Catégorie : Philo

  • L’agudezza du temps juste : art rare et ô combien précieux !

    Sur un très joli petit livre  : « Léonard et Machiavel« , de Patrick Boucheron, aux Éditions Verdier, en juillet 2008,
    au style particulièrement enlevé,
    précis dans la richesse (on ne peut mieux documentée) de ses détails
    érudits et parfaitement judicieux :
    sur l’art _ et le terme est grossier _ du temps juste, tempo giusto ;
    …
    et tout à fait élégant d’écriture
    _ un beau plaisir de lecture,
    associé à la parfaite justesse de la précision de la connaissance
    de ces deux grands esprits, on ne peut mieux originaux,

    et « géniaux » ,

    en leurs déjà divers et multiples genres,
    chacun d’eux, Nicolas (Machiavel) et Léonard (de Vinci) _ ,
    …
    sur la rencontre
    _ en plusieurs occurrences de temps
    (entre juin 1502 et mai 1506)
    et de lieux (Urbino et Florence surtout,
    mais aussi, et entre autres, Imola, Cesena, le siège de Pise)  _
    de deux génies d’une parfaite finesse _ agudezza _ (de vue)
    Nicolas Machiavel, l’auteur du premier grand traité politique moderne _ « Le Prince«  écrit par lui en 1516 _,
    et Léonard de Vinci, génie polyforme, mais sans doute d’abord du trait de dessin du pris au vif…
    …
    un livre sur l’art des détails justes _ en politique
    (ou art de la prise, dans la guerre de mouvement, de « surprise » foudroyante de l’adversaire, trop lent, lui, trop engoncé en ses habitudes)
    comme en « ingénierie »
    : efficaces quant à leur prise (et saisie, donc) sur le « réel »…

    …

    Une affaire, toujours, de « rythme »…

    …

    Je cite, page 64 :
    « Vont-ils se parler ? Léonard de Vinci a rejoint César Borgia à Imola depuis la fin de l’été _ 1502 _, et Machiavel ne quittera le Valentinois que le 23 janvier 1503.
    Les voici enfin
    _ pour l’enquêteur qu’est Patrick Boucheron _ réunis,
    et pour de longs mois.
    Mais pourquoi dire enfin ?
    Qui s’en impatientait, sinon peut-être
      _ dit finement l’auteur _ le lecteur de cette histoire ? Machiavel et Léonard de Vinci se sont certainement rencontrés, longtemps,
    ils se sont très certainement parlé, souvent
    _ nous allons, nous aussi, le découvrir, en cette enquête minutieuse, qu’est ce petit livre de 153 pages…
    …

    Les échos de ces conversations se retrouveront, plus tard, dans des projets communs

    _ une entreprise (titanesque ?) de dérivation de l’Arno en amont de Pise (qu’il faudrait prendre, ou « noyer »…) ;

    la décoration (célébrissime : représentant « la Bataille d’Anghiari« , commandée par le gonfalonnier de justice _ à vie _ Piero Soderini) de la salle du Grand Conseil du palais de la Seigneurie, à Florence _

    qui ne seraient guère compréhensibles sans cette connaissance préalable qu’ils firent l’un de l’autre«  _ c’est là la base du très joli travail de Patrick Boucheron ici.

    …

    « Il y sera aussi question de fleuve et de fortune,
    de guerre et de pouvoir,

    de la façon de voir le monde tel qu’il est

    _ et combien c’est là un exploit rare, car si difficile  !.. _
    et d’en saisir le rythme« 

    _ voilà bien le point décisif (vital, ou mortel, comme on voudra dire) !

    …
    Soit un livre sur « la nouvelle qualité des temps«  _ en ce tournant (juin 1502 – mai 1506) entre Quattrocento et Renaissance : cette belle expression de Patrick Boucheron
    se trouve _ et détaillée _ page 50.
    …
    « Nul fragment du monde n’est négligeable pourvu qu’on le regarde intensément« ,

    peut-on lire page 25 :

    une parfaite citation
    pour illustrer ce que j’appelle
    , quant à moi, en mon petit « atelier » (de ce blog),
    ma méthode « attentive intensive » ;

    méthode (d’attention) dont je trouve, aussi, le modèle (intensif) chez un Montaigne…

    …

    Un livre _ sur la curiosité et la recherche _ à lire avec beaucoup de plaisir,

    et même de joie (pure),

    …

    Titus Curiosus, ce 30 septembre 2008

  • Art et tourisme à Aix _ et ailleurs (4)

    Enfin, un essai de synthèse de réflexion _ sur « Art et Tourisme » _, après ces diverses impressions de « terrain » sur quelques uns des sites cézanniens d’Aix
    ainsi que sur Aix-en-Provence elle-même,
    et, en particulier, aussi, la fréquentation à toute heure très importante de l’Office de Tourisme,
    à la Rotonde sur laquelle débouche la promenade archi-fréquentée, et belle, du cours Mirabeau…
    …
    Aix dispose d’un remarquable patrimoine artistique
    architectural
    _ pour commencer : celui de cette très, très jolie ville provençale _,
    …
    mais aussi avec sa large collection de Musées
    _ et pas seulement le très riche et nouvellement splendidement ré-aménagé Musée Granet
    (avec sa magnifique exposition rétrospective « François-Marius Granet » ;
    après la très importante « Cézanne en Provence« , en 2006 ;
    et avant une exposition, pour l’été 2009, « Picasso-Cézanne« ) :
    le Musée du Vieil Aix,
    le Musée des Tapisseries,
    le Musée Paul Arbaud,
    les Fondations Vasarely et Saint-John Perse,
    etc…

    …
    ainsi que son si justement célèbre festival de musique…
    …
    Autant d’atouts
    qui,
    en plus du nom de Cézanne et des sites cézanniens
    et de la « figure de proue »
    de la montagne Saint-Victoire
    dominant la ville ;
    …
    qui attirent en permanence des flots de touristes
    qui viennent y passer et séjourner,
    faisant affluer une importante manne
    financière ;
    à savoir « gérer »
    …
    …
    De fait,
    l’Office de Tourisme d’Aix
    aide à organiser et répartir
    , géographiquement ou urbainement, la demande « touristique » d’Art
    de la part de ses visiteurs
    de satisfaisante manière pour les demandes variées, forcément _ à commencer en fonction de la durée prévue du séjour (notamment hôtelier) dans la ville _,
    des uns
    et des autres…

    …
    Tels ceux, par exemple, qui se satisfont d’un circuit commenté par haut parleur
    en petit train roulant

    à travers les ruelles de la vieille ville…
    …
    Ou ceux qui ont une demande plus « ciblée » :
    mettre leurs pas
    dans ceux des mieux connus des aixois,
    tels Paul Cézanne ;
    ou Émile Zola.

    Pour lesquels ont été rédigés _ par Michel Fraisset pour l’Office de Tourisme d’Aix _ d’excellents fascicules, avec plans de la ville,
    « Sur les pas de » :

    « Sur les pas de Cézanne » ; « Sur les pas de Zola« …
    …
    Il se trouve que
    désirant connaître les auteurs de l’excellent diaporama du Grand-Salon du « Jas de Bouffan »,
    j’ai été acheminé par les très serviables hôtesses de l’Office de Tourisme
    vers le bureau de la responsable de la communication,
    Bernadette Marchand, qui m’a très gentiment fourni le renseignement (« Gianfranco Iannuzzi », auteur de ce passionnant _ très instructif et très beau _ diaporama) que je désirais obtenir pour rédiger mon article ;

    …

    et que, lui signifiant mon haut degré de satisfaction des visites des sites cézanniens,
    je lui ai indiqué l’unique point qui m’y avait un peu « gêné » _ le panneau « L’art m’emmerde«  (selon Érik Satie ; et Ben !…)
    se balançant à la brise juste à l’entrée de l’ »Atelier Cézanne » ; de la responsabilité de Ben, donc ;
    ainsi qu’une expo Ben
    dans l’appentis adjacent à la bâtisse de l’ »Atelier« 
    _ ;
    …
    il se trouve que
    le responsable de l’initiative d’accueillir une expo Ben en ce lieu (de pélerinage cézannien) _ Directeur de l’ »Atelier Cézanne », ainsi qu’Adjoint de Direction et Responsable de la Communication
    de l’Office de Tourisme _,
    Michel Fraisset,
    se trouvait présent en ce même bureau de l’Office de Tourisme…

    …
    Nous avons donc pu, Michel Fraisset et moi-même, échanger _ très aimablement _ un peu,
    là-dessus…

    …
    Donner à connaître (si peu que ce soit ; ou, plus encore, donner _ ou alimenter _ le désir de mieux connaître) d’autres artistes
    à ceux qui viennent « sur les pas de » Cézanne

    _ tel un Jean Amado : passionnant ! cf mon article « Parcours d’Art à Aix _ préambule » _ est excellent ;

    …

    mais je ne suis pas certain qu’un Benjamin Vautier, en l’occurrence,
    « agisse » dans une catégorie (d’Art) du même ordre (d’authenticité et de valeur
    _ objective !)
    qu’un Cézanne
    ;

    …

    ce qui pose la question de ce qu’il en est,
    depuis Marcel Duchamp
    , en 1914,
    de l’art dit « contemporain » ;

    parmi des impostures…
    …
    Sur ce point-là,
    je me situerai personnellement
    , en tant que « spectateur »-« amateur d’Art »,
    plutôt dans la mouvance d’un Jean Clair,
    l’auteur exigeant de « Malaise dans les musées » (en septembre 2007)
    et « Journal atrabilaire » (en janvier 2006) ; « Lait noir de l’aube » (en mars 2007) ; « Autoportrait au visage absent _ Ecrits sur l’art 1981-2007 » (en mars 2008) :
    ainsi que de « La barbarie ordinaire _ Music à Dachau » (en avril 2001)…
    …
    Bref,
    les mal (ou contre) façons d’Art
    agacent

    _ un brin _
    mon épiderme (de curieux d’Art vrai)…
    …
    La question _ de fond _ devient alors
    comment satisfaire la « demande »
    _ qualitativement variée _
    de ces divers « clients »…

    …
    Je reprends ici, et à la lettre près, le très précis paragraphe intitulé « Les Faits »
    _ page 178 de la contribution « Aujourd’hui, l’Atelier Cézanne… » de l’album si riche « Atelier Cézanne » (en 2002, chez Actes-Sud) _
    sous la plume de Michel Fraisset :

    …

    « Comment l’Atelier Cézanne est-il devenu le musée le plus visité des Bouches-du-Rhône en 1999 et le second en 2000 derrière la Vieille -Charité de Marseille ?
    Cette augmentation considérable de la fréquentation
    et des recettes engendrées
    est bien entendu l’effet
    d’actions mises en œuvre dès 1998

    _ « l’équipe mise en place par l’Office de Tourisme d’Aix arrive _ à l’ »Atelier Cézanne » _ fin 1997 » (page 177) _
    et largement développées les années suivantes. »
    …
    Michel Fraisset précise alors :
    « Ces actions peuvent se regrouper autour de quatre pôles :
    La communication, l’animation, la gestion, la commercialisation.
    En premier lieu, l’idée même du « musée » au sens traditionnel est abandonnée.
    On ne parle plus du
    « Musée Atelier Cézanne »,
    mais de l’
    « Atelier de Cézanne »
    ,
    lieu de mémoire et d’histoire,
    mais surtout lieu de convivialité, de partage et d’émotions.
    Il n’y a plus de
    « conservateur »,
    ni de
    « gardiens »,
    ni de
    « droits d’entrée »,
    vocabulaire impropre pour un lieu
    ce culture ouverte.

    …
    Les visiteurs
    sont aussi
    des clients

    _ voilà le point crucial.
    …
    Dès lors leur satisfaction
    doit être prise en compte.
     »
    Fin de ce paragraphe,
    page 178 d’ »Atelier Cézanne » (publié aux Editions Actes-Sud en 2002 par la « Société Paul Cézanne »).
    …
    « Être prise en compte » : mais comment ?
    Financièrement ? _ et seulement financièrement ?..

    …

    Et les « satisfactions » des uns
    « équivalent-elles »
    _ par quels circuits ? _ à la « satisfaction » _ ou « insatisfaction » _ des autres ?..

    Sur quels critères les évaluer ? Est-ce bien de l’ordre _ quantitatif (et visible) _ du « mesurable » ?…

    …

    Comment pèsent ici les diverses _ et peu « homogènes » _ « demandes » :
    « demandes d’Art »
    et « demandes de Tourisme » ?

    …
    La « demande » de ceux qui empruntent le petit train parcourant les ruelles de la Cité aixoise _ un semblable petit train est apparu récemment à Bordeaux _ en écoutant le déroulé
    du discours pré-enregistré,
    est-elle « équivalente »
    à la « demande » de ceux qui se mettent « sur les pas » du créateur Cézanne ?..
    Ou du créateur Émile Zola ?..

    « Sur les pas » étant le titre même

    des remarquables fascicules _ avec plans _ diffusés par l’Office de Tourisme d’Aix, rédigés _ fort pertinemment dans le détail même des renseignement fournis et des localisations données avec beaucoup de précision _ par Michel Fraisset lui-même…

    …

    Chacun _ « acteur æsthétique » (cf l’excellent livre de Baldine Saint-Girons : « L’Acte esthétique » ; ou le tout aussi nécessaire « Homo spectator » de Marie-José Mondzain) _ peut, bien sûr, en « avoir » « pour sa mise » ; ou « pour son argent »
    _ voire pour son désir : même si, là, pour le cas du « désir », c’est considérablement moins facilement,

    et encore ! c’est un euphémisme,

    calculable et encore moins réalisable « à coup sûr » ;
    au contraire, même :

    …

    n’est « agréé » et « reçu » _ et au centuple, qui plus est ! _, ici,
    que ce qui n’était _ même pas _ demandé !..

    prévu, prémédité, imaginé, rêvé !..
    …

    Ah! ce qui peut être rêvé sur le seul nom d’une ville !…

    Sur cela, lire Proust, la « Recherche« …

    …
    La seule précaution à (essayer de) prendre _ pour les metteurs en place des « dispositifs » d’organisation des « visites » _
    étant
    que ne se gêne (pas trop) la « cohabitation » des uns et des autres
    ;

    …

    et en espérant, même _ peut-être avec l’appoint d’un minimum de « pédagogie », mais pas trop « didactiquement » non plus, qui aurait, cette trop didactique pédagogie, le désastreux effet (de fuite) inverse ! _

    que
    les « touristes » de passage
    deviendront
    des « ravis »
    d’une véritable « émotion »
    (= « æsthétique« ) d’Art ;

    …

    et plus de simples consommateurs de « clichés » touristiques

    _ de type « on connaît ! on vient, même, pour çà !.. »

    …
    En cela,
    le « système » des « réservations » à l’Office de Tourisme
    constitue un utile sas
    _ un commode et précieux « goulot d’étranglement », en amont des « flux » d’ »inondation »… _
    à l’égard des risques de « bouchons » (de foule)…
    …

    J’ai en souvenir, par exemple,
    le nombre faramineux d’autobus
    affluant (et s’alignanten kyrielles) aux (immenses) parkings du château de Chenonceaux
    pour y mener des charters entiers de visiteurs de jusque l’autre côté de la planète ;
    quand d’autres lieux (tout aussi beaux et tout proches de Chenonceaux, en Touraine)
    sont encore préservés de ces foules « consommatrices » bruyantes _ et assez peu « vraiment curieuses » _,

    sur le circuit international

    des « tour operators« …

    …
    Qui a vraiment « intérêt » à cela ? et à « faire du chiffre » ?..

    …
    Ou, encore, à Venise, autre exemple, le contraste entre le secteur, passablement encombré (de touristes), entre la Place Saint-Marc et le Pont du Rialto, d’une part,
    et Dorsoduro, si tranquille _ lire le merveilleux livre du dorsodurien Pier Maria Pasinetti (1913-2006) : « De Venise à Venise » (« Dorsoduro » étant le titre original de ce livre, en italien)…
    …
    Comment éviter que l’afflux en grand nombre
    gâte
    la rencontre « personnelle »
    _ et singulière : c’est un « acte esthétique », pas si fréquent, jamais « normalisé », ni, a fortiori, « formaté »… _
    avec l’œuvre
    _ en un Musée, ou en une église _
    ou avec le lieu…

    …

    Se reporter sur ce point

    (de la rencontre-découverte : avec une œuvre ou avec un lieu)

    au magnifique premier chapitre ( intitulé « La paix du soir _ au risque d’halluciner« )

    aux pages 39 à 66 de « L’Acte esthétique » de Baldine Saint-Girons,

    à Syracuse,

    décrivant par le détail ce qu’elle qualifie si justement d’« expérience forte« , indiquant même : « Toute expérience forte est nécessairement datée et localisée : c’était le 29 avril 2005 à Syracuse, à la fin d’une journée intense«  (page 42) ; « j’étais en compagnie d’amis siciliens, tous deux aussi émus que moi par ces hasards objectifs _ l’expression est aussi superbe que magnifiquement juste ! _ : mon collègue _ philosophe _ Giovanni Lombardo, et le jeune Emilio Tafuri » _ car les autres participent pour beaucoup aux rencontres et des lieux, et des œuvres… « Nous cheminions sul longomare, las et heureux. Moins directement heureux peut-être que sensibles à un accord musical inattendu surgi entre le monde et nous : nos sentiments et nos pensées nous semblaient atteindre à l’unisson, malgré des destins séparés. « La paix du soir », ai-je alors murmuré, comme si cette expression m’avait été soufflée. Une douce émotion nous envahit tous les trois. Impossible, semblait-il, de ne pas la reconnaître : elle nous enveloppait et nous absorbait, tissant entre nous un double lien, substantiel et musaïque » (page 43).

    …

    Je poursuis ma lecture : « Devait-elle davantage sa force à un état du monde ou au vocable ? Quels rôles fallait-il attribuer respectivement à la perception mondaine _ syracusaine, ici et alors _ et à sa formulation ? Silencieux et retenant notre souffle, nous croyions bien « entendre » la respiration du cosmos, miraculeusement pacifiée : n’était-ce pas le monde qui nous parlait diirectement à travers l’équilibre éphémère du crépuscule, alors que le jour le cédait au soir ? N’entendions-nous pas cette voix de façon quasi endophasique, presque comme une hallucination verbale ? Pourtant quelque chose de nouveau se produisit, dès lors que nous nommâmes « la paix du soir » ; la force poétique du phénomène du monde sembla décupler«  (page 44).

    …

    Et l’analyse se poursuit… Page 64, Baldine Saint-Girons pose la question : « L’acte esthétique peut-il se programmer ? » ; et elle y répond positivement : « Programmer des actes esthétiques nous est essentiel » (page 65) ; mais cet art demeure, toutefois, extrêmement subtil : « il suffira _ dit optimistement Baldine Saint-Girons _ de se déprendre de toutes choses _ qui retiennent et alourdissent _, de se faire bohémien, de se mettre en voyage _ combien, partis hors et loin de chez eux, y parviennent « vraiment », réellement ? _ : l’ailleurs s’ouvrira« , pose-t-elle, alors, page 65… Soit un acte d’ouverture à une réceptibilité ;

    …

    et à une réception effective, quand celle-ci advient, comme en réponse à quelque demande informulée, forcément, de notre part.

    …

    Et elle conclut ce beau chapitre liminaire de « L’Acte esthétique » par ces mots : « La « vraie vie » dont l’absence nous taraude serait-elle à notre portée grâce à l’acte esthétique, qui suppose un sujet tourné vers le dehors et un monde réenchanté ? Plus on y songe, plus on se demande si le véritable savoir, celui qu’il est inutile d’arborer, mais qui aide à vivre, n’est pas le savoir esthétique. « La paix du soir » pourrait s’élever de la sorte au rang de mathème, mais de mathème secret, dont la force opérative ne se révèlerait qu’à celui qui vacille sous l’aiguillon de l’æsthesis«  _ qu’il nous faut apprendre, avec délicatesse, à « recevoir » et « accueillir » : avec la plus pure _ épurée _ simplicité… Voilà tout ce qui peut se préparer _ sur (voire contre) soi _, mais ne se produit certainement pas _ jamais, du côté de la rencontre avec l’altérité _ sur commande… Ni ne s’achète ! par conséquent…

    …

    Sans compter que la ville, elle-même, doit demeurer vivante ;
    pas rien qu’un « conservatoire de patrimoine »,

    (ou une accumulation de boutiques de « marques » interchangeables, hélas, d’une ville à une autre)
    pour visiteurs étrangers pressés
    consommateurs de « clichés » seulement
    parmi lesquels ils « se figurent » « reconnaître » quelque chose d’ »attendu », déjà, d’eux, sans jamais rencontrer quelque altérité _ objective, et non pas fantasmée, ou virtuelle _ que ce soit !.. C’est qu’elle pourrait bien les « effrayer », pareille altérité…

    …

    Car une ville est tissée aussi, et consubstantiellement, de ses propres habitants…

    …
    Soit une question que se pose aussi, pour le devenir de sa ville,

    l’excellent maire (et philosophe) de Venise,
    Massimo Cacciari (de lui, en français, on peut lire : « Le Dieu qui danse« )…
    …
    Des questions pour non seulement
    l’Office de Tourisme _ et la Ville _ d’Aix-en-Provence,

    …

    mais pour les mairies de villes à important capital patrimonial artistique
    _ telle la mairie de Bordeaux ;

    …

    à l’heure de la candidature au label de
    « capitale européenne de la culture »
    pour 2013.

    …

    Titus Curiosus, ce 7 septembre 2008

  • « pourquoi il ne parle pas des camps… », ou « les vingt premières minutes »…

    Sur Imre Kertész : « Dossier K.« 

    …

    En forme de _ humble _ « conseil de lecture » à Bruno Le Maire,

    modeste réflexion sur la déontologie de l’écriture,

    et « réponse », à la citation par Pierre Assouline d’un extrait de “Des Hommes d’État” (aux Editions Grasset) de Bruno Le Maire, donc

    _ cf mon précédent article, avant-hier, « Kertész /”Dachau” : la bourde du politique (et la non-lecture des “lecteurs”)«  _,
    à propos de cette étonnante « contre-vérité »
    _ et c’est un euphémisme !_
    que re-voici : « pourquoi _ en « ses textes » (sic) _ il (Imre Kertész) ne parle pas des camps«  (re-sic) _ ;
    …
    et plus précisément, sur « le détail »

    (« relevé » et r-apporté

    par le conseiller politique du Premier ministre d’alors) :
    ”Ça ne sert à rien de raconter les camps. Ça n’intéresse personne. Les détails, ça n’intéresse personne”
    ;
    une phrase prêtée,

    par cet auteur (d’un livre à relatif succès _ de vente),

    au prix Nobel de littérature 2002 Imre Kertész ;
    …
    et encore sur cette autre « citation »
    prêtée à ce même Kertész (reçu à l’hôtel Matignon par le Premier Ministre d’alors, Dominique de Villepin) :
    « dans “Kaddish“
    _ en fait, dans “Être sans destin“ ! _,
    j’ai essayé de raconter les vingt premières minutes de mon arrivée à Dachau« 
    _ en fait, à Auschwitz ! _  ;
    …
    « raconter »
    en les « inventant »
    (voire « ré-inventant »), en quelque sorte,
    ces « vingt premières minutes »
    (vécues alors, mais comment ?…)
    -là
    ;
    …
    plutôt que de seulement « r-apporter »,

    « brut »,

    et « re-transcrire »,
     » tel quel »

    _ si tant est que cela soit jamais le cas
    (chimiquement pur, en quelque sorte) _ ;

    …

    plutôt que de seulement « re-transcrire », donc,

    « leur » souvenir

    (en l’occurrence de ces dites « vingt premières minutes« …)
    _ si tant est qu’un tel « souvenir » « existe » (bel et bien…),
    et « demeure »,
    mais dans quel état !..
    ;
    …
    « tel » que
    _ pour le préciser un peu davantage _
    ce « souvenir »

    _ bien que loin d’être, celui-ci

    (en cette occurrence assez « rare » en une vie !

    c’est-à-dire une occurrence on ne peut plus « définitive »

    pour la plus grande majorité

    _ le « groupe » « le plus important

    à droite« , selon l’expression de la page 119,

    après le passage « torse nu devant le médecin« , dans « Être sans destin » _ ;

    …

    pour la plus grande majorité, donc,

    de ceux

    qui eurent à la « rencontrer » !.. cette occurrence ;

    et n’eurent _ ceux de ce groupe majoritaire- là ! _

    ni à l’oublier, passer dessus,

    ni à s’en re-souvenir !..) ;

    …

    bien que loin d’être,

    celui-ci

    _ souvenir (des « vingt premières minutes« ) _,

    tout à fait « anodin »

    en sa singularité tout de même « assez particulière » _ de « souvenir »

    (de passage par Auschwitz) _,

    au moins rétrospectivement :

    mais sur le champ ? _ ;

    …

    tel que ce « souvenir » précis -là, donc,

    dans « Être sans destin » ;

    …

    nous verrons un peu plus loin ce qu’Imre Kertész lui-même en disait déjà

    et pas mal en détail, entre les pages 105 et 139 (d’ »Être sans destin« , donc),

    de ces « vingt premières minutes » au « camp »

    _ sans plus de précision, pour le moment, quant à la nature singulière de ce « camp »-là

    (les précisions viendront un peu plus tard, dès cette première journée, cependant

    _ page 150 : « Je peux affirmer qu’avant le soir du premier jour ne soit tombé j’étais en gros à peu près précisément au courant de tout » : le moindre de ces mots, ici, compte _ lourd ! devant les « cheminées« … ;

    puis page 157 d’ « Être sans destin » : la distinction « Konzentrationslager« , Vernichtungslager » , « Arbeitslager«  ;

    soit au chapitre V, encore à Auschwitz-Birkenau ;

    avant le départ, trois jours à peine plus tard

    _ « je n’ai passé en tout et pour tout que trois jours entiers à Auschwitz. Au soir du quatrième jour, j’étais de nouveau dans un train, dans l’un de ces wagons à bestiaux que je connaissais déjà. La destination, comme nous l’apprîmes _ était Buchenwald » (page 166) _,

    pour Buchenwald, donc ;

    puis, encore, le transfert pour Zeitz

    («  Zeitz, ou plus précisément le camp de concentration qui porte le nom de cette bourgade, est à une nuit de train de marchandises de Buchenwald, puis encore vingt, vingt-cinq minutes à pied, avec une escorte de soldats, sur une route nationale bordée de labours, de paysages ruraux bien cultivés, comme j’ai pu m’en rendre compte moi-même. C’était l’endroit où nos devions nous installer définitivement, nous assurait-on, du moins ceux parmi nous dont le nom se trouvait avant la lettre M dans l’ordre alphabétique ; les autres iraient au camp de travail de Magdebourg, dont le nom m’était plus familier à cause de sa renommée historique _ c’est ce que nous avaient dit des détenus encore à Buchenwald, le soir du quatrième jour« , etc… (page 177)  _ ;

    …

     tout se « dé-couvre »

    _ et pas seulement à quatorze ans et demi

    (âge d’Imre Kertész

    et de « György Köves »

    débarquant sur la rampe d’Auschwitz-Birkenau cet été 44 là…

    et passant par la « sélection« … :

    …

    ce mot-là, bien sûr,

    n’appartenant pas au « registre » du « György Köves » de quatorze ans et demi au chapitre IV d’ »Être sans destin » ;

    pas davantage qu’à celui du « György Köves » de seize ans au chapitre IX et dernier de ce même livre,

    à son retour à Budapest, au moment

    _ hors récit : « je devais prendre le tram pour aller chez ma mère« , lit-on seulement à la page 359 _

    d’aller retrouver sa mère ;

    et, probablement, de lui

    raconter tout cela…

    …

    « ma mère m’attend« , se dit « György Köves » à la dernière page d’ »Être sans destin » (page 361),

    et elle sera sûrement heureuse de me revoir, la pauvre«  ;

    …

    et quant à lui, « György Köves » se propose de

    « continuer à vivre

    ma vie invivable«  ;

    …

    « de toute manière,

    tout sera certainement comme elle l’avait prévu ;

    il n’y a aucune absurdité qu’on ne puisse vivre tout naturellement ;

    et sur ma route, je le sais déjà

    _ se dit le gamin de seize ans de retour de ce peu prévisible périple (Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Zeitz, et retour) allemand _

    me guette, comme un piège incontournable,

    le bonheur.

    …

    Puisque là-bas aussi,

    parmi les cheminées,

    dans les intervalles de la souffrance,

    il y avait quelque chose qui ressemblait au bonheur« ) ;

    …

    tout se « dé-couvre », donc,

    il nous faut _ tous ! _ bien l’ »apprendre »

    _ à la Goethe des « Années d’apprentissage du jeune Wilhelm Meister« , à Weimar

    (si proche de Buchenwald :

    lire à ce propos le sublime « Le Chercheur de traces« , par exemple dans « Le Drapeau anglais« )  _ ;

    …

    l’ »apprendre » et « nous y faire »,

    forcément…) _ :

    …

    entre les pages 105 et 139 d’ »Être sans destin« , donc,

    pour ces « vingt premières minutes« 

    au « camp » !

    …

    « quand nous avons fini par arriver _ le train était parti de Budapest _ pour de vrai » , lit-on, en effet, à la page 105 d’ « Être sans destin« ,

    en son chapitre IV,

    quant au récit de ces « vingt premières minutes » au « camp » ;

    …

    chapitre IV commencé, lui, page 82 :

    « Ce qui manquait le plus dans le train, c’était l’eau » ;

    …

    et s’achevant page 138 : au sortir du « vestiaire »

    (et la réception de « nouveaux vêtements »

    _ « une chemise qui avait dû être autrefois à rayures blanches, de l’époque de mon grand-père, sans col ni bouton« ,

    « un caleçon qui convenait tout au plus à des vieux, avec des fentes aux chevilles et deux authentiques rubans de caleçon,

    un costume visiblement usé, l’exacte réplique de celui des détenus, en tissu à rayures bleues et blanches » _

    ainsi que de « nouvelles chaussures »

    _ « dans une montagne de chaussures bizarres _ semelles de bois, doublure de tissu et trois boutons sur le côté au lieu de lacets« , « j’ai pu choisir » « celles qui, dans la précipitation, m’allaient à peu près » (page 137 d’ »Être sans destin« ) _,

    pour dorénavant : aux camps…) ;

    …

    et après, juste auparavant (pages 134 à 136 pour le récit de l’épisode), une (vraie) douche, pour « György Köves »

    _ ce « György Köves » à travers le récit duquel se déroule,

    à la première personne du singulier

    (et au passé _ de la mémoire en acte),

    « Être sans destin » ;

    depuis « Je ne suis pas allé au lycée ce matin« , à la page 7,

    jusqu’à la page 361,

    avec, en ce « final » du livre, quelques réflexions oxymoriques sur le bonheur :

    « Oui, c’est de cela,

    du bonheur des camps de concentration,

    que je devrais parler la prochaine fois

    _ c’est-à-dire à d’autres que les « Steiner et Fleischmann » auquel « György Köves » vient de s’affronter, à son retour « chez lui » (= le domicile de son père, chez lequel il vivait _ ses parents étant divorcés), à Budapest _,

    quand on me posera des questions. Si jamais on m’en pose. Et si je n’ai moi-même pas oublié«  ;

    j’y reviendrai moi aussi, forcément ! _ ;

    …

    après une (vraie) douche, donc, page 126, en un « endroit déjà bondé » (page 127) ;

    puis

    un passage au « vestiaire« 

    (le mot étant prononcé, en hongrois, s’il vous plaît, page 129,

    et par « un détenu »

    _ « à nouveau, il y avait un prisonnier pour nous aider » (page 126) _

    « particulièrement distingué » (page 127),

    offrant à l’arrivant « la joie inattendue _ en ce lieu pas franchement hospitalier _ d’entendre les sons familiers de la langue hongroise à l’étranger » ;

    « ainsi donc, je me tenais en face d’un compatriote » (lit-on à la page 128 d’ »Être sans destin« ) ;

    …

    après une (vraie) douche, puis un passage au « vestiaire » , donc,

    où « nous devrions nous déshabiller et accrocher correctement nos vêtements aux crochets qui s’y trouvaient. Pendant que nous prendrions notre douche, nos vêtements seraient désinfectés. »

    Page 134-135 : « J’ai trouvé étonnant que l’eau se mette à couler soudain toute seule (…) ; le débit de l’eau n’était pas vraiment abondant, mais sa température agréablement fraîche me convenait par cette chaleur. Et surtout, je me suis bien désaltéré.« 

    Le récit du moment de la douche s’achève page 136 : « Déjà nous étions emmenés, poussés, chassés vers l’extérieur« … Puis, après un couloir et deux salles, le « vestiaire » et la « distribution » « des _ nouveaux _ vêtements » (page 137).

    …

    Puis, à la dernière page (138) de ce chapitre IV (à Auschwitz) : « nous étions déjà dehors, à l’air libre« …

    …

    Expression non sans humour,

    précédant cette dernière phrase, encore,

    _ pour achever ce chapitre IV _

    de commentaire

    de la mémoire s’activant

    (et récit au présent rapportant du passé

    qui peu à peu, ainsi, par un effort, tant bien que mal _ et la plupart « le » fuient !.. ce passé glauque… _ se « re-découvre », par cette « focalisation » si « difficile » de l’esprit)

    …

    précédant cette dernière phrase, donc :

    « Je ne sais qui commandait

    ni comment cela s’est passé

    _ je me rappelle seulement qu’une sorte de pression pesait sur moi,

    qu’une espèce d’élan m’emportait, me poussait, me faisant un peu trébucher dans mes nouvelles chaussures, dans un nuage de poussière et avec d’étranges bruits sourds derrière moi, comme si on frappait le dos de quelqu’un,

    en avant vers de nouvelles cours, de nouvelles grilles, des barbelés, des clôtures qui s’ouvraient, se fermaient

    et se confondaient finalement à mes yeux

    en un fouillis flou et embrouillé« …

    …

    _ notation (de « confusion », dangereuse…) terminale

    (de ce chapitre IV

    et de ces fameuses « vingt premières minutes » en ce premier camp)

    majeure, qui résume beaucoup !

    …

    (et rappelle Fabrice à Waterloo dans la stendhalienne « Chartreuse de Parme » :

    Imre Kertész lui-même l’évoque aux pages 25 et 26 de « Dossier K.« ),

    pour signifier comment le réel se présente

    d’abord

    _ et toujours _

    à n’importe lequel d’entre nous

    (car c’est le cadre universel de l’ »expérience » même ! rien moins !..) ;

    …

    mais quand la situation

    _ telle celle d’une bataille, ainsi qu’à Waterloo pour Fabrice ce jour-là _

    met en danger,

    un peu plus immédiatement (et massivement) encore _ ici on assassine ! _ que d’habitude,

    la vie ;

    …

    il y a comme davantage d’urgence

    de comprendre

    un peu plus vite

    et si peu que ce soit (un peu mieux…)

    ce dont il s’agit,

    en quel « guêpier » nous nous trouvons, pour l’heure, si vilainement « fourré » ;

    …

    même si, et ô combien ! certes, la survie dépend, aussi, de bien de « hasards »,

    c’est-à-dire de conjonctions _ diversement improbables _ de séries causales

    _ cf Antoine-Augustin Cournot ; ou Marcel Conche : « L’Aléatoire » (aux Éditions de Mégare, en 1989) ;

    …

    sur tout cela, Imre Kertész, lui-même, « revient » _ superbement _ « méditer »

    dans son magnifique « Dossier K. » : par exemple,

    pour cette remarque-ci, page 68 de « Dossier K. » :

    « Là où commence Auschwitz, la logique s’arrête.

    Une contrainte mentale s’impose, elle ressemble beaucoup à la logique, en ce qu’elle nous guide, mais sur une voie qui n’est pas celle de la logique.

    Et moi, je cherche ce fil, le processus mental de ce déséquilibre qui donnait à l’absurde les apparences d’une logique,

    parce que dans le piège d’Auschwitz

    nous n’avions pas le choix.

    Et la vie dont nous sommes des parts actives

    _ expression d’une justesse et importance véritablement sublimes, est-il besoin de le souligner ? _,

    pour ainsi dire _ mais oui ! _, nous entraîne préalablement à cette manière de penser. »

    …

    Et aussi, pages 70-71 :

    « Je n’ai jamais dit, comme certains, qu’« Être sans destin » était un roman sur l’Holocauste, parce que ce qu’on appelle Holocauste ne peut pas se décrire dans un roman.

    J’ai décrit des faits

    _ oui, de simples menus « détails »

    (et rien que cela !) ;

    encore faut-il, en les énonçant, tout simplement, les dé-taillant _ tout est là ! _ les « établir »,

    afin qu’ils puissent, ensuite (ou « en suite »…), s’ »avérer »… _ ;

    …

    J’ai décrit des faits _ donc _

    et, bien que le roman essaie de transformer l’expérience inexprimable des camps de la mort

    …

    _ de diverses sortes, cette « expérience« 

    que signifie l’œuvre entier d’Imre Kertész !

    (si difficile à réussir à parvenir à transmettre, pareille « expérience« ;

    dont c’est cela, et cela seulement, la « difficulté » d’ »expression » que signale ici le terme d’ »inexprimable » :

    une affaire de difficulté _ relative, pas absolue ! _ de « transmission »,

    du côté des « degrés de difficulté » de la « réception » de pareille « expérience » :

    tellement « explosive » ! pour les cadres ordinaires du supportable : confrontés, ici, au meurtre immédiat et à très grande échelle ! ou « génocide » ;

    tellement qu’il a même fallu inventer _ alors ! _ le mot : cf  Rafaël Lemkin « Qu’est-ce qu’un génocide ? » aux Éditions du Rocher ; et Jacques Sémelin, « Purifier et détruire« , aux Éditions du Seuil) _

    …

    et, bien que le roman essaie de transformer l’expérience inexprimable des camps de la mort

    en vécu humain

    _ « humain » : c’est-à-dire tant bien que mal « supportable » pour nous _ et c’est bien relatif… _, les lecteurs,

    auxquels tente de s’adresser

    _ « Frères humains, qui après nous vivez,

    N’ayez les coeurs contre nous endurcis« , priait François Villon en son si essentiel « Testament« … _,

    afin de se faire si peu que ce soit (= un tout petit peu) écouter et comprendre,

    ici l’auteur

    -survivant, et dans quel état! de cette opération de destruction massives d’hommes

    comme on détruit une espèce animale « inférieure » nuisible) _,

    …

    j’étais surtout préoccupé par les conséquences éthiques du vécu et de la survie.

    Voilà le pourquoi du titre « Être sans destin« .

    …

    Car l’expérience des camps de la mort

    _ un peu plus haut, en cette même page 70, Imre Kertész a précisé :

    « On n’ose pas désigner ce qui s’est passé par son vrai nom _ en l’occurrence « La Destruction des Juifs d’Europe« , pour reprendre le titre du livre capital de Raul Hilberg.

    On a trouvé un mot _ « Holocauste« , ici… _ dont on ne comprend pas vraiment le sens,

    mais qui occupe désormais dans nos schémas de pensée

    une place rituelle, fossilisée , inamovible

    qu’on défend avec acharnement comme des chiens de garde,

    et on aboie dès que quelqu’un s’approche pour le faire bouger » ;

    fin de cette citation _

    …

    Car l’expérience des camps de la mort

    se transforme en vécu humain

    quand j’y découvre

    _ par la méditation (féconde) du travail même de l’écriture (fictionnelle, « romanesque » si l’on veut _ mais que l’on ne s’y méprenne pas ! _, et par la médiation du personnage _ inventé (=  re-trouvé) à partir de ce soi qu’on a soi-même été (c’est exactement le même rapport  qu’entre le « Marcel » qui dit « Je » dans « la Recherche » et l’auteur-écrivant, Marcel Proust ( _ de « György Köves » ici) _

    un vécu universel, en l’occurrence l’absence de destin,

    cette spécificité des dictatures

    _ en ont-elles vraiment l’exclusivité ?.. Cela serait à débattre,

    et avec Imre Kertész, le premier … _

    qui consiste à étatiser le destin individuel,

    à le transformer en destin commun,

    à priver l’homme de sa substance la plus humaine »

    _ quelle expression sublime !..

    …

    Mais qu’en est-il, aussi ;

    au-delà des exemples _ commodes _ des dictatures

    (revenant, qui plus est, « à la mode »…) ;

    de ce qui se passe aujourd’hui dans nos (soit-disant) « démocraties » ?

    _ le problème commence à se faire jour

    (cf un bien passionnant article de Harald Welzer,

    « l’avenir incertain de la démocratie occidentale« ,

    publié par Le Monde en son édition du 14 août dernier) ;

    …

    sans re-parler ici des « alarmes »

    d’un Bernard Stiegler (« Prendre soin« ),

    et d’un Dany-Robert Dufour (« Le Divin marché« ) _

    …

    Avec cette remarque (page 71 de « Dossier K.« )

    sur la conjoncture spécifique (le régime de Kádár)

    qui a conditionné la situation de l’ »expérience » et de l’écriture d’Imre Kertész en ces années-là :

    « Le roman _ « Être sans destin« _ a été écrit dans les années 1960, 1970 :

    quel roman ne serait pas imprégné par les caractéristiques, la langue, les idées de son époque ?

    Pourquoi pense-t-on que le régime de Kádár n’était pas une dictature ?

    C’en était une, et comment !

    Or, après Auschwitz, chaque dictature contient la virtualité d’Auschwitz. »

    …

    Et « j’ai compris clairement mon expérience d’Auschwitz _ sic _ sous ce régime _ la Hongrie de Kádár _ ;

    et (…) je n’aurais jamais pu la comprendre

    _ ou du moins pas si vite, ou pas si bien _

    en vivant dans un régime démocratique. »

    …

    Et, cerise sur le gâteau,

    cette magnifique métaphore terminale, page 71 :

    « Ma madeleine à moi, c’était l’époque de Kádár.

    Elle m’a rappelé le goût d’Auschwitz« …

    …

    Que ce soit dans ses « fictions »

    ou que ce soit dans ses « essais »,

    l’écriture de Kertész

    pour rendre le saisissement

    de cette « expérience » unique,

    en son extraordinaire violence (ordinaire),

    pour qui (tel un « György Köves« ) va cependant « survivre »,

    est absolument magnifique… ;

    …

    Tel que ce « souvenir » précis- là, donc

    _ je reprends

    après cette très longue incise

    quant au chapitre IV

    de ce grand livre qu’est  « Être sans destin » _ ;

    …

    tel que ce « souvenir » précis- là (des « vingt premières minutes«  à Auschwitz

    _ et non Dachau : avec le profil des « cheminées » qui bientôt, un peu plus tard que ces dites « vingt premières minutes« , se mettent à « fumer » et répandre leur « odeur » « douceâtre et en quelque sorte gluante » (page 147) de « tannerie » (page 148) d’ »Être sans destin« … « Alors, je l’ai regardée plus attentivement : c’était une cheminée trapue, carrée, à large gueule, comme si on li avait donné un coup sur le sommet. Je peux le dire, à part un certain respect _ et puis l’odeur, naturellement, dans laquelle nous étions englués comme dans une espèce de bouillie épaisse, de marécage _, je ne sentais rien » (pages 149-150) : le réel se découvre peu à peu (« pas à pas » : c’est le titre d’ »Être sans destin » en son édition suédoise), détail après détail : la conscience procédant, forcément, par « focalisation » !..) _

    …

    tel que ce « souvenir » précis- là

    serait (au conditionnel, forcément…)

    conservé (ou re-trouvé) « tel quel », donc
    (= brut, pur, intact),
    dans le coffre-fort inviolable

    (comme ceux, supposément, bien sûr, des banques suisses :

    et elles en font un (très) fort argument promotionnel ; ou d’ »autorité » ; en leur faveur ;

    tant importe ici, en effet, comme aussi « ailleurs », la « confiance » !) ;

    …

    dans le coffre-fort inviolable de la mémoire-cassette…
    …
    Sur cette question (du travail de la mémoire),

    lire (aussi !) le livre XI
    _ toujours aussi magnifique qu’au jour premier de son écriture par Augustin _
    des « Confessions » de Saint Augustin ;
    …
    ou, si l’on préfère,
    en la récente nouvelle traduction _ qui fait le ménage ! _ de Frédéric Boyer (aux Editions POL, en janvier 2008),
    des « Aveux » d’Augustin, évêque d’Hippone…
    Fin de l’incise.

    …

    Quant à la question _ de fond ! _ de la « confiance« ,

    prendre connaissance de cette remarque d’Imre Kertész en début même (page 19) de « Dossier K. » :

    « Dans la masse  de publications qui abordent cette question

    _ « du sentiment de détresse et de désespoir absolu » vient-il de dire _

    il n’y a que très peu de livres offrant une description fidèle

    de l’expérience incomparable

    _ bien noter la précision de l’expression _

     des camps d’extermination _ autre précision à relever _

    nazis.

    Parmi ces rares auteurs,

    c’est peut-être Jean Améry qui nous en apprend le plus

    dans ses essais

    _ dont « Par-delà le crime et le châtiment _ Essai pour surmonter l’insurmontable » (aux Éditions Actes-Sud).

    Il a un mot exceptionnellement précis pour cela :

    « Weltvertrauen« ,

    que je traduirais _ dit toujours Kertész _ par :

    la confiance accordée au monde. »

    …

    « Une fois qu’on l’a perdue _ poursuit encore Imre Kertész _

    on est condamné à vivre éternellement seul

    parmi les hommes.

    On ne voit plus jamais en autrui

    son prochain,

    mais son ennemi.

    (Respectivement « Mitmenschen » et « Gegenmenschen », dans l’original.) »

    …

    Ajoutant  :

    « Lui-même a perdu cette confiance sous les coups de la Gestapo qui l’a torturé

    dans une forteresse aménagée en prison, en Belgique »

    _ où Jean Améry vivait

    depuis que le juif autrichien (Hans Mayer) qu’il était avant l’Anschluss

    s’était réfugié…

    …

    « Bien qu’il ait survécu au camp de concentration d’Auschwitz,

    il a lui-même exécuté la sentence

    _ à son encontre, l’expression est kafkaïenne :

    page 66 de « Dossier K.« , Imre Kertész cite sa « phrase préférée du « Procès » de Kafka : « Le verdict ne vient pas en une fois, la procédure se transforme peu à peu en verdict » _

    …

    plusieurs décennies après :

    il s’est suicidé. » (page 19, donc, de « Dossier K.« ).

    Jean Améry : né Hans Mayer le 31 octobre 1912, à Vienne ; mort le 17 octobre 1978, à Salzbourg…

    Fin de l’incise sur la « confiance »…

    ..

    Cependant,
    on comprend bien dès maintenant
    que l’articulation
    (et rapports très effectifs)
    entre pensée, mémoire et travail (du « génie ») de l’imagination
    _ ou « Phantasie« ,
    selon les Allemands

    (en commençant par Kant dans la « Critique de la faculté de juger« , puis Novalis, Hölderlin, etc…)

    du tournant du XIX siècle _
    est crucial en notre affaire (de transmettre l’ »expérience » à autrui)

    (et celle d’Imre Kertész « écrivant »,
    ainsi que lui-même l’analyse (= « dé-taille »)
    en son très important, en cela même, « Dossier K.« 
    (publié aux Editions Actes-Sud en traduction française en janvier 2008).

    …

    Une lecture à conseiller _ d’urgence ? _ au politique affairé

    auteur de « Des Hommes d’État« …

    …

    Pour finir,

    je veux faire un sort à la nuance entre « fait » et fiction

    _ à correctement interpréter,

    sous la plume ou dans la bouche de cet homme avec infiniment d’humour qu’est Imre Kertész

    (humour dont il ne se départit certes pas en un lieu « imprégné » d’esprit comme peut l’être l’Hôtel Matignon

    _ du moins j’ose l’espérer !) _ ;

    …

    je désire, donc, faire un sort à la nuance entre « fait » et fiction,

    ainsi qu’entre mémoire et « invention » :

    …

    comment répondre à la question, se demande Imre Kertész à la page 69 de « Dossier K.« ,

    de « savoir dans quelle mesure le personnage de roman

    _ soit le « György Köves » d’ »Être sans destin » _

    ressemble au garçon que j’étais » _ cet été 1944 là ?

    …

    Voici la réponse de l’auteur :

    « De toute évidence, il ressemble davantage à celui qui l’a écrit _ dans les années 1960 – 1970, pour être précis _ qu’à celui qui l’a vécu » _ en 1944 – 45 _ ;

    ajoutant ce mot de commentaire :

    « et en ce qui me concerne _ l’homme ? l’auteur ? les deux ? _,

    c’est une chance immense que cela se soit passé ainsi » (page 69, toujours).

    …

    Les deux phrases suivantes apportent une réponse :

    « Parce que tu t’es libéré des souvenirs qui te hantaient ?

    C’est ça.

    C’est comme si j’avais quitté une peau pour en revêtir une autre,

    sans toutefois jeter la première

    _ le point est capital _,

    à savoir sans trahir mes souvenirs. »

    …

    Voilà ce que peut

    _ une « métamorphose » :

    cf «  « Un autre _ Chronique d’une métamorphose« ,  journal tenu par Imre Kertész après la chute du rideau de fer, entre 1991 et 1995 :

    ne pas s’en priver ;

    …

    et pourquoi tarde-t-on tant à publier la traduction en français du « Journal de galère« , d’avant 1989 ?.. _ ;

    …

    Voilà ce que peut la _ vraie _ littérature ;

    et ce qu‘un conseiller politique d’un Premier ministre

    _ de même que n’importe quel lecteur (un peu soigneux) _

    peut assurément « apprendre »

    _ et lui-même « se métamorphoser«  _

    d’une lecture attentive

    des si grands livres d’ »humanité »

    et de liberté

    _ en de telles « métamorphoses« , donc… _

    d’Imre Kertész…

    …

    Titus Curiosus, ce 21 août 2008

  • Cécité et surdité, ou le caca-boudin du paresseux (à regarder, écouter, lire)

     Sur la difficulté d’un regard objectif et libre sur le réel, sur les œuvres, sur les livres _ et les articles de blogs

    Pour les dégâts
    _ « dommage« , dis-tu, du blogueur (sectaire et aigri) hébergé par Le Monde (en date du 14 mai dernier) _
    jusqu’aux USA,

    …

    ce matin,
    je vais ici « répondre » au lecteur
    _ il signe « Azer » _
    de ce même article (« Probité et liberté de l’artiste« )
    qui « se fend » de ce courrier magnifique :

    « Qu’est-ce que c’est chiant !« 
    Point final.

    …

    Mais de quoi parle-t-il donc, ce correspondant,
    sinon de la misère de sa propre difficulté (voire incapacité) à lire
    un minimum de complexité
    du réel…

    …

    Car c’est lui qui _ doublement _ « SE fait chier«  par sa paresse (de penser)
    et face à l’article
    et face au réel…

    …

    Et qui _ le pensant, et le croyant (= « chiant !« ) _ « le » projette
    _ comme c’est le fonctionnement primitif (= égo-centrique) de l’esprit _
    sur l’article…

    …

    Je vais donc intituler ma réponse (sur le blog) : « le caca-boudin du paresseux« .

    …

    Lequel, paresseux, ne va pas plus loin sur le clavier

    pour sa signature

    que les 5 premières lettres (A-Z-E-R !),
    tellement vaillant il est :

    et qui butant sur le « TU »
    _ ce n’est pas innocent du tout ! _
    n’est même pas capable d’écrire encore « -TUYOP » (« Azertuyop »,
    quand on va jusqu’au bout… de la première ligne du clavier) ;
    et encore moins,
    peut-être inculte qu’il serait (?),
    « -BAÏDJAN » (« Azerbaïdjan »)…

    …

    Freud

    _ consulter par exemple l’excellent « Vocabulaire de la Psychanalyse » de Laplanche et Pontalis (aux PUF) _

    dirait que le malheureux
    est resté figé
    à la phase « SADIQUE-ANALE »

    _ après la phase « ORALE » _
    de la sexualité infantile :
    la phase « CACA-BOUDIN« 
    celle où le bébé se pose en s’opposant (à ses parents) ;
    c’est aussi la phase du « NON »
    à beaucoup de choses ;
    oscillant selon les humeurs entre « faire plaisir » (complaire)
    et malin plaisir à « emmerder »…

    …

    C’est aussi une phase d’avarice
    (et de constipation),
    toujours selon Freud…

    …

    Sans accéder, ce malheureux « indiligent lecteur »

    _ ainsi que l’apostrophe Montaigne (en son essai « De la vanité« , livre III, chapitre 9 des « Essais » :

    « C’est l’indiligent lecteur, qui perd mon subject ; non pas moy » _

    à la phase de la reconnaissance de la sexuation :
    la phase « PHALLIQUE »,
    avant

    _ après une période
    (dite aussi « âge de raison« ,
    propice à l’apprentissage par l’éducation)
    dite « DE LATENCE » des pulsions
    (entre 5 et 12 ans) _ ;

    avant la phase
    _ adulte, au moment de la puberté _
    « GÉNITALE » :
    celle de la jouissance AVEC L’AUTRE, en son altérité…

    …

    Jouissance sereine
    caractéristique de la normalité épanouie, selon Freud ;

    les fixations pulsionnelles aux stades antérieurs (de la sexualité infantile)
    caractérisant, elles, la névrose (pathologique)
    que soignait, précisément, le Dr Freud…

    …

    Ici, on complétera (utilement) Siegmund Freud par Emmanuel Lévinas

    _ par exemple dans « Totalité et infini » _,
    à propos de l’expérience du
    (mystère infini du)
    visage…
    Ce qu’est incapable de faire la perversion (clinique)
    de la pornographie…

    Ou du
    « la tête sous l’oreiller« ,
    comme disait un autre…

    …

    Bref, ce monsieur-là (« Qu’est-ce que C‘est chiant !« )
    SE fait proprement « chier » LUI-MÊME :

    par sa difficulté _ voire incapacité _ à entrer si peu que ce soit
    dans l’analyse (et la compréhension : elles ont leurs conditions spécifiques) du RÉEL…

    …

    Il est comme l’ignorant
    (qui ne réfléchit pas assez _ ça le fatigue ; et ça l’inquiète désagréablement)
    ou l’ »idiot« 
    (lire Clément Rosset : « Le réel, traité de l’idiotie« , en 1977)
    qui,
    quand celui qui sait

    (parce qu’il a un tant soit peu appris à ré-fléchir,
    analyser
    et comprendre enfin : ce n’est pas immédiatement immédiat _ ou d’emblée _, si j’ose dire)
    montre la lune,
    n’est capable, lui
    _ qui ne sait pas _,
    que de ne voir que
    le doigt !

    Voilà mon article _ soit « le caca-boudin du paresseux«  _ de réponse
    à cette difficulté (voire incapacité) de lire
    « Probité et liberté de l’artiste« …

    …

    Maintenant,
    pour ce qui demeure À FAIRE,

    il faut d’abord
    ne pas simplement rester tétanisé,
    mais
    faire connaître LARGEMENT
    cet article
    de ce blog (sur mollat.com )
    à ses amis et connaissances
    (aux États-Unis, pour commencer :

    où le site du Monde est lu ;

    et pourquoi pas aussi celui _ http://blogamis.mollat.com/encherchantbien/ _ de la librairie Mollat ?) ;

    et que ceux-ci,

    amis et connaissances un peu instruits de la photographie,
    RÉPONDENT
    un peu plus sagacement que le minimal « AZER »
    _ qui se contente

    (en matière de signature

    pour ne rien dire de la teneur de son « appréciation »)

    des 5 premières lettres du clavier _,
    tant il manque d’imagination (et de vaillance) ! _ ;
    répondent, donc,

    au blogueur méchamment sectaire hébergé par Le Monde en mai dernier…

    …

    Ce blog-ci s’enrichira ainsi d’échanges de qualité…
    N »est-ce pas que je me suis laisser aller à désirer

    dès mon article d’ouverture, « le carnet d’un curieux » ?…

    …

    Comment demeurer à ce point insensible
    à la qualité du regard de « l’artiste« 

    sur ce que
    celui-ci sait si bien
    montrer

    (et d’abord regarder, voir, détecter,
    de son regard _ photographique _ « probe » et « libre« )
    du « Littoral des lacs » de Haute-Savoie !?!?!?

    …

    Et, en conséquence de quoi,
    si bien faire découvrir
    à leur tour
    aux regardeurs « honnêtes » et « sans prévention« 
    et de l’expo, à Annecy (à la galerie « Chambre claire« )
    et du livre (édité par Images en manœuvre Éditions) :

    …

    ceux-là même que Marquis, en son mail du 6 juillet à 17h 13
    (cf mon article
    « de la critique musicale (et autres) : de l’ego à l’objet _ vers un “dialogue” »
    du 17 juillet)
    qualifie d’« êtres
    qui reçoivent
    (les œuvres d’art : c’est un « accueil » !)
    sans prévention, sans malignité,
    avec un cœur et un esprit libres et ouverts
    « 
    .

    …

    La formule de Marquis
    est magnifique de justesse.
    Elle doit être LARGEMENT MÉ
    DITÉE, de par le monde,
    et aux Etats-Unis aussi.

    Car cela
    (« un cœur et un esprit libres et ouverts« )
    se forme et s’apprend ;
    ou se dé-forme et se perd : à l’usage…
    …

    Bref,
    il me semble que la priorité

    est qu’il faut faire largement connaître cet article « Probité et liberté de l’artiste » (de réplique) de ce blog-ci sur mollat.com ;

    et susciter de vraies réponses un peu sagaces

    sur le fond même du débat
    (et du livre « Littoral des lacs« )
    sur le blog mollat.com lui-même…

    …
    A vos plumes !
    A vos claviers !

    …

    Et un peu plus loin que A, Z, E, et R…

    ou même T, U, Y, O, et P…

    …

    Titus Curiosus, ce 8 août