Jamais jusqu’ici je n’ai réussi à obtenir une écoute discographique vraiment jouissive des Lieder de Johannes Brahms, à la différence des Lieder de Franz Schubert ou de Robert Schumann, comme vient de me procurer l’écoute sous le charme du CD Sony classics 19802897352 « Brahms – Lieder » de Christian Gerhaher, baryton, et Gerold Huber, pianiste – enregistré à Neumarkt in der Oberpfalz les 8 et 9 octobre 2024…
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Comme me le confirme aussi l’oreille très fine du très bon Jean-Charles Hoffelé, en son umx que pertinent article du 13 août dernier, intitulé « Retour à Brahms« …
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RETOUR À BRAHMS
Schubert, Schumann, Mahler, Schoeck même : jusqu’ici Christian Gerhaher avait – seulement à peine – effleuré Brahms : l’Ecclésiaste du Requiem allemand, les Quatre chants sérieux, une Belle Maguelonne laissaient espérer le retour du poète dans un univers qui se loge exactement – oui ! – dans sa vocalité d’aujourd’hui, toujours plus légère, toujours plus déliée, fuyant plus encore l’éclat – bravo ! – , fondant le mot dans la note.
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C’est merveille évidemment pour le Regenlied-Zyklus tiré de l’Opus 59, pour les rarement enregistrés Lieder de l’Opus 32, pour tout ce qui sera effleuré par une nuance automnale, Herbstgefühl, Auf dem Kirchhofe, Treue Liebe, Regentropfen auf den Bäumen, Gerold Huber participant de son clavier évocateur, dont les couleurs frôlent l’irréel, à tant de poésie – oui, oui, oui…
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Écueil tout juste évité, Der Strom et les autres Lieder qui demandent plus de mordant ou de puissance indiquent les limites du baryton ; il les compense à force d’art et d’intelligence délivrant des lectures qui confinent au magistral sans y paraître – voilà ! l’art sachant effacer les dernières traces de l’art – : écoutez seulement Wie bist du, meine Königin.
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Mais le plus beau – probablement, et c’est absolument juste ! – , le plus désarmant, reste le presque-rien des six Lieder d’inspiration populaire qui ouvrent le voyage, pure poésie quasi de voix impondérable sur un piano de magicien – oui, oui, oui ! J’entendrais bien leur alliage chez Pfitzner.
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LE DISQUE DU JOUR
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8 Lieder und Romanzen,
Op. 14 (3 extraits : No. 1. Vor dem Fenster ; No. 2. Vom verwundeten Knaben ; No. 8. Sehnsucht)
7 Lieder, Op. 48 (3 extraits : No. 1. Der Gang zum Liebchen ; No. 2. Der Überläufer ; No. 7. Herbsthgefühl)
4 Gesänge, Op. 43 (2 extraits : No. 1. Von ewiger Liebe ; No. 2. Die Mainacht)
9 Lieder und Gesänge, Op. 32
8 Lieder und Gesänge, Op. 59 (4 extraits : No. 3. Regenlied ; No. 8. Dein blaues Auge hält so still ; No. 7. Mein wundes Herz verlangt nach milder Ruh ; No. 4. Nachklang)
5 Lieder, Op. 106 (extrait : No. 4. Meine Lieder)
5 Gesänge, Op. 71 (extrait : No. 3. Geheimnis)
5 Lieder, Op. 105 (extrait : No. 4. Auf dem Kirchhofe)
5 Gesänge, Op. 72 (extrait : No. 3. O kühler Wald)
6 Gesänge, Op. 7 (extrait : No. 1. Treue Liebe)
4 Gesänge, Op. 70(extrait : No. 2. Lerchengesang)
4 Lieder, Op. 46 (extrait : No. 1. Die Kränze)
Regenlied (Regentropfen aus den Bäumen), WoO 23
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Christian Gerhaher, baryton
Gerold Huber, direction…Un album du label Sony Classical 198028973526
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Photo à la une : le baryton Christian Gerhaher – Photo : © Gregor Hohenberg/Sony Music
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Un CD magnifique !
Et qui fait date dans l’interprétation de ces Lieder de Brahms !..
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Et un dernier détail :
Christian Gerhaher et Gerold Huber, si merveilleusement complices, sont tous deux natifs de Straubing, en Bavière, et la même année 1969…
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Ce lundi 18 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa


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