Étiquette : rencontre

  • L’agudezza du temps juste : art rare et ô combien précieux !

    Sur un très joli petit livre  : « Léonard et Machiavel« , de Patrick Boucheron, aux Éditions Verdier, en juillet 2008,
    au style particulièrement enlevé,
    précis dans la richesse (on ne peut mieux documentée) de ses détails
    érudits et parfaitement judicieux :
    sur l’art _ et le terme est grossier _ du temps juste, tempo giusto ;
    …
    et tout à fait élégant d’écriture
    _ un beau plaisir de lecture,
    associé à la parfaite justesse de la précision de la connaissance
    de ces deux grands esprits, on ne peut mieux originaux,

    et « géniaux » ,

    en leurs déjà divers et multiples genres,
    chacun d’eux, Nicolas (Machiavel) et Léonard (de Vinci) _ ,
    …
    sur la rencontre
    _ en plusieurs occurrences de temps
    (entre juin 1502 et mai 1506)
    et de lieux (Urbino et Florence surtout,
    mais aussi, et entre autres, Imola, Cesena, le siège de Pise)  _
    de deux génies d’une parfaite finesse _ agudezza _ (de vue)
    Nicolas Machiavel, l’auteur du premier grand traité politique moderne _ « Le Prince«  écrit par lui en 1516 _,
    et Léonard de Vinci, génie polyforme, mais sans doute d’abord du trait de dessin du pris au vif…
    …
    un livre sur l’art des détails justes _ en politique
    (ou art de la prise, dans la guerre de mouvement, de « surprise » foudroyante de l’adversaire, trop lent, lui, trop engoncé en ses habitudes)
    comme en « ingénierie »
    : efficaces quant à leur prise (et saisie, donc) sur le « réel »…

    …

    Une affaire, toujours, de « rythme »…

    …

    Je cite, page 64 :
    « Vont-ils se parler ? Léonard de Vinci a rejoint César Borgia à Imola depuis la fin de l’été _ 1502 _, et Machiavel ne quittera le Valentinois que le 23 janvier 1503.
    Les voici enfin
    _ pour l’enquêteur qu’est Patrick Boucheron _ réunis,
    et pour de longs mois.
    Mais pourquoi dire enfin ?
    Qui s’en impatientait, sinon peut-être
      _ dit finement l’auteur _ le lecteur de cette histoire ? Machiavel et Léonard de Vinci se sont certainement rencontrés, longtemps,
    ils se sont très certainement parlé, souvent
    _ nous allons, nous aussi, le découvrir, en cette enquête minutieuse, qu’est ce petit livre de 153 pages…
    …

    Les échos de ces conversations se retrouveront, plus tard, dans des projets communs

    _ une entreprise (titanesque ?) de dérivation de l’Arno en amont de Pise (qu’il faudrait prendre, ou « noyer »…) ;

    la décoration (célébrissime : représentant « la Bataille d’Anghiari« , commandée par le gonfalonnier de justice _ à vie _ Piero Soderini) de la salle du Grand Conseil du palais de la Seigneurie, à Florence _

    qui ne seraient guère compréhensibles sans cette connaissance préalable qu’ils firent l’un de l’autre«  _ c’est là la base du très joli travail de Patrick Boucheron ici.

    …

    « Il y sera aussi question de fleuve et de fortune,
    de guerre et de pouvoir,

    de la façon de voir le monde tel qu’il est

    _ et combien c’est là un exploit rare, car si difficile  !.. _
    et d’en saisir le rythme« 

    _ voilà bien le point décisif (vital, ou mortel, comme on voudra dire) !

    …
    Soit un livre sur « la nouvelle qualité des temps«  _ en ce tournant (juin 1502 – mai 1506) entre Quattrocento et Renaissance : cette belle expression de Patrick Boucheron
    se trouve _ et détaillée _ page 50.
    …
    « Nul fragment du monde n’est négligeable pourvu qu’on le regarde intensément« ,

    peut-on lire page 25 :

    une parfaite citation
    pour illustrer ce que j’appelle
    , quant à moi, en mon petit « atelier » (de ce blog),
    ma méthode « attentive intensive » ;

    méthode (d’attention) dont je trouve, aussi, le modèle (intensif) chez un Montaigne…

    …

    Un livre _ sur la curiosité et la recherche _ à lire avec beaucoup de plaisir,

    et même de joie (pure),

    …

    Titus Curiosus, ce 30 septembre 2008

  • Parcours d’art à Aix (préambule)

    A partir de la visite _ le 21 juillet dernier _ de deux site cézanniens : le Jas de Bouffan et l’Atelier du chemin des Lauves, à Aix-en-Provence,
    une petite réflexion sur le rapport entre « tourisme » et « acte esthétique »
    _ toujours à partir des analyses si remarquables et de Marie-José Mondzain (dans « Homo spectator« ) et Baldine Saint-Girons (dans « L’Acte esthétique« ), ainsi que les pistes ouvertes par Yves Michaud (passim, et notamment « L’Art à l’état gazeux : essai sur le triomphe de l’esthétique« )…

    …

    Je peux entrer dans ce propos _ en ce « préambule« , et au sens littéral (d’avant « dé-ambulation« ) à ce qui sera ensuite l’article proprement dit _, qui me trotte dans la tête depuis ma double visite (au Jas de Bouffan et à l’atelier des Lauves _ Lauves : quel beau mot !) ce 21 juillet,
    par ces échanges de mails alertes
    avec Bernard Plossu
    et avec Alain Paire :

    …

    De : Titus Curiosus
    Objet :     Un passionnant échange hier avec Alain Paire, sur l’idée de « Parcours dans la ville » !
    Date :     1 août 2008 08:44:31 HAEC
    À : Bernard Plossu

    Hier, un échange de mails passionnant avec Alain Paire.

    Le voici, tel quel.

    Je vais rédiger plusieurs articles sur Aix _
    et le premier sur le rapport entre « expérience esthétique » et « tourisme »
    (autour du travail de Michel Fraisset
    ;
    mais aussi de Marianne Bourges ;
    et d’Alain Paire, donc)…

    Je commence à avoir un petit réseau aixois…
    et cela par la vraiment « merveilleuse » _ ainsi que tu l’appelles si justement !!! _ Michèle…
    Elle me classe, elle, dans la catégorie des « passeurs » :
    wow, comme tu dis si bien !…

    Bref, je me régale ;
    et suis assez impatient de revenir à Aix cet automne…

    J’espère bien, aussi,
    assister à une représentation à la Friche

    _ à Marseille _

    de « Dernier quatuor d’un homme sourd »
    (aux Editions Lemeac, en 1985) du non moins merveilleux François Cervantès…
    La séance de répétition des acteurs
    avec les musiciens _ dont l’altiste Alain Trésallet _
    à laquelle je me suis un peu « mêlé »
    a été assez formidable.

    François est passionnant, lui aussi.
    Il me semble que  nous nous connaissons de toute éternité.

    Et c’est aussi grâce à toi, tout cet « enchaînement » d’ »évidences »…

    Titus

    …

    De : Titus Curiosus
    Objet :     Rép : Site RUE 89 MARSEILLE / ARTICLE ANDRE MASSON ET LE THEATRE/ exposition sur le Cours Mirabeau.
    Date :     31 juillet 2008 08:30:16 HAEC
    À : Alain Paire

    Merci beaucoup de votre envoi (« http://www.galerie-alain-paire.com »), qui prolonge magnifiquement
    et notre petite conversation aixoise (mardi 22 juillet),
    et ma méditation en cours à propos de mon (trop court) séjour à Aix.

    D’abord, bravo pour ces articles, qui nous font pénétrer avec élégance et justesse dans la foisonnante vie artistique aixoise.

    …

    Les photos du studio Ely (http://www.rue89.com/marseille/festival-daix-en-provence-soixante-ans-de-souvenirs) sont belles et infiniment parlantes ;
    et votre texte passionnant (autour de Lilly Pastré, puis le témoignage d’Edmonde Charles-Roux) :
    la vie de l’ »atelier de musique » (= le festival) qui s’improvise alors (Mozart, Rosbaud, Rosenthal, avec Gabriel Dussurgé) est éminemment éloquente..
    Et la grâce fut simplement au rendez-vous : d’être ainsi désirée (par de vrais « amateurs« , et leur passion constructive), elle a daigné venir…

    …

    cantatrices-aix.jpg

    …

    La retenir, la faire revenir, est ensuite le désir permanent (et plus ou moins fluctuant) des successeurs des initiateurs.
    Et qui dépend de la qualité des désirs de ces successeurs…

    …

    20080703milhaud.jpg

    …

    Faire durer (une « institution », comme une relation : une amitié, un amour) n’est pas forcément toujours facile ; détruire l’est combien davantage !
    Ainsi Bordeaux a « tué » son « Mai musical » (ainsi que son « Sigma« ) : est-ce stupide !!! Faute d’assez d’amour (ou pas d’amour du tout !) de quelques décideurs-financeurs…

    Je suis passé devant le pavillon Vendôme, mais n’y suis pas entré : si j’avais « su » qu’y était visible pareille expo, j’y serais accouru…
    Ici, on peut regretter un défaut de « manifestation », d’ »affichage » ; ou d’attention de ma part…
    Vous le réparez (un peu) par votre article ;
    le catalogue édité par Actes-Sud (« Festival d’Aix 1948-2008 » _ entretien d’Edmonde Charles-Roux avec Laure Adler, textes de Bruno Ely, Bernard Foccroulle et Bruno Roger aux éditions Actes-Sud) étant, lui, disponible ; je me le procurerai…

    …

    L’article sur Masson (http://www.rue89.com/marseille/la-merveilleuse-fureur-du-peintre-andre-masson-au-service-du-theatre) est aussi très intéressant.
    J’ai pénétré dans l’espace du Conseil Général, cours Mirabeau, le nom de Masson (bien « affiché », lui, sur la porte) me « parlant » plus que positivement…
    Personnellement, je ne suis pas « fanatique » du surréalisme ;
    et j’ai été plus « intéressé » que séduit par ce
    (plutôt de la documentation que des œuvres valant par elles-mêmes, m’a-t-il alors semblé)
    qui y était exposé : je manquais donc d’empathie minimale…
    Tant pis pour moi… Même si Masson peut être merveilleux, je l’ai déjà expérimenté.

    La rencontre, pour « réussir », requiert aussi la qualité du désir du regardeur _ pour reprendre le mot de Michèle Cohen…
    Toute critique doit _ élémentairement _ en avoir conscience.

    …

    L’article Amado (http://www.rue89.com/marseille/quand-le-sculpteur-jean-amado-rencontre-paul-cezanne) m’a beaucoup intéressé ; de même que son œuvre, qui m’a séduit.

    …

    vaisseau-amado2.jpg

    …

    Je trouve assez stupide le commentaire (laconique) du blogueur (amateur de Rodin : comme si aimer Rodin excluait d’aimer Amado !)
    qui n’a pas envie de « toucher » ces sculptures (de Jean Amado : les « voir » lui suffisant) :
    il est bien évidemment hors jeu… Tant pis pour lui.
    A-t-il vraiment, alors, quelque chose de consistant à « dire » ? Pourquoi proclamer alors n’importe quelle opinion ?..
    Mesure-t-il sa « responsabilité » à l’égard et de l’artiste, et de ceux qui se mobilisent pour son œuvre ?
    Notre époque souffre (et passablement, hélas) de l’opinionite…
    Même si Jean-Paul Michel me rassure (un peu) en m’affirmant qu’il en a toujours été ainsi,
    et que les 1500, ou 2000, personnes qui, bon an, mal an, « regardent » (et « écoutent » ; et « lisent« ) vraiment _ parce qu’ils, ou elles, « aiment » _,
    finissent par l’emporter
    (dans ce qui se sédimente peu à peu _ en dépit des doctrinaires hors (notre) sujet (du moins), tel Bourdieu, dans « La distinction _ critique sociale du jugement » ; pour une analyse sociologique plus fine, lire Nathalie Heinich : « La sociologie à l’épreuve de l’art. Entretien avec Julien Ténédos« , 2 t., Aux lieux d’être, 2006 et 2007 _ ; dans ce qui finit par se sédimenter, donc, comme « goût » davantage _ objectivement, et non sociologiquement _ « légitime« ) au regard un peu mieux distancé de la postérité,

    contre la foule majoritaire et massive des aveugles et sourds (non pertinents _ cf la parabole du tableau de Breughel _ jusqu’à la fosse où ils s’en-traînent, à basculer, chuter, les uns les autres) :
    en attendant, il faut se coltiner ce
    (= la purée de pois, le brouillard du brouillage)
    qu’entraîne aussi le règne des « parasites »
    _ qui tiennent le haut du pavé (et médiatique) au présent…
    …

    Je consacrerai un article sur mon blog à Jean Amado,
    pour lequel vous vous mobilisez, cher Alain Paire :
    une découverte importante assurément pour moi.

    …

    Quant à l’article (http://www.rue89.com/marseille/quand-ben-s-enferme-dans-le-cabanon-de-cezanne) sur la « verrue » Ben
    « OCCUPANT »

    _ qu’on y mette les connotations qu’on voudra _
    l’appentis adjacent au pavillon du chemin des Lauves,
    il apporte de l’eau à mon moulin,
    et je vous en remercie…

    D’abord, j’y reçois un complément aux réponses déjà obtenues : qui est donc responsable de pareille « verrue » en ce lieu ?
    Pas seulement Michel Fraisset _ comme il m’a été indiqué à l’Atelier Cézanne _
    où je m’en étonnais : à partir de l’inscription _ sur plexiglass _ « L’art m’emmerde » (signée Erik Satie) placée à la porte même de l’Atelier !!! ; et plus loin, dans le jardin, toujours d’Erik Satie : « Si je rate, tant pis, c’est que j’avais rien dans le ventre… »

    (à comparer, j’ai pu le dire le lendemain à Michel Fraisset, avec le mot de Samuel Beckett que m’avait donné, la veille, en son atelier, à Marseille, Patrick Sainton : « rater mieux » ! ) _ ;

    mais aussi Andréa Ferrol…
    Je conserve pourtant un souvenir attendri de l’interprète généreuse de Marco Ferreri (dans « La Grande Bouffe » en 1973)…
    Nos goûts nous jugent, avant qu’ils ne jugent leurs objets : ne pas trop le perdre de vue…

    …

    Ensuite, pourquoi imposer à Cézanne
    _ si jaloux des conditions de sérénité de sa création ici ! _
    la proximité d’individus que Cézanne ne « passionne » pas (sic) ?
    Et qui « raisonnent » (ou « résonnent » ?) en terme de « slogans » (sic)
    et selon le critère du « novateur » réduit à ce qu’en retient le public _ l’audimat (= TF1 !!!)…
    Même si « Ben se pose _ sic _ en communicateur ainsi qu’en philosophe égotiste
    plutôt qu’en artiste
     » _ on est rassuré !
    Pour Ben, « Poulbot, tu comprends, dans le monde entier, il est plus célèbre que la Sainte-Victoire !« …
    Voilà où mène le cancer des « communiquants » et de la communication
    (= la pub, le marketing, l’empire de la vénalité _ soumise au « divin marché« , comme le qualifie Dany-Robert Dufour)…

    …

    J’ai terminé hier la lecture de l’album « Atelier Cézanne«  _ quelle richesse ! (par les contributions de James Lord _ est-il assez « honoré » à Aix ? j’ose le souhaiter ! _, Philippe Cézanne, Bruno Ely, Marianne Bourges, Michel Fraisset) _ paru en 2002 (et édité par Actes-Sud) ;
    et vais rédiger maintenant un article sur l’articulation (= « rencontre » !) entre l’ »émotion esthétique » (cf « L’Acte esthétique« ) et le tourisme…

    …

    Je trouve le travail de Michel Fraisset à l’Office de Tourisme d’Aix très intéressant…
    Notamment la piste de « Parcours » de découverte d’œuvres et de lieux (et leur « tissage », en fonction du « génie du lieu« )…
    Et après tout, chacun a « droit » à quelques erreurs (Ben dans l’appentis de Cézanne, comme le loup dans la bergerie)…
    Vouloir « animer » l’espace de création de Cézanne en faisant appel à des créateurs contemporains, pourquoi pas ! magnifique levain :

    les artistes ont besoin, en effet, qu’on les expose…
    Mais pas n’importe qui, n’importe quoi, n’importe où…
    car il y a aussi des impostures en art ;
    et Ben en est une, à mes yeux du moins…

    …

    Mon article portera d’ailleurs sur la différence _ ressentie _ de la visite du Jas de Bouffan
    (magnifique, par une guide-conférencière remarquable : Christiane ;
    et avec une vidéo de très grande qualité _ de Gian-Franco Ianuzzi _, qui nous porte _ vraiment _ à la rencontre de l’œuvre de Cézanne) ;
    et la visite de l’ »Atelier Cézanne«  _ un raccourci (anglo-saxon ?) peut-être discutable _
    sans présentation autre que rudimentaire (de jeunes filles qui ne sont pas guides-conférencières : débrouillez-vous à regarder (tout seuls) !..).
    Aller « à la rencontre » d’une œuvre comporte des conditions _ de désir (et amour), notamment…

    Et il me semble que Marianne Bourges s’y montrait assez sensible…

    …

    Bref, de quoi réfléchir _ et mettre en place…
    Si la « satisfaction du public » est un critère (de « client« ) _ dixit Michel Fraisset page 178 de l’album « Atelier Cézanne » de 2002 _,
    j’exprimerai mon point de vue sur mon blog
    D’autant plus que je partage pleinement _ et c’est un euphémisme _ l’objectif de faire découvrir par un parcours actif
    (et de la marche !)
    …

    Les pavés « Cézanne » sur le sol d’Aix pour guider les pas de la découverte de ses sites

    sont aussi une magnifique idée…

    …

    Je suis une fois de plus trop long.

    Merci en tout cas de votre envoi.

    Titus Curiosus

    …

    Et aussi :
    De : Titus Curiosus
    Objet :     Marianne Bourges (+ blog « En cherchant bien » sur mollat.com)
    Date :     31 juillet 2008 09:44:43 HAEC
    À : Alain Paire

    Encore une question, cher Alain Paire :
    l’article de Marianne Bourges m’a beaucoup (et c’est un euphémisme) intéressé _ toujours en cet album « Atelier Cézanne » de 2002 :
    pourrais-je la joindre ?
    Aix bénéficie-t-il toujours de sa présence ?

    …

    Page 172 de son article dans l’album « Atelier Cézanne » de 2002,
    Marianne Bourges écrit à propos du « déplacement » des œuvres « demeurées sur place » à l’Atelier :
    « leur déplacement a entraîné quelque peu un certain infléchissement du sens premier de l’appellation très spécifique de Musée contrôlé (sic)
    qui était attaché à leur présence :
    l’Atelier de Cézanne
    (re-sic) est devenu chose à office de tourisme… »

    …

    Page 176 du même album « Atelier Cézanne » en 2002, Michel Fraisset donne cette information-ci :
    « Par délibération du Conseil Municipal en date du 30 avril 1997, la Municipalité confie la gestion de l’Atelier Cézanne _ le « de » ayant disparu… _
    à l’Office de Tourisme » _ avec deux majuscules : à « Office » et à « Tourisme ».
    Et il commente :
    « Crainte pour les uns, défi pour les autres. Tourisme et Culture _ avec majuscules équivalentes (qu’en dirait Michel Deguy ? si justement sourcilleux, à propos du « culturel » :

    cf, par exemple, les pages 209 et 210 de « Au jugé« , aux Editions Galilée en octobre 2004 ;

    et aussi sa brillantissime conférence _ un grand moment ! _ le 15 février dernier dans les salons Albert-Mollat de la librairie Mollat à Bordeaux, à l’invitation de Jean-Pierre Moussaron) _
    Tourisme et Culture, donc, allaient-ils faire bon ménage ?« .
    Et Michel Fraisset intitule la phase suivante de son article (ou « rapport d’activité ») : « La mise en tourisme de l’Atelier de Cézanne » (le « de » ayant ré-apparu…). On appréciera l’expression de cet en-tête de chapitre ; j’y reviendrai.

    …

    L’argumentaire de l’article (précédé de l’annonce « Les Faits » _ tel en un « Rapport« , donc) étant fort intéressant,
    et détaillé en chapitres : « La Communication« , « L’Animation« , « La Commercialisation » et « La Gestion« .

    …

    Et j’ai pu constater l’excellente efficacité de cet Office de Tourisme :
    reçu par Bernadette Marchand,
    j’ai pu bavarder un peu avec Michel Fraisset…
    Et nous avons parlé rapidement (et avec assez d’humour) de l’expo Ben…
    Michel Fraisset est très sympathique

    …

    Bien à vous

    Titus Curiosus

    …

    Ps : avez-vous jeté un oeil sur mon blog sur mollat.com ?
    « Attraverso Milano » et « Probité et liberté de l’artiste »
    concernent l’ami Bernard Plossu…

    …

    Et voici sa réponse (à ces deux mails) :
    De : Alain Paire
    Objet :    Expositions Jean AMADO, Jean-Pierre BLANCHE et Anne-Marie JACCOTTET. Aux archives départementales, exposition « André Masson/ Georges Duby / Aix en Provence 1948/ 1968 ».
    Date :     31 juillet 2008 17:19:21 HAEC
    À : Titus Curiosus

    Cher ami, vos réactions sont salubres.
    Oui, Michel Fraisset est un créatif de très bonne compagnie.
    Mais je réclame pour moi le brevet d’invention du « Parcours dans la ville« ,
    c’est un projet déposé par mes soins
    dont il s’inspire remarquablement.

    …

    Ben n’a pas seulement des défauts,
    j’avais peut-être encore plus de prévention contre lui avant de converser avec lui,
    il n’a pas besoin d’avocat pour défendre sa cause.

    …

    Marianne Bourges est un personnage insolite, elle vient souvent converser en ma galerie, et on peut lui écrire.

    …

    J’attends les nouvelles aixoises et ciotadiennes de votre blog-mollat que j’ai déja plusieurs fois parcouru
    Cordialement, alain paire

    …

    Voilà.

    Passionnant, non ?

    Titus

    …

    Réponse de Bernard :

    De : Bernard Plossu
    Objet :     Rép : Un passionnant échange hier avec Alain Paire, sur l’idée de « Parcours dan…
    Date :     1 août 2008 17:19:53 HAEC
    À : Titus Curiosus

    wow , pas – sion – nant  !
    comment tu fais ?
    t’es pas crevé par la chaleur ?  moi si ….
    plo

    …

    Et encore cet échange-ci :

    De : Titus Curiosus
    Objet :     Rép : comment tu fais ?
    Date :     1 août 2008 18:30:18 HAEC
    À : Bernard Plossu

    J’aime « écrire », quand je suis bien concentré…

    Ecrire à quelqu’un m’aide aussi beaucoup.
    surtout avec des correspondants eux-mêmes passionnés.

    En ce moment,
    j’écoute diverses versions du dernier quatuor (opus 135) de Beethoven : passionnant aussi…
    _ par les Vegh et par les Budapest, surtout : les deux sont prodigieux de sensibilité ;
    les Berg m’ont moins touché (trop « léché », ou lisse, en surface) ;
    de même que les Hungarian (bien trop rapides : on dirait qu’ils déchiffrent ; ou/et expédient…) ;
    mais je ne connais pas (encore) la version des Prazak…

    Quelle légèreté dans la gravité en cette œuvre finale ; quelle politesse _ devant l’abyme _ pour y venir danser et chanter aimablement au bord…

    …

    J’ai essayé de joindre Marianne Bourges à Aix ; mais elle est en vacances,
    m’a très gentiment répondu une dame qui peut être sa mère, en prenant note avec grand soin de mon appel…

    …

    J’ai du pain sur la planche, avec ces articles ; il faut que je sois bien concentré ;
    souvent le matin à 5 heures…

    Quand j’aurais rédigé mon article,
    je l’enverrai à Michel Fraisset
    avant de le publier.
    Je l’ai trouvé fort sympathique ;
    et d’abord très efficace _ sur le terrain _ à Aix…

    L’Office de Tourisme tourne à plein. Et les Japonais grimpent allègrement _ au propre comme au figuré _ vers Entremont pour appréhender de visu proprio le regard de Cézanne (d’un peu plus haut que le dit « Portail des Peintres« ) sur la Sainte-Victoire… Heureusement, voici une fontaine (et ombragée) sur le chemin de la Marguerite, face à la sainte montagne… Je m’y abreuve deux fois : à l’aller et au retour…

    Titus

    Voilà pour cette sorte de « préambule » à l’article.

    Titus Curiosus, le 3 août

    Photographies « Cantatrices » et « Darius Milhaud » © Studio Ely ; et « Le doute et la pierre au Jas de Bouffan » © Alain Paire