Étiquette : vie

  • L’éblouissement immédiatement irradiant des sublimes Carnets de Goliarda Sapienza

    L’ami René de Ceccatty

    …

    vient de me faire adresser

    par les Éditions du Tripode

    …

    les Carnets

    de Sapienza Goliarda,

    …

    à paraître le mois prochain

    _ le 3  janvier _,

    …

    et qu’a traduits en français l’amie de si longtemps

    _ de leurs années de lycée à Montpellier _ et toujours, de René,

    Eilathan,

    Nathalie Castagné.

    …

    …

    Dès la lecture

    de la présentation liminaire de l’éditeur lui-même,

    Frédéric Martin

    _ cf le podcast de mon entretien avec lui le 25 novembre 2015 pour son édition du sublime Vie ou Théâtre ? de Charlotte Salomon : Frédéric Martin, Vie ? ou Théâtre ? de Charlotte Salomon (61’) le 25-11-2015 ;

    ainsi que mon article du 29 novembre 2015 :   _,

    aux pages 5 à 10 de ces Carnets,

    …

    puis le résumé très éclairant des péripéties complexes, et très souvent tragiques, de la vie (Catane, 19 mai 1924 – Gaeta, 30 août 1996) de Goliarda Sapienza

    _ l’écriture lui sera donc aussi, du moins parfois, secours !

    sinon la publication même,

    et encore moins le baume éventuel de la reconnaissance du succès _,

    aux pages 466 à 475 de ces Carnets, 

    …

    et surtout, forcément,

    les premières pages _ sublimes !!! _ de ces Carnets, 

    à l’écriture stupéfiante et renversante de justesse,

    de force

    et de beauté,

    …

    on reste confondu de bonheur

    de pareille stupéfiante illuminante _ de la vie, de toute vie _ lecture !

    …

    …

    Car Goliarda

    entame en 1976 la rédaction de ces Carnets

    afin d’essayer de survivre à la cessation de l’écriture de son grand œuvre désormais achevé,

    L’Art de la joie…

    …

    …

    On comprend que cette force-là

    de l’écriture

    ait pu faire peur

    aux éventuels éditeurs,

    et en Italie d’abord…

    …

    puisque L’Art de la joie, terminé en 1976, n’aura pas connu la publication

    du vivant de son auteur,

    décédée en 1996…

    …

    …

    Ce sera en effet l’obstination fidèle d’Angelo Pellegrino,

    le compagnon puis mari très aimant de Goliarda ;

    …

    puis le succès en France de l’œuvre traduite par Nathalie Castagné,

    et publiée, en 2005, aux Éditions Viviane Hamy,

    …

    qui fera reconnaître universellement

    la grandeur magnifique de l’écriture

    et de la personne

    de Goliarda Sapienza !

    …

    …

    Ce samedi 22 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’épatante vie qui bat des soeurs Labèque : musique et paroles. C’est magique !

    La vie qui bat des sœurs Labèque :

    musique et paroles.

    …

    C’est épatant !

    …

    …

    Les grands entretiens de France-Musique

    _ de 27′ chaque fois _

    ont été consacrés cette semaine

    aux sœurs Katia et Marielle Labèque.

    …

    …

    Et c’est magique !…

    …

    …

    En voici les podcasts.

    …

    …

    Le 17 décembre,

    ce fut « La musique était présente tous les jours, c’était très joyeux » ;

    …

    le 18,

    « Il y a toujours quelque chose qui nous pousse à découvrir d’autres musiques » ;

    …

    le 19,

    « On les aimait tellement qu’on voulait jouer avec eux » ;

    …

    le 20,

    « Aujourd’hui une chose n’est réelle que si nous avons la possibilité de la filmer » ;

    …

    et le 21,

    « La musique aide à s’échapper, à s’envoler, mais aussi à comprendre le monde« .

    …

    …

    Ce qu’elles disent est aussi intéressant

    que leur jeu est magnifique

    de vie !

    …

    …

    Ce vendredi 21 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    https://www.francemusique.fr/emissions/les-grands-entretiens/katia-et-marielle-labeque-pianistes-1-5-67374

    https://www.francemusique.fr/emissions/les-grands-entretiens/katia-et-marielle-labeque-pianistes-2-5-67392

    https://www.francemusique.fr/emissions/les-grands-entretiens/katia-et-marielle-labeque-pianistes-3-5-67310

    https://www.francemusique.fr/emissions/les-grands-entretiens/katia-et-marielle-labeque-pianistes-4-5-67326

    https://www.francemusique.fr/emissions/les-grands-entretiens/katia-et-marielle-labeque-pianistes-5-5-67355

  • Le Beethoven époustouflant de grâce du miraculeux Pavel Kolesnikov

    Le 5 avril dernier,

    et à propos du précédent CD de Pavel Kolesnokov,

    le CD Hyperion CDA 68224 simplement intitulé Louis Couperin,

    …

    j’intitulai mon article pour ce blog

    Ecouter la merveille Louis Couperin,

    …

    mettant l’accent sur un compositeur _ Louis Couperin (Chaumes-en-Brie, c. 1626 – Paris, 29-8-1661) _ que je vénère…

    …

    …

    Je m’étais alors procuré le CD que le jeune pianiste avait aussi consacré aux Mazurkas de Chopin :

    magnifiquement réussies, elles aussi,

    …

    alors que celles-ci

    sont probablement ce qu’il y a de plus difficile à saisir et donner dans l’œuvre de Chopin…

    …

    …

    Aujourd’hui Pavel Kolesnikov nous offre un CD Beethoven :

    …

    Je me suis dit : « un Beethoven de plus« …

    …

    Jusqu’à ce que j’en entende un extrait sur l’antenne de France-Musique !

    …

    Coup de foudre !!!

    Une interprétation confondante de vérité !

    De jeunesse autant que de plénitude.

    …

    Soit le jeune Ludwig van

    improvisant à son clavier,

    dans la plus enthousiasmante ferveur !!! 

    …

    …

    Joie !!!

    …

    …

    Et à l’écoute du CD en son entier,

    je suis à mon tour enthousiasmé :

    …

    non seulement par la vie extraordinaire de l’interprétation _ c’est phénoménal d’évidence et plénitude juvéniles ! _,

    …

    mais aussi par la merveilleuse composition du programme

    de ce CD Hyperion Beethoven CDA 68237,

    …

    autour de la célébrissime sonate Au clair de lune,

    révélée ici à elle-même dans toute sa fervente fraîcheur,

    _ comme jamais par quiconque peut-être _,

    …

    une autre sonate, la sonate opus 14 n°2,

    …

    et une série de Bagatelles :

    …

    les Sept Bagatelles op. 33 ;

    et quatre Bagatelles sans numéro officiel (Wo0211, Wo 052, Wo056, Wo053) : fabuleuses !!! ;

    …

    ainsi que les 32 Variations sur un thème original en ut mineur (Wo080). 

    …

    …

    Le pur plaisir de la musique naissant à l’instant même des doigts les plus follement inspirés…

    …

    L’effet sur nous qui l’écoutons

    est ravageur !

    …

    Nous sommes transportés !!! 

    …

    …

    Un artiste majeur nous est décidément né :

    Pavel Kolesnikov.

    …

    …

    Une merveilleuse capacité

    de se mettre

    et de nous placer

    dans le génie à l’œuvre du compositeur lui-même…

    …

    C’est étourdissant

    et jubilatoire.

    …

    …

    Ce mercredi 10 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Lire une correspondance publiée : intensité et vérité _ ici, la Correspondance (1981-2017) de Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel

    Sans s’égarer-perdre, à ma façon idiosyncrasique, dans la jungle épaisse et contournée _ labyrinthique _ des détails,
    voici en deux mots, l’essentiel d’une puissante correspondance : « intensité et vérité » !
    …
    …
    Alors que je goûte personnellement peu _ et de moins en moins, avec l’âge _  les fictions
    (et la perte-fuite-épuisement, romantique ou surréaliste, dans les imaginaires _ dont je sépare radicalement le pouvoir positif, lui, d’imageance puissamment connectrice du penser ! _,
    …
    j’apprécie tout spécialement et très vivement les correspondances
    de plus ou moins _ et plutôt moins que plus : se regarder écrire est très contre-productif ! _ écrivains
    _ Madame de Sévigné ne l’était pas : seulement une écrivante libre, et selon ses strictes nécessités personnelles, et exquises fantaisies _,
    dans leur riche mélange, au fil de la plume rapide,
    du grain de l’essentiel parfois saisi au vol _ une grâce assez rare ! _
    et de la paille du quotidien des travaux et des jours _ avec ses humbles richesses, que la plume sait parfois clairement détacher… _ :
    à travers le grain subtil et somptueusement irisé (à son meilleur ! bien sûr…)
    de la peau plus ou moins fine des détails les plus triviaux,
    mais si riches de puissances pour qui sait les remarquer et faire parler-raconter-s’exhaler,
    …
    là précisément où
    en toute innocence apparente
    demeure-se terre-se cache le diable
    qui mène, discrètement, bien sûr, parfois le bal :
    …
    au lecteur de cette correspondance publiée,
    et à la suite _ par-dessus l’épaule _ du destinataire originel,
    de savoir lire
    et apprécier la pleine saveur du texte et sous-texte…
    …
    …
    Intensité et vérité : absolument !
    …
    …
    C’est ce que j’ai jadis apprécié dans ma lecture de l’ensemble des lettres conservées _ non détruites par sa petite-fille _ de Madame de Sévigné,
    à l’occasion du travail que je m’étais donné
    d’y repérer tout ce qui concernait la musique,
    …
    car elle et sa fille,
    en leurs lettres de trois fois la semaine quand, inquiètes de chacune, elles étaient séparées,
    se mettaient assez souvent à chanter (la mère ; et aussi le gendre) et danser (la fille)
    dans ces intenses missives !
    …
    Lettres chantantes et dansantes.
    …
    Chant et danse imprégnant, forcément, de leur puissante enivrante aura, tout le reste !
    …
    La gaieté est fondamentale dans toutes les activités _ sans exception _ des vivants humains !
    …
    …
    Ici,
    dans la correspondance des deux vieux amis (depuis leur classe terminale, en 1965-66 à Brive, au lycée Cabanis)
    _ à paraître le 13 septembre prochain, aux Éditions Verdier _
    que sont Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel,
    …
    maints supports se succèdent :
    lettres, bien sûr,
    mais aussi cartons d’invitation, cartes postales,
    et maintenant (régulièrement depuis 2009) les courriels,
    qui inclinent la plupart du temps à la brièveté.
    …
    Car l’un comme l’autre des deux amis travailleurs forcenés,
    ont bien d’autres chats à fouetter,
    ces deux aux tempéraments fortement contrastés : dissymétriques, inversés,
    complémentaires dans leurs divergences et différends animés même.
    …
    Chez ces deux forcenés du travail,
    le temps d’écrire une lettre est nécessairement compté _ et souvent même différé : pour gagner davantage de calme _ ;
    et la correspondance serait largement fonctionnelle,
    si leurs liens se réduisaient à l’ordre de l’utile voire du nécessaire : ce qui est assez rarement le cas ici.
    La cause à décisivement trancher est plus profonde et essentielle !
    …
    Non,
    nous avons plutôt affaire à une sorte de célébration sans cesse disruptive
    et même un peu mâtinée de vieille sauvagerie,
    par à-coups, piqûres de rappel de loin en loin, à l’occasion, de l’amitié
    de la part de deux écrivains consacrant le meilleur de leur très précieux temps à la réalisation de leur œuvre d’écriture ;
    …
    et, curieusement, du moins en première apparence, à fronts renversés,
    face au réel à décidément et fièrement capter
    (cf page 66, in la lettre du 19-5-1996) :
    …
    celui qui a longtemps enseigné la littérature au collège, et se réalise en prosateur : ses récits, et surtout, pour moi, son admirable Journal !,
    est passionnément épris de philosophie (Hegel, Descartes) et de sociologie ;
    …
    celui qui a longtemps enseigné (à mi-temps) la philosophie au lycée, et se réalise en poète (et éditeur),
    est passionnément épris de littérature et, plus encore, poésie (Hölderlin, Dante, Bonnefoy).
    …
    …
    A mes yeux,
    le meilleur de Pierre Bergounioux ici est le texte _ parfait ! _ de sa Préface (pages 7 à 11),
    intitulée, d’un mot emblématique en ses jeunes années de Jean-Paul Michel : « Allez ! » ;
    …
    et c’est Jean-Paul Michel qui, me semble-t-il, se livre le plus (et à fond) dans quelques missives ardentes un peu développées et suivies, ainsi que solidement argumentées
    de temps en temps…
    …
    …
    Voilà, pour commencer…
    …
    …
    Nous ne sommes donc pas tout à fait ici, et plutôt rarement, à hauteur du sublime Carnet de notes de Bergounioux ;
    auquel Jean-Paul Michel sait rendre parfaitement la grâce qu’il convient.
    …
    Cf sa magnifique lettre du 4 ou 5 octobre 2007, page 112, à propos de sa lecture du second volume parvenu, ou plutôt réceptionné par lui, le matin même, dans sa boîte postale bordelaise :
    …
    « De tous les compliments qu’il m’aura été donné de recevoir pour un livre,
    le plus grand aura été celui-ci :
    « Le jour où j’ai reçu votre livre, je n’ai pas été travailler »
    (Gérard Noiret, de La Quinzaine, en 1997, pour Le plus réel...).
    Eh bien le second volume de ton Carnet de notes vient de me jouer le même tour. Je l’ai pris à la boîte à 8 h 30 ce matin. J’y suis toujours… après avoir découvert que j’avais ni plus ni moins oublié mes deux heures de cours de 10 à 12 ! « .
    …
    …
    C’est donc là,
    me semble-t-il du moins à la première lecture _ je vais poursuivre _,
    davantage un document connexe à leurs biographies parallèles d’auteurs (gens-de-lettres)
    _ même si Jean-Paul Michel parle réellement très peu de lui et de son quotidien _
    qu’une (vraiment) œuvre propre,
    sur la durée de leurs deux existences depuis l’année marquante _ de l’éveil _ de la Terminale Philo de 1965-66…
    …
    …
    Retour aux critères d’intensité et vérité.
    …
    …
    Cependant existent bien là de tels puissants moments d’intensité et vérité…
    …
    comme c’est le lot en une correspondance,
    …
    dans le treillage
    de l’intensité la plus haute des idiosyncrasies des interlocuteurs
    vraiment amis
    et du quotidien en apparence le plus anecdotique…
    …
    …
    Pourquoi pas ?, donc…
    …
    Il suffit de patience, constance,
    et profonde fidèlité
    pour faire advenir-affleurer-s’épanouir parfois le principal
    qu’un véritable auteur est capable de donner à paraître et resplendir en son écriture.
    …
    Dans le dialogue-duel.
    …
    Intensité et vérité.
    …
    …
    Ce mardi 4 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa