Auteur/autrice : francislippa

  • Cécité et surdité, ou le caca-boudin du paresseux (à regarder, écouter, lire)

     Sur la difficulté d’un regard objectif et libre sur le réel, sur les œuvres, sur les livres _ et les articles de blogs

    Pour les dégâts
    _ « dommage« , dis-tu, du blogueur (sectaire et aigri) hébergé par Le Monde (en date du 14 mai dernier) _
    jusqu’aux USA,

    …

    ce matin,
    je vais ici « répondre » au lecteur
    _ il signe « Azer » _
    de ce même article (« Probité et liberté de l’artiste« )
    qui « se fend » de ce courrier magnifique :

    « Qu’est-ce que c’est chiant !« 
    Point final.

    …

    Mais de quoi parle-t-il donc, ce correspondant,
    sinon de la misère de sa propre difficulté (voire incapacité) à lire
    un minimum de complexité
    du réel…

    …

    Car c’est lui qui _ doublement _ « SE fait chier«  par sa paresse (de penser)
    et face à l’article
    et face au réel…

    …

    Et qui _ le pensant, et le croyant (= « chiant !« ) _ « le » projette
    _ comme c’est le fonctionnement primitif (= égo-centrique) de l’esprit _
    sur l’article…

    …

    Je vais donc intituler ma réponse (sur le blog) : « le caca-boudin du paresseux« .

    …

    Lequel, paresseux, ne va pas plus loin sur le clavier

    pour sa signature

    que les 5 premières lettres (A-Z-E-R !),
    tellement vaillant il est :

    et qui butant sur le « TU »
    _ ce n’est pas innocent du tout ! _
    n’est même pas capable d’écrire encore « -TUYOP » (« Azertuyop »,
    quand on va jusqu’au bout… de la première ligne du clavier) ;
    et encore moins,
    peut-être inculte qu’il serait (?),
    « -BAÏDJAN » (« Azerbaïdjan »)…

    …

    Freud

    _ consulter par exemple l’excellent « Vocabulaire de la Psychanalyse » de Laplanche et Pontalis (aux PUF) _

    dirait que le malheureux
    est resté figé
    à la phase « SADIQUE-ANALE »

    _ après la phase « ORALE » _
    de la sexualité infantile :
    la phase « CACA-BOUDIN« 
    celle où le bébé se pose en s’opposant (à ses parents) ;
    c’est aussi la phase du « NON »
    à beaucoup de choses ;
    oscillant selon les humeurs entre « faire plaisir » (complaire)
    et malin plaisir à « emmerder »…

    …

    C’est aussi une phase d’avarice
    (et de constipation),
    toujours selon Freud…

    …

    Sans accéder, ce malheureux « indiligent lecteur »

    _ ainsi que l’apostrophe Montaigne (en son essai « De la vanité« , livre III, chapitre 9 des « Essais » :

    « C’est l’indiligent lecteur, qui perd mon subject ; non pas moy » _

    à la phase de la reconnaissance de la sexuation :
    la phase « PHALLIQUE »,
    avant

    _ après une période
    (dite aussi « âge de raison« ,
    propice à l’apprentissage par l’éducation)
    dite « DE LATENCE » des pulsions
    (entre 5 et 12 ans) _ ;

    avant la phase
    _ adulte, au moment de la puberté _
    « GÉNITALE » :
    celle de la jouissance AVEC L’AUTRE, en son altérité…

    …

    Jouissance sereine
    caractéristique de la normalité épanouie, selon Freud ;

    les fixations pulsionnelles aux stades antérieurs (de la sexualité infantile)
    caractérisant, elles, la névrose (pathologique)
    que soignait, précisément, le Dr Freud…

    …

    Ici, on complétera (utilement) Siegmund Freud par Emmanuel Lévinas

    _ par exemple dans « Totalité et infini » _,
    à propos de l’expérience du
    (mystère infini du)
    visage…
    Ce qu’est incapable de faire la perversion (clinique)
    de la pornographie…

    Ou du
    « la tête sous l’oreiller« ,
    comme disait un autre…

    …

    Bref, ce monsieur-là (« Qu’est-ce que C‘est chiant !« )
    SE fait proprement « chier » LUI-MÊME :

    par sa difficulté _ voire incapacité _ à entrer si peu que ce soit
    dans l’analyse (et la compréhension : elles ont leurs conditions spécifiques) du RÉEL…

    …

    Il est comme l’ignorant
    (qui ne réfléchit pas assez _ ça le fatigue ; et ça l’inquiète désagréablement)
    ou l’ »idiot« 
    (lire Clément Rosset : « Le réel, traité de l’idiotie« , en 1977)
    qui,
    quand celui qui sait

    (parce qu’il a un tant soit peu appris à ré-fléchir,
    analyser
    et comprendre enfin : ce n’est pas immédiatement immédiat _ ou d’emblée _, si j’ose dire)
    montre la lune,
    n’est capable, lui
    _ qui ne sait pas _,
    que de ne voir que
    le doigt !

    Voilà mon article _ soit « le caca-boudin du paresseux«  _ de réponse
    à cette difficulté (voire incapacité) de lire
    « Probité et liberté de l’artiste« …

    …

    Maintenant,
    pour ce qui demeure À FAIRE,

    il faut d’abord
    ne pas simplement rester tétanisé,
    mais
    faire connaître LARGEMENT
    cet article
    de ce blog (sur mollat.com )
    à ses amis et connaissances
    (aux États-Unis, pour commencer :

    où le site du Monde est lu ;

    et pourquoi pas aussi celui _ http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/ _ de la librairie Mollat ?) ;

    et que ceux-ci,

    amis et connaissances un peu instruits de la photographie,
    RÉPONDENT
    un peu plus sagacement que le minimal « AZER »
    _ qui se contente

    (en matière de signature

    pour ne rien dire de la teneur de son « appréciation »)

    des 5 premières lettres du clavier _,
    tant il manque d’imagination (et de vaillance) ! _ ;
    répondent, donc,

    au blogueur méchamment sectaire hébergé par Le Monde en mai dernier…

    …

    Ce blog-ci s’enrichira ainsi d’échanges de qualité…
    N »est-ce pas que je me suis laisser aller à désirer

    dès mon article d’ouverture, « le carnet d’un curieux » ?…

    …

    Comment demeurer à ce point insensible
    à la qualité du regard de « l’artiste« 

    sur ce que
    celui-ci sait si bien
    montrer

    (et d’abord regarder, voir, détecter,
    de son regard _ photographique _ « probe » et « libre« )
    du « Littoral des lacs » de Haute-Savoie !?!?!?

    …

    Et, en conséquence de quoi,
    si bien faire découvrir
    à leur tour
    aux regardeurs « honnêtes » et « sans prévention« 
    et de l’expo, à Annecy (à la galerie « Chambre claire« )
    et du livre (édité par Images en manœuvre Éditions) :

    …

    ceux-là même que Marquis, en son mail du 6 juillet à 17h 13
    (cf mon article
    « de la critique musicale (et autres) : de l’ego à l’objet _ vers un “dialogue” »
    du 17 juillet)
    qualifie d’« êtres
    qui reçoivent
    (les œuvres d’art : c’est un « accueil » !)
    sans prévention, sans malignité,
    avec un cœur et un esprit libres et ouverts
    « 
    .

    …

    La formule de Marquis
    est magnifique de justesse.
    Elle doit être LARGEMENT MÉ
    DITÉE, de par le monde,
    et aux Etats-Unis aussi.

    Car cela
    (« un cœur et un esprit libres et ouverts« )
    se forme et s’apprend ;
    ou se dé-forme et se perd : à l’usage…
    …

    Bref,
    il me semble que la priorité

    est qu’il faut faire largement connaître cet article « Probité et liberté de l’artiste » (de réplique) de ce blog-ci sur mollat.com ;

    et susciter de vraies réponses un peu sagaces

    sur le fond même du débat
    (et du livre « Littoral des lacs« )
    sur le blog mollat.com lui-même…

    …
    A vos plumes !
    A vos claviers !

    …

    Et un peu plus loin que A, Z, E, et R…

    ou même T, U, Y, O, et P…

    …

    Titus Curiosus, ce 8 août

  • Continuer d’apprendre à marcher

    Sur « Éloge de la marche » de David Le Breton (aux Editions Métailié, paru en mai 2000)

    …

    J’achève à l’instant « Éloge de la marche » de David Le Breton
    avec une très vive satisfaction.
    …
    D’abord, déjà, d’un titre aussi juste : remercier (par l’ »éloge » !) pareille activité _ qu’est « marcher » _

    comme une des grâces du bien vivre…
    …
    Mais qui doit cependant _ ce « marcher » _ « se cultiver« ,
    dans une civilisation qui incline fortement à la paresse, à la passivité
    (et à la lâcheté).
    …
    Nous retrouvons ici
    et Kant (« Qu’est-ce que les Lumières ? » en 1784)
    et Bernard Stiegler (« Prendre soin _ de la jeunesse et des générations« ) :
    toujours autour de la question de la hiérarchie (contre la confusion _ et l’inversion) des moyens et des fins
    pour ce qui concerne le devenir
    et de l’individu humain
    (ou « non in-humain« ,
    ainsi que le précise justement Bernard Stiegler)
    et de l’humanité,
    en son devenir historique et civilisationnel
    (face à la tentation
    _ cf Nietzsche, le discours du sur-humain, et du « dernier homme« , au Prologue d’ »Ainsi parlait Zarathoustra » _
    du nihilisme :
    ah ! la jouissance sauvagement « inculte »
    et « barbare » (cf Michel Henry : « La Barbarie« , en 1987)
    du détruire, du ruiner,
    et de se détruire _ et de se suicider…)…
    …

    « Le corps,
    dit David Le Breton page 13,
    est un reste contre quoi se heurte la modernité _ technicienne, mécanique, motorique : par les prodiges d’ automatisation de l’ingénierie technologique, procurant au corps mille prothèses qui finissent par nous le rendre inutile, encombrant, obsolète dans le moindre de ses anciens gestes et efforts : à quoi bon se fatiguer quand la machine (voiture, ascenseur, escalator : on vient s’y figer…) vous porte, transporte, jusqu’à vous remplacer vous-même en tant que simple moyen (pour d’autres _ voire, et c’est là le comble du raffinement ! _ pour soi) ? Ainsi en 1999, David Le Breton a-t-il pu écrire un « Adieu au corps« …

    (…) Cet effacement (du corps) limite son champ d’action sur le réel,
    diminue le sentiment de consistance du moi,
    affaiblit sa connaissance des choses.

    (…) Les pieds servent davantage à conduire des voitures
    ou à soutenir le piéton quand il se fige sur l’escalator

    _ ce qui me peine considérablement chaque fois, mais oui !
    par tout ce que cela implique du rapport de soi au vivre _
    ou le trottoir,
    transformant la majorité de leurs usagers

    _ de ces pieds _
    en infirmes
    _ rien moins ! _
    dont le corps ne sert plus à rien, sinon à leur gâcher la vie » (page 13, donc) !

    …
    Avec ce versant positif-ci, page 14 :
    « Les marcheurs
    _ eux, dans le monde contemporain, rappelle David Le Breton _
    sont des individus singuliers
    qui acceptent des heures
    et des jours
    de sortir de leur voiture pour s’aventurer corporellement dans la nudité du monde.

    …

    La marche est le triomphe du corps _ et de la « sensorialité« , ré-activée alors _ selon le degré de liberté _ d’initiative et de fantaisie re-trouvée (des jeux de l’enfance) _ du marcheur. »
    …

    Et page 15 :
    « Jouissance du temps, des lieux,
    la marche est une dérobade, un pied de nez à la modernité
    (motorisée et stipendiée).
    Elle est un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies,
    une manière propice de prendre de la distance.
    « 
    …
    Avec ce mode d’emploi-ci, page 16 :
    « Mon intention _ d’auteur, précise-t-il, liminairement à son propos _ est de parler de la marche consentie plaisir au ventre,
    celle qui sollicite la rencontre,
    la conversation,
    la jouissance du temps,
    la liberté
    _ ou fantaisie re-gagnée, j’y insiste _ de s’arrêter ou de continuer le chemin.
    …
    Invitation au plaisir _ gratuit _,
    et non guide
    _ à suivre, copier, imiter _ pour bien faire.
    Jubilation tranquille de penser et de marcher
     »
    _ les deux allant l’amble…
    …

    « Il s’agit seulement
    _ en ce petit livre, donc _
    de marcher ensemble
    _ auteur et lecteur _
    et d’échanger
    _ en le dialogue actif et amical de l’écriture et de la lecture _
    des impressions
    _ ouvertes _
    comme si nous étions autour d’une bonne table dans une auberge du bord de route,
    quand la fatigue et le vin délient les langues
     » :
    ainsi, me souviens-je d’un périple
    _ à vélo, il est vrai, l’été 1969, sur le chemin de Saint-Jacques (l’année de « La Voie lactée« , de Luis Buñuel) _,
    où nous avons dîné deux fois, dans une semblable auberge « du bord de route« , à Deva, en Guipuzcoa,
    rien que pour le plaisir de partager notre bonne humeur avec la bonne humeur de convives venant de s’attabler
    alors que nous achevions, bien malencontreusement (d’abord _ mais qu’à cela ne tienne ! cela fut vite « réparé » !), notre dessert…
    …

    J’admire l’écriture de David Le Breton,
    tant pour ce qu’il dit du « fond » des choses
    _ et c’est bien du « fondamental » (ou « élémentaire » : c’est le titre du chapitre page 74) qu’il s’agit ici : par le corps, et l’usage ouvert et lucide des sens
    (ou « sensorialité » : le mot se trouve dès la seconde phrase, page 11 ;

    et encore à la dernière page, au pluriel, cette fois : à propos « d’autres provisions d’images et de sensorialités« , quand « heureusement nous repartirons en balades dans les villes du monde, les montagnes, les déserts« , page 168) ;

    et c’est bien du « fondamental » qu’il s’agit, en effet, ici : se repérer _ un minimum _
    afin de vivre,
    survivre
    et d’abord bien vivre (ou vivre au mieux, vivre plus pleinement) ;
    que par la méthode : tissant _ magnifiquement _ sa réflexion à celles d’auteurs
    dont il se réjouit de citer les belles et justes paroles
    , en leur « jus »,
    dans le rythme de leur écriture originale (= leurs phrases, leur phraser ;
    c’est-à-dire le souffle syncopé de leur respiration.
    Ou le génie poétique,
    qui se déploie lui-même en une marche,
    en quelque sorte, pas après pas posé (ou dansé) sur le sol ;
    les pas frappant ce sol,
    selon la tonalité diversifiée et le grain du terrain…).

    …

    Ce qui donne, pages 16 et 17 : « Balade en toute simplicité
    et en bonne compagnie
    où il importe aussi
    à l’auteur de dire son plaisir non seulement de la marche
    mais aussi de maintes lectures
    et le sentiment constant
    _ la phrase le marque bien _ que toute écriture
    est nourrie de celle des autres
    et qu’il est légitime
    dans un texte de rappeler
    cette dette de jubilation

    _ ô la belle et juste expression ! _
    qui alimente souvent la plume _ et le penser juste et inspiré _ de l’écrivain« .
    …
    Avec cette dernière phrase pour conclure (page 17) cette « ouverture », intitulée « Seuil du chemin«  :
    « Pour le reste,
    ce sont des souvenirs qui défilent,
    des impressions,
    des rencontres
    _ oui ! _,
    des conversations à la fois essentielles et dérisoires
    _ comme c’est la loi, cela se découvre, pour le « fondamental » _,
    en un mot
    _ et ce sera le titre d’un livre ultérieur
    (en février 2006 _ et sous-titré « Une anthropologie des sens » : j’y adhère pleinement !)
    de David Le Breton _
    la saveur du monde« .
    …

    A propos de « l‘élémentaire » re-trouvé
    _ comme le temps chez Proust (dans « Le Temps retrouvé« , au final de « la Recherche« ) _
    par l’exercice effectif
    _ et on s’en rend on ne peut plus physiquement et physiologiquement compte _
    de la marche,
    ces quelques remarques-ci, page 74 :
    « La relation au paysage est toujours une affectivité à l’œuvre
    _ mais oui : elle travaille, et elle crée _
    avant d’être _ rien que _ un regard _ détaché du contexte
    (just a glimpse).
    Chaque espace
    _ et son génie
    (de lieu : genius loci)
    ainsi manifesté,
    consentant à nous adresser un petit signe, discret, de connivence véridique _
    contient en puissance des révélations
    _ rien moins _
    multiples
    _ polyformes _,
    c’est pourquoi aucune exploration n’épuise jamais
    un paysage ou une ville

    _ et ses ressources (ou trésor) de sens, à l’infini.
    On ne se lasse que de vivre » _ tiens donc !
    Et voici bientôt le crucial :
    « La marche est confrontation
    _ de visages qui se regardent, aussi, et enfin, presque de face : en confiance _
    à l’élémentaire,
    elle est tellurique
    et si elle mobilise un ordre social marqué dans la nature
    (routes, sentiers, auberges, signes d’orientation, etc.),
    elle est aussi immersion
    _ ou bain _ dans l’espace,
    non seulement sociologie,
    mais aussi géographie
    _ corps de la terre-mère _
    météorologie,
    écologie,
    physiologie,
    gastronomie,
    etc.
     » _ tout ce qui tient au lieu.

    …

    Avec cette conclusion provisoire :
    « En le soumettant à la nudité du monde

    …

    Sans titre © Bernard Plossu

    …

    _ cf le merveilleux « L’Usage du monde » de Nicolas Bouvier, sur son voyage initial de juin 1953 (au départ de Belgrade) à décembre 1954 (à l’arrivée au Pakistan) _,
    elle sollicite en l’homme le sentiment du sacré.« 
    David Le Breton le précise ainsi :
    « Emerveillement _ au sens propre _ de sentir l’odeur des pins chauffés par le soleil,
    de voir
    _ simplement voir (= rece-voir, ici, accueillir) _ un ruisseau couler à travers champ,
    une gravière abandonnée avec son eau limpide au milieu de la forêt,
    un cerf s’arrêter dans la futaie pour regarder passer les intrus.
    La tradition orientale parle du
    darshana d’un homme ou d’un lieu
    pour désigner
    un don de présence,
    une
    aura
    qui transforme
    _ en se donnant (cela devient rare en un monde marchandisé) _

    ceux qui en sont les témoins
    _ soit une éducation ; et un soin _,
    pages 74 et 75.

    …

    Quatre grandes parties pour cet « Éloge de la marche » : la première (et principale)
    intitulée « le Goût de la marche« 
    (de la page 18 _ « Marcher » _ à la page 99 _ « La réduction du monde où marcher« )
    concerne la randonnée pédestre par les bois, par les champs, par les plaines, par les montagnes,
    sac au dos.
    J’énumère pour le plaisir ses têtes de chapitre :
    « Marcher ; le premier pas ; la royauté du temps ; le corps ; bagages ; seul ou à plusieurs ; blessures ; dormir ; silence ; chanter ; de longues marches immobiles ; ouverture au monde ; les noms ; la comédie du monde ; l’élémentaire ; animaux ; l’obliquité sociale ; promenades ; écrire le voyage ; la réduction du monde où marcher« .
    …
    La seconde,
    tel un intermède
    _ peut-être un peu « expédié » : mais ce sont là des cas-limites (ou « héroïques ») _,
    de la page 100 à la page 120,
    intitulée « Marcheurs d’horizon« ,
    concerne des « marches extrêmes« , pour la vie (sauver sa peau),
    ou pour l’exploit _ quand il y avait encore des « explorateurs » :
    autour de 4 exemples :
    Cabeza de Vaca (« des côtes de Floride à celles du Pacifique« , page 101),
    René Caillé (« vers Tombouctou« , page 102),
    Richard Burton (et John Speke : « en quête des sources du Nil » blanc, page 109)
    et Michel Vieuchange (vers Smara : « une ville mythique, abandonnée, au coeur du désert et du danger« , en Mauritanie, page 117) ;
    Soit, pour les dates _ et les époques :
    _ 1527-1537 ;
    _ 19 avril 1827 – 20 avril 1828 – et à Tanger le 7 septembre ;
    _ 1857 – 1863 ;
    _ septembre 1929 – 2 novembre 1930 – et (bref) retour.

    …

    David Le Breton aurait pu citer aussi,
    dans le genre
    (de celle de Cabeza de Vaca)
    les « marches de la mort » _ hors « les camps » _ de 1945 :
    celle de Robert Antelme, par exemple (dans « L’Espèce humaine« )
    ou celle _ via la Russie _ que racontera Primo Levi dans « La trêve« …
    …
    La troisième, très belle et très juste, à nouveau,
    bien qu’un peu « rapide » _ elle aurait mérité plus ample « développement » _
    de la page 121 à la page 146,
    s’intitule « Marche urbaine« 
    _ et c’est celle qui, personnellement, me passionne.
    Ses têtes de chapitre :
    « Le corps de la ville » (de la page 121 à la page 132);
    « Rythmes de marche » (de la page 132 à la page 135) ;
    « Entendre » ; « Voir » ; « Sentir » ; « Humer » (de la page 135 à la page 146)

    appellent bien des commentaires…

    …
    Une dernière partie, comme en appendice « spirituel »,
    s’intitule « Spiritualités de la marche«  (de la page 147 à la page 166) ;
    avec comme têtes de chapitre : « Itinérances spirituelles » ; « Marcher avec les dieux » ; « La marche comme renaissance » : car « dans la trame du chemin » peut « se retrouver le fil de l’existence« … (page 166)

    …
    Et une rapide conclusion de 2 pages (167 et 168) : « La Fin du voyage«  :
    « Le voyage nous fait et nous défait ; il nous invente« .
    Et « nous repartirons en balades dans les villes du monde,
    les forêts, les montagnes, les déserts

    _ wilderness, dit, après d’autres, Catherine Larère (c’était le vendredi 28 mars dans la salle des Actes de l’Université Bordeaux3-Michel-de-Montaigne, je l’ai écouté le développer, autour d’Emerson, et Thoreau, et John Muir, et Aldo Leopold : « Almanach d’un comté des sables« , etc… : c’était en un colloque sur le « sauvage » organisé par Bruce Bégout et Barbara Stiegler) _,
    pour d’autres provisions d’images et de sensorialités _ oui ! _,
    découvrir d’autres lieux et d’autres visages _ ne sont-ils pas étonnamment liés ? _,
    chercher prétexte à écrire, renouveler notre regard, sans jamais oublier que la terre est faite pour les pieds plutôt que pour les pneus
    et que tant que nous avons un corps
    il convient de s’en servir
    « .
    Et, passé une phrase : « dans la jubilation d’être venu là.
    Les sentiers, la terre, le sable,
    les bords de mer,
    même la boue ou les rochers,
    sont à la mesure du corps
    et du frémissement d’exister
    « .
    …

    Merci à David Le Breton de ce généreux et salubre (r-)appel…

    …

    Titus Curiosus, le 5 août 2008

    Sans Titre - © Bernard Plossu

    Photographies : Sans Titre, © Bernard Plossu

  • Articles « en souffrance » : un inventaire « à la Prévert »…

     En une sorte d’inventaire « à la Prévert« , voici un premier _ très provisoire et bien incomplet, déjà _
    catalogue d’articles « en souffrance », que je me promets de rédiger, rapidement, mais dans des conditions minimales (= « élémentaires« ) de « soin »…

    Car je me suis promis, en effet, de rédiger bien des articles
    sans m’être trouvé en situation de le « réaliser » dans des conditions satisfaisantes
    de concentration (pour l’inspiration de leur « écriture ») : en voici un premier « inventaire » provisoire
    (et déjà très incomplet).
    …
    A savoir :
    …
    _ d’abord, et à tout seigneur, tout honneur,
    ce qui aurait dû être le tout premier vrai article
    _ à part celui de « présentation » du blog (« le carnet d’un curieux« ) :
    l’article sur ce monument (de vérité et de grandeur) que sont  « Les Années d’extermination« ,
    le tome second de « L’Allemagne nazie et les Juifs »
    de Saul Friedländer (aux Editions du Seuil, en février 2008) :
    un chef d’œuvre _ et quel Chef d’Œuvre ! _ pour comprendre « vraiment » (avec la gamme prodigieusement restituée et commentée des « témoignages » _ des victimes qui ont pu « s’exprimer » _, tout particulièrement : par là, cet ouvrage est tout simplement irremplaçable !) ; pour comprendre « vraiment » le sens de la modernité…
    …
    _ quelques articles de musique :
    …
    _ le CD Alpha 128 « Trios pour Nicolaus Esterhazy » de Joseph Haydn, par l’ensemble Rincontro (les excellents Pablo Valetti, Patricia Gagnon et Petr Skalka) :

    …

    big.JPG

    …

    une merveille de « musique domestique« ,
    c’est-à-dire d’intimité,
    restituée et offerte (comme un cadeau tout simple mais rare, en son incroyable « finesse »)
    telle qu’elle se pratiqua à la fin du XVIIIème siècle, en l’occurrence,
    loin des salles et scènes de concert (et des publics bruyants)…
    Soit tout un pan de musique révélé
    _ rendu : restitué et offert, donc _,
    et combien merveilleusement (expression oxymorique).
    Une très grande chose, qui ne se découvre pas à la première audition :
    à la seconde seulement ! Il faut lui prêter un minimum son écoute : en retour,

    c’est tout un monde qui nous est ici, par ce CD, « donné » à écouter partager :
    comme si nous nous tenions sur le seuil de cette petite pièce où le prince et ses amis (ou musiciens) « jouent » entre eux et pour eux…
    …
    _ un article « Alexandre Nikolaïevitch Scriabine »,
    à partir du coffret _ quel trésor ! _ Vladimir Sofronitzky :
    « Historical Russian Archives Vladimir Sofronitzky Edition :
    Scriabin, Chopin, Rachmaninoff, Schumann, Schubert, Liszt, a. o.
    « 

    de 9 CDs , chez Brilliant Classics ;
    ainsi que de l’album époustouflant « Scriabine »
    par le jeune enflammé et enflammant Andrei Korobeinikov, chez Mirare
    :

    …

    scriabine-mir061-couv-rvb-vignette.jpg

    …

    constitué des « Sonates » n°4, 5, 8 et 9,
    et des « Deux Poèmes » opus 32, 69 et 71,
    ainsi que du « Poème Vers la flamme » opus 72 :
    de la braise !..
    La confrontation de cet album enthousiasmant (de feu !)
    avec la grâce soyeuse, veloutée, et infinie, du jeu de Vladimir Sofronitsky
    est un cadeau du ciel.

    …
    _ le coffret « Zoltán Kocsis plays Bartók » (chez Philips),
    que j’attendais depuis un bon moment
    _ après l’écoute l’années dernière des « Debussy » de Kocsis (toujours chez Philips) _,
    et qui est une merveilleuse d’interprétation
    (de probité et parfaite musicalité
    :
    comme si il n’y avait rien à ajouter, ni à retrancher : la grâce !)
    d’un des compositeurs, lui-même, les plus grands (bouleversant !) du XXème siècle :
    et c’est un euphémisme…

    Qu’on écoute, par exemple, « For Children » !

    A thésauriser, pour le ré-écouter très souvent…
    …
    _ et, pour clôturer très provisoirement cet inventaire « musical »
    « L’Entretien des Dieux _ Jacques Champion de Chambonnières, Jean Henry d’Anglebert, François Couperin« , par le jeune et très talentueux Aurélien Delage,

    sur un clavecin d’Emile Jobin d’après Tibaut de Toulouse (1691),

    CD distribué
    (au compte-gouttes : chaque exemplaire est numéroté ; le mien porte le numéro 027)
    par « Les Chants de la Dore » :
    une réussite épatante de ce qui est parmi le plus difficile à réussir du si fragile et si « parfait » répertoire français
    baroque (ou classique ?)
    ,
    si allègrement massacré
    (expédié sans assez de « soin » la plupart du temps
    _ comme, un peu plus tard, après François Couperin, l’interprétation du théâtre de Marivaux, lequel en donne une sorte d’équivalent « dramatique » pour la profondeur en finesse et la légèreté en gravité)
    par la plupart des interprètes clavecinistes
    _ à l’exception, toutefois, et du merveilleux Pierre Hantaï, tout récemment (Mirare 027 : « Pièces de clavecin« )

    …

    hantai-mir027-couperin-72.jpg

    la-sultannebig.JPG

    …

    et de la « toute bonne » Elisabeth Joyé (« La Sultanne » _ CD Alpha 062),

    telle une petite cousine (en esprit) de cette famille Couperin,
    dont la dernière représentante a (peut-être) utilisé les lettres (jusqu’alors conservées) de Jean-Sébastien Bach à son aïeul François Couperin
    pour recouvrir des pots de confiture,
    comme une tradition le perpétue « joliment »…

    Salut Pierre, salut Elisabeth…

    …
    Puis, trois articles sur des albums de photos :
    le sublimement déchirant « Invasion Prague 68 » de Joseph Koudelka (chez Tana Editions) : un must (s’y précipiter ! et qu’au moins la manie française des anniversaires serve à cela…) ;
    et le très grand « The Americans » de Robert Frank (dans sa réédition _ très précieuse _ par Steidl) ;
    et aussi, bien sûr, un article de présentation de l’album (inédit en France) prodigieux de beauté plossuïenne « Attraverso Milano »
    (édité, avec textes en italien et en anglais, par Electa)
    ,
    dont je n’ai commenté jusqu’ici sur ce blog que la photo (extraordinaire) du carton d’invitation…
    …
    Et des articles sur divers textes philosophiques,
    dont, d’abord, celui sur le très important « L’Acte esthétique » de Baldine Saint-Girons (publié par Klincksieck) : pour mieux analyser _ avec quelle finesse et quelle profondeur ! _ notre rapport (d’humains un peu plus et mieux « humains » _ ou moins in-humains) et aux œuvres, et aux paysages… Que la formidablement généreuse vitalité _ et justesse _ d’écriture de son auteur fasse des émules…

    …

    Titus Curiosus, ce 7 août

  • Parcours d’art à Aix (préambule)

    A partir de la visite _ le 21 juillet dernier _ de deux site cézanniens : le Jas de Bouffan et l’Atelier du chemin des Lauves, à Aix-en-Provence,
    une petite réflexion sur le rapport entre « tourisme » et « acte esthétique »
    _ toujours à partir des analyses si remarquables et de Marie-José Mondzain (dans « Homo spectator« ) et Baldine Saint-Girons (dans « L’Acte esthétique« ), ainsi que les pistes ouvertes par Yves Michaud (passim, et notamment « L’Art à l’état gazeux : essai sur le triomphe de l’esthétique« )…

    …

    Je peux entrer dans ce propos _ en ce « préambule« , et au sens littéral (d’avant « dé-ambulation« ) à ce qui sera ensuite l’article proprement dit _, qui me trotte dans la tête depuis ma double visite (au Jas de Bouffan et à l’atelier des Lauves _ Lauves : quel beau mot !) ce 21 juillet,
    par ces échanges de mails alertes
    avec Bernard Plossu
    et avec Alain Paire :

    …

    De : Titus Curiosus
    Objet :     Un passionnant échange hier avec Alain Paire, sur l’idée de « Parcours dans la ville » !
    Date :     1 août 2008 08:44:31 HAEC
    À : Bernard Plossu

    Hier, un échange de mails passionnant avec Alain Paire.

    Le voici, tel quel.

    Je vais rédiger plusieurs articles sur Aix _
    et le premier sur le rapport entre « expérience esthétique » et « tourisme »
    (autour du travail de Michel Fraisset
    ;
    mais aussi de Marianne Bourges ;
    et d’Alain Paire, donc)…

    Je commence à avoir un petit réseau aixois…
    et cela par la vraiment « merveilleuse » _ ainsi que tu l’appelles si justement !!! _ Michèle…
    Elle me classe, elle, dans la catégorie des « passeurs » :
    wow, comme tu dis si bien !…

    Bref, je me régale ;
    et suis assez impatient de revenir à Aix cet automne…

    J’espère bien, aussi,
    assister à une représentation à la Friche

    _ à Marseille _

    de « Dernier quatuor d’un homme sourd »
    (aux Editions Lemeac, en 1985) du non moins merveilleux François Cervantès…
    La séance de répétition des acteurs
    avec les musiciens _ dont l’altiste Alain Trésallet _
    à laquelle je me suis un peu « mêlé »
    a été assez formidable.

    François est passionnant, lui aussi.
    Il me semble que  nous nous connaissons de toute éternité.

    Et c’est aussi grâce à toi, tout cet « enchaînement » d’ »évidences »…

    Titus

    …

    De : Titus Curiosus
    Objet :     Rép : Site RUE 89 MARSEILLE / ARTICLE ANDRE MASSON ET LE THEATRE/ exposition sur le Cours Mirabeau.
    Date :     31 juillet 2008 08:30:16 HAEC
    À : Alain Paire

    Merci beaucoup de votre envoi (« http://www.galerie-alain-paire.com »), qui prolonge magnifiquement
    et notre petite conversation aixoise (mardi 22 juillet),
    et ma méditation en cours à propos de mon (trop court) séjour à Aix.

    D’abord, bravo pour ces articles, qui nous font pénétrer avec élégance et justesse dans la foisonnante vie artistique aixoise.

    …

    Les photos du studio Ely (http://www.rue89.com/marseille/festival-daix-en-provence-soixante-ans-de-souvenirs) sont belles et infiniment parlantes ;
    et votre texte passionnant (autour de Lilly Pastré, puis le témoignage d’Edmonde Charles-Roux) :
    la vie de l’ »atelier de musique » (= le festival) qui s’improvise alors (Mozart, Rosbaud, Rosenthal, avec Gabriel Dussurgé) est éminemment éloquente..
    Et la grâce fut simplement au rendez-vous : d’être ainsi désirée (par de vrais « amateurs« , et leur passion constructive), elle a daigné venir…

    …

    cantatrices-aix.jpg

    …

    La retenir, la faire revenir, est ensuite le désir permanent (et plus ou moins fluctuant) des successeurs des initiateurs.
    Et qui dépend de la qualité des désirs de ces successeurs…

    …

    20080703milhaud.jpg

    …

    Faire durer (une « institution », comme une relation : une amitié, un amour) n’est pas forcément toujours facile ; détruire l’est combien davantage !
    Ainsi Bordeaux a « tué » son « Mai musical » (ainsi que son « Sigma« ) : est-ce stupide !!! Faute d’assez d’amour (ou pas d’amour du tout !) de quelques décideurs-financeurs…

    Je suis passé devant le pavillon Vendôme, mais n’y suis pas entré : si j’avais « su » qu’y était visible pareille expo, j’y serais accouru…
    Ici, on peut regretter un défaut de « manifestation », d’ »affichage » ; ou d’attention de ma part…
    Vous le réparez (un peu) par votre article ;
    le catalogue édité par Actes-Sud (« Festival d’Aix 1948-2008 » _ entretien d’Edmonde Charles-Roux avec Laure Adler, textes de Bruno Ely, Bernard Foccroulle et Bruno Roger aux éditions Actes-Sud) étant, lui, disponible ; je me le procurerai…

    …

    L’article sur Masson (http://www.rue89.com/marseille/la-merveilleuse-fureur-du-peintre-andre-masson-au-service-du-theatre) est aussi très intéressant.
    J’ai pénétré dans l’espace du Conseil Général, cours Mirabeau, le nom de Masson (bien « affiché », lui, sur la porte) me « parlant » plus que positivement…
    Personnellement, je ne suis pas « fanatique » du surréalisme ;
    et j’ai été plus « intéressé » que séduit par ce
    (plutôt de la documentation que des œuvres valant par elles-mêmes, m’a-t-il alors semblé)
    qui y était exposé : je manquais donc d’empathie minimale…
    Tant pis pour moi… Même si Masson peut être merveilleux, je l’ai déjà expérimenté.

    La rencontre, pour « réussir », requiert aussi la qualité du désir du regardeur _ pour reprendre le mot de Michèle Cohen…
    Toute critique doit _ élémentairement _ en avoir conscience.

    …

    L’article Amado (http://www.rue89.com/marseille/quand-le-sculpteur-jean-amado-rencontre-paul-cezanne) m’a beaucoup intéressé ; de même que son œuvre, qui m’a séduit.

    …

    vaisseau-amado2.jpg

    …

    Je trouve assez stupide le commentaire (laconique) du blogueur (amateur de Rodin : comme si aimer Rodin excluait d’aimer Amado !)
    qui n’a pas envie de « toucher » ces sculptures (de Jean Amado : les « voir » lui suffisant) :
    il est bien évidemment hors jeu… Tant pis pour lui.
    A-t-il vraiment, alors, quelque chose de consistant à « dire » ? Pourquoi proclamer alors n’importe quelle opinion ?..
    Mesure-t-il sa « responsabilité » à l’égard et de l’artiste, et de ceux qui se mobilisent pour son œuvre ?
    Notre époque souffre (et passablement, hélas) de l’opinionite…
    Même si Jean-Paul Michel me rassure (un peu) en m’affirmant qu’il en a toujours été ainsi,
    et que les 1500, ou 2000, personnes qui, bon an, mal an, « regardent » (et « écoutent » ; et « lisent« ) vraiment _ parce qu’ils, ou elles, « aiment » _,
    finissent par l’emporter
    (dans ce qui se sédimente peu à peu _ en dépit des doctrinaires hors (notre) sujet (du moins), tel Bourdieu, dans « La distinction _ critique sociale du jugement » ; pour une analyse sociologique plus fine, lire Nathalie Heinich : « La sociologie à l’épreuve de l’art. Entretien avec Julien Ténédos« , 2 t., Aux lieux d’être, 2006 et 2007 _ ; dans ce qui finit par se sédimenter, donc, comme « goût » davantage _ objectivement, et non sociologiquement _ « légitime« ) au regard un peu mieux distancé de la postérité,

    contre la foule majoritaire et massive des aveugles et sourds (non pertinents _ cf la parabole du tableau de Breughel _ jusqu’à la fosse où ils s’en-traînent, à basculer, chuter, les uns les autres) :
    en attendant, il faut se coltiner ce
    (= la purée de pois, le brouillard du brouillage)
    qu’entraîne aussi le règne des « parasites »
    _ qui tiennent le haut du pavé (et médiatique) au présent…
    …

    Je consacrerai un article sur mon blog à Jean Amado,
    pour lequel vous vous mobilisez, cher Alain Paire :
    une découverte importante assurément pour moi.

    …

    Quant à l’article (http://www.rue89.com/marseille/quand-ben-s-enferme-dans-le-cabanon-de-cezanne) sur la « verrue » Ben
    « OCCUPANT »

    _ qu’on y mette les connotations qu’on voudra _
    l’appentis adjacent au pavillon du chemin des Lauves,
    il apporte de l’eau à mon moulin,
    et je vous en remercie…

    D’abord, j’y reçois un complément aux réponses déjà obtenues : qui est donc responsable de pareille « verrue » en ce lieu ?
    Pas seulement Michel Fraisset _ comme il m’a été indiqué à l’Atelier Cézanne _
    où je m’en étonnais : à partir de l’inscription _ sur plexiglass _ « L’art m’emmerde » (signée Erik Satie) placée à la porte même de l’Atelier !!! ; et plus loin, dans le jardin, toujours d’Erik Satie : « Si je rate, tant pis, c’est que j’avais rien dans le ventre… »

    (à comparer, j’ai pu le dire le lendemain à Michel Fraisset, avec le mot de Samuel Beckett que m’avait donné, la veille, en son atelier, à Marseille, Patrick Sainton : « rater mieux » ! ) _ ;

    mais aussi Andréa Ferrol…
    Je conserve pourtant un souvenir attendri de l’interprète généreuse de Marco Ferreri (dans « La Grande Bouffe » en 1973)…
    Nos goûts nous jugent, avant qu’ils ne jugent leurs objets : ne pas trop le perdre de vue…

    …

    Ensuite, pourquoi imposer à Cézanne
    _ si jaloux des conditions de sérénité de sa création ici ! _
    la proximité d’individus que Cézanne ne « passionne » pas (sic) ?
    Et qui « raisonnent » (ou « résonnent » ?) en terme de « slogans » (sic)
    et selon le critère du « novateur » réduit à ce qu’en retient le public _ l’audimat (= TF1 !!!)…
    Même si « Ben se pose _ sic _ en communicateur ainsi qu’en philosophe égotiste
    plutôt qu’en artiste
     » _ on est rassuré !
    Pour Ben, « Poulbot, tu comprends, dans le monde entier, il est plus célèbre que la Sainte-Victoire !« …
    Voilà où mène le cancer des « communiquants » et de la communication
    (= la pub, le marketing, l’empire de la vénalité _ soumise au « divin marché« , comme le qualifie Dany-Robert Dufour)…

    …

    J’ai terminé hier la lecture de l’album « Atelier Cézanne«  _ quelle richesse ! (par les contributions de James Lord _ est-il assez « honoré » à Aix ? j’ose le souhaiter ! _, Philippe Cézanne, Bruno Ely, Marianne Bourges, Michel Fraisset) _ paru en 2002 (et édité par Actes-Sud) ;
    et vais rédiger maintenant un article sur l’articulation (= « rencontre » !) entre l’ »émotion esthétique » (cf « L’Acte esthétique« ) et le tourisme…

    …

    Je trouve le travail de Michel Fraisset à l’Office de Tourisme d’Aix très intéressant…
    Notamment la piste de « Parcours » de découverte d’œuvres et de lieux (et leur « tissage », en fonction du « génie du lieu« )…
    Et après tout, chacun a « droit » à quelques erreurs (Ben dans l’appentis de Cézanne, comme le loup dans la bergerie)…
    Vouloir « animer » l’espace de création de Cézanne en faisant appel à des créateurs contemporains, pourquoi pas ! magnifique levain :

    les artistes ont besoin, en effet, qu’on les expose…
    Mais pas n’importe qui, n’importe quoi, n’importe où…
    car il y a aussi des impostures en art ;
    et Ben en est une, à mes yeux du moins…

    …

    Mon article portera d’ailleurs sur la différence _ ressentie _ de la visite du Jas de Bouffan
    (magnifique, par une guide-conférencière remarquable : Christiane ;
    et avec une vidéo de très grande qualité _ de Gian-Franco Ianuzzi _, qui nous porte _ vraiment _ à la rencontre de l’œuvre de Cézanne) ;
    et la visite de l’ »Atelier Cézanne«  _ un raccourci (anglo-saxon ?) peut-être discutable _
    sans présentation autre que rudimentaire (de jeunes filles qui ne sont pas guides-conférencières : débrouillez-vous à regarder (tout seuls) !..).
    Aller « à la rencontre » d’une œuvre comporte des conditions _ de désir (et amour), notamment…

    Et il me semble que Marianne Bourges s’y montrait assez sensible…

    …

    Bref, de quoi réfléchir _ et mettre en place…
    Si la « satisfaction du public » est un critère (de « client« ) _ dixit Michel Fraisset page 178 de l’album « Atelier Cézanne » de 2002 _,
    j’exprimerai mon point de vue sur mon blog
    D’autant plus que je partage pleinement _ et c’est un euphémisme _ l’objectif de faire découvrir par un parcours actif
    (et de la marche !)
    …

    Les pavés « Cézanne » sur le sol d’Aix pour guider les pas de la découverte de ses sites

    sont aussi une magnifique idée…

    …

    Je suis une fois de plus trop long.

    Merci en tout cas de votre envoi.

    Titus Curiosus

    …

    Et aussi :
    De : Titus Curiosus
    Objet :     Marianne Bourges (+ blog « En cherchant bien » sur mollat.com)
    Date :     31 juillet 2008 09:44:43 HAEC
    À : Alain Paire

    Encore une question, cher Alain Paire :
    l’article de Marianne Bourges m’a beaucoup (et c’est un euphémisme) intéressé _ toujours en cet album « Atelier Cézanne » de 2002 :
    pourrais-je la joindre ?
    Aix bénéficie-t-il toujours de sa présence ?

    …

    Page 172 de son article dans l’album « Atelier Cézanne » de 2002,
    Marianne Bourges écrit à propos du « déplacement » des œuvres « demeurées sur place » à l’Atelier :
    « leur déplacement a entraîné quelque peu un certain infléchissement du sens premier de l’appellation très spécifique de Musée contrôlé (sic)
    qui était attaché à leur présence :
    l’Atelier de Cézanne
    (re-sic) est devenu chose à office de tourisme… »

    …

    Page 176 du même album « Atelier Cézanne » en 2002, Michel Fraisset donne cette information-ci :
    « Par délibération du Conseil Municipal en date du 30 avril 1997, la Municipalité confie la gestion de l’Atelier Cézanne _ le « de » ayant disparu… _
    à l’Office de Tourisme » _ avec deux majuscules : à « Office » et à « Tourisme ».
    Et il commente :
    « Crainte pour les uns, défi pour les autres. Tourisme et Culture _ avec majuscules équivalentes (qu’en dirait Michel Deguy ? si justement sourcilleux, à propos du « culturel » :

    cf, par exemple, les pages 209 et 210 de « Au jugé« , aux Editions Galilée en octobre 2004 ;

    et aussi sa brillantissime conférence _ un grand moment ! _ le 15 février dernier dans les salons Albert-Mollat de la librairie Mollat à Bordeaux, à l’invitation de Jean-Pierre Moussaron) _
    Tourisme et Culture, donc, allaient-ils faire bon ménage ?« .
    Et Michel Fraisset intitule la phase suivante de son article (ou « rapport d’activité ») : « La mise en tourisme de l’Atelier de Cézanne » (le « de » ayant ré-apparu…). On appréciera l’expression de cet en-tête de chapitre ; j’y reviendrai.

    …

    L’argumentaire de l’article (précédé de l’annonce « Les Faits » _ tel en un « Rapport« , donc) étant fort intéressant,
    et détaillé en chapitres : « La Communication« , « L’Animation« , « La Commercialisation » et « La Gestion« .

    …

    Et j’ai pu constater l’excellente efficacité de cet Office de Tourisme :
    reçu par Bernadette Marchand,
    j’ai pu bavarder un peu avec Michel Fraisset…
    Et nous avons parlé rapidement (et avec assez d’humour) de l’expo Ben…
    Michel Fraisset est très sympathique

    …

    Bien à vous

    Titus Curiosus

    …

    Ps : avez-vous jeté un oeil sur mon blog sur mollat.com ?
    « Attraverso Milano » et « Probité et liberté de l’artiste »
    concernent l’ami Bernard Plossu…

    …

    Et voici sa réponse (à ces deux mails) :
    De : Alain Paire
    Objet :    Expositions Jean AMADO, Jean-Pierre BLANCHE et Anne-Marie JACCOTTET. Aux archives départementales, exposition « André Masson/ Georges Duby / Aix en Provence 1948/ 1968 ».
    Date :     31 juillet 2008 17:19:21 HAEC
    À : Titus Curiosus

    Cher ami, vos réactions sont salubres.
    Oui, Michel Fraisset est un créatif de très bonne compagnie.
    Mais je réclame pour moi le brevet d’invention du « Parcours dans la ville« ,
    c’est un projet déposé par mes soins
    dont il s’inspire remarquablement.

    …

    Ben n’a pas seulement des défauts,
    j’avais peut-être encore plus de prévention contre lui avant de converser avec lui,
    il n’a pas besoin d’avocat pour défendre sa cause.

    …

    Marianne Bourges est un personnage insolite, elle vient souvent converser en ma galerie, et on peut lui écrire.

    …

    J’attends les nouvelles aixoises et ciotadiennes de votre blog-mollat que j’ai déja plusieurs fois parcouru
    Cordialement, alain paire

    …

    Voilà.

    Passionnant, non ?

    Titus

    …

    Réponse de Bernard :

    De : Bernard Plossu
    Objet :     Rép : Un passionnant échange hier avec Alain Paire, sur l’idée de « Parcours dan…
    Date :     1 août 2008 17:19:53 HAEC
    À : Titus Curiosus

    wow , pas – sion – nant  !
    comment tu fais ?
    t’es pas crevé par la chaleur ?  moi si ….
    plo

    …

    Et encore cet échange-ci :

    De : Titus Curiosus
    Objet :     Rép : comment tu fais ?
    Date :     1 août 2008 18:30:18 HAEC
    À : Bernard Plossu

    J’aime « écrire », quand je suis bien concentré…

    Ecrire à quelqu’un m’aide aussi beaucoup.
    surtout avec des correspondants eux-mêmes passionnés.

    En ce moment,
    j’écoute diverses versions du dernier quatuor (opus 135) de Beethoven : passionnant aussi…
    _ par les Vegh et par les Budapest, surtout : les deux sont prodigieux de sensibilité ;
    les Berg m’ont moins touché (trop « léché », ou lisse, en surface) ;
    de même que les Hungarian (bien trop rapides : on dirait qu’ils déchiffrent ; ou/et expédient…) ;
    mais je ne connais pas (encore) la version des Prazak…

    Quelle légèreté dans la gravité en cette œuvre finale ; quelle politesse _ devant l’abyme _ pour y venir danser et chanter aimablement au bord…

    …

    J’ai essayé de joindre Marianne Bourges à Aix ; mais elle est en vacances,
    m’a très gentiment répondu une dame qui peut être sa mère, en prenant note avec grand soin de mon appel…

    …

    J’ai du pain sur la planche, avec ces articles ; il faut que je sois bien concentré ;
    souvent le matin à 5 heures…

    Quand j’aurais rédigé mon article,
    je l’enverrai à Michel Fraisset
    avant de le publier.
    Je l’ai trouvé fort sympathique ;
    et d’abord très efficace _ sur le terrain _ à Aix…

    L’Office de Tourisme tourne à plein. Et les Japonais grimpent allègrement _ au propre comme au figuré _ vers Entremont pour appréhender de visu proprio le regard de Cézanne (d’un peu plus haut que le dit « Portail des Peintres« ) sur la Sainte-Victoire… Heureusement, voici une fontaine (et ombragée) sur le chemin de la Marguerite, face à la sainte montagne… Je m’y abreuve deux fois : à l’aller et au retour…

    Titus

    Voilà pour cette sorte de « préambule » à l’article.

    Titus Curiosus, le 3 août

    Photographies « Cantatrices » et « Darius Milhaud » © Studio Ely ; et « Le doute et la pierre au Jas de Bouffan » © Alain Paire