Étiquette : singularité

  • Impeccable Alain Planès, qui me fait pénétrer et apprécier un pas de plus la poésie du piano d’humour glacé d’Erik Satie…

    Le tout nouveau CD Harmonia Mundi HMM 902749 « Satie – Planès«  – enregistré à Royaumont au mois de mars 2024 – me fait mieux pénétrer, grâce à la poésie musicale à la fois délicate et incisive du toujours parfait Alain Planés – né à Lyon le 20 janvier 1948 – un pas de plus avant dans l’univers musical assez singulier d’Erik Satie (Honfleur, 17 mai 1866 – Paris 14e, 1er juillet 1925), qui m’avait, jusqu’il y a naguère – par exemple le plaisir pris à l’excellent CD, aussi, de Bertrand Chamayou, « Letters to Erik Satie« , qui avait commencé de m’apprivoiser à ce goût musical un peu étrange de l’ermite d’Arcueil (cf là-dessus les confessions de mon article « La venue de Bertrand Chamayou à l’œuvre musical d’Erik Satie (1866 – 1925) via son affection pour l’œuvre musical de John Cage (1912 – 1992) : une filiation de poiesis musicale splendide… » en date du 5 janvier dernier…  -, plutôt irrité par les hérissantes facéties de son humour glacé provocateur…

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    Ce samedi 8 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pénétrer vraiment la substantifique mœlle de très précieuses œuvres de Chostakovitch et Silvestrov : une nouvelle reconnaissance de l’exceptionnelle et attachante personnalité créatrice de Valentin Silvestrov dans le magique CD PDD041 « Shostakovich – Silvestrov » du constamment merveilleux Palais des Dégustateurs d’Eric Rouyer…

    Comme en écho un peu tardif à mes articles « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence… » et « Avancer dans la connaissance (et la jouissance) de l’œuvre, au moins discographique, de Valentin Silvestrov : une sidération !.. » des 27 et 28 décembre derniers (2024) sur ce blog « En cherchant bien« ,

    voici que je découvre ce petit matin à mon réveil ce bel article de reconnaissance du magique CD « Shostakovich – Silvestrov » d’Ettore Causa, alto, et Boris Berman, piano – soit le CD PDD041 du Palais des Dégustateurs de mon ami Eric Rouyer –, ce bel article suivant, sous la plume de Jean-Luc Caron et paru hier 5 mars sur le site de ResMusica, intitulé « Ettore Causa et Boris Berman dans les mondes singuliers de Chostakovitch et Silvestrov » – et dont je relève tout de suite la belle et juste expression de « mondes singuliers » appliquée à ces deux très grands compositeurs : oui, c’est bien cela ! –,

    que je m’empresse de bien volontiers reproduire ici :

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    Après plusieurs enregistrements – déjà – très remarqués – oui ! – pour le label Le Palais des dégustateurs, l’altiste et le pianiste défendent avec brio des pièces précieuses – merveilleuses, sublimes : des chefs d’œuvre !.. – de Chostakovitch et Silvestrov dont ils pénètrent – par la profonde justesse d’inspiration de leur interprétation – la substantifique mœlle – voilà !

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    La Sonate pour alto et piano op.147, dernier chef-d’œuvre – oui : c’est en effet là son mot de la fin, son œuvre ultime et splendide… – du Russe qui y porte le point final le 5 juillet 1975, est dédiée au fameux altiste du Quatuor Beethoven Fiodor Droujinine. Le compositeur souffrant et épuisé – oui, il est au bout de sa vie, et de son œuvre… – peine à venir à bout de cette pièce puissante qui contient plusieurs réminiscences – en effet – et constitue une manière d’adieu déchirant à la vie – voilà ! L’altiste d’origine italienne  et le pianiste russe en offrent une lecture exempte de tout pathos, évitant une excessive mélancolie et défendant un tonus créateur digne du vaste catalogue de Chostakovitch qui s’éteint le 8 août 1975. Cette exigence de véracité – oui ! –  infiltre les trois mouvements de la Sonate. Le Moderato initial est marqué par un courant sonore tonique enrichi d’élans exacerbés et la présence d’interrogations sans réponses précises que les musiciens contrôlent efficacement dans les toutes dernières mesures. Le deuxième mouvement, Allegretto, se veut dès l’entrée davantage sautillant et ne dédaigne pas l’expression d’un certain optimisme renouant une ultime fois avec la rythmique si spécifique et tellement appréciée du compositeur – en effet. Énergie et vitalité – oui – que le duo Causa et Berman traduit magnifiquement, ne négligeant pas la proximité – électrique ! – d’un esprit enflammé et d’un corps meurtri. Le final, un long Adagio d’une quinzaine de minutes, se concentre sur une méditation impressionnante – voilà, voilà – , toutefois dénuée d’effusion romantique palpable, offrant un sentiment douloureux de beauté, de dignité – oui – et de rappels de musiques antérieures dont il évoque le souvenir non sans une certaine modestie – c’est une musique toute d’intimité, pour soi… On repère ainsi des souvenirs de la Sonate Au clair de lune de Beethoven, du Concerto pour violon « à la mémoire d’un ange » d’Alban Berg, des évocations de la Symphonie n° 5 « du destin » de Beethoven, mais encore des passages s’appuyant sur la Symphonie n° 4 de Tchaïkovski, sans oublier des emprunts à Rachmaninov, à Wagner et à certains de ses propres opus.

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    Récemment redécouvert (2017), le très bref Impromptu pour alto et piano op. 33, une pièce de 1931, montre la distance existant entre le créateur mature et singulier et le jeune musicien, alors âgé de 25 ans, encore très perméable à l’esprit du romantisme.

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    , obligé de quitter son Ukraine natale en 2022 – pour les terribles raisons que l’on ne sait que trop !, tout particulièrement ces terribles jours-ci d’effroyable trahison… -, est défendu ici avec un engagement puissant et brillant par Causa et Berman, ce dernier connaissant personnellement le compositeur -oui. Aujourd’hui internationalement apprécié – oui -, Silvestrov a élaboré un très copieux catalogue riche d’authentiques chefs-d’œuvre – mais oui ! – aux grands écarts esthétiques inspirés – absolument…

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    Causa interprète seul et en première gravure mondiale Élégie, dédiée elle aussi à Fiodor Droujinine. Musique quasiment athématique, presque aphoristique, expressive, s’achevant par une seule note en suspens. Avec les Trois Intermezzi pour piano seul, pièce récente (2022) dédiée au pianiste , on constate un retour à la mélodie et au beau son, un climat de méditation apaisée et douce – oui, telle une berceuse.

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    Le tout récent Triptych pour alto et piano, 2023, en trois très brefs mouvements, totalise une dizaine de minutes. L’Intermezzo adopte un rythme de marche non conventionnel, la Sérénade a été qualifiée de « chant sans paroles » – à la Mendelssohn – et Moment musical – à la Schubert -, à l’avancée légère, mais aux intrications sonores complexes des deux interprètes, permet d’évoquer de grands créateurs romantiques du passé – en effet.

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    et Boris Berman, grâce à cette interprétation de haut vol et leur souci de véracité rare – oui, oui ! – , défendent l’exceptionnelle et attachante personnalité créatrice de  – tout cela est très juste.

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    Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour alto et piano, op.147 ; Impromptu pour alto et piano, op.33 ; Valentin Silvestrov (né en 1937) : Elegy pour alto ; Epitaphium (L.B.) ; Three Intermezzi pour piano forte ; Triptych pour alto et piano. Ettore Causa, alto ; Boris Berman, piano. 1 CD Le Palais des Dégustateurs PDDO41. Enregistrement réalisé du 7 au 9 juin 2024 au Couvent des Jacobins, Beaune, France. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 67’40

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    Une belle reconnaissance qui devrait élargir le cercle des amoureux de la musique de Valentin Silvestrov, ainsi que celui des amateurs des superbes réalisations discographiques du vaillant Palais des Dégustateurs, de cet admirable défricheur – et partageur généreux de splendides beautés musicales – qu’est, par son label discographique audacieux et très probe, Eric Rouyer…

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    Ce jeudi 6 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Aborder l’oeuvre passionnant et déjà très original de Gustave Caillebotte (1848 – 1894) par un aspect inattendu : l’exposition « Gustave Caillebotte : peindre les hommes » au Musée d’Orsay (8 octobre 2024 – 19 janvier 2025)… Quel regard !

    Je savais toute l’originalité très longtemps méconnue de l’œuvre de Gustave Caillebotte (Paris, 19 août 1848 – Gennevilliers, 21 février 1894),

    mais j’avais étrangement _ très sottement _ laissé passer les catalogues de précédentes expositions à lui consacrées…

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    D’où l’étonnement et le ravissement de recevoir en cadeau, pour mon anniversaire, le superbe catalogue « Caillebotte : peindre les hommes » de l’exposition originale, superbe et passionnante que lui consacre, du 8 octobre 2024 au 19 janvier 2025, le Musée d’Orsay, sous la direction intelligente de Paul Perrin, Scott Allan et Gloria Groom…

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    Un peintre assurément singulier,

    abordé ici en l’idiosyncrasie de son œuvre pictural _ déjà quels cadrages ! _, ainsi que le mystère préservé de sa personnalité…

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    Ce regard pictural est tout simplement admirable !

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    Ce samedi 21 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En relisant le magnifique « Le bonheur, sa dent douce à la mort _ Autobiographie philosophique » de Barbara Cassin, quelques remarques de lecture attentive sur le séjour de ses parents, Pierre et Hélène Cassin, et sa soeur aînée Nelly, à Navarrenx de 1940 à 1943, protégés par Henriette Verdalle…

    Voici ce courriel à Barbara Cassin,

    postérieur à notre bref mais jubilatoire échange, au terme de son magnifique entretien avec Pierre Coutelle à la Station Ausone mardi dernier, à propos de son superbe « L’Odyssée au Louvre : un roman graphique« ,

    à propos, ici, du séjour à Navarrenx, les années 1940 à 1943, de ses parents Pierre et Hélène Cassin, sa sœur Nelly et son frère Jacques :

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    Chère Barbara,

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    Après la formidable sensation éprouvée, à l’écoute attentive de votre parole, de votre enthousiasmante, mais aussi très justement ce qu’il faut exigeante, fierté de liberté de penser et générosité de partage, en votre riche entretien de mardi dernier à la Station Ausone avec l’ami Pierre Coutelle, je viens de lire et relire avec passion votre merveilleux « Le bonheur, sa dent douce à la mort : autobiographie philosophique » _ ce superbissime titre est emprunté à la formidable « Alchimie du verbe » d’ « Une Saison en enfer » d’Arthur Rimbaud : « Le bonheur ! Sa dent douce à la mort, m’avertissait au chant du coq _ ad matutinum , au Christus venit _ dans les plus sombres villes ! »… _,
    où j’admire votre si féconde approche philosophico-autobiographique, justement, du passage toujours furtif et quasi sauvage, libre, si difficile à tenir, impossble à dompter, « de l’anecdote à l’idée » et « de la vie à la pensée » _ « Comment procède-t-on parfois, certaines fois et pas d’autres, de manière imprévue et précise, comme autoritaire, de la vie à la pensée » ; et « Je me souviens, je ne me souviens pas. Il y a tant de charme, mais aussi tant de ruse dans ce dont on choisit de se souvenir. Ces phrases sont comme des noms propres, elles titrent les souvenirs. Quand j’en parle, quand je parle, je comprends pourquoi et comment elles m’ont fait vivre et penser. Si dures soient-elles parfois, elles donnent accès à la tonalité du bonheur », écrivez-vous ainsi superbement…  _,

    comme vous l’annoncez on ne peut plus clairement en l’ouverture de votre « Présentation », pages 9-10.
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    Soit ce processus, cette alchimie étrange et magnifique du penser et créer, tout ce qui me passionne moi aussi, et depuis tant d’années _ je suis né le 12 décembre 1947 : la même saison que vous, donc, après la guerre… _ 
    d’abord en tant qu’ayant enseigné jubilatoirement 42 années durant à « philosopher » en lycée, par l’entretien ouvert et exigeant, de chaque jour, avec mes élèves de Terminale (et la correction hyper-attentive elle aussi des tombereaux de copies : c’est probablement là  que j’ai appris à lire vraiment : avec le mieux possible de justesse d’appréciation de leur propre travail de penser, et non pas réciter, recopier, et maintenant copier-coller…) ;
    puis en l’écriture absolument libre et sans censure de mon blog « En cherchant bien », ouvert le 3 juillet 2008 par mon programmatique «   », signé longtemps seulement Titus Curiosus 
    _ je n’ai jamais recherché une quelconque reconnaissance publique, à commencer éditoriale : trop attentatoire à ce que j’estime être la sacro-sainte liberté de l’expression de mon idiosyncrasie ! Une expression, quelle qu’elle soit, est une bouteille confiée aux courants de la mer : elle atteindra forcément quelques destinataires, et j’ai confiance en ces secrets magiques cheminements… _,
    ainsi qu’en l’improvisation tellement jouissive (sur un fond de lectures minutieuses et fouillées, hyper-attentives, bien sûr, auparavant) des entretiens, avec leurs merveilleux cadeaux-surprises, dont j’ai la chance encore de disposer un peu, principalement chez Mollat
    le premier de ceux-ci à avoir été enregistré _ ces podcasts, puis vidéos, sont une initiative géniale de Denis Mollat _ est celui du 13 octobre 2009 avec Yves Michaud, sur son « Qu’est-ce que le mérite ? » : j’avais proposé à la librairie de l’inviter…
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    Cf aussi mon article de reprise «  » en date du 5 janvier 2024, en avant-propos à l’entretien que j’allai avoir le 9 janvier suivant _ cf ici la vidéo de cet entretien lui aussi passionnant _ avec François Noudelmann, à propos de son magnifique récit (familial) « Les Enfants de Cadillac » , mais aussi un regard rétrospectif sur le reste (!) de son œuvre philosophique singulière… Et je n’apprécie vraiment que les singuliers libres…
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    Oui, ce passage fécond (à laisser venir et surprendre sur le champ) des instants fugaces de la vie passagère à ce qu’en forge métaphoriquement, poïétiquement, la pensée, trop souvent figée et figeante et dogmatique, mais pas toujours _ Montaigne, Nietzsche, et quelques autres, en sont de miraculeuses exceptions philosophiques… _  par la manie obsessionnelle des « concepts » à instrumentaliser plus ou moins méthodiquement afin de « saisir, tenir » ; mais, toujours de bric et de broc, le vrai penser est fondamentalement ouvert à l’altérité qui vient le fracturer, en ce que vient proposer la rencontre ; ce que, et d’après les travaux passionnants de mon amie Marie-José Mondzain, je me suis permis de nommer « l’imageance »…
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    Bref, c’est plus précisément sur le passage (aux pages 31-32 de votre si beau livre d’autobiographie philosophique) concernant le séjour à Navarrenx de vos parents, votre sœur Nelly et votre frère Jacques, que je désire ici venir me pencher un peu ;
    un récit enté sur ce que vous a narré Nelly d’après quelques uns de ses souvenirs demeurés remarquablement vivaces de Navarrenx sous l’Occupation, entre 1940 et 1943, quand ils logeaient dans ce que vous qualifiez, d’après Nelly (je n’avais pour ma part jamais entendu prononcer cette expression, ni de la bouche de Nelly, ni des personnes rencontrées à Navarrenx quand j’ai pu rechercher et découvrir moi-même, de visu, sur le terrain, elle existe toujours, cette toute petite maison du quartier excentré, dit du Bois de Navarrenx, à la lisière de la forêt, et au bord de la route), « la maison de la putain », écrivez-vous page 30…
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    Et j’ai pas mal échangé, surtout au téléphone, avec Nelly, dans le cadre, au départ, de ma recherche sur le propre parcours de mon père _ taiseux, blessé, intimidant, pas facile, impossible à questionner : seulement deux fois en tout et pour tout, et de lui-même, violemment ému, il s’est mis à parler : en 1962, au camp de Gurs où nous nous étions arrêtés, entre Saint-Jean-de-Luz et Oloron, le cimetière du camp venait d’avoir été réhabilité… ; et en 1967, en voyage en Tchécoslovaquie, une nuit à Karlsbad – Karlo-Vivary, où il se souvenait d’avoir accompagné là, en 1928, sa mère Fryderika qui y avait fait une cure… _ en Béarn (camp de Gurs, Oloron) et Toulouse, entre juillet 1942 et septembre 1944, pour survivre, la Gestapo à ses trousses.
    D’où l’attention que j’ai porté sur cette famille Cassin protégée à Navarrenx par Henriette Verdalle, la fille du maire et conseiller-général Paul Verdalle, dont la route avait croisé, de même que mon père (!), le commandant de Groupes de Travailleurs Etrangers (GTE) Marcel Brenot, demeuré toute leur vie, ami d’Henriette devenue, en 1945, Henriette Wachsner-Verdalle…
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    Et cela à partir d’un témoignage extrêmement précieux, parlant expressément d’une famille Cassin (au départ, c’était « deux frères Cassin » ! Et je me suis mis à chercher frénétiquemment qui donc ils pouvaient être ; puis j’ai trouvé de quels Cassin il s’agissait là : Pierre et Hélène Cassin, et leurs enfants Nelly et Jacques, qui venaient de franchir la ligne de démarcation à Salies-de-Béarn, et avaient trouvé tellement délicieux les haricots du restaurant Camdeborde, à Navarrenx, qu’ils ont décidé, et tout spécialement Hélène, de demeurer là, plutôt que de tenter de gagner Nice, le berceau de la famille Cassin : ce que m’a narré par le menu, et avec gourmandise, Nelly Cassin…) résidant, sous l’Occupation, à Navarrenx, et spécialement protégée par Henriette Verdalle (1896 – 1988), fille du maire et conseiller général de Navarrenx Paul Verdalle (1860 – 1948) ; le témoignage de départ préciosissime, donc, d’une des filles de Marcel Brenot (1893 – 1986), ami d’Henriette Verdalle _ avec laquelle Marcel Brenot avait sympathisé (il avait adressé à Henriette Verdalle le TE Frédéric-François Wachsner (1893-1958), avocat berlinois, retenu au camp de Gurs, afin que celui-ci donne des cours d’allemand au fils d’Henriette, André Laclau-Barrère (1925 – 2001), qui préparait à domicile, plutôt qu’en son lycée de Pau, son baccalauréat _ en l’occurrence Huguette Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Angers, 3 juin 2019) ;
    soit un préciosissime témoignage rapporté au téléphone par l’époux de la nièce de celle-ci, Bruno Le Marcis, qui avait pris contact avec moi sur les conseils du spécialiste du camp de Gurs, le palois Claude Laharie, qui connaissait mes  recherches sur les GTE (Groupes de Travailleurs Etrangers) des Basses-Pyrénées, et tout spécialement ceux du camp de Gurs, où mon père a été lui aussi TE à partir de juillet 1942 ; Bruno Le Marcis est désormais un ami : nous partageons chaleureusement les avancées de nos recherches respectives… _ cette nièce d’Huguette Brenot dont Bruno Le Marcis est l’époux étant la fille de la sœur jumelle d’Huguette, Denise Brenot (Montrichard, 18 septembre 1925 – Voisins-le-Bretonneux, 27 novembre 2014)…
    Et c‘est de là que j’ai pu reconstituer toute la généalogie depuis 1800 des Cassin, Juifs du pape, revenus de Cuneo à Nice, et suis devenu l’ami de Gilbert Cassin (né à Marseille le 18 novembre 1929), le dernier neveu vivant de René Cassin (Bayonne, 5 octobre 1887 – Paris, 20 février 1976) ; et Gilbert Cassin et votre sœur Nelly ont pu ainsi se rencontrer et faire connaissance, eux aussi…
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    Votre sœur Nelly, j’y reviens, m’a en effet parlé de divers et assez nombreux réfugiés à Navarrenx, protégés par Henriette Verdalle _ militante des Droits de l’Homme _ qui en a hébergés pas mal en son propre domicile du Vieux-Logis, au Faubourg de Navarrenx ; et Nelly a cité, je m’en souviens _ cela m’avait bien sûr frappé ! _ le nom de Dior _ mais il ne s’agissait peut-être pas, et pour cause, de Christian Dior lui-même : celui-ci n’est jamais venu à Navarrenx… _ ; de même, j’ai retrouvé mes notes de 2015, comportant en effet le nom de Reinach, sans le prénom de Paul toutefois ; ni encore moins le nom de son épouse Yvonne Laborde ; non plus que celui de Colette Ferenczi…
     
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    Je vous lis donc, page 31 de l’édition du livre de poche (n° 36356) :
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    « Paul _ Paul Reinach (Paris 8e, 12 mars 1895 – Saint-Avertin, 12 décembre 1968) _ était à Navarrenx parce que sa femme Yvonne _ Yvonne Reinach née Laborde (Colombes, 22 juillet 1907 – Mouans-Sartoux, 15 décembre 1997) _, mannequin chez Dior _ il y a là une difficulté de dates, ce ne peut en effet pas être en 1943 que Yvonne Laborde, épouse Reinach, avait été mannequin chez Dior ; ce ne pourra être que plus tard, après 1945, et même 46 : car la maison de couture Christian Dior n’a été créée que le 6 octobre 1946, et a été inaugurée le 16 décembre 1946 ; et son premier défilé de mode a eu lieu le 12 février 1947… _, en était originaire _ pas tout à fait de Navarrenx : Yvonne Laborde était seulement la fille du basque Pierre Laborde (né à Bayonne le 12 mars 1867) et son épouse Angélique Veitman (née à Thionville le 23 février 1870), qui s’étaient mariés à Paris 19e le 25 mai 1889 ; Pierre Laborde, lui, était fils de deux basques : Martin Laborde (né à Tardets-Sorholus, en Soule, le 19 juillet 1818) et son épouse Marie Iribarne (née à Suhescun, en Basse-Navarre, le 13 mars 1827) ; alors que la cité de Navarrenx ne se situe pas, elle, en pays basque, mais en Béarn…
    Ils avaient recueilli _ qui : les Reinach – Laborde ? Ou bien plutôt les Verdalle ? en leur Vieux-Logis du Faubourg de Navarrenx, où Pierre Cassin allait donner des leçons de grec au fils d’Henriette Verdalle (Navarrenx, 22 août 1896 – Mauléon-Licharre, 27 février 1988), André Laclau-Barrère (Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001), qui préparait à domicile chez lui à Navarrenx (et non en son lycée à Pau) les épreuves du baccalauréat… _ d’autres Juifs, dont Colette Ferenczi, la jeune veuve de l’éditeur _ Alexandre Ferenczi est décédé à Antibes le 9 avril 1943 : ce qui démontre qu’à cette date d’avril 1943 Pierre Cassin et sa famille se trouvaient bien encore à Navarrenx, et n’avaient pas encore fui le Béarn, dénoncés à la Gestapo… _ avec ses deux enfants Claude _ Claude-Jeannine Ferenczi : 11 novembre 1929 – Boulogne-Billancourt, 5 août 2023 _ et Philippe _ Philippe-Gilbert Ferenczi, qui épousera Catherine Boss ; ce couple aura 3 enfants :
    Nicolas Ferenczi, époux de « Martine » Marie-Chantal Moutton (née au mois de mai 1958) : et le couple a 2 enfants : Alizée Ferenczi et Antoine-Louis Ferenczi (né le 24 mai 1988) ;
    « Laurent » Etienne-Gilles Ferenczi (Toulon, avril 1959 – Paris 14e, 7 octobre 2022), époux de « Manuelle » Estelle Salama ; le couple a 3 enfants : Adrien-Moïse-André Ferenczi (né le 26 décembre 1987), Paul-Augustin-Alexandre Ferenczi (né le 7 avril 1991), et enfin Emile-Claude-Philippe Ferenczi (né le 13 février 1995) ;
    et Gilles Ferenczi (né au mois de mars 1968).
    Claude _ Claude-Jeannine Ferenczi, née donc le 11 novembre 1929 _ avait l’âge de ma sœur _,
    et Papa
     
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    Plus tard, d’autres fils (de rencontres effectives ? ou de mémoire seulement ?..) se noueront ou renoueront plus ou moins pour vous autres Cassin avec certains des survivants Reinach, notamment à l’occasion de visites à la merveilleuse villa Kerylos, construite pour Théodore Reinach (1860 – 1928), le père de Paul, à Beaulieu-sur-Mer ; et léguée par théodore Reinach en 1928 à l’Institut de France…
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    Peut-être que se trouve là la raison de ce nom de Dior associé par Nelly se souvenant de son séjour à Navarrenx sous l’Occupation… C’est à tirer au clair…
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    J’espère, Barbara, que cette avalanche de précisions historiques (du maniaque de la précision que je suis) ne vous est pas trop indigeste ;  mais la réalité des faits advenus sous l’Occupation me paraît digne d’être avérée, ainsi que transmise : trop d’effaceurs de l’Histoire nous assaillent d’un peu partout spécialement ces derniers temps-ci…
     
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    A suivre,
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    Ce lundi 9 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa