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  • Pour compléter le dossier « Bolero – le mystère Ravel » du biopic d’Anne Fontaine…

    Afin de compléter-agrémenter un peu mon article d’avant-hier 9 janvier « La cinéaste Anne Fontaine se confrontant, en son biopic « Bolero », au « mystère Ravel » : ce qui n’est guère abordé… « ,

    je me permets de renvoyer aussi, ce samedi 11 janvier 2025, à deux articles parus sur le site de Resmusica, en dates du 9 mars, sous la plume de Jean-Luc Clairet, « Bolero, le film : deux heures au musée« , et du 23 décembre 2024, sous la plume de Nathalie Filloux, « Ravel Bolero, le livre » :

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    « Bolero, le film : deux heures au musée« , le titre est déjà explicite ;

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    et « Ravel Bolero, le livre« .

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    Bolero, le film : deux heures au musée

    Le cinéma français se penche sur un grand compositeur français. Tous les atouts de la réussite sont réunis _ a priori. Mais la réalisation d’ ne s’affranchit pas suffisamment des carcans de l’hagiographie _ et demeure bien trop à la surface du « mystère » de l’homme Ravel…
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    Ken Russell (The Music lovers) avant-hier, Kirill Serebrennikov (La Femme de Tchaïkovski) hier : de l’Angleterre, de la Russie, et même de la France (Tous les matins du monde, d’Alain Corneau), la voie semblait enfin tracée. D’, entrée en fanfare dans le Septième Art avec le très audacieux _ et très réussi ! Sorti sur les écrans en septembre 1997, ce film est demeuré marquant… _ Nettoyage à sec, également à son meilleur avec le plus récent _ en 2016 _ Les Innocentes, on attendait autre chose que ce Bolero presque impersonnel, déjà destiné à allonger la funeste liste des films banals et compassés consacrés aux dieux de l’histoire de la musique.

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    Bolero est pourtant né sous les meilleurs auspices : la plume originelle de Pierre Trévidic, les mains d’ (embauché aussi pour régler son compte au _ méchant _ critique Pierre Lalo), le corpus envoûtant du compositeur (assez bref, il irrigue abondamment le film), le privilège opportun _ certes _ d’un tournage dans la maison _ si singulière, déjà _ du compositeur (le Belvédère, à Montfort-l’Amaury), une distribution aux petits oignons. Doria Tillier, mécène et amie subtile en Misia Sert, Emmanuelle Devos, merveilleuse Marguerite Long,   délectable Ida Rubinstein (surtout quand elle ne fait que parler, comme l’indiquent des scènes de ballet très découpés), Sophie Guillemin entérinant en Madame Revelot (la gouvernante de ) le splendide retour cinématographique acté en 2023 dans L’Île rouge de Robin Campillo, Anne Alvaro en monument _ splendide, oui, et en dépit de la brièveté de ses apparitions dans le film… _de bonté maternelle : toutes femmes _ oui, je l’ai aussi remarqué… _ (Vincent Perez en Cipa, se chargeant seul du versant de l’amitié masculine) aux petits soins du Maurice le plus célèbre de France, incarné avec une vraisemblance indiscutable _ maisoui ! _ (il joue même les 80 % de la copieuse bande-son) par Raphaël Personnaz.

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    Le Mystère Ravel, sous-titre l’affiche du film. Discret, secret _ c’est d’une incontornable évidence… _, n’a rien lâché _ jamais _ de sa vie intime. Si le musicien est connu sur les cinq continents (le très habile générique début fait se succéder les interprétations les plus inattendues du chef-d’œuvre), l’homme est un mystère dont l’on espérait bien _ en effet ! _ que la réalisatrice allait avoir à cœur de passer la carapace aux rayons X de sa caméra. Lorsqu’elle s’y emploie effectivement, l’objectif s’émeut dont l’on goûte le mouvement délicat au cours d’une scène très gracieuse consacrée aux questionnements de Misia à l’adresse de celui qui avoue de lui-même ne pas beaucoup mettre son cœur à contribution _ du moins son exposition publique… Le Ravel de Fontaine en probable messie _ mais c’est là beaucoup s’avancer : ne pas confondre réalité et exposition publique : Ravel était seulement un homme discret, délicat, et secret… _ du no sex en vogue, voilà qui est habilement effleuré.

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    Dans la foulée de ce presque aveu _ pas vraiment… _, le film, ainsi que son titre l’indique, préfère suivre à pas comptés la genèse de la pièce la plus sexuée _ érotique _ du compositeur : le Bolero, cette danse espagnole du XVIIIᵉ siècle que lui réclama, en 1927, la danseuse des Ballets russes, Ida Rubinstein _ Ravel avait aussi envisagé Fandango…. De ce tube planétaire (un carton final affirme que, tous les quarts d’heure, le Boléro de Ravel démarre quelque part dans le Monde _ mais oui ! _), de cette vache à lait sonnante et trébuchante que des ayants-droits veulent aujourd’hui encore arracher à l’escarcelle du domaine public, Ravel qui, à la fin de sa vie, doutait qu’il en eût été l’auteur, confiera à Honegger : « Je n’ai fait qu’un chef-d’œuvre, c’est le Bolero ; malheureusement il est vide de musique. »

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    Fait d’aller-retours temporels (la tournée américaine de 1928, l’échec à répétition des cinq Prix de Rome, l’armée dont, assez curieusement, Ravel tint à forcer l’entrée _ il en avait été régulièrement exempté pour des raisons de poids et de taille _, la maladie neurodégénérative qui l’emportera trop jeune…), le film radiographie l’élaboration de la scie musicale la plus fameuse de la planète (pensée pour le désopilant Batteur du Bolero de Patrice Leconte _ en 1992 _ avec Jacques Villeret). Comme dans une des éditions discographiques des Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, où l’on peut suit note à note comment Michel Legrand finit par trouver la mélodie « Nous sommes deux sœurs jumelles », , à l’instar d’un guide de musée, suit le travail d’entomologiste de au piano à la recherche du thème que les ouvriers chanteront bientôt sur les chantiers. Elle le montre également _ déjà à l’ouverture, quasi bruitiste, du film _ faire musique de tous les bruits de son quotidien (« Mon inspiration vient des machines », disait-il _ et son père, Pierre-Joseph Ravel, était un très ingénieux ingénieur… _). La leçon de la réalisatrice, dont le père _ Antoine Sibertin-Blanc (1930 – 2012) _ était compositeur et organiste, elle-même danseuse, est certes instructive, mais on la suit d’un œil davantage scolaire que cinéphilique.

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    Anne Fontaine réussit néanmoins presque sa conclusion. Les dernières scènes suscitent l’admiration : dans un très beau noir et blanc, les derniers instants de Ravel font défiler toutes les femmes de sa vie, sans oublier Maman (on sait combien le compositeur s’effondra au décès de cette dernière _ le 5 janvier 1917 _) avant de passer le relais à François Alu, danseur étoile de l’Opéra de Paris, dont le surgissement, l’animalité sensuelle sans entraves, propulse enfin le film à la hauteur qu’on lui souhaitait. Mais la séquence, formidablement filmée et chorégraphiée, est beaucoup trop brève _ probablement. Les deux heures pleines du film n’autorisaient-elles pas toute la place aux seules 15 minutes du Bolero ? On regrette _ pas moi ! _ Claude Lelouch, et son Les Uns et les autres, dont la caméra se laissait envoûter par le sublime en action : le corps de dans la géniale (et intégrale) chorégraphie d’un autre célèbre Maurice français, Béjart.

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    Le dernier plan du film, dédié à la gloire de Raphaël Personnaz en Ravel chef d’orchestre, nous ramène naïvement au musée. Peut-être Anne Fontaine, très documentée, voulait-elle rappeler aussi les mots vachards de la fidèle Marguerite Long : « C’était un très mauvais pianiste et un chef d’orchestre encore pire. »

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    Crédits photographiques : © SND Distribution

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    Boléro. Un film d’Anne Fontaine. Scénario : Anne Fontaine, Claire Barré, avec la collaboration de Pierre Trividic, Jacques Fieschi, Jean-Pierre Longeat. Avec : Raphaël Personnaz, Jeanne Balibar, Emmanuelle Devos, Sophie Guillemin, Dora Tillier, Anne Alvaro, François Alu, Vincent Perez, Serge Riaboukine, Alexandre Tharaud, Florence Ben Sadoun, Mélodie Adda, Marie Denarnaud.. Musique : Maurice Ravel (1875-1937). Frédéric Chopin (1810-1849). Musique additionnelle et Direction musicale: Bruno Coulais. Distribution : SND Distribution. Sortie le 6 mars 2024. Scope 2/35. Durée : 120:00

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    Et puis : 

     

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    Ravel Boléro, le livre

    Accompagnant l’exposition présentée au Musée de la musique – Philharmonie de Paris jusqu’en juin 2025, le catalogue « Ravel, Boléro », sous la direction de Lucie Kayas, se veut un beau-livre à part entière.
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    C’est la maison de qui ouvre l’ouvrage grâce à une iconographie spécifique, reproduite sur un papier de couleur foncée, bien différenciée. En premier, la plaque en céramique du « Belvédère », ensuite une vue extérieure en dézoomant en quelque sorte, puis les intérieurs, si raffinés _ en effet _ : le salon, la chambre, le bureau, et enfin le piano pour plonger au cœur de l’univers du compositeur. Le ton est donné. D’autres photographies des lieux viendront en pages de conclusion, dont le petit jardin et son bassin moussu, si intime.

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    Dix-huit chapitres structurent l’ensemble sur le modèle des dix-huit entrées de la partition du Boléro. Tour à tour musicologues, compositeurs, écrivains et artistes se succèdent pour évoquer telle ou telle facette ravélienne, illustrée par les images des objets, dessins, tableaux et partitions exposées dans le cadre de l’exposition. Entre chaque section, des extraits de correspondances de Ravel ou à son sujet ponctuent la lecture.

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    L’écrivaine Claire Houdart évoque les influences nouvelles, dont le japonisme, dans la décoration du Belvédère, qu’elle décrit, et que l’on retrouve dans la musique du compositeur. Le musicologue François Dru présente l’écriture et le parcours de la partition d’une œuvre dont « la magie reste entière », « une étonnante machine » pour Pierre Korzillius commissaire de l’exposition, qui va jusqu’à être comparée avec gourmandise à un dessert par le chef Klaus Mäkelä. Le spécialiste de Ravel, Manuel Cornejo nous parle du penchant de Ravel pour un « hispanisme flamboyant » selon le mot du poète René Chalupt, tandis que pour le musicologue Emmanuel Reibel, Ravel reste « un grand enfant émerveillé et farceur », « un magicien de l’orchestre » pour l’éditeur Jean-François Monnard. Le fort attrait du compositeur pour la danse est évidemment central quand on parle du Boléro. « L’âme de la danse peut être perçu dans l’esprit même de ses compositions, dans ses rythmiques et ses pulsations » souligne Claude Abromont. Bien évidemment une section est consacrée à la danseuse Ida Rubinstein commanditaire de l’œuvre, à qui le ballet est dédié et qu’elle danse en 1928. Le chorégraphe Dominique Brun dresse son portrait de femme forte et pionnière (« son goût pour la beauté », « l’intensité de sa présence » quand « sa musicalité la met en mouvement »). Le percussionniste de l’Orchestre de Paris, , parle lui de la difficulté de jouer le Boléro, de l’importance du placement de la caisse claire… La transe est même plus loin expliquée du point de vue d’une psychanalyste. Et pour revenir sur terre, la succession compliquée de  fait l’objet d’un chapitre entier : « une affaire de droits d’auteur ».

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    Ce livre-catalogue, ni biographie du compositeur, ni essai musicologique sur l’œuvre, s’appréhende plus par touches et impressions, notes et pensées, réhaussé significativement par la belle iconographie relative aux collections de la BnF, décrites dans une section par , conservateur général au département de la musique.

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    En somme, un beau-livre qui peut tout à fait mener sa vie par lui même.

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    Voilà ce complément à mon article d’avant-hier « La cinéaste Anne Fontaine se confrontant, en son biopic « Bolero », au « mystère Ravel » : ce qui n’est guère abordé… « …

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    Ce samedi 11 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Revoir avec infiniment de plaisir le superbissime film de Steven Spielberg « The Fabelmans », et, dans la foulée, retrouver et relire l’article du 10 juillet 2023 à ce film consacré, avec ses bien intéressantes précisions sur le parcours de vie, de Cincinnati à Hollywood, de Steven Spielberg…

    Avant-hier soir, tout à fait par hasard, en zappant, j’ai revu avec infiniment de plaisir, à la télévision, le superbissime film de Steven Spielberg « The Fabelmans » ;
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    et après une très rapide recherche sur les bien commodes archives de mon blog, j’ai retrouvé, non sans plaisir non plus, mon article en date du 10 juillet 2023, comportant de bien intéressantes précisions et à divers égards, à propos et à partir de ce merveilleux film sorti en France le 18 octobre 2022 :  »…
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    Certains des ancêtres de Steven Spielberg , né, lui, à Cincinnati le 18 décembre 1946, viennent en effet de Kameniets-Podolsky, une ville de Podolie,
    située pas très loin du Stanislawow – Stanislaus, au pied des Carpathes, où mon père, le Dr Benedykt Lippa (1914 – 2006), a vu le jour le 11 mars 1914, en Galicie alors autrichienne,
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    et non loin non plus de Lviv – Lvov – Lwow – Lemberg, la grande ville de Galicie de la grand mère maternelle de mon père : Sarah Sprecher (1860 – 1937)
    _ toutes ces villes se trouvant aujourd’hui dans la partie la plus occidentale de l’Ukraine _ ;
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    Sarah Sprecher dont le mari, Samuel Kahan (1860 – 1892), mon arrière-grand-père paternel donc, est décédé, lui, à New-York le 29 avril 1892 ;
    New-York où celui-ci avait le projet de venir installer sa famille demeurée à Lemberg…
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    Sur cette partie (paternelle) de mes ascendances familiales _ le côté maternel est celui des Bioy d’Oloron, ainsi que d’Argentine (cf Adolfo Bioy Casares…) _,
    j’ai retrouvé aussi et relu avec bien du plaisir à nouveau mon passionnant, au moins pour moi, article en date du 25 mai 2023, que voici à lire (ou relire) :
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    et surtout son final :
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    « je me sens personnellement pas mal d’accointances et affinités, déjà, avec ce que François Noudelmann dit ici de sa formation-construction de lui-même _ philosophique, littéraire, musicale, etc. _ et de ses cheminements……Même si je n’ai, pour ce qui me concerne, nulle attraction new-yorkaise _ non plus qu’américaine… _ :

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    New-York, où le 29 avril 1892, à l’âge de 32 ans (il était né en 1860 à Entradam, alors en Hongrie, mais actuellement en Roumanie), est décédé Samuel Kahan, le grand-père maternel de mon pére, né lui en 1914 _ et c’est un vieux et très émouvant film muet (en yiddish), « Hester Street«  (de Joan Micklin Silver, d’après « Yekl«  d’Abraham Cahan, paru en 1896; cf ici la bande-annonce de ce film), vu, par hasard, au Festival du Film d’Histoire de Pessac, qui m’a permis de comprendre comment certains pères de famille juifs faisaient le voyage de l’Amérique, New-York et Ellis Island, afin d’y préparer la venue de leur épouse et enfants… Samuel Kahan est décédé assez vite après son arrivée. Son épouse et ses trois enfants, Fryderyka, Rose et Nison (né à Lemberg le 25 octobre 1883, et décédé à Haifa en 1949), sont ainsi demeurés alors en Galicie, à Lemberg ; et n’ont pas gagné New-York… Mais lui, Samuel Kahan, est inhumé à New-York. Et je descends de lui, je suis son arrière-petit-fils (né le 12 décembre 1947), via sa fille Fryderyka, ma grand-mère paternelle, et son petit-fils Benedykt Lippa, mon père… Et c’est par la cousine germaine Eva de mon père, fille du frère Nison de Fryderyka, Eva Kahan, épouse Speter (Budapest, 15 mars 1915 – Tel-Aviv, 2007 ; Eva a survécu à un passage à Auschwitz, en 1944 ; et en a laissé des témoignages !..) qu’un soir de juillet 1986, j’ai pris connaissance, au restaurant où elle dînait, de cet arbre généalogique familial galicien… De bref  passage à Bordeaux, et sachant que son cousin Benedykt avait fait ses études de médecine à Bordeaux, Eva Speter, de passage à Bordeaux, était tombée sur le nom de « Lippa » dans l’annuaire téléphonique de Bordeaux qu’elle avait voulu consulter ; et c’est ainsi qu’elle m’avait joint au téléphone : « _ Êtes-vous parent avec le Docteur Benedykt Lippa ? _ Oui, c’est mon père« , avais-je bien sûr répondu… De fait, mon père, lui même très sportif (il a pratiqué très longtemps le tennis ; et avait fait de la boxe en sa prime jeunesse ; il avait aussi appris le violon !), avait raconté plusieurs fois, non sans fierté, qu’il avait une cousine Eva qui, en sa jeunesse, avait été championne de natation, à Budapest : je connaissais donc l’existence de cette cousine Eva ; et c’est probablement une des raisons qui m’avait suggéré, en 1981, de donner le prénom d’Eve à notre seconde fille, née le 10 octobre 1981…Et plus tard, Eva, ainsi que son frère Andrew Samuel Kahan (né à Budapest le 28 février 1921), sont chacun d’eux venus d’Israël rendre visite à mes parents…

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    L’épouse de Samuel Kahan, Sara Sprecher (Lemberg, 1860 – Lviv, 1937) _ les Sprecher, très aisés, possédaient plusieurs immeubles à Lemberg – Lwow… _, mon arrière-grand-mère paternelle, la mère de la mère, Fryderyka Kahan, de mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislaus – Stanislawow – Ivano-Frankivsk, 11 mars 1914 – Bordeaux, 11 janvier 2006), était donc native de la même ville (Lemberg -Lwow – Lvov – Lviv) que Marie Schlimper (Lemberg, 1881 – ?, ?), la mère d’Albert Noudelmann (Paris, 24 juin 1916 – Limoges, 16 juillet 1998), et grand-mère paternelle de François Noudelmann (Paris, 20 décembre 1958)

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    Pour ma part, je me sens _ culturellement, philosophiquement et humainement_ proche d’un Montaigne, et de sa lumineuse et si féconde tour, où je pouvais, enfant et adolescent, me rendre à pied dans la journée depuis le domicile familial de Castillon-la-Bataille ;

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    cette tour dans laquelle très sereinement, et très activement, par l’exercice inventif  de son très alerte penser _ ce que je nomme, en dialogue avec l’amie Marie-José Mondzain, son « imageance«  _, et surtout à l’écritoire de ses « Essais« , Montaigne (Saint-Michel-de-Montaigne, 28 février 1533 – Saint-Michel-de-Montaigne, 13 septembre 1592) _ une fois la si riche conversation effective de l’ami La Boétie interrompue : La Boétie (né à Sarlat le 1er novembre 1530) est décédé à Germignan, près de Bordeaux, le 18 août 1563… _ entretenait un dialogue quasi permanent et archi-vivant _ « tant qu’il y aurait de l’encre et du papier«  ! Et du souffle de vie en lui… _ avec les auteurs _ vivant à jamais dans l’éternité de leur plus vif penser _des livres de sa bibliothèque, et des inscriptions de citations peintes par lui sur les poutres de sa « librairie », au second étage de la tour ; cf d’Alain Legros le passionnant « Essais sur poutres« .

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    Je suis donc _ en toute modestie, bien sûr : je ne me prends pas pour Montaigne !.. _attaché à ma propre tour bordelaise _ avec ses rangées et piles de livres et disques ; mais dénuée de poutres… _, ainsi qu’à la librairie Mollat, et aux dialogues avec les auteurs (d’œuvres) avec lesquels j’ai la passion et la chance insigne de m’entretenir _  voilà ! _ très effectivement _ et pas seulement par la lecture et l’écoute active de leurs œuvres ; j’aime rechercher et découvrir de leur bouche même, en notre échange sur le vif, quels ont été et sont, selon eux, les « sentiers » même les plus secrets de leur création… _;

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    cf ce catalogue-ci récapitulatif de podcasts et vidéos de mes entretiens : « Réactualisation, à la date du 16 décembre 2022, de la bibliothèque de podcasts et vidéos d’Entretiens de Francis Lippa, à Bordeaux, de 2009 à 2022, avec les plus excellents auteurs, et parfois amis…« …

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    Et je me sens aussi pas mal d’accointances et affinités _ déjà philosophiques de fond, mais aussi littéraires : François Noudelmann adore et Montaigne et Marivaux ; si chers à moi aussi ; et musicales : François Noudelmann vénère Fauré, Debussy, Ravel, et Poulenc : moi de même !.. Pour ne rien dire de ses positions culturelles et civilisationnelles ; je les partage absolument aussi… _ avec François Noudelmann,

    ne serait que par notre passionnée mélomanie, et notre attention singulière à l’écoute…

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    Ainsi que nos regards transversaux, à tous deux, sur le réel…

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    Et ici je renvoie à mon article programmatique qui a précédé, le 3 juillet 2008, l’ouverture de mon blog « En cherchant bien _ carnets d’un curieux« , le 4 juillet 2008 ;

    avec un article intitulé, emblématiquement, et je n’y ai pas dérogé depuis, « le Carnet d’un curieux » : exemples détaillés à l’appui, il est très explicite ; le consulter ici…

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    Et j’avais choisi d’en baptiser le signataire _ je désirais un nom d’auteur _ « Titus Curiosus« , soit quelque chose, en mon esprit, comme « petit curieux« ,

    sans autre ambition que de m’essayer, en pleine liberté, à bien chercher à découvrir vraiment… ; et partager ainsi, par le blog, modestement, sans tapage ni compromission de quelque sorte, ces efforts d’un peu mieux penser, un peu mieux regarder, un peux mieux écouter, un peu mieux sentir et ressentir, les altérités _ en leur  plus authentique singularité et idiosyncrasie : distinctes, donc, et indépendantes de moi-même… Les approcher, simplement, d’un tout petit peu plus près : comme quand on aime vraiment.

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    « Former son jugement« , disait le cher Montaigne _ en le frottant et osant le confronter, sans timidité ni crainte, à ceux d’autres qu’on estime ou admire : en un dialogue poursuivi, via des œuvres que ces autres ont données et laissées, en une vivante libre interlocution éruptive et féconde, tenue et entretenue (et constamment revue) au présent, avec eux, dans la distance actuelle et exigeante de l’éloignement géographique ou/et historique, en une dimension de quelque chose qui s’apparente, et cela forcément en toute modestie (et avec un brin d’humour, et surtout sans présomption), à comme de l’éternité, dont le signe annonciateur ressenti est la joie… Ce que l’amie Baldine Saint-Girons caractérise superbement comme un « acte esthétique« , en son justissime et si beau « L’Acte esthétique« , pour déclencher et entretenir cette joie du plus vif et actif penser en soi-même : être vraiment vivant, au contact parlant de ces altérités chantantes, à recevoir, et auxquelles répondre, et avec lesquelles, oui, dialoguer vraiment. Et de fait cela advient, vraiment… Vraiment. »…

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    Ce mardi 7 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Les aventures d’une oreille (suite) : découvrir et admirer Valentin Silvestrov en 2024, comme avoir découvert et admiré Lucien Durosoir, en 2008 : une modeste contribution à un désembourbement des oreilles…

    Dans mes articles concernant Valentin Silvestrov (et ses splendides « Bagatelles », qui m’enchantent !), je n’avais pas, volontairement, cité Brahms, bien que pensant très fort à ses sublimes « Intermezzi » finaux, 
    alors que j’évoquais, dans mon article un peu de fond en date du 29 décembre «  », le sublime Federico Mompou de la sublimissime « Musica callada », Domenico Scarlatti, Johann-Jakob Froberger, Louis Couperin, et leurs amis luthistes, à diverses époques un peu discrètes et profondes, intensément intimes, de l’histoire de la musique…
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    Je n’avais pas non plus cité les merveilleux « Moments musicaux » de Schubert, que beaucoup peuvent relier eux aussi à ces miraculeuses « Bagatelles » de Silvestrov ;
    Brahms et Schubert venant bien sûr très vite ici à l’esprit de nombreux mélomanes ;
    mais probablement un peu moins Mompou, Domenico Scarlatti, Froberger, Louis Couperin, et leurs amis luthistes…
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    Et je m’interroge encore :
    pourquoi m’a-t-il fallu attendre le présent saisissant CD « Shostakovich – Silvestrov – Ettore Causa – Boris Berman » pour ressentir cette éperdue admiration envers la musique de Valentin Silvestrov ?..
    Ettore Causa, altiste, est, bien sûr, avec Boris Berman, pianiste, lui aussi magnifique !
    Ce qui m’a permis au moins de revenir écouter, ré-écouter mieux, et admirer avec la justesse qui leur convient, les divers CDs Silvestrov de ma discothèque personnelle…
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    Pourquoi Silvestrov n’est-il donc pas aujourd’hui qu’il est vivant et parmi nous, à l’âge de 85 ans, universellement reconnu comme son œuvre le mérite ?..
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    En tout cas ces successifs CDs « Silvestrov » du Palais des Dégustateurs (du cher Eric Rouyer) font excellemment leur office pour désembourber quelques oreilles encore un peu trop paresseuses…
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    C’est aussi cette expérience-là de « désembourbement » des oreilles, que j’avais éprouvée à l’égard de la musique de Lucien Durosoir à l’écoute elle aussi subjuguée du CD Alpha 125 « Lucien Durosoir – Quatuors à Cordes – Quatuor Diotima », un véritable saisissement, elle aussi,
    comme en témoigne mon article du 4 juillet 2008 « Musique d’après la guerre » .
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    Un article qui m’a conduit quelques 30 mois plus tard à Venise au Palazzetto Bru Zane, le 21 février 2011, pour donner deux contributions au beau colloque «Lucien Durosoir, un compositeur moderne né romantique » :
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    Ces aventures de l’oreille, une autre expression tombée sous ma plume, assez fantastiques à vrai dire, sont absolument merveilleuses !
    Quelle chance nous avons !
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    Et de pouvoir aussi, si peu que ce soit, la partager, cette chance…
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    Ce mercredi 1er janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un cadeau d’Eric Rouyer : une vidéo de Boris Berman présentant, au piano, des extraits de son splendide double CD PDD030 « Valentin Silvestrov – Boris Berman » : l’alchimie étrange des rencontres, au passage toujours furtif de Kairos…

    Voici un lien à cette passionnante vidéo (de 11′ 56) de Boris Berman présentant, au piano, des pièces présentes en le double CD PDD030 du Palais des Dégustateurs intitulé « Valentin Silvestrov – Boris Berman« ,

    enregistré au Couvent des Jacobins, Maison Louis Jadot, à Beaune du 6 au 9 juin 2022 :

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    Au plaisir de partager un tel plaisir musical,

    en forme de ponctuation-respiration musicale à mes 4 articles de ces jours-ci, 27, 28, 29 et 30 décembre derniers, consacrés à l’enchantement de ma découverte de la musique de Valentin Silvestrov :

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    _ « La magie de l’œuvre pour alto et piano de Valentin Silvestrov sublimement servie par l’alto d’Ettore Causa et le piano de Boris Berman, en un somptueux mélancolique CD « Shostakovich – Silvestrov » du toujours exigeant Palais des Dégustateurs, d’Eric Rouyer : une méditation intense aux franges du silence… » ;

    _ « Avancer dans la connaissance (et la jouissance) de l’œuvre, au moins discographique, de Valentin Silvestrov : une sidération !.. » ;

    _ « Ce que m’apporte la méditation sur les « Bagatelles » (ou « Moments musicaux ») de Valentin Silvestrov dans la préparation de mon entretien à venir mardi 14 janvier prochain, à la Station Ausone, avec l’ami philosophe Bernard Sève à propos de son magistral « Les Matériaux de l’art »… » ;

    _ « Poursuite de mon exploration-découverte des réalisations discographiques d’œuvres de Valentin Silvestrov : le CD Challenge Classics « Valentyn Silvestrov – The Messenger », d’œuvres pour violon et piano, interprétées par Daniel Rowland, violon, et Borys Fedorov, piano…« .

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    …

    La question étant :

    pourquoi cet enchantement absolument subjuguant s’est-il produit seulement à la réception et écoute _ sidérée ! _ du CD PDD041 « Shostakovich – Silvestrov » d’Ettore Causa, à l’alto, et Boris Berman, au piano, enregistré au Couvent des Jacobins, à Beaune, du 7 au 9 juin 2024 ?

    …

    Et pas précédemment, comme à l’écoute, aussi, du somptueux magique double CD ECM New Series 1988 « Valentin Silvestrov – Bagatellen und Serenaden« ,

    avec tout spécialement Valentin Silvestrov interprétant lui-même à son piano ses « Bagatellen » (de 2005) à Munich en février 2006 ?..

    …

    Je l’ignore encore…

    Qu’est-ce donc qui vient favoriser, ou pas _ inhiber… _, notre réception d’une œuvre, ou d’une performance ?..

    …

    …

    Une affaire de « moment« ,

    Kairos étant croisé, ou bien retenu, ou bien laissé passer et manquer…

    …

    …

    Rencontrer (ou pas : manquer !) est toujours une alchimie étrange…

    …

    …

    Mais l’avantage d’un enregistrement sur disque, est qu’il demeure disponible, à portée de la main

    et d’une ré-écoute mieux réceptive…

    …

    …

    Ce mardi 31 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa