 28 mai, le jour précis du 100e anniversaire de la naissance de Dietrich Fisher-Dieskau, est paru un splendide et précis article de Matthieu Roc sur le site du Magazine Crscendo :

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    Captivant hommage de Benjamin Appl à son maître Dietrich Fischer-Dieskau

    Pour le centenaire de la naissance de son maître (28 mai 1925),  propose un récital qui parcourt les étapes de la vie de , et qui donne lieu à des choix de lieder ou mélodies – très variés – très intéressants.

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    Dans l’histoire du Lied, dans l’histoire de la musique classique au  XXe siècle, occupe une position – en effet – d’exception. Qu’on l’encense ou qu’on émette des réserves, qu’on l’imite ou qu’on l’évite, son legs artistique et discographique est là, immense, fondamental et incontournable. Sa postérité pédagogique est grande aussi, et nombre de ses élèves ont fait une carrière remarquable : Roman Trekel, Michael Volle, Wolfgang Holzmair, Christian Gerhaher, Andreas Schmidt, Bernd Weikl… et parmi les derniers, , pour ne citer que les barytons.

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    Le parti pris dans ce livre-disque est de narrer la vie de DFD – voilà… – en illustrant chaque période ou chaque thème de sa vie avec de nombreux extraits de sa correspondance, de ses livres ou de son journal, ainsi que des pièces musicales qui constituent le CD. L’enfance à Berlin, la vie de soldat, de prisonnier, la naissance des ses enfants, les joies et les malheurs de sa vie conjugale, ses relations avec les collègues et compositeurs, l’enseignement, l’adieu à la scène… tout est évoqué avec franchise et dignité – parfaitement. Le salut nazi obligatoire, la perte du frère handicapé victime de l’odieux eugénisme du IIIe Reich, mais aussi le premier Winterreise public en 1942 entrecoupé de sirènes et de mises à l’abri, la vie sans liberté et la sortie du camp de prisonnier, le choc ressenti par Fricsay et Furtwängler quand ils l’entendirent la première fois, sa profonde amitié avec Britten et Pears… tous ces événements familiaux et artistiques évoqués construisent sans artifice une image de noblesse, de doute et d’exigence – voilà – qui se superpose bien avec l’aura du chanteur, pour ceux qui ne l’ont jamais connu que par ses disques et reportages télévisuels. Ce livre est en outre agrémenté de nombreuses photos et dessins personnels, c’est à dire qui échappent aux copyrights d’EMI ou DGG, parmi lesquels on découvre de nombreuses toiles de Fischer-Dieskau lui-même. Les portraits de Gerald Moore et de Jorg Demus peints par le chanteur en disent long sur le profond respect qu’il éprouvait pour ses collègues et amis. On aurait voulu en savoir un peu plus sur le rôle certainement important qu’a joué sa veuve Julia Varady dans la collection et le tri de ses précieuses archives familiales, mais tel qu’il est, le texte de est juste, précis, délicat – oui – , et il s’en dégage une forme de tendresse assez touchante – absolument…

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    Pour illustrer musicalement une vie aussi riche, Benjamin Appl s’appuie sur 32 pièces musicales de 21 compositeurs différents. Il ne s’agit pas de résumer les choix artistiques de DFD, qui sont incroyablement variés – mais oui ! – , mais d’illustrer sa vie et de rappeler son éclectisme – oui. Bien sûr, Schubert domine, et on trouve du Wolf, du Schumann (Mme et Mr), du Brahms, du Loewe, etc, mais rien de Mozart, Haydn, R. Strauss ou Mahler – en effet, et cela a de quoi étonner un peu… En revanche, on découvrira avec intérêt une délicieuse berceuse de , un lied Heidenröslein écrit par le papa , et deux lieder écrit par Klaus pour son frère Dietrich. Le Debussy, sur un texte traduit par DFD, n’était peut-être pas indispensable, tout comme les Three Songs de Barber, mais ils ne déparent pas un ensemble d’une richesse étonnante – oui, oui. Les découvertes des compositeurs Sinding, Künneke et Grothe sont très agréables – voilà – , surtout connectées comme elles le sont à la biographie – car c’est là le principe de ce travail d’hommage qu’a choisi de prendre ici Benjamin Appl – du grand baryton.

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    Pour ce kaléidoscope rétrospectif, Benjamin Appl prête une voix magnifique et souple – oui, oui – , qui ne cherche pas à imiter celle de son maître, mais qui en a néanmoins bien retenu les leçons. Celle du legato – voilà – est excellemment intégrée, celle de la diction un tout petit peu moins. Articuler et lier, c’est toujours la quadrature du cercle – certes – pour un chanteur – c’est excellement vu – mais reconnaissons que Benjamin Appl est déjà très avancé sur le chemin de l’idéal ) voilà ! – (comme il l’a déjà démontré dans un remarquable Winterreise) ; et c’est sans doute par déférence pour son mentor que dès le premier An die Musik, il choisit le legato comme priorité. Dans le profond – splendide ! – Die Götter Griechenlands, il ose avec le subtil et brillant  – oui – une longueur de tempo qui fait mouche et distille une « Sehnsucht » remarquable. Traités avec la même distinction, les extraits d’opérette (Künneke) et de musique de film (Grothe, pour piano seul) acquièrent les quartiers de noblesse qui auraient pu leur manquer, et font très bonne figure dans ce florilège hyper-select. Le plus impressionnant en termes de performance vocale est certainement le Tenebrae de Reimann sur un texte de Celan, qui exprime jusqu’au cri et la brisure de voix le non-sens, le vide total d’humanité de l’expérience concentrationnaire – oui. Très émouvant aussi, le Süsse Begräbnis de Loewe pour le souvenir de la perte de sa première épouse – Irmgard Poppen, décédée en 1963 – , ou le Meine Lieder, meine Sänge de von Weber, choisi pour exprimer les adieux à la scène. Tout est très réussi, même la réduction pour piano et voix d’un extrait du War Requiem de Britten.

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    Une superbe parution riche et équilibrée, émouvante et attachante – voilà. C’est à la fois une belle rencontre avec un chanteur mythique qui nous a tous profondément marqués, une découverte intéressante de quelques pièces inconnues, et encore un très beau récital de Benjamin Appl.

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    Voici aussi ce bel article rétrospectif de Pierre-Jean sur le site de Crescendo Magazine :

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    Dietrich Fischer-Dieskau, un centenaire en miroir du temps 

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    LE 28 MAI 2025par Pierre Jean Tribot
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    L’immense baryton Dietrich Fischer-Dieskau est né il y a 100 ans. A cette occasion les hommages se multiplient avec la réédition par Warner d’un coffret reprenant l’inégalité de ses albums de lieder et de mélodies pour les labels HMV, Emi Electrola, Teldec et Erato – et pas seulement ce coffret-là. De son côté, le brillant baryton Benjamin Appl, qui a eu la chance d’étudier avec le grand musicien, fait paraître un  superbe – oui ! – livre-disque (Alpha 1131)  qui est un hommage personnel – oui, de Benjamin Appl – à son mentor.

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    Il y a des artistes, comme Dietrich Fischer-Dieskau, ou Maria Callas, devant lesquels le critique est à court de mots, comment rendre compte, comment mettre des mots sur des talents légendaires.  Rien ne sert de refaire leur biographie ou de vider le dictionnaire de ses superlatifs, dans cet article-ci, nous laissons la parole à Manuel  Fischer-Dieskau, le fils de l’artiste et à Benjamin Appl.

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    La première réflexion qui nous vient à l’esprit est la place du musicien dans la mémoire collective et que retenir de cet immense artiste ? Benjamin Appl nous confie “en tant que chanteur, j’admire beaucoup de choses chez lui. Tout d’abord, bien sûr, sa voix magnifique, associée à une intelligence remarquable et à une profonde sensibilité. Mais au-delà de cela, je respecte profondément son importance historique dans la culture allemande, en particulier dans le domaine du lied.”. Pour son fils Manuel : “même s’il y a peut-être maintenant quelques dignes successeurs, à mon avis, il conservera toujours une position particulière dans le domaine du chant. Cela reflète au moins le grand respect que je ressens encore aujourd’hui parmi tous mes collègues chanteurs lorsqu’ils parlent de mon père. Ses enregistrements ont tout simplement établi des normes qui serviront certainement d’exemples à de nombreuses générations futures de chanteurs”.

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    Mais comment travaillait-il ses partitions en fonction de, son fils Manuel nous précise : “il n’avait certainement pas de « liste de classement ». Il était toujours ouvert à tous les types de bonne musique et consacrait cent pour cent de son énergie artistique au répertoire qu’il chantait, qu’il s’agisse de Bach, Mozart, Schubert, Wolf, Britten ou Reimann.  Pour mon père, la préparation d’un programme de concert incluait toujours une étude intensive de l’environnement _ ce que personnellement je nomme « le contexte« ... du compositeur, des influences – artistiques ou sociales – auxquelles le compositeur était exposé. Il a lu leur correspondance, étudié d’autres compositions créées à une époque similaire, regardé des tableaux de grands peintres créés l’année où les compositions respectives ont été créées, etc.

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    D’un point de vue purement « technique », mon père était l’un des rares artistes qui, dès leur plus jeune âge, avaient le « luxe » de répéter des programmes de chant ou des rôles d’opéra à l’aide de leurs propres enregistrements. Une image courante que j’ai en tête est celle de mon père se promenant dans le jardin avec un petit magnétophone à cassettes à l’oreille, chantant ses enregistrements pour rafraîchir sa mémoire de chansons ou de parties d’opéra.  D’un point de vue artistique, chaque nouvelle rencontre avec des partenaires différents au piano ou au pupitre du chef d’orchestre était, bien sûr, incroyablement importante et stimulante pour lui. C’est pourquoi il aimait changer si souvent de partenaire au piano.”

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    Le chanteur était passionné par l’enseignement, Benjamin Appl qui a participé à ses masterclasses et a bénéficié de cours particulier avec le maître, nous énonce : “son enseignement allait bien au-delà de la technique vocale et de l’interprétation : il s’agissait d’habiter émotionnellement et intellectuellement – incarner, dirais-je – le morceau, de s’y plonger aussi profondément que possible. Il encourageait à se remettre constamment en question, à toujours rechercher de nouvelles perspectives. Il ne se contentait jamais d’une simple interprétation, il cherchait à créer quelque chose d’entièrement nouveau à chaque fois. C’est surtout cela qui m’a le plus inspiré pendant les nombreuses leçons que j’ai eu la chance de suivre avec lui.” 

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    Autre caractéristique de sa personnalité, une infinie curiosité – tiens donc !!.  Naturellement, Dietrich Fischer-Dieskau excellait dans le lied allemand et ses grands classiques de Brahms, Mahler, Schubert, Schumann, Loewe, Strauss, Wolff, mais il allait également vers des univers moins fréquentés, comme ceux de Pfitzner, Eisler, Schoeck, Matthus. Polyglotte artistique, il pouvait être tout autant à son aise dans le répertoire français, anglais ou russe. Mais d’où venait cette curiosité, pour Benjamin Appl :   “c’était vraiment un artiste de la Renaissance, profondément curieux et intéressé par presque tout. Au-delà de son chant extraordinaire, il peignait beaucoup (il a créé environ 5 000 œuvres), jouait du piano tous les jours, écrivait de nombreux livres, enseignait beaucoup et s’adonnait à de nombreuses autres passions. Tout cela enrichissait profondément son enseignement. Il était sans cesse en quête de profondeur et de sens – voilà – , et il attendait la même chose des élèves avec lesquels il choisissait de travailler.”

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    Dietrich Fischer-Dieskau, c’est aussi un artiste et une figure qui dépasse le simple cadre de la musique, ainsi Benjamin Appl nous narre “ après la Seconde Guerre mondiale, il a contribué à transformer cette forme d’art qu’est le lied et il est devenu le symbole d’une Allemagne nouvelle, plus humaine – voilà. Dans des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, où tant d’Allemands avaient fui pendant la période nazie, ayant perdu foi en leur patrie, il est devenu un symbole de paix et de réconciliation.”

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    • Un coffret magistral et essentiel

    Warner réédite un plantureux coffret de 79 disques reprenant l’intégralité de ses enregistrements de lied et de mélodies – voilà – , avec un accompagnement pianistique ou orchestral, en provenance de différents labels comme  HMV, Emi Electrola, Teldec et Erato.

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    Si certains grands enregistrements sont des classiques et ont été réédités à maintes reprises; d’autres nous étaient inconnus comme les quelques gravures pour Teldec avec les lieder de Hans Eisler, dont le Hollywood Songbook – je le possède – , ou les mélodies françaises de la Belle époque avec un parcours qui s’étend de Gounod à Fauré, en passant par d’Indy ou Pierné. Mais quel enregistrement retenir absolument pour Benjamin Appl  : “j’admire profondément ses enregistrements des Kindertotenlieder de Mahler, une œuvre qui a pris une importance considérable dans sa vie. Elle est étroitement liée à la perte précoce de son jeune frère, Martin, qui souffrait d’épilepsie. En 1944, les nazis ont enlevé Martin à sa famille et l’ont assassiné, un événement dévastateur qui a profondément bouleversé Fischer-Dieskau. Cette tragédie personnelle résonne dans chaque note de son interprétation, lui conférant une profondeur et une tristesse qui transcendent la musique elle-même. Pour notre part, ce serait également Mahler avec cette fabuleuse intégrale du Knaben Wunderhorn de grand luxe avec Elisabeth Schwarzkopf en compagnie du London Symphony Orchestra sous la direction de George Szell. La beauté du timbre de chanteur, sa maîtrise stylistique et sa connaissance de l’esprit même de ce cycle, nous mènent tant dans la musique que dans la narration. On admire aussi cette faculté à aller au fond des choses avec cette intégrale des lieder de Richard Strauss avec le fidèle complice Gerald Moore, dénominateur commun de tant d’aventures musicales. Saluons enfin, cette rencontre aux sommets entre le baryton et Sviatoslav Richter pour une Belle Maguelonne de Brahms Ce coffret est une boîte aux multiples trésors à déguster à la carte ou ou menu en fonction de ses humeurs du moment.

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    • L’hommage de Benjamin Appl, tel un livre de souvenirs

    De son côté, Benjamin Appl nous propose un véritable livre-disque avec une sélection d’œuvres qui retrace la chronologie de vie – voilà – de Dietrich Fischer-Dieskau. Comment cet album a-t-il été conçu : “depuis des années, je pensais créer un album pour rendre hommage à celui que Leonard Bernstein a un jour qualifié de « chanteur le plus important du XXe siècle ». Dès le début, je savais que je ne voulais pas enregistrer une compilation de ses chansons préférées ou des lieder les plus connus de Schubert. Il interprétait ces œuvres avec une telle profondeur et une telle perfection que toute tentative de suivre ses traces aurait semblé superflue, voire impossible.

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    Ce qui m’a toujours fasciné, ce sont ses premières années : son enfance à Berlin dans une famille où son père et son frère aîné, Klaus, composaient de la musique (certaines de leurs œuvres figurent sur cet album) ; son passage en tant que jeune soldat allemand en Russie ; et les années qu’il a passées comme prisonnier de guerre dans un camp américain en Italie. Il est évident que ces expériences formatrices l’ont marqué plus que toute autre période de sa vie. À partir de là, il m’est apparu évident que cet album devait suivre le chemin de sa vie, retracer le parcours émotionnel et artistique qui a fait de lui l’artiste qu’il est devenu” – et c’est très bien.

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    Cet album se distingue également par la richesse de son texte et de ses illustrations, Benjamin Appl nous précise : “au cours des deux dernières années, j’ai eu le privilège extraordinaire de pouvoir explorer presque tous les documents privés qu’il a laissés : lettres, journaux intimes, contrats, programmes, et bien plus encore. À partir de ces archives remarquables, j’ai décidé de créer un livre qui accompagnerait l’album, retraçant les moments clés de sa vie qui l’ont façonné en tant que personne et en tant qu’artiste.

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    Il était délicat de trouver le juste équilibre : honorer la vie privée d’un homme qui était de nature timide et qui se livrait rarement au public, tout en offrant un aperçu significatif des expériences personnelles qui l’ont profondément influencé. Ce processus a été extrêmement enrichissant, non seulement parce qu’il m’a permis de renouer avec mon ancien mentor à travers l’intimité de son écriture, mais aussi parce qu’il m’a fait découvrir des facettes nouvelles et inattendues de sa personnalité riche, complexe et nuancée.

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    A écouter – ici par exemple… – :

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    Dietrich Fischer-Dieskau. Lieder & Songs on Warner Classics: Complete HMV, Electrola, Teldec & Erato Recordings. 1 coffret de 79 CD Warner Classics. 5021732475459

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    Hommage à Dietrich Fischer-Dieskau. Benjamin Appl, baryton ; Julien Bailleu, piano. 1 Livre disque Alpha 1131

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    Crédits photographiques : Warner Classics

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    De bien beaux hommages qui nous vont tout droit au cœur !

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    Ce jeudi 20 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge…

    Comme en forme de réponse bien concrète à l’approche de mon article « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »… » en date du 24 mars dernier, à propos des profondes intenses affinités mozartiennes de tout – ou presque tout, ou beaucoup de… – l’œuvre de Maurice Ravel, en leur semblable merveilleuse élégance absolument naturelle, et leur identique sublime sublimation – toujours impeccablement réussie, et sans nulle trace d’effort ! – du tragique de la vie en la profonde légéreté-fantaisie – ponctuée toujours  d’une très très fine touche, quasi imperceptible, sans le moindre appesantissement, de mélancolie… – de leur musique,

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    ce soir, à l’audition du CD Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet« , de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge – enregistré en octobre 2024 à Schiedam (Pays-Bas) ; regarder ici cette vidéo (de 1′ 40) d’un extrait du Quatuor avec piano n°1 K. 498, pris en concert au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, le 30 septembre 2024 ; et sur l’excellent Julien Libeer lui-même, cf mon article « Le Beethoven rayonnant et solaire de Lorenzo Gatto et Julien Libeer : les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565, des Sonates pour violon et piano de Ludwig van… » en date du 23 novembre 2019… –, c’est une très profonde lumineuse joie porteuse que je ressens…

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    Lire aussi les quelques très justes mots de présentation au dos de ce CD :

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    « C’est le sourire et la lumière – voilà ! – de Mozart que Julien Libeer et ses complices nous proposent dans ce programme très original : une sonate pour piano seul absolument solaire – oui – , une sonate pour violon et piano où la joie triomphe des inquiétudes – et les sublime ! – , un flamboyant – voilà ! – trio de l’époque des Noces, pour ne rien dire du – somptueux ! – quatuor avec piano K. 478, formation rare où le compositeur s’amuse aux frontières du concerto et de la musique de chambre… Le tout dans une progression dramaturgique surprenante !« …

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    Et encore ces simples mots de Julien Libeer, pour dire en quelques mots la double difficulté, et de bien saisir à l’interprétation la musique même de Mozart, et la difficulté aussi de bien parler d’elle, en un bref entretien avec Pierre-Jean Tribot pour le magazine Crescendo, à propos de ce très beau CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » :

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    JULIEN LIBEER, FACE À MOZART 

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    Notre compatriote Julien Libeer fait paraître un album un peu solo mais surtout chambriste – oui ! –  consacré à des partitions de Mozart (Harmonia Mundi). Le pianiste est en compagnie de  Pierre Colombet, violon ;  Eckart Runge, violoncelle et Máté Szücs à l’alto. Ce quatuor de brillants musiciens – que Julien Libeer a réuni tout spécialement pour cet enregistrement-ci – livre une prestation exceptionnelle, ce qui nous a donné envie d’en savoir plus et de poser quelques questions à  Julien Libeer.

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    Vous êtes le dénominateur commun d’un album chambriste consacré à des œuvres de Mozart. Pourquoi choisir Mozart à ce moment de votre carrière?

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    On ne m’attribuera aucun prix d’originalité si je vous dis que Mozart m’accompagne depuis ma tendre jeunesse, et que notamment ses opéras comptent parmi mes plus intenses souvenirs d’enfance. Ce n’en est pas moins la vérité pour autant, et il fallait bien un jour que je fasse quelque chose avec cette fibre qui est à la racine de mon chemin de musicien. J’ai attendu avant de lui consacrer une monographie entière, car je voulais le faire dans un programme pertinent, et surtout avec les bonnes personnes. Il se trouve que les étoiles se sont alignées à ce moment-ci !

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    Dans le booklet du disque, vous écrivez “demandez à un musicien de vous parler de Mozart, il y a fort à parier qu’il peinera à dire quelque chose”. Pourquoi Mozart semble si difficile à caractériser par des mots ?

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    Si j’avais une réponse claire à ça, je n’aurais pas écrit cette phrase !  Peut-être parce que toutes les choses dont il est facile de parler en musique ne s’appliquent pas directement à Mozart.

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    Son intelligence est aussi fulgurante mais moins ouvertement intellectuelle que Bach ; son évolution esthétique est plus subtile que celle de Beethoven ; à l’exception de Haydn aucun de ses contemporains ne lui arrive à la cheville, donc difficile de le comparer ou le mettre en contexte ; et puis sa musique n’a rien d’idéologique ou pamphlétaire : elle n’incarne aucune révolution tonitruante, elle n’est pas à l’origine d’une école quelconque.

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    Parler de Mozart signifie donc parler réellement, et uniquement, de musique. Est-ce vraiment possible?

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    On dit souvent que Mozart est un juge de paix pour les musiciens, un compositeur avec lequel il est impossible de tricher. Partagez-vous cet avis ?

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    Il a en effet rendu fou les plus grands… Perplexe, Richter se demandait pourquoi une gamme toute bête devenait si difficile dès qu’elle se trouvait dans une œuvre de Mozart… Rubinstein disait que quand on le joue, « soit c’est un miracle, soit ce n’est pas du Mozart » – ce qui met la barre un peu haute, mais n’est probablement pas faux…

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    On pourrait retourner le problème dans tous les sens pendant des pages entières, mais disons qu’il y a peu de compositeurs qui demandent à ce point de dépasser la matière – François Couperin, par exemple… En ce sens, Mozart n’est pas tant un style qu’un état d’esprit.

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    A écouter le disque, j’ai l’impression que vous défendez avec vos partenaires, une approche très dosée et réfléchie, qui refuse tout excès, à commencer par ces boosts énergiques auxquels de nombreux musiciens qui revendiquent une approche historiquement informée cèdent trop souvent ?

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    Il semblerait que nous nous soyons assez naturellement trouvés dans une esthétique qui ne sacrifie pas le chant – voilà ! Et c’est là un des traits essentiels de Mozart (et de Chopin, aussi) – sur l’autel de l’énergie. Il ne s’agit pas non plus de nier la vitalité permanente de la musique – voilà (comme pour  Schubert, le Wanderer…) ! – pour autant – c’est d’ailleurs une des grandes leçons sur Mozart que je retiens de Maria-João Pires : trouver le juste milieu entre effervescence et lyrisme – voilà ! S’il s’endort, ça devient une musique bourgeoise sans piment. S’il devient hystérique, tout le caractère est gommé – tout cela est parfaitement juste…

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    Aux musiciens de faire leur travail de funambule !

    – et c’est bien cela : sur une délicieuse et éminemment jouissive très délicate code raide…

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    Vous et vos partenaires, jouez des instruments modernes. Etes-vous tentés par la pratique d’instruments historiques ?

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    Je suppose que nous y avons tous un peu touchés, même si pour ma part jamais sur scène. L’instrument historique, c’est un métier à part entière. Mais même ceux qui, sur scène, s’en tiennent aux instruments modernes ont des choses à apprendre du contact avec les instruments anciens, et je connais peu de musiciens de ma génération qui s’en tiennent loin.

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    Est-ce que vous avez déjà un autre projet de disque en préparation ? – et c’est cet extrait que je me suis permis d’un peu commenter en mon article du 24 mars dernier : « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »…« …

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    Oui, il y a une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne. Mozart ayant été l’exemple absolu de Ravel, il paraissait cohérent de travailler sur les deux simultanément : ce sont deux mondes aristocratiques, d’une invention mélodique intarissable, expressive mais jamais vulgaire, et dont l’absence de coutures visibles tient du miracle.

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    Au disque, il s’agira essentiellement d’œuvres pour piano seuls, mais mes vieux comparses Lorenzo Gatto et Bruno Philippe viendront en soutien pour quelques plages.

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    Le site de Julien Libeer : https://www.julienlibeer.net/

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    Crédits photographiques :  Diego Franssens

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    Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot

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    Bravissimo, Messieurs ces magnifiques justissimes interprètes de Mozart – si difficile à si bien saisir en sa radicale radieuse innocence !..

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    Ce jeudi 27 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa