Étiquette : poésie

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?..

    Pour commencer,

    et avant de répondre précisément à la question savoureuse _ et délicate _ de mon titre annoncé,

    …

    voici, en ouverture de mon « propos« ,

    …

    une sorte d’Avant-propos,

    …

    afin de situer un peu ce nouvel opus plossuien, de 2020, consacré à ses si fascinants « tirages Fresson« ,

    en une série

    comportant déjà, au moins

    _ d’autres m’échappant possiblement, voire probablement !.. _

    deux autres albums qui m’avaient, en 2008 et 2013,

    ébloui,

    fasciné,

    enthousiasmé,

    enchanté ;

    …

    et dont les exemplaires comportent chacun, de la main de Bernard, une dédicace personnelle :

    …

    « Pour mon ami Francis,

    ces 41 années en couleur » ;

    …

    et « Pour Francis et sa famille,

    with love et en couleur« …

    …

    …

    Le voici donc, ce petit Avant-propos : 

    …

    …

    En regardant bien soigneusement les 80 images du merveilleux « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

    qui vient tout juste de paraître aux Éditions Textuel, ce mois de septembre 2020,

    …

    j’ai à la fois repris

    le splendide « Plossu Couleurs Fresson » (catalogue d’exposition, à Nice, au Théâtre de la Photographie et de l’Image, en décembre 2007)

    et le magnifique « Couleurs Plossu _ séquences photographiques 1956 – 2013 » (aux Éditions Hazan, en juillet 2013),

    à des fins, déjà, de confrontation des images ;

    …

    et, surtout, je me suis demandé lesquelles de ces images,

    et pour quelles raisons,

    je préférais,

    entre toutes, en ce nouveau somptueux opus-Plossu…

    …

    …

    Bernard Plossu lui-même se méfie pas mal des critères d’appréciation des images _ et des siennes, aussi, forcément… _,

    rejetant le critère _ bien trop esthétisant (à la Sebastiaõ Salgado…) _ des « belles images« ,

    au profit des « bonnes images » ;

    qu’il prend soin, d’ailleurs, aussi, et tout aussitôt, de relativiser _ il me semble l’entendre le dire ! _ :

    …

    car de « mauvaises images« 

    peuvent bien s’avérer mille fois plus intéressantes,

    saisissantes,

    que les « bonnes« , et a fortiori _ bien trop _ « belles« …

    …

    Car c’est la vertu de vérité poétique _ invisible, pudique, cachée, et donc inaperçue jusqu’alors _ du réel _ le plus prosaïque ou quotidien, pas du tout spectaculaire… _ qu’il s’agit,

    et presque par hasard, et même par _ génial _ ratage,

    qu’il s’agit d’aider à _ lui-même, ce réel ; et paradoxalement sans soi (= sans narcissisme, ou exhibitionnisme aucun, de la part du photographe) _ se manifester,

    par la médiation la plus fine et légère possible,

    et instantanée _ l’espace d’un éclair ! _,

    de la capacité d’acuité du regard du photographe qui vient la « prendre« , la « capter« ,

    la « cueillir« , « accueillir » et « recueillir« , sur la pellicule elle-même très fine de son appareil-photo, 

    avec la plus grande douceur, pour ne pas la briser _ la heurter, lui faire violence… _,

    cette « vérité poétique » de l’image réelle approchée et ainsi entr’aperçue, 

    en son mystère secret,

    à la volée _ dansante _ miraculeuse de son fulgurant geste photographique…

    …

    Il y faut beaucoup d’attention-concentration,

    et sérénité…

    …

    …

    D’où la puissance d’émotion _ poétique, elle-même aussi, à son tour : venant partager un petit quelque chose de ce que vient proposer de follement délicat et ténu, mais incroyablement puissant, pour qui s’y penche, l’image contemplée… _ du regardeur

    _ là, sur la page du livre ou sur la cimaise d’exposition, s’offrant, en un présent intense, à son regard de regardeur de ces images disposées là et offertes _,

    de cette improbable, et modeste, nécessairement humble _ et dénuée de brusquerie : j’ai déjà parlé de la « douceur Plossu« … _, image :

    qui nous saisit, nous, regardeurs de ces images,

    d’étrange heureuse admiration…

    …

    …

    Ce mardi 3 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’enchantement du réalisme légèrement décalé des merveilleux « Tirages Fresson » en couleur de Bernard Plossu ; ou le miracle de saisir l’aura la plus vraiment poétique du réel d’apparence le plus prosaïque

    Ce midi, le facteur sonne et me donne un paquet :

    il s’agit d’un livre de dimension 23,5 x 31, 6.

    …

    Je l’ouvre : il s’agit du « Tirages Plossu« , aux Éditions Textuel,

    dont j’avais annoncé la parution le 22 octobre dernier :

    …

    …

    …

    J’en parcours une première fois les 100 pages et 80 images,

    sans commencer par lire les deux textes de présentation :

    …

    « Sentir le vent et la pluie qui circule« , par Bernard Perrine ;

    et « Du noir et blanc en couleur« , par Jeanne Fouchet-Nahas ;

    que je viens juste maintenant de regarder : ils sont parfaitement justes !..

    …

    Parce qu’immédiatement je rédige un fervent courriel d’admiration

    à l’ami Bernard Plossu , que je lui adresse à 12h 50.

    …

    Je l’intitule (a posteriori, et en m’étant relu) :

    « le réalisme légèrement décalé de tes « Tirages Fresson » : un pur enchantement, de la part d’un Plossu un tout petit peu différent…« 

    …

    Le voici tel quel :

    …

    …

    Pour moi, tes « Fresson » sont un pur enchantement !

     
    …

     
    Je peux comprendre ce que je ressens parfois, à écouter ou lire ce qu’il t’arrive d’en laisser échapper (à la volée), comme une sorte de très légère réticence , de ta part, à leur égard ;
    ou du moins un souci de les considérer _ et plus encore faire considérer _ comme tout de même un peu « en marge » de ton travail principal…
    Comme une sorte de « fantaisie » que tu t’accorderais…
     
    Cela, d’ailleurs, au moins de la part de ceux qui les critiquent, me rend ces « tirages Fresson » encore plus chers ;
    car une « aura » de très intense et surtout formidablement délicate vraie « poésie » vient les nimber à mes yeux…
     
    Nous sommes alors certes assez loin du « réalisme » photographique le plus courant.
    Alors que c’est pourtant une autre vraie réalité (dans les couleurs plutôt estompées qui sourdent de ces « tirages ») qui se révèle vraiment à nous qui les regardons, ici…
     
    Il n’y a là absolument rien du tout d’artificiel, de fabriqué, ou de truqué…
    Et tu me sembles alors, en ton regard photographique, assez proche du regard (tout à fait « réaliste » ! et pas du tout « surréaliste »…) de peintres si attentivement regardeurs tels que Monet, ou Corot…
    Regardeurs si fidèles au réel qui leur fait face
    qu’ils font sourdre de leurs regards, via le medium de leurs pinceaux, le pur merveilleux du réel le plus prosaïque _ à mille lieues du rêve et de l’imaginaire, que je n’apprécie pas.
     
    Bravo !!!
    Et merci !
     
    Francis
     
    P. s. :
    il me semble que le moment (de cette terrible pandémie tueuse, qui nous confine entre nos murs)
    devrait pouvoir aider à faire trouver à ces « Tirages Fresson » un accueil favorable et même enthousiaste
    de la part du public qui pourra, via le livre (ou via quelques expos autorisées), y accéder…

    …

    …

    Voilà.

    …

    …

    Ce nouvel opus de l’œuvre Plossu

    est tout simplement un cadeau magnifique que nous fait

    ce passionnément attentif au réel qu’il arpente, qu’est Bernard Plossu.

    …

    …

    Ce vendredi 30 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les merveilleuses pièces pour clarinette (ou alto, ou violoncelle) et piano de Robert Schumann : un fabuleux CD « Es war final… » de Jörg Widmann, Tabea Zimmermann et Dénes Varjon, en 2017

    Ce mercredi 26 août 2020,

    …

    Jean-Charles Hoffelé, sur son excellent blog Discophilia,

    …

    à l’occasion d’un CD « Mit Myrten und Rosen« ,

    le CD Berlin Classics 0300430BC,

    consacré par le violoncelliste Isang Enders (avec le pianiste Andreas Hering) à toutes les pièces pour violoncelle et piano de Robert Schumann,

    …

    chronique aussi un merveilleux CD paru en 2017,

    intitulé « Es war eimal… » de Jörg Widmann, clarinette, Tabea Zimmermann, alto, et Dénes Varjon, piano,

    le CD myrios classics MYR020,

    …

    consacré, lui, aux Märchenerzählingen Op. 132 für Klarinette, Viola und Klavier,

    Fantäsiestücke für Klavier und Klarinette Op. 73

    et Märchenbilder fûr Klavier und Viola Op. 113

    de Robert Schumann ;

    …

    avec aussi une composition originale de Jörg Widmann

    _ compositeur aussi bien que clarinettiste _,

    Es war einmal… Fünf Stücke in Märchenton für Klarinette, Viola und Klavier
    …
    …

    Un CD qui m’avait énormément plu et marqué, lors de sa parution, en 2017.

    …

    …

    De même que j’apprécie énormément

    et Tabea Zimmermann,

    et Jörg Widmann…

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    …

    Voici donc cet article de Jean-Charles Hoffelé,

    intitulé Myrthes, roses et cendres :

    …

    …

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    …

    MYRTHES, ROSES, ET CENDRES

    …

    …

    Le plus secret de Schumann n’est pas dans ses Chants de l’aube, opus ultimes _ en effet _ où j’ai le sentiment que Caspar David Friedrich est venu écrire les notes avec son pinceau ; non, il est dans les recueils à instruments variables des Märchen, Stücke in Volkston, Fantasiestücke et autres Andante. Des “lieder” avec instruments, de forme libre, de propos plus libres encore, musique pour la chambre, la nuit, pour le jardin, la nuit, musique avec grillons et lune. C’est le plus clair de l’âme si sombre de Schumann qui écrit ici les notes.

    …

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    J’ai longtemps _ depuis la parution du CD, en 2017… _ retenu ma plume avant d’écrire sur le disque de Tabea Zimmermann et de Jörg Widmann, où ils marient leurs instruments dans les Märchenerzählungen, les parant de phrasés magiques _ oui ! _, les jouant secrets et fantasques _ oui : ainsi qu’il se doit… _, déployant leurs récits et leurs pas de danse sur le piano paysage de Dénes Várjon, au toucher d’ondiste _ oui. Quelle merveille de poésie, d’invention _ oui, oui _, qui se retrouve dans les pièces très Weber _ c’est juste aussi _ des Fantasiestücke où Jörg Widmann met une fantaisie rêveuse _ oui _ alors que l’alto de Tabea Zimmermann brosse avec un grand caractère _ en effet _ les Märchenbilder.

    …

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    Le disque se referme par les étonnantes cinq pièces d’Es war einmal… où la plume de Jörg Widmann fait divaguer l’esprit des contes schumanniens dans un cadre très Sécession Viennoise, coda nocturne d’une inquiétante poésie _ oui : d’un siècle différent _ pour un album irréel.

    …

    …

    C’est toutes les pièces pour violoncelle et piano, y compris les Fantasiestücke, Op. 73, qu’Isang Enders réunit, les contrepointant avec deux pages d’Isang Yun belles comme des questions sans réponse.

    …

    …

    Son archet dit avec une pointe d’humour les petites histoires des Fünf Stücke in Volkston que je n’avais pas entendues aussi caractérisées depuis le beau microsillon Erato de Frédéric Lodéon, le piano svelte d’Andreas Hering mettant des ailes à ces pages savoureuses où Schumann s’invente un folklore imaginaire.

    …

    …

    L’Adagio und Allegro perd son caractère concertant pour devenir une confidence suivi d’un envoi alerte, fusant, qui rappelle quel virtuose sait être ce poète d’Isang Enders (et pour l’intimité du chant, le quasi murmure, écoutez la berceuse du Langsam de l’Opus 102, impondérable)… On ne sait pas qui a transcrit pour le violoncelle l’Andante cantabile du Quatuor avec piano en mi bémol majeur publié à Leipzig en 1866, mais quelle merveille !

    …

    …

    Lorsque paraissent les ténèbres lyriques du Zart des Fantasisestücke, Op. 73, l’archet du jeune homme se fait barde, rappelant que le timbre de voix humaine du violoncelle va plus loin encore dans le ton de lieder des trois pièces que ne le peut la clarinette.

    …

    …

    Disque beau, énigmatique, crépusculaire, inespéré de poésie venant d’un si jeune instrumentiste : ses perfections l’ont placé au sommet des violoncellistes de sa génération, tout aux côtés de Nicolas Altstaedt _ magnifique, en effet.

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    …

    LE DISQUE DU JOUR

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    « Es war einmal … »

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    Robert Schumann
    (1810-1856)

    …
    Märchenerzählungen, Op. 132
    Fantasiestücke, Op. 73
    Märchenbilder, Op. 113

    …
    Jörg Widmann (né en 1973)

    …
    Es war einmal… –
    5 Stücke im Märchenton (2015)

    …

    Tabea Zimmermann, alto
    Jörg Widmann, clarinette
    Dénes Várjon, piano

    …
    Un album du label Myrios Classics MYR020

    …
    …

    « Mit Myrten und
    Rosen »

    …

    Robert Schumann

    …
    Adagio and Allegro, Op. 70
    5 Stücke im Volkston, Op. 102
    Märchenbilder, Op. 113
    Fantasiestücke, Op. 73

    …
    Isang Yun (1917-1995)

    …
    Espace 1
    Nore

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    Isang Enders, violoncelle
    Andreas Hering, piano

    …
    Un album du label Berlin Classics 0300430BC

    …

    Photo à la une : l’altiste Tabea Zimmermann – Photo : © Marco Borggreve

    …

    …

    Ce mercredi 26 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Funérailles », l’océanique chef d’oeuvre symphonique de Lucien Durosoir en hommage aux Poilus de la Grande Guerre, superbement chroniqué par Res Musica

    Ce dimanche 26 juillet, sur le site de ResMusica,

    …

    voici que je découvre

    en m’en réjouissant, bien sûr !

    _ cf mon article du 11 novembre 1919 : … _

    une très belle chronique de Patrice Imbaud

    intitulée Échos de la Grande Guerre par Lucien Durosoir et Patrice Hersant ,

    consacrée au CD Hortus 736 : Sous la pluie de feu, de Philippe Hersant, & Funérailles, de Lucien Durosoir ;

    …

    un splendide CD

    qui vient clôturer en apothéose la très belle collection « Les Musiciens et la Grande Guerre« 

    que ce label Hortus a consacré aux Musiciens de 14-18

    _ ce CD en étant le volume XXXVI et dernier.

    …
    …

    La voici :

    …

    …

    Échos de la Grande Guerre par Lucien Durosoir et Philippe Hersant

    …

    …

    Un grand merci à Patrice Imbaud et au site ResMusica

    de faire aussi justement largement partager

    la réjouissance tellement méritée de ces œuvres splendides !!!

    …

    …

    Ce dimanche 26 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa