Étiquette : poésie

  • Face au stupéfiant du réel, le souci de tenir-réponse-révélation crépitant de la poésie : un entretien avec Jean-Paul Michel à la Station Ausone

    Vendredi 3 mai dernier,

    Jean-Paul Michel m’a fait la joie

    d’être son interlocuteur, à la Station Ausone,

    pour un entretien (vidéocasté, et podcasté, de 82′) présentant trois livres

    importants pour lui :

    …

    _ Défends-toi, Beauté violente ! (édition nouvelle) dans la Collection Poésie/Gallimard, préfacée par Richard Blin
    _ les Actes du colloque de Cerisy qui viennent de paraître dans la Collection Classiques Garnier, sous la direction de Michael Bishop et Matthieu Gosztola : Jean-Paul Michel, “la surprise de ce qui est”,
    _ et la Correspondance avec Pierre Bergounioux (1981-2017) publiée aux éditions Verdier.
    …
    …

    C’est à ce qui vient, là,

    nous saisir-prendre,

    …

    face au réel

    _ présent (en personne, allais-je presque dire ! et nous défiant de le saisir-penser-pénétrer vraiment-connaître…) ;

    ou à l’expérience implacablement marquante de son puissant souvenir, du moins,

    aussi formidablement vivant pour nous, alors, que présentement extrêmement actif encore,

    et terriblement incitatif ! en son défi, justement ! _,

    …

    que la poésie _ c’est-à-dire le poème lui-même qui survient,

    ou plutôt survenant, le poème ;

    car c’est au participe présent que toute la grâce de l’opération en nous,

    et par nous qui le pensons et l’écrivons,

    est en train de se passer… _

    …

    que la poésie-le poème

    tente de _ s’essaie à,

    en un certain affolement (inspirant, si l’on veut) vertigineux de tous nos sens,

    quasi asphyxiant pour le souffle, nous respirons à peine,

    à tenter de saisir-capter-retenir-faire revenir un peu, là, sur le champ ;

    mais c’est aussi extraordinairement euphorisant

    et transportant-élevant-envolant ! _ ;

    …

    que le poème

    tente de donner

    _ et puis donner à partager à quiconque, en suite, sera en situation (tellement improbable et si rare a priori, comme a posteriori ) de l’écouter, ou le lire vraiment,

    en s’y branchant entièrement, de tous les sens de son corps (pris, le corps, en l’acception la plus large)

    à son tour… _

    …

    l’incandescente réponse _ le feu à survenir-retrouver-recouvrer-raviver

    des braises qui reposaient-dormaient-veillaient, là, encore timidement et humblement, sous la cendre, de la parole captée au vol

    parce que tant bien que mal, et avec les moyens disponibles, de bric et de broc !, du bord

    (soient les ressources vives du langage, pour ce qui est du poème),

    cette parole prononcée

    enregistrée ou écrite : gardée _

    …

    de son _ propre _ feu à lui 

    _ en tentative désespérée de réponse au feu premier

    d’un incroyable (incalculé) moment du réel survenu et éprouvé, et puis ressouvenu, conservé,

    de ce qu’il faut bien nommer, probablement improprement, une expérience poétique subie

    et en même temps un peu cultivée aussi ; et nous défiant :

    car on apprend quand même, et plus ou moins à son corps défendant,

    à s’y faire un peu, et tant bien que mal ;

    car parfois aussi (voire souvent) ça rate !.. Il faut recommencer !

    Mais c’est toujours midi, le grand midi, midi le juste ! qui vient sonner,

    quand nous osons essayer de répondre si peu que ce soit à ce défi-là…

    …

    que le poème

    tente de

    donner

    l’incandescente réponse

    de son feu à lui

    …

    musicalement noté…

    …

    …

    Car « ça crépite sous les pylônes« ,

    …

    pour retenir _ et glorifier un peu : avec forcément humilité _

    le mot si juste _ comme toujours _ de l’ami Pierre

    Bergounioux…

    …

    …

    Et il arrive, mais oui, parfois,

    que ça « matche« …

    …

    …

    Ce mardi 14 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Splendide musique expérimentale de Bach : L’Art de la Fugue (BWV 1080), par Bob van Asperen

    Arrive-t-il parfois à Bach

    de nous être ennuyeux ?

    …

    …

    En tout cas certainement pas dans l’interprétation de L’Art de la Fugue que nous donne ces jours,

    en un tout simplement miraculeux CD AEolus  AE – 10154,

    Bob van Asperen

    _ avec l’appoint de Bernhardt Klapprott sur un second clavecin pour les deux pièces finales _,

    sur un merveilleux clavecin de Christian Zell, de 1741..!

    …

    Quel jeu confondant de poésie !

    Et quelle lumineuse prise de son !

    …

    …

    C’est le propre des très grands interprètes

    de nous présenter l’expérimentation bachienne

    comme un miracle sublime de la plus tendre poésie !

    …
    …

    Simplement, un immense merci !

    …
    …
    Ce jeudi 2 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Jean-Paul Michel à la Station Ausone vendredi à 18h pour trois ouvrages

    Ci-joint un courrier d’invitation

    pour la rencontre avec Jean-Paul Michel, poète et éditeur,

    à la Station Ausone vendredi 3 mai prochain.

    …
    …

    Chers (chères) ami(e)s,
     …
    nous sommes heureux de vous faire tenir cette invitation de la Librairie Mollat à la rencontre organisée le 3 mai prochain autour de la publication de Défends-toi, Beauté violente ! (édition nouvelle) dans la Collection Poésie/Gallimard, préfacée par Richard Blin
    _ cf le podcast (de 62′) de notre entretien du 15 juin 2010 à propos de Je ne voudrais rien qui mente dans un livre, suivi de Défends-toi, Beauté violente !…
    …
    Seront présentés en outre à cette occasion le volume d’Actes du colloque de Cerisy qui viennent de paraître dans la Collection Classiques Garnier, sous la direction de Michael Bishop et Matthieu Gosztola : Jean-Paul Michel, “la surprise de ce qui est”,
    et la Correspondance avec Pierre Bergounioux (1981-2017) publiée aux éditions Verdier
     …
    La rencontre sera animée par Francis Lippa. Elle sera suivie d’une signature.
     …
    En espérant votre présence, à Bordeaux, le 3 mai 2019, 8 rue de la Vieille tour, Station Ausone, Librairie Mollat, à 18 h.
     …
    N’hésitez pas à faire suivre ce message à ceux (celles) de vos ami(e)s qu’il pourrait concerner.
    …
    En vous remerciant vivement de votre attention, en amitié,
     …
    Jean-Paul Michel
    …
    …
    Un beau moment d’intensité en perspective.

    …

    …
    Ce lundi 29 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter « Les Nuits d’été » de Berlioz : le grand charme de la version Véronique Gens-Louis Langrée-Orchestre de l’Opéra National de Lyon

    L’écoute de la toute récente version des Nuits d’été par Stéphane Degout

    et Les Siècles,

    dirigés par François-Xavier Roth

    …

    m’a subjugué !

    …

    et a complètement bouleversé mon écoute de ce chef d’œuvre

    de la mélodie française (avec orchestre)…

    …

    …

    De divers côtés,

    on me disait (très) grand bien de la _ première _ version (en 2001) _ au CD,

    le CD Warner 7243 5 45422  2 0  _ de Véronique Gens,

    …

    avec l’Orchestre de l’Opéra National de Lyon,

    dirigés par Louis Langrée ;

     

    …

    mais j’ai été très dèçu de sa seconde version _ in le CD Ondine ODE 1200-2 _,

    avec l’Orchestre National des Pays de Loire,

    dirigé par John Axelrod :

    voix trop aigüe à mon goût…

    …
    …

    Le récent très beau coffret de l’intégrale Berlioz chez Warner _ Warner 0190295614447 _, en 27 CDs,

    propose, au CD n° 9,

    par Véronique Gens et Louis Langrée,

    leur version de 2001, de La Mort de Cléopatre :

    …

    pas assez dramatique, à mon goût !

    …

    J’ai toujours à l’oreille la sublime version de Janet Baker,

    avec John Barbirolli, chez EMI… 

    …

    …

    Surtout en ré-écoutant,

    dans le CD n°9 de ce même coffret Warner,

    la magnifique version des Nuits d’été de Janet Baker,

    avec le New Philharmonia Orchestra, dirigés par John Barbirolli :

    …

    tout y est !!!

    …

    Et quel timbre !

    …

    …

    Ce jour, réception chez mon disquaire préféré,

    du CD Berlioz de Véronique Gens, avec Louis Langrée, chez Warner en 2001,

    …

    comportant cette fameuse première version gensienne des Nuits d’été, enfin !!!

    …

    …

    Eh bien,

    le charme opère pleinement pour ces Nuits d’été-là,

    abordés par la soprano dans leur pleine, douce

    et envoûtante intimité !

    …

    Infiniment poétiquement …

    …

    Ce que confirme la superbe interprétation, toute en douceur aussi,

    en suivant,

    de Zaïde,

    de La captive,

    et de La belle voyageuse…

    …

    …

    En musique,

    seule l’écoute attentive et ouverte !,

    compte

    et vaut !!!

    …

    …

    Une version à mettre à côté, donc,

    de celles de Régine Crespin, bien sûr _ quel charme pulpeux ! _,

    et de Janet Baker ;

    …

    et maintenant,

    de celle, bien différente _ quel art de dire et de chanter ! Et quel timbre, lui aussi ! _, de Stéphane Degout !!!

    …

    …

    Ce mardi 12 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa