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  • Le « Schubert au sommet », de paradis, « à un degré d’accomplissement rarissime », de Samuel Hasselhorn, baryton, et Ammiel Bushakevitz, pianiste : la perfection de leur CD « Franz Schubert – Licht und Schatten », avec aussi le miraculeux sublimissime « Franz Schubert – Fantasies » de ce même fabuleux musicien-pianiste qu’est AmmIel Bushakevitz : deux révélations musicales absolument bouleversantes…

    Il y a déjà quelques jours que je m’apprête à célébrer, ré-écoutes après ré-écoutes émerveillées – et même carrément stupéfaites d’un tel « degré d’accomplissement » poétique et musical constaté ! – , le CD HMM 902747 « Franz Schubert – Licht und Schatten » – enregistré à Berlin au mois de mars 2024 – du baryton – né à Göttingen le 15 mai 1990 – Samuel Hasselhorn, et du pianiste – né à Jérusalemle 9 avril 1986  – Ammiel Bushakevitz,

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    tant « l’écoute réitérée de ce disque nous laisse – nous aussi, comme Sylvain Fort à la page 91 du n° 743 du Diapason de ce mois d’avril, qui décerne à ce CD un Diapason d’or archi-mérité ! – sans mots » d’admiration suffisants, à la hauteur de la performance extraordinaire d’interprétation de ce chanteur et ce pianiste d’exception – écoutez donc ici ce degré inouï de perfection !!!

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    Et voici que deux articles viennent, coup sur coup, ce vendredi 11 et ce samedi 12 avril, en renfort de cette sidération admirative…

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    Hier vendredi, celui de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Vers l’ombre« ,

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    VERS L’OMBRE

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    « Ombre et lumière » – « Licht und Schatten » – annonce la couverture, plus pourtant du côté ombre, la sélection – splendide de justesse – de grands lieder nocturnes ou tragiques l’atteste, le timbre même et où en est rendue la voix de Samuel Hasselhorn le confirment, baryton plus sombre – en effet – à mesure des albums – que je n’ai pas manqué de me procurer…

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    À cela s’ajoute que l’on chante ici moins qu’on ne dit, c’est le Schubert déclamatoire – voilà ! – qui pointe, manière de présenter quasiment l’envers d’une Schöne Müllerin (voir ici) où le chant était capiteux, ce qui permet à Samuel Hasselhorn de se faire diseur – magnifique ! – , ce qu’il faut pour le ton de ballade de Des Sängers Habe et Auf der Bruck, entre autres.

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    Dans ce voyage secret, Ammiel Bushakevitz ajoute – à son piano seul – Ländler et Deutsche Tänze, échappées tendres qui permettent de reprendre souffle avant de replonger dans les lieder, qui flirtent avec la ténèbre, où le pianiste nous guide – génialement ; je vais y revenir… – avec l’art qu’on lui connaît. Schubert est – en effet – son monde.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Schubert 200. Volume 2
    Licht und Schatten

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    Franz Schubert (1797-1828)

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    Die junge Nonne, D. 828
    Auflösung, D. 807
    Die Allmacht, D. 852
    17 Ländler, D. 366 (2 extraits : No. 3 en la mineur – No. 4 en la mineur – No. 3 en la mineur)
    Der Einsame, D. 800
    Abendstern, D. 806
    Normans Gesang, D. 846
    Das Heimweh, D. 851
    6 Deutsche Tänze, D. 820 (3 extraits : No. 1 en la bémol majeur – No. 2 en la bémol majeur – No. 1 en la bémol majeur – No. 3 en la bémol majeur – No. 1 en la bémol majeur)
    Fülle der Liebe, D. 854
    Des Sängers Habe, D. 832
    Auf der Bruck, D. 853
    Im Abendrot, D. 799
    18 Deutsche Tänze & Ecossaises, D. 783 (5 extraits : No. 2 en ré majeur – No. 4 en sol majeur – No. 5 en si mineur – No. 6 en si bémol majeur – No. 7 en si bémol majeur)
    Lied des gefangenen Jägers, D. 843
    An mein Herz, D. 860
    Wandrers Nachtlied II, D. 768
    Wiedersehn, D. 855

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    Samuel Hasselhorn, baryton
    Ammiel Bushakevitz, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM902747

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    Photo à la une : le baryton Samuel Hasselhorn – Photo : © Nikolaj Lund

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    Et aujourd’hui, ce samedi,

    cet autre article-ci, dans ResMusica, sous la plume de Matthieu Roc, intitulé « Samuel Hasselhorn et Ammiel Bushakevitz : Schubert au sommet » :

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    Samuel Hasselhorn et Ammiel Bushakewitz : Schubert au sommet

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    Il n’y a pas d’interprètes définitifs – certes ! – pour Schubert, et surtout pas dans le Lied, tant les potentialités d’interprétation sont variées – oui. Mais Schubert porté à un degré d’accomplissement pareil – voilà, voilà ! –  , c’est quand même bien rare – et cela bien sûr nous marque considérablement…

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    Tant en reconnaissant les talents et les très belles choses que peuvent faire ensemble ce baryton et ce pianiste, on avait formulé quelques réserves à propos du disque où ils donnaient La belle Meunière. Ici, toutes ces réserves tombent, et le bonheur est complet – voilà ! – d’entendre un Schubert aussi juste – oui, oui : c’est en effet cela ! – , aussi profond et aussi poétique – parfaitement ! Dès le premier Lied, Die Junge Nonne, on trouve la confirmation que nous sommes face à des interprètes d’exception – oui, oui. La violence des éléments déchaînés comme des émotions, l’épuisement de l’âme qui veut renoncer au monde (Wie das Grab allégé, blanchi jusqu’au murmure …), l’aspiration à l’union mystique, le bonheur du dernier Alleluja… Chaque mot, chaque inflexion, chaque nuance est délicate et porteuse du sens profond du texte – oui. Fera-t-on un jour à ces deux-là le reproche d’en faire trop, comme on l’a fait à Dietrich Fischer-Dieskau et Gerald Moore ? Ce n’est pas certain, car tout semble couler de source, comme une évidence d’authenticité – absolument : tant pour le chant que pour le piano. Il ne fait pourtant aucun doute que tout est extrêmement travaillé, mais cela ne se ressent absolument pas – non, en effet. Il n’y a que beauté, émotion et spontanéité qui apparaissent et nous submergent – voilà, voilà ! – , et ceci encore après une demi-douzaine d’écoutes – et je le confirme à mon modeste tour… Evidente, l’infinitude de ces roulements sur ätherischen Chöre dans Auflösung. Lumineux, le ciel scintillant d’étoiles évoqué dans Die Allmacht, et impressionnante, la posture de prophète adoptée sur les mots Gross ist Jéhovah. Tout est parfaitement réussi – tout simplement, c’est cela. Chaque Lied est un sommet – oui. Avouons une fascination toute particulière pour Im Abendrot, où les couleurs étirées jusqu’au bout du phrasé le plus long et le plus souple qui soient créent une prière d’une humilité totale. Redisons : un degré d’accomplissement pareil, c’est rarissime – je contresigne cette justissime impression ressentie.

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    Le programme compte quinze lieder qui sont entremêlés de pièces pour piano seul, comme on a pris l’habitude de le faire dans les concerts de Lieder de nos jours. Ce n’est pas en soi nécessaire dans un CD, mais il faut avouer que c’est très agréable. Cela permet de relâcher un peu – voilà – la tension de l’écoute, qui est forte – pour le cas de ces lider choisis ici – , et ce que fait Ammiel Bushakewitz de ces Ländler et Deutsche Tänze est délicieux de légèreté toujours dense de sens – c’est très exactement cela… La phraséologie éditoriale parle d’ombres et de lumière, « Licht und Schatten », ce qui est un peu passe-partout, mais c’est sans importance. Ce qui compte, c’est que ces deux artistes-là continuent – dorénavant – à nous graver des Lieder, et à un CD annoncé par année anniversaire de 1824 à 1828, cela nous amène à 2028. A défaut d’une intégrale Schubert, que mériterait un schubertien aussi remarquable que  (lauréat ICMA 2025), on est preneur !

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    Voilà, voilà.

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    Il faut donc écouter et ré-écouter à ce degré de perfection de plaisir ce CD-ci…

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    Mais je dois ajouter qu’en demandant à mon ultra-compétent – quelle justissime oreille ! – disquaire préféré ce qu’il pensait de la performance musicale assez bouleversante du piano d’Ammiel Bushakevitz,

    il est allé tout de suite me rechercher le récent CD « Franz Schubert – Fantasies » d’Ammiel Bushakevitz, le CD Hänssler classic HC 24025 – enregistré à Eppelheim du 8 au 11 janvier 2024 – , dont l’écoute et les ré-écoutes, à leur tour, totalement me subjuguent ;

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    et je n’ai encore rien lu nulle part sur ce miracle d’interprétation de la Sonate pour piano Op. 78, D. 894 « Sonate-Fantaisie » et de la Fantaisie Op. 15, D. 760 « Wanderer-Fantaisie » par Ammiel Bushakevitz en ce CD du paradis !

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    Mais écoutez donc ici :

    ce lumineux toucher schubertien d’Ammiel Bushakevitz est tout bonnement sublimissime !

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    Quel artiste !!!

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    Ce samedi 12 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En hommage à l’immense chef berliozien John Nelson (1941 – 2025), qui vient de nous quitter ce 31 mars 2025, ce « Sanctus » de la « Grande Messe des Morts » d’Hector Berlioz, par le grand Michael Spyres, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 8 mars 2019, pour le 150e anniversaire du décès de Berlioz…

    En tout simple hommage, et ému, à l’immense chef berliozien John Nelson (San Jose, Costa Rica, 6 décembre 1941 – 31 mars 2025), qui vient de nous quitter ce 31 mars 2025

    – j’ai appris la nouvelle ce petit matin du 4 avril, par ma lecture de l’hommage (« Décès du chef d’orchestre John Nelson« ) que vient de lui rendre, hier soir, la rédaction de ResMusica ; ainsi que par celui de Jean-Pierre Rousseau, sur son blog, « L’admirable John Nelson » : ces deux, précieux aussi par les riches liens musicaux qu’ils comportent ; connectez-vous y !.. – ,

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    voici le podcast de cet admirable « Sanctus » de la « Grande Messe des Morts » d’Hector Berlioz (La-Côte-Saint-André, 8 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869), par le très grand Michael Spyres, à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 8 mars 2019, pour le 150e anniversaire du décès de Berlioz – regardez aussi la vidéo (de 2′ 06) du tout début de ce « Sanctus » par Michael Spyres ce jour-là à Saint Paul…

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    Voici aussi une brève très émouvante vidéo de cette présentation (de 4′ 21) de ce concert (et enregistrement live) par John Nelson lui-même, à Londres, ce 8 mars 2019… 

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    Et je me permets de renvoyer aussi ici à mon modeste article – emblématiquement admiratif – , « L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement… » en date du 15 avril 2023 ,

    que je redonne ici…

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    L’extraordinaire réussite du chef John Nelson en sa réalisation discographique berliozienne de ces chefs d’oeuvre que sont « Roméo et Juliette » et « Cléopatre » : un très réjouissant éblouissement…

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    — Ecrit le samedi 15 avril 2023 dans la rubrique “Musiques”.
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    Le degré éblouissant de réussite musicale du double CD Erato 5054197481383 de la magnifique _ et très originale _ symphonie dramatique « Roméo et Juliette » et de la percutante et frémissante scène lyrique « Cléopatre » d’Hector Berlioz, sous la direction électrisante de vie, en même temps qu’infiniment délicate, claire et juste, du chef d’orchestre John Nelson,

    a quelque chose de très surprenant et formidablement réjouissant à la fois,

    qui nous emporte…

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    Comme si nous redécouvrions en leur vérité musicale la plus intense et la plus profonde ces deux formidables chefs d’œuvre de Berlioz qui nous ont pourtant déjà enchantés…

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    Que l’on écoute ainsi le presque inaugural _ soit la plage 3 du premier CD de ce double album Erato _ sublime « Premiers transports que nul n’oublie » de Joyce DiDonato _ ici en sa prise en concert public à Strasbourg le 7 juin 2022 _ de « Roméo et Juliette« , pour un tout premier avant-goût de cette si merveilleusement  réussie interprétation collective de l’œuvre :

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    la direction dynamique, fluide, inspirée, claire, souple, tellement juste, de John Nelson _ idéal berliozien dans chacune de ses réalisations ! _,

    à la tête d’un hypersensible vivant et délicat à la fois Orchestre Philharmonique de Strasbourg,

    le Coro Gulbenkian et le Chœur de l’OnR _ au rôle si important dans cette œuvre (de « symphonie dramatique » riche et complexe (en même temps qu’évidente et si naturelle…), de Berlioz _,

    et bien sûr les superbes chanteurs solistes que sont la mezzo-soprano Joyce DiDonato, le ténor Cyrille Dubois _ qu’on écoute les 2′ 44 de son idéal (quel jeu ! quelle diction ! quel charme !) « Scherzetto de la reine Mab«  à la plage 5 du premier CD… _ et le baryton Christopher Maltman…

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    Ce dont rend très bien compte l’excellent détail de l’article de Charles Sigel, le 7 avril dernier, sur le site de ForumOpéra.com

    pour ce qui concerne la « Cléopatre » extraordinaire, elle aussi _ un must discographique ! _, du second CD de ce double album, dans l’interprétation-incarnation absolument superlative (!!!) _ au moins au niveau de celles de la merveilleuse Janet Baker _ de Joyce DiDonato…

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    Un généreux double album indispensable…

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    Ce samedi 15 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et,
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    pour conclure cet article-ci, ce vendredi 4 avril 2025 :
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    dix mille mercis aux enregistrements – à commencer par les discographiques : ma discothèque personnelle est riche de la plupart des enregistrements berlioziens de John Nelson… – qui nous permettent d’accéder instantanément à ces bijoux musicaux d’éternité – voilà ! – , dans de telles sublimes interprétations
    – via tout une bien précieuse chaîne (médiatique et technologique) de transmissions, diffusions et partages de la beauté musicale, un peu secourable, celle-ci, particulièrement ces derniers temps-ci du retour jusque chez nous de la barbarie, issue de la bêtise et la méchanceté étrangement (Freud, au secours !) contagieuses de quelques uns, monstrueux, qui ont accédé aux pouvoirs en quelques Etats, et à l’hubris impérialiste terriblement vorace : le sinistrissime bouffon Dr Folamour (de ce formidable visionnaire qu’a été Stanley Kubrick) pour notre malheur (mondial, planétaire même…) s’est, mais oui, incarné…

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    Vive – et que survive longtemps – musicalement – par les disques, les podcasts, les vidéos… – l’excellent passeur de musique qu’a été – et demeure à jamais, pour toujours, et pour nous tous qui aimons la belle musique… – John Nelson…

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    Ce vendredi 4 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’extraordinaire d’intimité bouleversante « Lines of lines – Schubert – Kurtág » de Benjamin Appl et György Kurtag : un sublime bijou tout de sobriété, pour nous accompagner à aller à l’essentiel, nous aussi, de nos vies…

    C’est un bouleversant – d’intensité intime – moment de musique que, avec le saisissant CD Alpha 1145 « Lines of life – Schubert & Kurtág« , viennent nous faire un somptueux cadeau musical le superbe baryton Benjamin Appl  – dont j’ai beaucoup beaucoup apprécié les précédents CDs « Forbidden fruit » et « Schubert – Winterrreise » , avec son compère pianiste James Baillieu (tous deux sont londoniens), pour Alpha, ainsi que le récital « Schubert – Lieder with orchestra« , avec le Münchner Rundfunkorchester dirigé par Oscar Jockel, pour BR Klassik ; cf mon article récapitulatif en date du 10 octobre 2023 : « Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie… » ; Benjamin Appl est né le 26 juin 1982 à Ratisbonne, en Bavière : il a été d’abord formé au chant, enfant, au renommé Regensburger Domspatzen… – et le merveilleux – et très singulier : magnifique ! – compositeur – et ici aussi pianiste, pour un lied de Schubert et un lied de Brahms… – György Kurtág, dont l’œuvre tout entier est une très exigeante visée-quête d’accès brefs, forcément, à une sublime éternité hors temps, et à laquelle il parvient !,

    avec ce CD enregistré à Budapest les 23 et 24 mars et 5 et 6 mai 2024, mais très intensivement préparé, à Budapest même, sur une durée de rien moins que douze jours (!) ;

    Gÿorgy Kurtág (né à Lugo, en Transylvaniue le 19 février 1926) était alors, ces douze jours d’ardente préparation et enregistrement – de 1200 prises ! – de mars et mai 2024, un jeune homme d’à peine 98 ans…

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    C’est un article de Dominique Adrian, intitulé « Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique« , publié sur le site de ResMusica en date du 15 mars dernier, qui m’a fait me mettre en quête immédiate de ce CD désiré ;

    pour ma plus vive et très reconnaissante jubilatoire satisfaction : quel sublime art, et du compositeur Kurtág, et de l’interprète Appl !

    – celui-ci chantant, et merveilleusement !, a capella sur 8 des 21 plages de musique de ce CD : 8 des Lieder de Kurtág ; mais aussi accompagné au piano par James Baillieu sur 6 des plages : pour des Lieder de Schubert ; par Pierre-Laurent Aimard sur 4 des plages : pour des Lieder de György Kurtág sur des poèmes de Ulrike Schuster ; par György Kurtág lui-même au piano, pour les lieder « Der Jüngling an der Quelle » de Schubert et « Sonntag » de Brahms ; et par le tromboniste Csaba Bencze et le tubiste Gergely Lukács pour le lied « Gestalt und Geist » des « Hölderlin-Gesänge« , Op. 35a: No. 3 de György Kurtág…

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    Benjamin Appl à l’école de Kurtág, une inoubliable leçon de musique

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    Le disque publié par Alpha retrace une collaboration unique – oui ! – autour du Lied romantique – 7 Lieder de Franz Schubert et un de Johannes Brahms – entre le jeune baryton et le vénérable compositeur – l’un de 41 ans, l »autre de 98 ans, lors des séances d’enregistrement, en mars et mai 2024, de cet exceptionnel CD…

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    Même le décès de son inséparable épouse Márta en 2019 n’aura pas mis un terme à la créativité de , le dernier survivant de la génération miraculeuse née dans les années 1920 qui, marquée par l’Histoire – et, pour Kurtag, par l’œuvre de Bela Bartok -, a révolutionné la musique après 1945 – et lui, à la différences de bien d’autres compositeurs ses contemporains, il ne passera pas aux oubliettes de la musique… Il n’a notamment pas cessé de recevoir les musiciens désireux de travailler avec lui, comme le baryton , qui a tiré un disque de cette collaboration. Les œuvres de Kurtág lui-même s’y taillent la part belle – 13 plages sur les 21 de musique de ce CD -, naturellement, mais Appl a aussi travaillé avec lui sur le Lied romantique, principalement Schubert – 7 plages -, qu’il avait déjà servi au disque avec un Winterreise très estimable (Alpha, 2021) – avec aussi, je me permets de l’ajouter ici, les lieder « Heidenröslein » et « Gretchen am Spinnrade » aux plages 34 et 35 du très marquant CD Alpha 922 « Forbidden fruit » ; cf mon article « La remarquable singularité du programme, et la parfaite réalisation musicale, du passionnant CD « Forbidden Fruit » de Benjamin Appl et James Baillieu » en date du 30 juillet 2023. Il aura fallu douze jours pleins et 1200 prises pour enregistrer les cinquante minutes de musique du disque, sous la direction de Kurtág lui-même, sans compter le travail préparatoire : on pourrait craindre de découvrir un froid produit de studio, mais c’est un joyau de naturel musical  – voilà ! – qui en sort.

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    Les six fragments des Hölderlin-Gesänge op. 35a – aux plages 8 à 13 du CD -, composés au milieu des années 90 et complétés par deux autres poèmes de Hölderlin – « Das Angenehme diner Welt« , à la plage 3, et « Nun versteh ich den Menschen  erst« , à la plage 5… -, sont la seule œuvre de Kurtág déjà connue, notamment par un enregistrement un peu raide par Kurt Widmer (ECM) : composé pour voix a cappella – seuls un trombone – celui de Csaba Bencze – et un tuba – celui de Gergely Lukacs – viennent ajouter un peu de drame – feutré cependant – dans le troisième fragment. Les mots de Hölderlin, poète maudit – sauf par Heidegger et les philosophes, qui, eux, le vénèrent… – souvent accusé d’hermétisme, qui n’a séduit les musiciens qu’au XXe siècle (de Nono à Holliger) en trouvent toute leur force prophétique – tout simplement, oui !

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    Les autres œuvres de Kurtág présentes sur le disque sont des œuvres toutes récentes, composées en 2022 et 2023, ou du moins révisées pour l’occasion, souvent en rapport direct avec le travail avec Appl : Circumdederunt – impressionnant et splendide ! -, d’abord composé pour le violoncelle de Steven Isserlis, retrouve ici le texte qui l’a inspiré, extrait des psaumes ; Kurtág met en outre en musique quatre poèmes de la poétesse Ulrike Schuster, en une sorte de petit cycle pas forcément achevé, cette fois avec piano – celui de Pierre-Laurent Aimard.

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    Pour cette courte odyssée, est accompagné par trois pianistes, pas moins. , qui connaît Kurtág depuis des décennies, accompagne le chanteur pour la création des pièces sur les poèmes de Schuster, et on entend cette familiarité : il sait que chaque note de Kurtág fait entrevoir un monde à part entière – voilà.

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    Pour l’essentiel des Lieder de Schubert, c’est James Baillieu, accompagnateur habituel – en effet : ils sont tous deux londoniens… – d’Appl, qui est au piano, et on sent dans son jeu autant que dans le chant d’Appl le bénéfice du travail avec Kurtág : le piano est d’une présence étonnante, parce qu’il s’agit ici de musique de chambre et non de simple soutien de la voix. En écho aux pièces de Kurtág, et conformément au titre du disque, le choix des musiciens s’est porté sur des Lieder méditatifs, presque métaphysiques – oui, voire testamentaires… -, entre élégies sur la fragilité des choses humaines et parcours de vie – voilà : « Lines of life » est intitulé le CD… –  : Appl a appris au contact de Kurtág à faire confiance aux notes, et la chaleur de son timbre – oui ! – n’a besoin d’aucun artifice pour habiter comme jamais – oui ! – ce répertoire si connu – de Schubert, tout particulièrement…

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    C’est ce qu’on entend aussi dans deux Lieder de Schubert (Der Jüngling an der Quelle) et de Brahms (Sonntag op. 47 n° 3) accompagnés par Kurtág lui-même : à 98 ans, on ne peut attendre de lui une virtuosité de jeune homme, et on sent ici, au piano de concert, le goût du compositeur pour les sonorités plus dépouillées – sobres et essentielles ! – du piano droit, mais il y montre par l’exemple ce qu’il enseigne depuis des décennies, cette humilité – oui ! – face à chaque note que le musicien doit mériter ; Sonntag de Brahms prend une dimension inédite qui en fait une vraie révélation.

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    Le disque est complété par une interview – de 18′ 18, à la plage 22 – de Kurtág par Appl, en allemand (sa traduction est fournie dans le livret) : on n’y apprend rien de nouveau sur sa biographie ou sa méthode de travail, mais il constitue une bonne introduction de la pensée musicale de Kurtág, toujours aussi éveillée et pertinente.

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    Un CD méditatif et heureux – sur la vie – vraiment extraordinaire !!!

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    Ce samedi 22 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un superbe « Fra l’ombre e gl’orrori » de l’excellente basse Nahuel Di Pierro, l’Ensemble Diderot et Johannes Pramsohler, pour le toujours très inventif label Audax Records, pour un passionnant parcours et merveilleux voyage à travers l’opéra baroque italien, de Monteverdi à Vivaldi et Haendel…

    C’est un superbe CD Audax Records ADX 11210 – enregistré Salle Colonne à Paris du 5 au 9 février 2023 –, « Fra l’ombre e gl’orrori » – avec des airs et des symphonies de Michelangelo Rossi, Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli, Antonio Sartorio, Marc’Antonio Ziani, Antonio Giannettini, Giovanni Bononcini, George Frideric Handel, Alessandro Scarlatti et Antonio Vivaldi ;

    et regardez ici la vidéo (de 2′ 30) du trailer de ce CD ;

    ainsi, ici aussi, que la vidéo de l’entretien « In Conversation » (d’une durée de 19′ 00) entre Nahuel Di Pierro & Johannes Pramsohler à propos de ce CD et de son programme, un document très très éclairant sur ce travail discographique et musical magnifique ! –

    que la basse profonde Nahuel Di Pierro (né à Buenos Aires en 1984) et l’Ensemble Diderot que dirige du violon Johannes Pramsohler (né à Sterzing, Sud-Tyrol, le 5 avril 1980), pour l’excellent label Audax Records, viennent, une nouvelle fois, nous donner, en un programme splendide, interprété avec intensité opératique et vibrante musicalité,

    constituant un passionnant panorama du devenir des divers usages de la voix de basse, par une pléiade d’excellents compositeurs, en l’Italie de l’ère baroque – entre 1642 à Venise, avec Monteverdi, et 1733 à Londres, avec Haendel –,

    allant de Monteverdi (« L’Incoronazione di Poppea« , à Venise en 1642/43) à Haendel (« Aci, Galatea e Polifemo« , à Naples en 1708, « Agrippina« , à Venise en 1709 et « Orlando« , à Londres en 1733 – regardez ici la vidéo de l’aria « Sorge infausta una procella » (d’une durée de 4′ 51)…  –, « Rinaldo« , à Londres en 1711) et Vivaldi (« Tito Manlio« , à Mantoue en 1719 et « Orlando« , à Venise en 1727),

    en passant par – et excusez du peu ! – Francesco Cavalli (« Ercole amante« , à Paris en 1662), Antonio Sartorio (« La prosperita di Elio Seiano« , à Venise en 1667), Marc’Antonio Ziani (« Alba soggiogata da’ Romani« , à Mantoue en 1686, « Il duello d’amore e di vendetta« , à Venise en 1700), Antonio Gianettini (« L’ingresso allagiobentu di Claudio Nerone« , à Modène en 1692), Giovanni Bononcini (« Il ritorno di Giulio Cesare« , à Vienne en 1705) et Alessandro Scarlatti (« La caduta de’ decemviri« , à Naples an 1708 et « La gloria di primavera » à Naples en 1716),

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    et qui vient contester, par l’exemple musical, la thèse un peu trop réductrice du français Benigne de Bacilly, en son bien connu « L’art de bien chanter » de 1688 : « Les Basses ne sont quasi propres qu’à exprimer la passion de la Colère« ,

    ainsi que le détaillent les onze pages du judicieux et généreux livret du CD, sous la plume du maître d’œuvre de ce projet et cette réalisation musicale et discographique, le chef de l’Ensemble Diderot, Johannes Pramsohler…

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    Un CD aussi passionnant que magnifique et enthousiasmant,

    pour un tel merveilleux voyage à travers la palette somptueuse des divers emplois de la voix de basse dans l’opéra italien de l’ère baroque, de Monteverdi à Haendel !

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    Lire aussi cet article bien détaillé intitulé « A la découverte de la basse baroque avec Nahuel Di Pierro » par Pierre Degott paru le 2 mars dernier sur le site de ResMusica :

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    À la découverte de la basse baroque avec Nahuel di Pierro

    Dans un récital couvrant plus d’un siècle de musique baroque italienne, et l’ déploient tous leurs sortilèges vocaux et instrumentaux. Un album qui met à l’honneur aussi bien la voix de basse que certains répertoires encore trop peu connus _ voilà.
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    Les récitals de musique baroque pour voix de basse ne sont pas si fréquents, et les rares que l’on trouve sont généralement consacrés à un compositeur unique : nous avons eu dans un passé relativement récent Lorenzo Regazzo pour Vivaldi ; le même Regazzo, Ildebrando d’Arcangelo, Christopher Purves, Bryn Terfel ou David Thomas pour Haendel ; Alexandre Baldo pour Caldara, et bien sûr nombre d’albums pour Bach. La spécificité de celui de l’Argentin est de nous emmener dans un voyage italien de plus d’un siècle, partant de L’Erminia sul Giordano de (1633) _ pour son ouverture instrumentale, inaugurale de son genre… _ pour finir, chronologiquement, avec l’Orlando de Haendel (1733).
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    Si certains opéras figurant au programme sont bien connus, du Couronnement de Poppée de Monteverdi ou Ercole amante de Cavalli aux grands tubes haendéliens (Aci, Galatea e Polifemo, Agrippina, Rinaldo, Orlando) ou vivaldiens (Tito Manlio, Orlando également, dans sa version originale de 1714), l’intérêt de la programmation effectuée ici est justement de proposer de riches extraits de quelques maillons manquants _ voilà ! _ dans le vaste parcours qui sépare les débuts de l’opéra de la première moitié du dix-septième siècle de l’âge d’or des premières décennies du dix-huitième. Le choix des plages de l’album suit d’ailleurs un ordre parfaitement chronologique _ oui _ qui permet d’observer les évolutions et transitions stylistiques ayant conduit peu à peu _ oui _ d’un discours essentiellement déclamé à la suprématie de l’aria ABA typique des ouvrages de Haendel et Vivaldi. La scène de folie de l’Orlando de Vivaldi n’en paraît que plus révolutionnaire _ en effet _ dans son affranchissement par rapport à cette norme. Si les opéras de Monteverdi, Haendel et Vivaldi nous sont désormais bien connus, nous commençons aujourd’hui à devenir un peu plus familiers des ouvrages d’, Giovanni Battista Bononcini ou , ceux de , Marc’Antonio Ziani et restant encore pour la plupart _ oui _ au rayon des curiosités. Que de découvertes à faire, autant pour l’originalité et la richesse des livrets que pour la qualité de la musique. À côté de certains airs bien connus de Haendel et de Monteverdi, le présent album compte ainsi le superbe air « Selve amiche » de La prosperità di Elio Seiano de Sartorio, au cours duquel l’empereur Tibère, las des intrigues de la Cour, envisage le repos que va lui fournir sa retraite à Capri. Autre joyau du CD, l’accompagnement ensorcelant de l’air de Jules César « Occhi belli » du Ritorno di Giulio Cesare de Bononcini, un des rares rôles d’amoureux confiés à la voix de basse. Cette dernière, on le sait, était à l’époque généralement cantonnée dans des rôles d’autorité _ voilà _, ce qui forçait les chanteurs à incarner des personnages de pères, de rois, d’empereurs ou de dieux. Rarement étaient-ils chargés d’interpréter des personnages d’amants, sauf à ce qu’il s’agisse d’amoureux éconduits et rejetés, comme cela est le cas pour l’empereur Claude dans Agrippina, ou Polifemo dans la cantate italienne de Haendel. Certains grands chanteurs du passé comme Antonio Montagnana, Giuseppe Maria Boschi, Antonio Francesco Carli ou encore Antonio Manna, avaient pourtant réussi, par leur talent et par la magnificence de leur voix, à rivaliser _ voilà _ avec les grands castrats prisés du public, à qui étaient la plupart du temps réservés les grands rôles d’amoureux.

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    Cet album a ainsi la chance de bénéficier du concours de la basse , qui sait si bien incarner _ oui, c’est bien le mot juste _ de véritables personnages. Loin d’en faire un barbon pontifiant selon une interprétation qui a eu ses adeptes, il est digne, noble et émouvant en Sénèque, tout comme il sait être autoritaire dans le « All’armi, all’armi » de L’Alba Soggiogata da’ Romani de Ziani. Il est également parfaitement crédible dans les rôles d’amoureux comme Claude ou Jules César, et il est particulièrement convaincant, dans ses excès et sa démesure, dans la scène de folie d’Orlando de Vivaldi. La mort d’Hercule dans l’Ercole amante de Cavalli est un autre grand moment de cet album, et le chanteur sait là aussi utiliser toutes les ressources du semi-parlando pour donner vie et émotion _ voilà ! _ à son personnage. Sur le plan strictement vocal, Nahuel Di Pierro parvient à surmonter les difficultés techniques d’une écriture souvent tendue, à une époque où l’on ne distinguait pas véritablement les voix de basse de celles de baryton. Il ne fait ainsi qu’une bouchée des redoutables intervalles de l’air qui a donné son titre à cet album, le « Fra l’ombre et gl’orrori » de la cantate Aci, Galatea e Polifemo de Haendel. Il est tout aussi étourdissant dans les folles vocalises du « Sibillar gli angui d’Aletto » du Rinaldo de Haendel, réalisées la plus grande précision.

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    L’, dirigé du violon par , est pour beaucoup _ en effet ! _ dans la réussite de cet enregistrement, et l’on se délectera du dialogue des violons dans l’aria du Ritorno di Giulio Cesare de Bononcini, de la flûte d’, ou du clavecin de . On saluera également l’alternance toujours pertinente _ oui _ entre pages chantées et passages instrumentaux, ainsi que la richesse du texte de présentation _ absolument ! _  et la qualité de la présentation de l’album, particulièrement soignées pour un disque récital. Un album qu’on aura envie d’écouter en boucle, ce dont on aurait tort de se priver _ absolument ! Un régal…

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     Michelangelo Rossi (1601/02-1656) : Sinfonia per introdutione del prologo extraite de Erminia sul giordano. Claudio Monteverdi (1567-1643) : « Amici, è giunta l’hora » extrait de L’incoronazione di Poppea. Francesco Cavalli (1602-1676) : « Ma qual pungente arsura » extrait de Ercole amante. Antonio Sartorio (1630-1680) : « Selve amiche » extrait de La Prosperità di Elio Seiano. Marc’Antonio Ziani (1653-1715) : Ritornello con 2 trombe et « La fronte a quei superbi … All’armi, all’armi » extraits de Alba Soggiogata da’ Romani ; sinfonia extraote de Il duello d’amore e di vendetta. Antonio Giannettini (1648-1721) : « Fra l’horror d’ombre terribili » extrait de L’ingresso alla gioventù di Claudio Nerone. Giovanni Battista Bononcini (1670-1747) : ouverture et « Si, torno, o bella … Occhi belli, occhi possenti » extraits de Il ritorno di Giulio Cesare vincitore della Mauritania. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « Fra l’ombre e gl’orrori » extrait de Aci, Galatea e Polifemo ; « Nella Britannia vinta … Cade il mondo » extrait de Agrippina ; « O voi del mio poter … Sorge infausta una procella » extrait de Orlando ; « Sibillar gli angui d’aletto » extrait de Rinaldo. Alessandro Scarlatti (1660-1725) : sinfonia extraite de La caduta de’ decemviri ; « Trassi dal nulla il tutto … Dell’alba e dell’aurora » extrait de La gloria di primavera. Antonio Vivaldi (1678-1741) : « Se il cor guerriero » extrait de Tito Manlio ; « Ah sleale, ah spergiura » extrait de Orlando. Avec Nahuel Di Pierro, basse. Ensemble Diderot, direction et violon : Johannes Pramsohler. 1 CD Audax Records. Enregistré du 5 au 9 février 2023 à la salle Colonne de Paris. Notice de présentation en anglais, allemand, français et japonais. Durée : 74:02

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    Bravissimo,

    Nahuel Di Pierro et Johannes Pramsohler,

    et la troupe idéale des musiciens du toujours très inventif et passionnant, exemplaire, Ensemble Diderot…

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    Ce dimanche 9 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa