Catégorie : Histoire

  • L’éblouissement enchanteur du baryton-comédien Georg Nigl chantant-déclamant « Die Schöne Müllerin » de Franz Schubert sur des poèmes de Wilhelm Müller, avec Alexander Gergelyfi au tafelklavier : le formidable choc en tornade de ce que nous révèle si merveilleusement le double CD Alpha 1252…

    C’est un véritable éblouissement enchanteur que nous offre le décidément formidable – cf mon précédent article de découverte époustouflée de Georg Nigl : « L’intelligence exploratrice et créatrice féconde d’un passionnant chanteur singulier, le baryton viennois Georg Nigl : une assez étonnante et rare connivence d’approche de la musique en son cœur le plus intime, entre un musicien-interprète et un simple mélomane surtout discophile…« , en date du 26 août 2025, à propos de son extraordinaire et déjà magnifique CD Alpha 1142 « Mozart’s Clavichord – Arias, Lieder and Keyboard Pieces« , avec Alexander Gergelyfi, alors au clavicorde… – baryton-comédien Georg Nigl – né à Vienne le 2 mai 1972 – chantant-déclamant « Die Schöne Müllerin » de Schubert, avec Alexander Gergelyfi – né à Linz le 15 décembre 1987 – , cette fois au tafelklavier – un extraordinaire piano carré fabriqué vers 1810 par Carl Withum à Baden-Baden, d’une grande élégance… – , en le double CD Alpha 1252 « Schubert – Die Schöne Müllerin » – enregistré à Vienne au mois d’octobre 2025… – :

    un véritable choc en tornade dans l’interprétation des Lieder de Schubert – avec aussi les 5 poèmes du recueil (de 25) de Wilhelm Müller (Dessau, 7 octobre 1794 – Dessau, 30 septembre 1827) que Franz Schubert (Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828) n’a pas retenu pour les mettre, eux aussi, en musique, et que récite-déclame donc ici Georg Nigl…  – , ainsi que le présentent et le précisent les deux textes « La Belle Meunière » et « À propos de l’interprétation » de Georg Nigl aux pages 18-19 et 20 du livret de ce double CD, dans lesquels celui-ci nous fait découvrir, et c’est absolument passionnant, la pratique des chanteurs de Lieder au temps de Schubert, ainsi qu’après lui, au XIXe siècle : par Johann Michael Vogl (Ennsdorf, 10 août 1768 – Vienne, 19 novembre 1840), Wilhelm Ehlers (Hanovre, 1774 – Mayence, 29 novembre 1845), Julius Stockhausen (Paris, 22 juillet 1826 – Francfort, 22 septembre 1906)…

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    Écoutez déjà ici le Lied « Der Müller und der Bach » (5′ 21) :

    c’est bien une splendide révélation, par Georg Nigl et Alexander Gergelyfi, de l’infinie délicatesse du cercle intime de Franz Schubert…

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    Une splendeur !

    et une formidable révélation !

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    Sur l’art vraiment extraordinaire de Georg Nigl,

    lire en priorité mon propre article « L’intelligence exploratrice et créatrice féconde d’un passionnant chanteur singulier, le baryton viennois Georg Nigl : une assez étonnante et rare connivence d’approche de la musique en son cœur le plus intime, entre un musicien-interprète et un simple mélomane surtout discophile… » en date du 26 août 2025, qui comporte un lumineux entretien, très fouillé, de ce baryton-comédien avec Dominique Adrian « Georg Nigl du clavicorde à Dusapin : les multiples univers d’un interprète créateur » – paru sur le site de ResMusica la veille, le 25 août 2025 – , qui nous révèle le principal de la singularité de la carrière et surtout de l’art, si marquant, de ce génial Georg Nigl ; un entretien au final duquel Georg Nigl livrait en confidence ceci : « Nous envisageons aussi d’enregistrer La Belle Meunière, si possible avec un piano carré sur lequel Schubert lui-même a composé, mais il a besoin d’une restauration« …

    Ce qui fut donc réalisé à Vienne assez peu de temps après, au mois d’octobre suivant, en 2025.

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    Et de fait les 26 et 27 août 2025, avec mes articles « L’intelligence exploratrice et créatrice féconde d’un passionnant chanteur singulier, le baryton viennois Georg Nigl : une assez étonnante et rare connivence d’approche de la musique en son cœur le plus intime, entre un musicien-interprète et un simple mélomane surtout discophile… » et « L’art du lied : les viennois Georg Nigl (Vienne, 1972) et Julius Patzak (Vienne, 1898 – Rottach-Egern, 1974) nous faisant entendre rien moins que l’âme même du compositeur, Schubert, Mozart, qu’ils savent en toute simplicité et délicatesse si purement chanter : dans la stupeur enchantée et encore brute de ce qui maintenant se découvre…« ,

    puis, du 7 au 12 septembre 2025, avec mes articles « L’immense défi de vraiment saisir le génie si naturel et si libre de Mozart pour ses interprètes : le Mozart pre-schubertien de Georg Nigl et le Mozart révele à lui- même par l’Empfindsamkeit de CPE Bach de Yeol Eum Son…« , « L’admirable chant tout en murmures de Georg Nigl dans Schubert…« , « Dans l’intelligence la plus sensible et juste du chant intime, Georg Nigl en son CD Alpha 934 « Echo » (de 2022) : sur sa découverte du Lied de Schubert « Viola » D. 786, qui lui a ouvert « l’univers des conteurs d’histoires »… » et « Une parlante écoute comparée des Lieder de Schubert « Viola » D. 786 et « Wandrers Nachtlied » D. 768, par Georg Nigl, baryton, en ses CDs Alpha 934 « Echo » et Alpha 646 « Vanitas » (les deux avec la pianiste Olga Pashchenko), et Sandrine Piau, soprano, en le CD Alpha 1157 « Schubert – Quintette imaginaire » (avec le Quatuor Psophos) ; ou ce qu’est saisir et donner à partager la magie la plus pure de l’!ntime…« ,

    c’est rien moins que 6 articles que j’ai déjà consacrés à ma découverte stupéfiée-enchantée de l’art incomparable – une vraie révolution ! et qui en dérange pas mal en leurs habitudes, tant parmi ses collègues chanteurs, de chanter, que parmi les mélomanes, d’écouter et apprécier… – de chanter le lied de Georg Nigl, afin de la partager…

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    Cet art du retour aux sources de l’art du lied – chez Mozart, chez Schubert pour le moment –  que Georg Nigl s’emploie de si lumineusement, et avec tant de délicatesse et d’évidence naturelle, ressusciter à nos oreilles de mélomanes, il appartient donc à chacun, à son tour, de le découvrir, l’approcher, s’y immerger, s’y enchanter : le faire sien…

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    Ce mardi 28 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme plein d’esprit du « Polish Nostalgia » de Cyprien Katsaris : le charme délicieux revenu de tout un monde revisité, comme un parfum perdu et retrouvé soudain, par ce piano délicat et divinement léger, et ces doigts virevoltants et sans affèterie, jubilatoires…

    C’est tout un monde délicieusement revisité que nos offre le charme plein d’esprit et de fraîcheur du « Polish Nostalgia » de Cyprien Katsaris (Marseille, 5 mai 1951),

    le CD NIFCCD 165 du label de l’Institut National Frédéric Chopin de Varsovie…

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    Écoutez ceci (3′ 46) pour y glisser déjà un premier coup d’œil…

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    Et regardez le très juste aperçu de Jean-Charles Hoffelé en son article « Varsovie perdue » du 20 juillet dernier… :

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    VARSOVIE PERDUE

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    Ceux qui seront passés devant l’Eglise évangélique Saint Marcel en avril 2025 auront peut-être saisi quelques bribes d’une musique peu habituée à y résonner. Cyprien Katsaris promenait son piano – plein de charme – dans une Varsovie perdue, entre danses de salon, revues de music-hall, et chansons de charme, tout un monde de divertissement qui rapproche soudain Varsovie du Paris des Années folles, une pointe de nostalgie en plus, et quelques épices sud-américaines aussi.

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    Acmé de cet âge d’or, l’entre-deux-guerres où Jerzy Petersburski et sa bande faisaient résonner leurs tangos élégants – oui – , dont les échos se retrouveront une fois le cataclysme passé chez Władysław Szpilman (le pianiste du film Le Pianiste) pour quelques songs dont il régalait les auditeurs d’une Radio de Varsovie convalescente.

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    Ce que raconte ce disque est, même sous l’étau, soviétique, la persistance d’une âme polonaise au travers des musiques de divertissement – voilà – , les seules tolérées par le régime, que les compositeurs subvertissent par des tonalités mineures où s’infiltre le zaal, souligné par tant d’art – oui, oui – par Cyprien Katsaris, faisant renaître un répertoire oublié – et totalement inconnu de nous…

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    Il élargit d’ailleurs la focale à sa propre nostalgie polonaise, invitant Frédéric Chopin (mais réécrit par Karol A. Penson), la Valse de Wanda Landowska, la Valse de Caton de Ludomir Różycki, des « brefs » de Lutosławski ou Kilar, manière de revenir au cinéma, l’autre espace de liberté relative, et clôt le disque avec ses propres nostalgies : une Mazurka, délicieuse et un Appassionato et Polonaise, pur charme – c’est là l’impression dominante, et qui nous séduit complètement – dont le brio ne craint pas d’être capiteux – mais oui, comme un parfum d’enfance perdu qui soudain revient nous subjuguer…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Polish Nostalgia

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    Œuvres de Frédéric Chopin (1810–1849), Władysław Daniłowski (1902–2000), Alfred Gradstein (1904–1954), Albert Harris (1911–1974), Henryk Jabłoński (1915–1989), Zygmunt Karasiński (1898–1973), Lucjan Marian Kaszycki (1932–2021), Wojciech Kilar (1932–2013), Karol Kurpiński (1785–1857), Wanda Landowska (1879–1959), Witold Lutosławski (1913–1994), Stanisław Niewiadomski (1857–1936), Jerzy Petersburski (1895–1979), Adolf Rozner (1910–1976), Ludomir Różycki (1883–1953), Leon Rzewuski (1902–1964), Tadeusz Sygietyński (1896–1955), Władysław Szpilman (1911–2000), Henryk Wars (1902–1977), et Cyprien Katsaris (né en 1951)

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    Cyprien Katsaris, piano

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    Un livre-disque, assorti d’un livret de 232 pages, du label de l’Institut Chopin de Varsovie NIFCCD 165
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    Photo à la une : le pianiste Cyprien Katsaris – Photo : © Ohad Barel

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    Le charme est absolument délicieux !

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    Assez étrangement, je n’avais pas jusqu’ici consacré d’articles aux interprétations pourtant magnifiques de Chopin de Cyprien Katsaris,

    mais seulement deux articles, les 13 et 25 février 2020, à son coffret de 6 CDs pour Piano 21 « A chronological Odyssey Beethoven » : « Suivre le piano de Beethoven en sa continuité de composition : l’expérience de l’interprétation _ en 6 CDs _ de Cyprien Katsaris » et « L’art d’interpréter des transcriptions d’oeuvres de Beethoven, de Cyprien Katsaris : l’exemple des transcriptions pour piano seul des Sonates pour piano et violon « Le Printemps » et « A Kreutzer »« ,

    dans lequel j’avais toutefois admirativement employé l’expression des « doigts virevoltants – et sans affèteries – de Cyprien Katsaris » : des qualités qui apparentent, à la sensibilité de mon oreille et de mon goût, son jeu, tout de naturel et d’évidence allègre et jubilatoire, à celui de certains de mes pianistes préférés dans Beethoven : Stephen Kovacevitch, Ronald Brautigam, Aleksei Liubimov, Grigory Sokolov, etc…

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    Et pour Chopin, comment pourrais-je oublier – cf par exemple mon éperdu d’admiration article in memoriam « Pour les 10 ans du décès de la pianiste Tatiana Shebanova (1953 – 2011), ré-édition de ses sublimes 14 CDs Chopin ! » en date du 6 septembre 2021… – la miraculeuse Tatiana Shebatova ?..

    …

    Mais pour l’heure,

    vive le jubilatoire « Polish Nostalgia » de Cyprien Katsaris : il nous enchante

    tout spécialement en ces heures si tragiques de l’incendie de Saumos – Le Porge – Lège-Cap Ferret, qui nous affecte de si près…

    …
    Ce jeudi 23 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Accéder à nouveau à l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) via le CD « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule, après le CD « Danse des morts » de L’Atelier de Musique dirigé par Pierre Dumoussaud : la profonde et fondamentale intégrité musicale d’Aline Piboule en son jeu, comme en la composition maîtrisée de ses programmes…

    Hier mardi 21 juillet, en fouillant parmi les riches bacs de mon disquaire préféré, je suis tombé sur un CD d’Aline Piboule, pianiste que j’affectionne tout particulièrement, le CD Artalinna ATL A044 « coincidentia opposotorum – Bach – Greif – Liszt » – enregistré à l’Arsenal de Metz du 26 au 29 avril 2023 – , qui ne figurait pas jusqu’ici dans ma discothèque personnelle, et que je me suis empressé, bien sûr, d’acquérir et écouter – à écouter aussi ici en son intégralité… 

    …

    Olivier Greif (Paris, 3 janvier 1950 – Paris, 13 mai 2000) n’est pas un compositeur dont la fréquentation de l’œuvre m’est familière, même si je possède un CD à son « Danse des morts » consacré – en regarder ici la vidéo d’une brève (1′ 56) mais intéressante présentation par les interprètes : Pierre Dumoussaud, Philippe Hattat, Edwin Fardini… – , le CD B Records LBM 035 – enregistré Live à Deauville le 1er mai 2021 – ,

    qu’abordait circonstanciellement, à partir du nom du pianiste Philippe Hattat, mon article « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) » en date du 14 avril 2022,

    un article qui donnait aussi à écouter, au passage, les « Chants de l’âme » d’Olivier Greif :

    …

    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)

    …

    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat

    m’ont conduit à la découverte de l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) :

    …

    c’est un article de ResMusica « Le label b-records lance la plateforme de streaming b-concerts » d’avant-hier 12 avril, qui m’a mené à un autre article – signé Jean-Christophe Le Toquin – du même site ResMusica du 5 avril 2020,

    intitulé, lui, « Les chants de l’âme d’Olivier Greif par Marie-Laure Garnier« ,

    qui m’a mené, lui, au nom du pianiste Philippe Hattat.

    …

    Ce qui m’a immédiatement ramené,

    au delà et en-deçà de mon article du 1er septembre 2020 « « ,

    à mes articles de recherches ravéliennes de juillet et septembre 2019,

    qui ont bénéficié de très bienvenus apports de la curiosité (et très aimable aide à ma recherche) de Philippe Hattat – ce fut le 13 juillet 2019, puis le 25 septembre 2019 –

    …

    d’abord à celui-ci, très important, du 15 juillet 2019, «  «  ;

    …

    et puis à ceux-là, des 24 et 30 septembre 2019 :

    « « 

    et surtout « « 

    …

    Voilà les raisonnements et démarches – en rhizomes – qui m’ont donc conduit à découvrir – enfin ! comment avais-je pu jusqu’ici passer à côté ?.. – la musique majeure d’Olivier Greif,

    et, qui plus est, grâce à des enregistrements discographiques comportant la présence au piano de Philippe Hattat

    …

    Illico presto, hier, j’ai pu mettre la main sur le CD B-Records LBM 035 de la « Danse des morts » ;

    …

    et ce jour, je vais chercher en chasse – hélas en vain… – d’un exemplaire du CD B-Records LBM des « Chants de l’âme » d’Olivier Greif

    …

    Mais voici, déjà, de quoi écouter, de ces « Chants de l’âme » d’Olivier Greif,

    ses 9 moments,

    sur des poèmes de Poètes métaphysiciens anglais, dont John Donne – que j’aime tant ! – ,

    ainsi que le plus tardif William Blake 

    …

    1 The Tyger 3’ 08
    2 Deniall 5’ 49
    4 Sic Vita 2’ 44
    6 Virtue 4’ 11
    7 Song 4’ 09
    8 Mortification 8’22
    9 Peace 6’ 08

    …

    Et, en bonus,

    toujours d’Olivier Greif,

    son « Tombeau de Maurice Ravel » pour Piano à 4 mains (d’une durée de 17′ 36) ;

    …

    ce qui s’impose ici…

    …

    À suivre…

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    Ce jeudi 14 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    À ce CD Artalinna ATL – A044 « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule,

    Jean-Charles Hoffelé avait, le 4 juillet 2024, consacré un article intitulé « Le plein et le vide » qui ne m’avait assurément pas marqué,

    et que voici, dominé par une critique assassine, non pas du jeu d’Aline Piboule, admiré lui, mais de la composition d’Olivier Greif,

    en ce disque qualifié par le critique de « si noir« …

    …

    Et qu’on en juge ici : 

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    LE PLEIN ET LE VIDE

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    Dans un beau texte – oui – Aline Piboule avoue son amour – oui, empreint d’une certaine touche de mysticisme : elle déclare ainsi, assez elliptiquement, ceci de très personnel, dans le livret : « La musique m’a sauvée, j’ai pu m’y engouffrer à des moments où être seule n’est pas conseillé, et ces deux compositeurs – Greif et Liszt – tous deux pianistes de génie, m’ont accompagnée dans cette quête vers la transcendance« … – des œuvres d’Olivier Greif. Elles me sont toujours tombées des mains et des oreilles – rien moins ! – , et ce n’est pas le ressassement de Domino – la chanson – qui balbutie en boucle à l’ouverture de la 21e Sonate (je préfère la chanson in extenso, plutôt par Lucienne Delyle que par André Claveau) qui allégera l’ennui qui me gagne.

    …

    Bon, allez, si vous aimez les œuvres d’Olivier Greif, qui sont toujours accompagnées du pistolet pour vous révolvériser – pan ! – , vous admirerez l’art qu’y met la pianiste – voilà, voilà – , cet art que je préfère lorsqu’elle l’emploie à la nudité – magnifique, en effet ! – de ce Bach qui ouvre le disque – à écouter ici… – , à la rumeur mystique de Bénédiction de Dieu dans la solitude, au sombre de la Deuxième Ballade – de Liszt – , où ses timbres, son clavier profond – voilà ! – trouvent des chefs-d’œuvre à tutoyer. Et puis à la fin, ce petit Bach/Petri, fragile rayon d’un soleil que je croyais banni de ce disque si noir – l’expression que je viens de souligner pour qualifier l’appréciation générale de Jean-Charles Hoffelé sur ce disque…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Coincidentia oppositorum

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    Ich ruf zu dir Herr Jesu Christ, BWV Anh.73 (version jouée au piano)
    Aria « Schafe können sicher weiden » (No. 9, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd », BWV 208 ; version pour piano seul : Egon Petri)

    …
    Franz Liszt (1811-1886)
    Ballade No. 2 en si mineur, S. 171
    Bénédiction de Dieu dans la solitude (No. 3, extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III, S. 173 »)

    …
    Olivier Greif (1950-2000)
    Sonate pour piano No. 21, Op. 303 « Codex Domini »
    Three Poems of Li T’ai Po (Sonate pour piano No. 18), Op. 76

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A044

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    Photo à la une : © DR

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    Afin de mieux juger,

    je propose ici à chacun d’écouter les 3 mouvements de la Sonate pour piano n°21, Op. 303 « Codex Domini », d’Olivier Greif,

    magnifiquement servis par Aline Piboule en ce CD :

     

    _ I. Varsovie / Prague (5′ 28)

    _ II. Munich (34″)

    _  III. (15′ 05)

    …

    Avec ce commentaire d’Aline Piboule en le livret de son CD :

    …

    « D’une noirceur redoutable – donc parfaitement assumée par elle en ce CD – , la Sonate « Codex Domini » d’Olivier Greif évoque la maladie, mais aussi, me semble-t-il, une certaine ambiguÏté empruntée à la chanson Domino : en témoigne l’aller-retour régulier entre profane et sacré, chanson populaire et choral religieux. Le rythme du troisième mouvement suggère même Lou Reed, et son exhortation à prendre le chemin du côté sauvage« .

    …

    Avec cette conclusion sienne, pour le choix par elle de ce programme Greif – Liszt – Bach pour ce CD :

    …

    « Cette capacité à la transcendance, à unir les opposés, comme leur profond humanisme, font des trois compositeurs de ce programme de grands passeurs. Par leurs musiques, ils nous accompagnent, tel Hermès, le conducteur des âmes, sur un chemin rempli d’embûches, menant à une fin énigmatique – à apprendre à affronter avec sérénité.

    L’éparpillement, la dissolution dans le cosmos chez Greif, la lumière et l’apaisement chez Liszt, l’humilité éternelle chez Bach : trois chemins différents, trois réponses au silence » – que propose la musique.

    …

    Un grand bravo et un profond merci à Aline Piboule, et la fondamentale intégrité musicale de son jeu en chacun de ses CDs…

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    Ce mercredi 22 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ressusciter, avec des œuvres pour la harpe, le charme délicat du salon de musique berlinois d’Amalie Beer (1767-1854), la mère de Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : l’intéressant pari réussi d’Anne-Sophie Bertrand en son CD « Amalie’s Cosmos… »…

    C’est l’intéressant pari, réussi, d’Anne-Sophie Bertrand en son CD Pentatone PTC 5187 497 « Amalie’s Cosmos… » – enregistré à Francfort les 11, 18 et 19 septembre 2025 – , avec des œuvres pour la harpe, que de ressusciter pour nous, mélomanes attachés à l’histoire de la musique en toute la richesse de sa diversité, le charme délicat et attendrissant du salon de musique berlinois d’Amalie Beer (Berlin, 10 février 1767 – Berlin, 27 mai 1854), la mère de Giacomo Meyerbeer (Tasdorf, 5 septembre 1791 – Paris, 2 mai 1864)…

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    Regardez et écoutez  ici cette bien trop brève (28 « ) présentation-ci…

    …

    Et voici l’article de Christophe Steyne, paru le 20 juin dernier, qui m’a fait connaître l’existence de ce CD, et le commander à mon disquaire préféré :

    ma petite-fille Alma-Flore, 14 ans, est déjà une brillante harpiste…

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    Mythe antique et cénacle romantique, prétextes à deux magnifiques albums pour harpe

    par Christophe Steyne
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    Rhapsodos. Marcel Grandjany (1891-1975) : Rhapsodie Op. 10 ; The Colorado Trail Op. 28. Anne Maartje Lemereis(*1989) : Me·de·a. Carlos Michans(*1950) : Trois moments d’Orphée. Ramin Amin Tafreshi(*1992), SoheilShayesteh (*1989) : Event Horizon: the point of no return. Caroline Lizotte(*1969) : Suite Galactique, Op, 39. Guillaume Connesson (*1970) : Toccata. Pearl Chertok(1918-1991) : Around the Clock Suite. Joost Willemze, harpe. Livret en anglais. Décembre 2025. 74’47’’. 7 Mountain Records 7MNTN-066

    Amalie’s Cosmos. Œuvres de Franz Liszt (1891-1975), Mikhail Glinka (1804-1857), Niccolò Paganini (1782-1840), Nimrod Borenstein (*1970), Fanny Mendelssohn (1805-1847), Louis Spohr (1784-1859), Carl Maria von Weber (1786-1826), Elias Parish Alvars (1808-1849), Pauline Viardot (1821-1910), Albert Zabel (1834-1910), Claude Debussy (1862-1918). Anne-Sophie Bertrand, harpe. Livret en anglais. Septembre 2025. 78’19’’. Pentatone PTC 5187 497

    …

    Modèle phare de la prestigieuse maison de Chicago, très prisé des concertistes, la Lyon & Healy 23 est en vedette dans ces deux récitals pour harpe soliste qui viennent de paraître – en CDs. L’un axé sur le répertoire contemporain – j’y suis personnellement moins sensible… – , l’autre sur le XIXe siècle. Précisons que les deux sessions, respectivement captées à Hilversum et à la Festeburgkirche de Francfort, bénéficient d’excellentes prises de son, amples et réverbérées – oui.

    …

    Parallèlement à sa formation musicale au Conservatoire d’Amsterdam, Joost Willemze étudia les langues : le russe mais aussi le latin et le grec. Ce tropisme pour l’antiquité s’exprimait déjà par le programme baptisé Orpheus, dans le sillage du prix obtenu en 2023 au concours Dutch Classical Talent par ce jeune homme né en 1996.

    …

    Patronnée par la figure tutélaire du rhapsodos, dont la lyre résonnait au gré de la poésie épique, l’anthologie reflète une ambition narrative. « Mon intérêt pour le mythe ne s’enracine pas seulement dans la curiosité historique, mais dans le fait que ces récits continuent de mettre en lumière des expériences humaines auxquelles on peut s’identifier » par le pouvoir expressif de la musique, explique le virtuose néerlandais qui nous propose un itinéraire très personnel.

    …

    On ne s’étonnera pas que le parcours débute avec l’opus 10 de Marcel Grandjany, grand nom de l’instrument, associé aux Concerts Lamoureux, au Conservatoire américain de Fontainebleau qui fut sa passerelle vers les États-Unis. Il y enseigna à la Juilliard School de New York, de 1938 jusqu’à sa mort. L’album se refermera avec une autre célèbre pièce de Grandjany, encore récemment enregistrée par Joel von Lerber dans son CD Légende (Claves, 2021) : The Colorado Trail, inspiré par un chant populaire de cow-boy et hanté par les souvenirs.

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    Suivent trois œuvres dédiées à l’interprète et ici gravées en première mondiale, en étroite collaboration avec les compositeurs. L’exploration d’états psychologiques est au cœur de deux partitions dérivées de personnages mythologiques. La dimension tragique et meurtrière de Médée instille ses angoisses dans Me·de·a d’Anne Maartje Lemereis, conclue par un cri désespéré. Les Trois moments d’Orphée de Carlos Michans déploient un triptyque qui se lamente de la disparition d’Eurydice, évoque la descente aux enfers, puis le chant rémanent du héros grec. À renfort de traitement électronique, Event Horizon de Ramin Amin Tafreshi et Soheil Shayesteh se focalise sur la conscience d’un point de non retour, celui d’Orphée face à son aimée à jamais prisonnière du royaume d’Hadès. Climats sévères et oppressants, lestés de nappes infra-graves, en contraste avec la vibration cristalline de la harpe.

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    Après ce lourd cosmos, le voyage bifurque vers des pages plus atmosphériques, qui ne se réfèrent pas directement à la mythologie. Ainsi la Suite galactique de Caroline Lizotte, amorcée par la vision quasiment séraphique d’Exosphère. On ne ressent aucun hiatus vers la Toccata de Guillaume Connesson, dont l’énergie rythmique se marie à une philosophie contemplative.

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    L’étape la plus ludique intervient avec Around the Clock Suite de Pearl Chertok, sondant les revirements d’humeur en un tour d’horloge nocturne, jusqu’au matin. L’influence du jazz est patente dans le déhanché de Ten past two et Harpicide at midnight. Une heureuse éclaircie au sein de ce disque souvent chargé émotionnellement, dont le paysage est servi par une superlative technique, à l’honneur de Joost Willemze. L’attention ne faiblit pas tout au long de ce voyage d’une heure et quart, souvent exigeant, parfois ardu, toujours révélateur.

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    Quelle que soit la qualité des interprètes, l’exercice compilateur est toujours menacé par la tentation d’un fourre-tout opportuniste. En revanche, ancrer le récital dans un contexte – une démarche qui me tient personnellement beaucoup à cœur ! – enrichit l’attrait de l’écoute. Fédérer la thématique autour d’Amalie Beer (1767-1854) cadre l’intelligence du projet. Les âmes romantiques suivront Anne-Sophie Bertrand sur la piste de la mère de Giacomo Meyerbeer (1791-1864), qui tenait salon à Berlin – voilà. Cette représentante de la grande bourgeoisie juive y animait un des plus importants cénacles d’Allemagne, où se réunissait l’élite politique, intellectuelle et artistique. Le CD invite des personnalités diversement liées à ce microcosme de l’ère Biedermeier.

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    Ainsi Niccolò Paganini, dont nous entendons La Caccia, et auquel Nimrod Bernstein rend hommage dans un Capriccio. Ami de Meyerbeer, Franz Liszt prête son Sospiro et son Rossignol transcrits – voilà – par Henriette Renié (1875-1956), éminente pédagogue et virtuose – en effet. Comme le fut en son temps Dorette Spohr, qui inspira à son époux Louis une Fantaisie en ut mineur. Deux autres musiciennes, également connues pour leur mondanités – mais pas seulement, et même loin de là... – , se croisent dans le programme. Fanny Mendelssohn – que j’aime tant – , au gré d’un Notturno en sol mineur, et Pauline Viardot le temps d’une Sérénade.

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    L’univers de l’opéra transparaît par Nobil Signor, arrangé par Elias Parish Alvars d’après un air des Huguenots – de Giacomo Mayerbeer, créé le 29 février 1836 à l’Opéra de Paris… Aussi par une Fantaisie sur des motifs du Faust de Charles Gounod écrite par Albert Zabel (lui aussi lié au cercle Meyerbeer), qui devint soliste au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. On goûtera quelques pages habituées de ce genre de florilège, ainsi le Sospiro qui apparaissait dans Music for solo harp d’Elizabeth Hainen (Naxos, 2001), et Famous Classics de Xavier de Maistre (Claves, 2005). Poétiques certes, mais aussi séducteur comme cette mouture de L’Invitation à la Valse de Weber – en quelque sorte des tubes du répertoire romantique contemporain d’Amelie Beer…

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    Chronologiquement, esthétiquement, les Estampes – de Claude Debussy – nous éloignent un peu – en effet – des salons romantiques, mais en si bonnes mains, on ne se plaindra pas de cette extrapolation. L’envoûtante sonorité investit superbement le territoire illustratif et se hisse à la hauteur de l’enjeu. Transfigurant l’original pianistique, s’appropriant le subtil nuancier debussyste, Anne-Sophie Bertrand y poursuit sa voie du raffinement – voilà – qui fait le prix de son généreux album – de 78′ 21.

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    Christophe Steyne

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    7 Mountains = Son : 9 – Livret : 9 – Répertoire & Interprétation : 9,5

    Pentatone = Son : 9,5 – Livret : 8 – Répertoire & Interprétation : 10

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    Un délicat voyage vers le passé romantique de la harpe, dans  le salon berlinois d’Amalie Beer,

    par les soins de la harpiste Anne-Sophie Bertrand…

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    Ce mardi 21 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa