Étiquette : poésie

  • L’oeuvre de Dante rendue largement accessible en français : « La Vita nuova » et « Le Banquet », après « La Divine Comédie », traduits par René de Ceccatty _ ou l’art de la « télétransportation »

    René de Ceccatty publie,
    et à nouveau aux Éditions du Seuil,
    deux nouvelles passionnantes traductions de l’œuvre de Dante (Florence, 1265 – Ravenne, 1321) :
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    La Vita nuova (et les Rime),
    ainsi que Le Banquet,
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    complétant ainsi son magnifique effort de rendre un accès beaucoup plus aisé _ ainsi que large _ à l’œuvre de Dante, au lectorat français.
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    Je viens d’en lire les deux Introductions,
    L’Allégorie et la confidence,
    et L’Herméneutique de la digression,
    respectivement de 19 et 43 pages ;
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    dans lesquelles René de Ceccatty explicite superbement
    ce qu’a été la spécificité _ poético-philosophique, d’abord, mais bien davantage encore _ de ces projets d’écriture de Dante,
    dans La Divine Comédie, La Vita nuova (et les Rime), ainsi que Le Banquet.
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    Ces nouvelles 62 pages _ 19 plus 43 _ d’introduction à l’œuvre de Dante
    s’ajoutent aux 81 de l’Introduction de René de Ceccatty à sa traduction de La Divine Comédie,
    auxquelles il avait donné le titre de Les Sourcils de l’aigle et la pluie d’été ;
    …
    ce qui fait un total de 143 pages d’analyses et commentaires de la plus grande précision _ et scrupulosité d’érudition ; sans rien qui alourdisse notre lecture en continu des œuvres de Dante… _ de la part de René de Ceccatty.
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    On peut ajouter à ce très important travail de traduction
    _ de Dante _ de l’italien au français
    la traduction en français,
    parue dans la collection Poésie/Gallimard en septembre 2018,
    du merveilleux Canzoniere de Pétrarque (Arezzo, 1304 – Arqua Petrarca, 1374),
    précédée d’une riche introduction de 57 pages, intitulée L’Image indestructible.
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    Bien que non universitaire _ mais diplomé de philosophie à la Sorbonne _,
    René de Ceccatty,
    par ce très conséquent travail de traduction _ avec la variété de ses diverses et nombreuses exigences, notamment poétiques au premier chef, mais philosophiques aussi _,
    est maintenant plus que jamais à même d’honorer
    à un plus haut d’exigence intellectuelle
    l’invitation qui lui a été faite de participation aux cérémonies officielles du 700 éme anniversaire de la mort de Dante
    _ pour lesquelles René de Ceccatty sera le seul intervenant non italien…
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    J’ai relevé,
    à la page 46 de l’Introduction au Banquet,
    l’usage, à nouveau,
    après l’hapax de la page 306 de son magnifique travail autobiographique
    _ cf mon article du 12 décembre 2017 :  ; et le podcast de notre entretien (de 72′) à propos de ce livre, ainsi que de la traduction de La Divine Comédie, au Studio Ausone, le 27 octobre 2017… _
    du terme de « télétransportation » ;
    qui dénote et révèle ce qu’offre de plus précieux l’imageance poïétique.
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    Dante,
    penseur majeur et crucial de la culture européenne,
    rendu accessible _ sans excès de notes d’érudition : limitées le plus possible… _ au plus large lectorat de langue française…
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    C’est tout à fait passionnant !
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    Ce lundi 9 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Froberger, ou la musique même, par le Duo Coloquintes : Alice Julien-Laferrière, violon, et Mathilde Vialle, viole de gambe _ un pur enchantement

    Au sommet de la musicalité,

    Johann Jacob Froberger (Stuttgart, 1616 – Héricourt, 1667).

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    Johann-Jacob Froberger est un sublime claviériste

    _ à l’égal, mais en un tout autre genre, bien sûr, d’un Domenico Scarlatti !

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    Dans ce CD intitulé Froberger en tête à tête _ le CD Son An Ero 06, enregistré à Morlaix en juin 2015 _,

    le Duo Coloquintes,

    constitué de la violoniste Alice Julien-Laferrière et de la gambiste Mathilde Vialle

    _ merveilleuses de poésie ! _,

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    nous offre une interprétation miraculeuse de poésie, précision et finesse

    d’œuvres interprétées ici en duo _ violon et viole de gambe, sans basse continue _ de Froberger (6)

    et quelques contemporains _ ainsi que quelques pièces (4) demeurées anonymes _,

    tels que Johann Christoff Zieglern (2), Matthias Kelz, Carl Bruegel, Christoph Bernhardt et Johann Jacob Walther.

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    Cette interprétation et cette musique sont un enchantement absolu :

    admirez-ici cette vidéo (de 9′ 48) extraite d’un concert enregistré en public au studio 106 de la Maison de la radio, le 17 octobre 2016.

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    Qui y résisterait ?

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    Ce lundi 8 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Comment interpréter les Intermezzi de Brahms ?

    Les dernières pièces pour piano de Brahms (1833 – 1897)

    sont d’une beauté fascinante, en leur brièveté.

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    Pas mal de très bonnes interprétations au disque.

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    Choisir entre elles est une affaire de goût.

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    Pour ma part, je déteste le maniérisme, à la Volodos ;

    et apprécie des interprétations sobres et poétiques, avec un certain naturel…

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    À la Wilhelm Kempf, à la Radu Lupu, à la Adam Laloum ;

    à la Stephen Bishop-Kovacevich.

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    Le CD Intermezzi, Rhapsodies par François Chaplin

    qui vient de paraître chez Aparté,

    avec les opus 79, 117, 118 et 119

    _ le CD Aparté AP173 _,

    est loin de me déplaire.

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    Ce dimanche 16 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art de dire et l’art de chanter : deux belles réussites

    Viennent de paraître en CD

    deux admirables interprétations

    des Zwölf Gedichte von Justinus Kerner

    op. 35, de Robert Schumann (1810 – 1856) :

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    par  Christian Gerharer et Gerold Huber

    _ soit le CD Sony 19075889192 _,

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    et par Matthias Goerne et Leif Ove Andsnes

    _ soit le CD Harmonia Mundi HMM 902353.

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    L’un est un sublime

    diseur de poésie ;

    l’autre un sublime

    chanteur de lieder…

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    Les deux fois,

    l’enchantement de la grâce

    est présente.

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    Voici ce qu’en dit _ absolument excellemment _ Jean-Charles Hoffelé,

    en un article intitulé Lumière et ombre

    de sa chronique Discophilia,

    sur le site d’Artamag :

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    LUMIÈRE ET OMBRE

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    La voix de Schumann fut celle du baryton, registre médian qui venait se loger au cœur de son piano _ dont acte ! _ ; et les barytons aimèrent ses mélodies autant que celles de Schubert, qui les composa pourtant plus facilement dans l’aspect pratique d’une voix de milieu, leur ôtant le souci de transcrire. Alors que Schumann écrit pour le vrai baryton, allant même à le faire se souvenir de son registre d’enfance lorsqu’il le fait chanter en voix de tête dans l’élégie Stirb, Lieb’ und Freud !.

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    Fischer-Dieskau, Prey, Souzay, Kruysen furent ses hérauts, car à Schumann, il faut des chanteurs lettrés _ probablement ; mais n’est-ce pas là une loi universelle ? _ qui connaissent leur Kerner, leur Eichendorff, leur Heine, leur Rückert _ que de chanteurs très ignorants, alors… C’est Kerner qui est au centre _ en effet _ de deux albums parus en même temps : comparer les Zwölf Gedichte Op. 35 de Christian Gerhaher et de Mathias Goerne, est-ce raison ?

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    Non _ pas tout à fait. Gerhaher sur tout son disque Schumann _ mais c’est toujours le cas _ est la modestie même, la simplicité _ oui _ presque jusqu’à la naïveté _ non _, il met ici très peu de voix _ en effet _, et claire _ oui _ : les poètes chantent en quelque sorte avant lui _ et par lui. Admirable certainement _ absolument ! _, surtout dans des opus de la fin où tant auront pris un ton pathétique, mais ce chant discret, cette pudeur _ voilà : la plus sincèreère et vraie qui soit… _ qui en désarment tant, et probablement avec raison, me laissent un peu au bord du chemin _ ah ! bon… _, malgré le piano si suggestif de Gerold Huber, qui doit aussi pour entrer dans le jeu de son chanteur-diseur _ voilà ! _, se mesurer.

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    Alors que le couple formé d’un même souffle _ oui, et qui chante pleinement _ par Matthias Goerne et Leif Ove Andsnes, s’avance dans le sombre fleuve _ sans doute _ des Kerner d’un pas de Wanderer _ oui _, allant admirable jusque dans ses suspensions, ses repentirs, ses réflexions désabusées _ oui, c’est là parfaitement ressenti. Cette poésie de timbres si mariée entre eux – le velours du grain de voix de Goerne se tissant _ oui _ au velours du toucher d’Andsnes – est une osmose dans laquelle l’auditeur se laisse entraîner, un monde en soi, celui de Schumann absolument _ probablement, avec ses lisières de gouffres _, un crépuscule magicien _ oui, qui opère à plein _  qui s’étend aussi au Liederkreis Op. 24.

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    Puisque Matthias Goerne semble à l’orée d’un voyage chez Schumann, surtout qu’il ne change pas son pianiste comme il l’avait fait pour Schubert _ mais cela semble déjà fait : voir un premier CD Schumann, Einseimkeit, avec le pianiste Markus Hinterhaüser _, car ici, son art est indissolublement reflété dans celui de Leif Ove Andsnes.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Robert Schumann

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    (1810-1856)
    Liederkreis, Op. 24
    12 Gedichte von Julius Kerner, Op. 35

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    Matthias Goerne, baryton
    Leif Ove Andsnes, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM802353

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    Robert Schumann

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    6 Gesänge, Op. 107
    Romanzen und Balladen, Vol. II, Op. 49
    Warnung (No. 2, extrait des 3 Gedichte, Op. 119)
    3 Gesänge, Op. 83
    12 Gedichte von Julius Kerner, Op. 35
    4 Gesänge, Op. 142

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    Christian Gerhaher, baryton
    Gerold Huber, piano

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    Un album du label Sony Classical 19075889192
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    Photo à la une : le baryton Matthias Goerne – Photo : © Marco Borggreve

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    Que de poésie !!!

    dans ces interprétations

    schumanniennes..

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    Ce vendredi 31 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa