Catégorie : Musiques

  • Mendelssohn, encore : pour continuer, l’intégrale des symphonies, dirigées par le brillant Thomas Fey

    Felix Mendelssohn (1809 – 1847) est un merveilleux compositeur,

    cruellement sous-estimé depuis trop longtemps,

    parce que débordant les bien commodes cases _ romantisme, classicisme _ qui ne conviennent que trop bien à notre crainte des singularités…

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    Et peut-être aussi victime d’une certaine rancune _ tournant bientôt à l’antisémitisme _ de la part de l’ombrageux et vindicatif  Richard Wagner _ 1813 – 1883 _, vexé que Felix ait négligé de lui rendre une partition qu’il lui avait soumise…

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    Après la merveille des Lieder ohne Worte par Roberto Prosseda au piano (un double CD Decca 476 6796, de 2006) ,

    voici, ce jour, une nouveauté Mendelssohn de ce mois de mars 2018, en un coffret de 6 CDs (hänssler classic HC16098) :

     

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    les Complete Symphonies de Felix Mendelssohn Bartholdy (1809 – 1847), par les Heidelberger Sinfoniker, sous la direction _ électrisante, comme il se doit ! _ du magnifique Thomas Fey _ né le 9 novembre 1960 : il a 57 ans.

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    Il s’agit, d’une part, des 5 symphonies _ pour grand orchestre _ op. 11, op. 52 (« Lobgesang« ), op. 56 (« Schottische« ), op. 90 (« Italien« ) et op. 107 (« Réformation« ) ;

    et, d’autre part, des 13 Streichersinfonie _ de jeunesse _ composées par Felix entre 11 et 13 ans, quand il était l’élève du berlinois Carl Friedrich Zelter (1758 – 1832),

    lui-même élève de Carl Friedrich Christian Fasch (Zerb, 1736 – Berlin, 1800),

    qui, lui, avait été le deuxième claveciniste de la cour de Frédéric II, à Berlin, à partir de 1755 et jusqu’en 1768,

    auprès de Carl Philipp Emanuel Bach (Weimar, 1714 – Hambourg, 1788) :

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    nous voyons tout de suite ici la filiation musicale dont a bénéficié le jeune Felix Mendelssohn…

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    Jusqu’ici, au moins deux belles intégrales de ces Symphonies pour cordes :

    celle dirigée par Neville Mariner (chez Decca),

    et celle de Concerto Köln (chez Teldec).

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    Et pour les 5 Symphonies pour grand orchestre,

    on peut recommander l’interprétation du London Syphony Orchestra, dirigée par Claudio Abbado (chez Deutsche Grammophon).

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    Cette nouvelle interprétation par le brillant Thomas Fey

    est carrément éblouissante

    de dynamique, vivacité, élégance et charme ;

    elle est ainsi idéalement idoine au génie de Felix Mendelssohn…

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    Ce dimanche 4 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter une interprétation parfaite, par Roberto Prosseda, des Lieder ohne Worte, de Felix Mendelssohn

    A ma collection de CDs des pièces de piano de Felix Mendelssohn (1809 – 1847)

    par le merveilleux Roberto Prosseda,

    manquait seulement son interprétation des Lieder ohne Worte, enregistrée _ il y a maintenant dix ans tout juste ! _ à Aci Reale, en Sicile, aux mois de janvier et mars 2008 (un double CD Decca 476 6796).

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    Cette pénible lacune est désormais _ magnifiquement _ comblée :

    Roberto Prosseda est, et de loin, le meilleur de tous les interprètes du piano mendelssohnien ;

    l’écoute de ce double CD me le confirme splendidement :

    légèreté profonde, vie, élégance raffinée sans maniérisme, grâce sublime du chant… 

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    Ce samedi 3 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Dans la série des Grands Entretiens de France-Musique : passion et probité sereines d’Alain Planès

    Les entretiens, tout spécialement, me séduisent, quand ils sont magnifiquement conduits, et, plus encore, que la personne écoutée, parle vraiment _ en vérité ! _, et est passionnante.

    Parmi les grands modérateurs d’artistes, qui ont marqué les ondes, à la radio ou à la télévision : Claude Maupomé, Jacques Chancel, Denise Glaser.

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    Savoir provoquer en douceur la confidence confiante, et savoir écouter, en le faisant advenir, le détail le plus précis et révélateur du récit d’un créateur ou d’un interprète abordant quelques arcanes de sa recherche _ et c’est là un art très subtil que de savoir parler et savoir écouter… _,

    apporte alors beaucoup à l’auditeur attentif sur le meilleur de l’aventure humaine en sa singularité en quelque sorte artisanale, prise sous l’angle du métier.

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    Depuis lundi dernier, 26 février,

    Jean-Baptiste Urbain, tous les jours de cette semaine-ci, à 13 heures, sur France-Musique

    s’entretient _ presque 30 minutes _  avec le pianiste _ ou claviériste _ Alain Planès. Et c’est absolument passionnant !

    De passion et probité sereines.
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    Voici donc des liens aux podcasts de ces 5 précieuses émissions :

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    1° « Comme tout surdoué, j’ai souffert étant enfant« .

    2° « Dans l’Indiana, j’ai découvert la liberté : je me suis retrouvé face à moi« 

    3° « Le rôle de l’interprète, c’est de faire découvrir la musique aux gens. Il faut avoir de l’audace« 

    4° « Debussy est un génie inouï. C’est une musique d’une si grande profondeur« 

    5° « Mirò est le peintre le plus musical qui existe. Sa peinture, c’est du contrepoint« 

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    A écouter, et méditer…

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    Ce mercredi 28 février 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

     

  • Par volonté et par hasard : l’intéressant et assez significatif récit de parcours de Karol Beffa, aux Editions de la Sorbonne

    Ce _ 15 du _ mois de février 2018, paraît aux Éditions de la Sorbonne _ dont s’occupent Marie Brunet et Pierre Singaravélou _, et dans la collection « Itinéraires » _ dont ce récit constitue le numéro 11 ; la collection a été inaugurée en 2010 par le très remarquable livre de l’excellent Patrick Boucheron Faire profession d’historien… _, un très intéressant en même temps qu’assez significatif _ d’un parcours professionnel brillantissime (de réussite) _ ouvrage du _ d’abord, ou principalement _ compositeur Karol Beffa _ né le 27 octobre 1973, à Paris _, très précisément intitulé Par volonté et par hasard _ Théorie et pratique de la création musicale

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    dont voici un résumé :

    « Le compositeur et pianiste franco-suisse _ avec, par son père Richard Zuber (venu en France en 1967), des racines polonaises galiciennes _ revient sur son parcours _ le mot est plus beau que celui de « carrière«  ; et a, aussi et surtout, un tout autre sens !.. _ et livre ses réflexions autour de la composition, de la théorie, de la recherche et de la création musicales. Il expose sa conception de la musique, établissant des liens naturels _ comment l’entendre ? Y-a-t-il rien de naturel dans les activités et œuvres de la culture ? ce mot de « naturel« , ici, me gêne un peu ; mais Karol Beffa évoque ici ses propres impulsions, puissantes, à ainsi « lier« , « relier« , « passer à quelque chose d’autre », « épanouir« , « faire éclater et se répandre ce qui est encore refermé sur soi-même« , « voyager dans de l’ailleurs« , « passer quelque limite » ou « franchir quelque frontière« … _ entre la composition, la pratique, l’improvisation et la transmission. »

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    ainsi que la Quatrième de couverture :

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    « En même temps que je commençais à m’imaginer _ on peut en fixer la date (et le lieu) : en 1996-97, lors de son séjour à la Hochschule der Künste, à Berlin _ en compositeur, je décidais de devenir musicologue » _ c’est là une auto-citation : la phrase ouvre, page 27, le chapitre intitulé « Composition« . Jamais je n’aurais pensé _ du fait précisément des diverses étapes extrêmement ouvertes de ce parcours _ qu’il soit possible de dissocier _ séparer (et calfeutrer) par des parois strictement étanches _ composition et théorie musicale, recherche et création _ Karol Beffa a cette forme (fécondissime !) d’esprit d’interconnexions dynamiques là, qui reste hélas assez étrangère à la plupart des Français. Inversement, il m’était difficile d’imaginer devenir un compositeur qui ne soit pas aussi _ en même temps _ un praticien, c’est-à-dire un transmetteur _ fondamentalement passeur _ : instrumentiste, mais aussi accompagnateur, improvisateur et, bien entendu, enseignant _ voilà ! Mon parcours _ voici à nouveau ce mot décidément important (et plus beau que celui, socio-économique, de « carrière« ) _ ne s’est pas présenté à moi comme un effort pour affranchir, puis concilier des disciplines ou des domaines dont le cloisonnement _ voilà _ m’étouffait. Je l’ai vécu intimement comme le déploiement naturel _ encore ! selon quels types d’évidences ? personnelles puissantes, il faut y insister !.. _, logique et nécessaire _ en quoi donc ? et comment ? et pour qui ? pour lui ! _ d’une conception personnelle _ dans quelle mesure ? en tout cas, caractéristique de son idiosyncrasie ! _ de la musique, élaborée dans un va-et-vient incessant et fécond _ voilà !!! _ entre la solitude _ heureuse ? douloureuse ? les deux mêlés : il commence de s’en expliquer en son chapitre terminal « Créativité« , aux pages 149 à 155 ; et c’est à la fois crucial et fondamental ! _ du chercheur ou du compositeur, et le partage avec les publics académiques ou mélomanes, ainsi qu’avec les autres arts, en particulier la littérature et le cinéma » _ avec allers-retours incessants.

    Tout cela me rend Karol Beffa extrêmement sympathique, alors que je suis aussi, en même temps, un peu irrité, quand il m’arrive, à l’occasion, de l’entendre un peu trop se plaindre, à mon goût, des affres qu’il dit subir du travail de composition-création !!! Et il l’écrit ici, à nouveau, avec la plus grande sincérité !

    Que ne reconnait-il pas davantage, aussi, combien il est (ne serait-ce que socio-économiquement ; même si ce n’est certes pas tout !) privilégié de pouvoir se livrer aussi librement à de telles activités ludiques, dans de telles conditions (aisées et souvent luxueuses) de réalisation, et avec autant d’interlocuteurs-complices musiciens, et autres, de pareille haute qualité !!! Ce ton plaintif m’a, par deux fois _ à Saint-Emilion, puis lors de mon entretien avec lui, à la Station Ausone _, irrité…

    Mais, après tout, peut-être est-ce là son tempérament ; ou le fruit de son histoire personnelle… Il n’est peut-être pas machiavélien comme j’ai pu me l’imaginer parfois.
    Il continue, en tout cas, de beaucoup m’intéresser…

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    Karol Beffa m’intéresse donc à la fois comme compositeur et créateur _ entre autres de ses passionnantes riches activités tous azimuts _,

    et comme personne singulière _ avec ses mystères : c’est un homme très discret, voire secret ;

    et il se trouve que je suis personnellement curieux des parcours singuliers des personnes ; tout spécialement, pour ce qui le concerne, lui, en particulier quant à ses filiations polonaises galiciennes, proches des miennes…

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    Cf mon article du 1er juin 2016 :

    »

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    ainsi que le podcast de mon entretien avec lui à la Station Ausone, le 11 octobre 2016,

    en ouverture de la saison 2016-2017 de la Société de Philosophie de Bordeaux _ dont je suis vice-président _,

    à propos notamment, de son très remarquable et passionnant, déjà, Comment parler de musique ?…

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    Viennent aussi de paraître, tout récemment _ le 9 mars 2017 _ en format papier, ses magnifiques Leçons au collège de France : Parler, composer, jouer : sept leçons sur la musique, aux Éditions du Seuil ;

    ainsi que _ le 18 janvier dernier _ Diabolus in opéra : composer avec la voix, aux Éditions Alma.

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    Dans sa riche et très intéressante bibliographie,

    il faut relever, bien sûr, ce tout à fait passionnant livre à deux, avec son ami Cédric Villani : Les Coulisses de la création _ paru le 4 novembre 2015 aux Éditions Flammarion…

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    Ce mardi 27 février 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa