C’est tout simplement ma grande admiration pour l’œuvre d’Ottorino Respighi (Bologne, 9 juillet 1879 – Rome, 18 avril 1936) qui m’a fait désirer me procurer le CD BR Klassik 900533 « Respighi –Lauda per la natività del Signore« , avec cette œuvre religieuse créée à Sienne à l’Accademia Chigiana le 22 novembre 1930, sur un texte de Jacopone da Todi, l’unique œuvre chorale sacrée du compositeur : de quoi attiser la curiosité du mélomane…
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C’est un article en date du 17 juin dernier, sur le site du Magazine Crescendo, intitulé « Ferveur italienne« , sous la plume de Bénédicte Palaux Simonnet, qui m’a fait connaître l’existence du CD BR klassik 900533 « Respighi – Lauda per la nativita del Signore – Frontini/Arman – Sizilianische Weihnachttslieder« , par le Chor des Bayerischen Rundfunks placé sous la direction de Howard Arman, et avec les chanteurs Chen Reiss, soprano, Eunkyung Shin, soprano, Andrew Lepri Meyer, ténor, et Ruth Volpert, alto, qui m’a incité à le commander, pour voir si j’ose dire – c’est à dire écouter et connaître, découvrir – pareille rareté musicale, à mon disquaire préféré…
Ottorino Respighi (1879-1936) : Lauda per la Natività del Signore. Francesco Paolo Frontini (1860-1939) : Canti religiosi del popolo siciliano (chants de Noël siciliens), arrangement d’Howard Arman. Giacomo Puccini (1858-1924) : Sogno d’oro, arrangement d’Howard Arman
Chen Reiss, soprano ; Eunkyung Shin, soprano ; Ruth Volpert, alto ; Andrew Lepri Meyer, ténor. Chor des Bayerischen Rundfunks. Münchner Rundfunkorchester. Howard Arman, direction. 2024. Notice en anglais et en allemand. 1 CD. 50’52. BR Klassik 900533.
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Seule œuvre chorale sacrée – voilà ! – d’Ottorino Respighi, Lauda per la Natività del Signore met en musique le mystère médiéval de la Nativité dû au poète franciscain Jacopone da Todi(1230 – 1306). Le dialogue des anges, des bergers et de la Vierge Marie révèle une facette du compositeur déjà entrevue dans La Belle au bois dormant et ses pièces de piano destinées aux bambini : une inspiration fraîche, délicieuse, sensible au merveilleux – voilà – , qui rejoint son intérêt pour les musiques anciennes et, en particulier, pour le chant grégorien – et c’est à remarquer.
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Cette inspiration se conjugue à une science de l’orchestration – respighienne – où les timbres, les contrastes d’effectifs et de tonalités dessinent un paysage aussi opulent et pittoresque que fervent – voilà, voilà. La ligne mélodique se déploie comme des phylactères auxquels répondent les entrelacs du trio de bassons, flûtes et hautbois (Gloria). Des sonorités pastorales se mêlent à des effets de foule bigarrés évoquant Turandot, voire Moussorgski – mazette ! Les chœurs déferlent doucement en nappes de paix sous les pas de l’Ange (Eunkyung Shin), dont l’apparition se révèle aussi limpide que stratosphérique. Le Berger d’Andrew Lepri Meyer (ténor) et l’alto de Ruth Volpert (Marie) participent à cette harmonie à la fois charnelle et hors du temps – c’est bien vu…
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L’hymne – traditionnel – italien O Sanctissima, orchestré par le chef d’orchestre Howard Arman, met à nouveau les chœurs du Bayerischer Rundfunk à contribution. Ils se développent au rythme d’une respiration paisible, en volumes mouvants semblables à des nuages.
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Les huit chants religieux populaires siciliens de Francesco Paolo Frontini – (Catane, 6 août 1860 – Catane, 26 juillet 1939 : compositeur contemporain, donc, d’Ottorino Respighi, 1879 – 1936) – témoignent de l’éclectisme de ce compositeur d’opéra vériste, passionné par le répertoire populaire et auteur d’une anthologie de vingt-deux mélodies pour voix et piano, Canti religiosi del popolo siciliano, publiée en 1938. Les nuances des différents dialectes raviront les connaisseurs tandis que, là encore, l’orchestration — deux bassons, hautbois, cor anglais, flûtes et piano — se montre légère et ingénieuse. La nascita del Bambino Gesù prend ainsi les accents d’une berceuse gorgée de tendresse. Les rythmes de danse délicatement balancés et la cornemuse instaurent – ici aussi – un climat féerique.
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La mélodie Sogno d’oro, qui inspirera Puccini(Lucques, 22 décembre 1858 – Bruxelles, 29 novembre 1924) pour le quatuor du deuxième acte de La Rondine (1917), apporte une conclusion tour à tour sensible et hollywoodienne, illuminée par le galbe vocal et les aigus en lévitation de la soprano Chen Reiss.
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Un enregistrement qui concilie cultures et époques dans le creuset italien : aussi beau et passionnant sur le plan musical – voilà ! – qu’irréprochable sur le plan technique.
Oui, oui, une curiosité musicale charmante et, au final de l’écoute, représentative elle aussi de l’art subtil et riche, et singulier, et attachant, d’Ottorino Respighi : écoutez ici…
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Ce samedi 11 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
J’aime tout particulièrement Mieczyslaw Weinberg (Varsovie, 8 décembre 1919 – Moscou, 26 février 1996), ainsi que, même si c’est d’une tout autre façon, Erich Wolfgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957), dont je possède une bonne collections de CDs, d’interprétations nombreuses d’œuvres de chacun…
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Et voilà que le 17 avril dernier, Crescendo Magazine, en un article intitulé « Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l’archet de Kristina Reiko Cooper » sous la plume de Patrice Lieberman, m’a appris l’existence d’un CD Delos 3616 « Weinberg & Korngold Hidden Legacies » de la violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper et le Kaunas Symphony Orchestra dirigé par Constantine Orbelian – enregistré à Kaunas du 4 au 6 juin 2024 – , comportant le Concerto pour violoncelle en ut mineur Op. 43 et la Fantaisie pour violoncelle et orchestre Op. 52 de Weinberg, associés au Concerto pour violoncelle en ut majeur Op. 37 de Korngold…
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Wow !
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Bien que cet article de Patrice Lieberman comporte de notables bémols – qui ne m’échappent pas – concernant l’interprétation – jugée parfois pas assez engagée : à la Rostropovich…– de ce CD par cette violoncelliste, Kristina Reiko Cooper – que je ne connais pas jusqu’ici : elle est native de New-York… – ,
Hidden Legacies. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 43 ; Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52. Erich Wolfgang Korngold(1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 37. Kristina Reiko Cooper (violoncelle), Orchestre symphonique de Kaunas, Constantine Orbelian (direction). 2026. Livret : anglais. 61’28’’. Delos. DE3616.
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La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous offre un couplage sortant résolument – en effet – des sentiers battus, réunissant des œuvres concertantes pour violoncelle et orchestre de deux compositeurs que tout différencie – certes – sur le plan stylistique, mais dont les biographies partagent – en effet – un tragique – historique – point commun. En effet, ces deux créateurs juifs – voilà ! – durent fuir la folie nazie. Si l’exil fut relativement confortable pour Korngold — enfant prodige devenu célèbre, il quitta l’Autriche dès 1934 pour Hollywood où il entama une brillante carrière cinématographique —, celui de Weinberg fut autrement dramatique – oui. À peine son diplôme de piano obtenu au Conservatoire de Varsovie – en 1939 – , il dut fuir – lors de l’invasion de la Pologne par les Nazis – vers l’URSS, poursuivant ses études à Minsk avant de se réfugier à Tachkent en 1941. Chostakovitch, qui l’apprécia dès cette époque et dont il devint le protégé, facilita son installation à Moscou. Cependant, la vague antisémite de 1953 lui valut d’être incarcéré durant trois mois à la sinistre prison de la Loubianka, dont il ne sortit que grâce à l’intervention de son mentor et – surtout – au décès de Staline – le 5 mars 1953.
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Si la musique de Weinberg bénéficia d’une réelle popularité dans les années 1960 en URSS, où elle fut régulièrement exécutée par les meilleurs musiciens soviétiques, elle y passa ensuite de mode – oui. Quant à l’Occident, il l’ignora à peu près totalement avant sa redécouverte – voilà – à partir des années 2010 (à titre d’exemple, le dictionnaire New Grove de 1980 lui consacre une colonne).
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Écrit en quatre mouvements, le Concerto pour violoncelle, Op. 43 s’ouvre sur un Andante qui est une sombre et prenante élégie. Kristina Reiko Cooper y fait preuve d’un beau lyrisme – oui ! – et tire de chaudes et sombres sonorités – oui, oui – de son Guadagnini. On remarque rapidement que la soliste préfère travailler en finesse – et délicatesse – plutôt que de prendre la musique à bras-le-corps, comme le veut – voilà, voilà – la tradition russo-soviétique (nous y reviendrons). On apprécie beaucoup – absolument – la douleur contenue avec laquelle elle aborde le Moderato qui suit, auquel les interventions de la trompette apportent une fine et inattendue touche de musique klezmer – tout à fait : on trouve aussi cela chez Mahler.
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Le troisième mouvement est une marche impertinente « à la Prokofiev » – mais oui – que Weinberg pare par moments d’un séduisant coloris oriental. Si Cooper sait faire preuve d’autorité dans une éloquente cadence, son interprétation — au-delà de son incontestable maîtrise technique et de sa subtile musicalité — est souvent un peu trop policée et manque parfois de tranchant – c’est ici que je me sépare des appréciations de Patrice Liebermann : j’aime la douceur consolatrice de cette tendresse lyrique. Weinberg conclut l’œuvre par un Finale plus léger et un peu moqueur – oui – , à nouveau dans un esprit assez prokofiévien – voilà. La conclusion de cet Allegro se fait pensive et lyrique jusqu’à devenir poignante et dépouillée – tout à fait : la grandeur sans esbroufe du génie de Weinberg est bien là…
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Comme indiqué, l’interprétation de la violoncelliste américaine est de haute tenue et certainement exempte de toute superficialité comme de recherche de l’effet, mais elle laisse une persistante impression de réserve – non, pas pour moi… Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le premier enregistrement de ce concerto en 1964 par son dédicataire et créateur Mstislav Rostropovitch – dont je ne goûte pas du tout l’ostentatoire rugosité, pour ma part… – , réédité par EMI en 1997. Accompagné par un Rojdestvenski qui dirige un orchestre féroce et chauffé à blanc, le grand violoncelliste russe s’engage ici corps et âme, prenant l’auditeur sidéré à la gorge – mais c’est très peu weinbergien… C’est plus que de la musique qu’on nous donne à entendre ici, mais une véritable lutte existentielle – idéologique.
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La soliste maintient la même approche dans l’intéressante Fantaisie, Op. 52, dont le grand violoncelliste soviétique Daniil Shafran donna la première, tant de la version avec piano en 1953 que de celle avec orchestre en février 1956, sous la direction de Rudolf Barchaï dans la grande salle du Conservatoire de Moscou. Composée en cinq parties enchaînées, la Fantaisie débute par un Adagio sombre où Cooper — subtile, mais un peu sage — varie intelligemment son vibrato sur les notes tenues. On perçoit bien ici le remarquable cousinage de Weinberg avec Chostakovitch – certes, mais je ne suis pas un féru de Chostakovitch pour ma part… La section Allegro leggiero qui suit apporte ensuite une légèreté bienvenue et la soliste s’y montre très sûre lors de ses excursions dans le registre aigu.
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Vient ensuite un Allegro con fuoco aux surprenants épisodes folklorisants – fréquents dans l’oeuvre de Weinberg aux attaches moldaves, par sa mère, et polonaises par son père – , sortes de rondes entraînantes qui font penser à Dvořák ou Smetana. Ce côté faux-naïf très réussi est-il une façon pour Weinberg de se plier aux normes du réalisme socialiste ou de se moquer des censeurs qui dénoncèrent son formalisme ? Ou le compositeur s’est-il simplement – plutôt – laissé guider par son inspiration ? Difficile à dire. Après une cadence finement interprétée où la soliste se laisse le temps de déclamer, l’œuvre se conclut par un Andantino leggero où, comme dans le concerto, la musique finit par s’éteindre doucement et sans pathos – à la Weinberg : Weinberg n’est pas Chostakovitch…
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La genèse du bref Concerto de Korngold (moins de douze minutes ici) ne manque pas d’intérêt. La partition fut écrite à l’origine – à Hollywood – pour figurer dans le film Deception (Jalousie) produit par la Warner Bros. en 1946. L’assez invraisemblable scénario narre l’histoire d’une pianiste (interprétée par la grande Bette Davis) qui veut empêcher que son amant (un violoncelliste de retour d’Europe) ne découvre qu’elle a été la maîtresse d’un compositeur jaloux. Ce dernier a écrit un concerto pour le violoncelliste que l’héroïne a entre-temps épousé. Juste avant la première de l’œuvre, l’héroïne tue le compositeur d’un coup de revolver.
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On connaît l’extraordinaire aisance – oui – de Korngold et ce qu’il livre ici est une musique à grand spectacle nourrie d’un vocabulaire post-romantique qui doit beaucoup à Richard Strauss. Après un début en fanfare arrivent de belles cantilènes qui précèdent un deuxième thème voluptueux qui aurait pu être écrit par Rachmaninov – oui, oui. Quant au violoncelle solo, il est très actif avant que n’intervienne une brève cadence qui débouche sur un Adagio tendre et séducteur – à la Korngold… S’ensuit une belle intervention de la flûte, suivie d’un épisode fugué introduit par le violoncelle solo qui passe ensuite à une cadence virtuose avant que le concerto ne se termine – spectaculairement : nous sommes à Hollywood – en apothéose.
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On ne peut pas dire que cette œuvre ajoutera grand-chose à la gloire de l’auteur, mais il faut lui reconnaître – voilà, voilà ! – un côté délicieusement kitsch — certainement voulu – oui – , compte tenu des origines de l’œuvre. Elle est en tout cas défendue avec une conviction totale – oui ! – par Kristina Reiko Cooper qui, par ailleurs, bénéficie ici comme dans les œuvres de Weinberg d’un accompagnement enthousiaste – mais oui ! – de la part du chef Constantine Orbelian et du volontaire orchestre lituanien.
poussé par ma curiosité et ma très vive affection et pour Weinberg et pour Korngold, je m’empresse toutefois de commander ce CD à mon disquaire préféré…
La musique de Weinberg et Korngold n’est heureusement plus si oubliée de nos jours, et l’on ne saurait négliger les nouvelles parutions les concernant. Le jeu des interprétations commence à se mettre en place, la parole est ainsi donnée à Kristina Reiko Cooper.
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Malgré un imposant corpus, Weinberg – compositeur discret – a écrit peu de concertos : un pour violon, un pour clarinette, deux pour flûte et un pour violoncelle. Pour ce dernier, composé à la fin des années 40 alors que l’auteur n’avait pas encore atteint la trentaine, il fallut attendre presque dix ans – déjà ! – pour sa création par son dédicataire Mstislav Rostropovitch en 1957. Sa structure est en quatre mouvements, sa couleur à la fois lyrique (I), nostalgique (II) et virtuose (III) – voilà, voilà… – , fait ressortir par moments – ce qui n’a rien d’étonnant chez Weinberg, et qui est éminemment touchant ! – celle de la musique klezmer juive – oui. Le retour en finale du thème initial déjà réentendu dans la cadence du III forme une architecture cyclique cohérente. L’espèce de douce habanera fantomatique – oui, oui – qui rythme le II transforme le duo soliste-orchestre en concerto d’orchestre avec les multiples interventions des différents pupitres. Il n’y a pas un moment neutre ou vide dans ce concerto : tout donne sens – oui – et rien n’est – jamais – prétexte à virtuosité creuse.
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La violoncelliste américaine Kristina Reiko Cooper nous donne ici certainement son premier grand disque soliste – oui. Et pourtant, de tous les concertos de Weinberg évoqués plus haut, c’est celui pour violoncelle qui donne à notre goût le plus de satisfactions – par sa tendresse foncière, si caractéristique de l’œuvre entier Weinberg. A côté de la version historique par Mstislav Rostropovitch (avec Guennadi Rojdestvenski) et celle de Nicolas Altstaedt (avec Michal Nesterowicz, Clef d’Or ResMusica) – un violoncelliste que j’apprécie beaucoup – , l’on n’hésitera pas à le mettre en regard d’une autre très grande version – que je ne connais pas – qui aura l’avantage sur celle-ci de s’appuyer sur une phalange et un chef qui fréquentent davantage ce répertoire – l’Orchestre Symphonique de Göteborg et Thord Svedlund – que le plus neutre orchestre lituanien de Kaunas dirigé par Constantine Orbelian. L’unité stylistique va assurer une cohérence à cet enregistrement : tout du long, les tempi adoptés gardent une certaine ampleur, même dans les passages rapides. Si l’adagio initial, le moderato et adagio qui suivent ainsi que la conclusion générale ont tout à y gagner, l’allegro s’embourbe toutefois dans une pesanteur qui nuit à l’expression de cette partie, sorte de point culminant pourtant, de réveil brutal nécessaire après ces grandes plages de méditation développées en I et II. De plus, les très nombreuses interventions des pupitres de vents restent un peu en retrait par rapport à la soliste alors qu’un vrai dialogue aurait apporté davantage de couleurs et de relief.
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Tout l’intérêt se reporte donc sur Kristina Reiko Cooper : son jeu fait ressortir la retenue de ses attaques, toutes en douceur – voilà ! voilà ! – – presque trop pour l’allegro et la cadence – et surtout son adéquation parfaite avec le chant magnifique – oui – entendu dans l’adagio initial, qui semble porté et soutenu par un immense arc mélodique, d’une profondeur d’intention remarquable – absolument. Cette unité du phrasé arriverait presque à nuire à la cadence du III dans le sens où Kristina Cooper nous raconte sans orchestre une seule et même histoire, alors que Claes Gunnarsson, le soliste de Thord Svedlund, lui, nous en raconte plusieurs. Ce n’est qu’en comparant ces deux versions que l’on se rendra compte des limites toutes relatives de cet enregistrement.
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On ne pourra que reporter ces quelques remarques sur la fantaisie pour violoncelle qui suit : de quelques années plus tardives, c’est une œuvre qui s’inscrit dans les années de dégel post-stalinien, plus « neutre », davantage dans le consensus que dans la contestation et la modernité. Mais cela n’enlève en rien de sa qualité et elle ne peut être tenue pour une œuvre mineure. L’expression de son écriture est en parfaite adéquation avec les intentions artistiques de Kristina Cooper, légèrement trop neutres.
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On passera avec plus de rapidité sur le Concerto pour violoncelle de Korngold : « concerto » est d’ailleurs un bien grand mot pour cette œuvre d’à peine quinze minutes, initialement écrit pour un film, développé par la suite et presque contemporain de celui de Weinberg, d’un romantisme tardif égaré – peut-être : c’est pour le cinéma d’Hollywood… – au lendemain de la seconde guerre. L’orchestre très fourni de Korngold et ses intentions musicales n’ajoutent ni n’enlèvent rien au jeu de Kristina Cooper qui fait ce qu’elle peut pour s’imposer et conduire la ligne de chant bavarde et superficielle de cette partition, que l’on prendra ici comme un bonus sans nécessité mais agréable seulement à l’écoute.
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Une interprétation tout à fait attachante de Kristina Reiko Cooper,
et dans l’esprit tout de tendresse vraie – et non sirupeuse, ni kitsch… – du magnifique Mieczyslaw Weinberg…
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Et admirez-la dans cette superbe vidéo (de 7′ 48) de l’Adagio qui ouvre le Concerto Op. 43 de Weinberg…
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Ce vendredi 10 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
C’est presque par hasard, en fouillant parmi des myriades de CDs soldés, que je viens de mettre la main sur une pépite que, j’ignore pourquoi et comment, j’avais jusqu’ici négligée, la splendeur du CD Warner Classics 0190296677403 « Beethoven – Stravinsky – Violin Concertos » de la sublime Vilde Frang, avec le Deutsche Kammerphilharmonic Bremen dirigé par Pekka Kuusisto – enregistré à Brème les 26 et 27 janvier 2021…
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Au jeu merveilleusement transcendant de la magicienne Vilde Frang – née à Oslo le 19 août 1986 – ,
– en date des 19 septembre 2018, 23 janvier 2019, 23 août 2019, et 6 juin 2020 – ,
concernant respectivement ses CDs Warner Classics
« Bartok – Enescu » – le CD Warner 0190295662554 – ,
« Sibelius – Prokofiev »– le CD Warner 5099968441326 – ,
« Mozart« – le CD Warner 0825646276776 – ainsi que « Bartok – Mendelssohn » – le CD Warner 0190295662554 – ,
et « Britten – Korngold« – le CD Warner 08256460091213 – ,
dans lesquels je mettais presque davantage l’accent sur le jeu merveilleux de l’interprète violoniste Vilde Frang, que sur les œuvres ainsi merveilleusement servies par elle de ces divers compositeurs…
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Or voici que je viens de tomber, presque par hasard et sans du tout le rechercher, sur cette magique pépite qu’est le CD « Beethoven – Stravinsky – Violin Concertos » – enregistré à Brème les 26 et 27 janvier 2021, et paru le 14 octobre 2022 – de Vilde Frang et le Deutsche Kammerphilharmonic Bremen dirigé par Pekka Kuusisto, que j’avais jusqu’ici, et j’ignore pour quelles bizarres – et en tout cas fort mauvaises ! – raisons, négligé, alors que la lecture, le 7 octobre 2022, et sur le site de Crescendo Magazine, de l’excellent article de Pierre-Jean Tribot « Beethoven et Stravinsky sur le fil par Vilde Frang« , aurait bien sûr dû m’aiguiller vers ce si beau CD…
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Le voici donc, cet excellent article de Pierre Jean Tribot :
Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour violon en ré majeur, Op.61 ; Igor Stravinsky (1892-1971) : Concerto pour violon en ré majeur.
Vilde Frang, violon ; The Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, Pekka Kuusisto.
2021 et 2022. Livret en allemand, anglais et français; 63’07’’. Warner Classics. 01902667740.
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La violoniste Vilde Frang propose une confrontation assez évidente entre les concertos pour violon de Beethoven et Stravinsky, proposition naturelle car les deux œuvres partagent la même tonalité rayonnante en ré majeur – voilà. Dans ces deux œuvres Vilde Frang parvient à renouveler – oui, par son jeu… – l’approche de deux tubes – bien arpentés déjà… – du violon concertant.
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Le Concerto pour violon de Beethoven est un exercice de musique de chambre – voilà ! – avec orchestre, tant la soliste échange avec les pupitres de l’orchestre, et l’oreille est émerveillée – oui ! – par la qualité de l’écoute mutuelle telle une improvisation sur le fil – ce qui devrait toujours, toujours, toujours, être le cas ! je le répète souvent… – où la musique semble s’inventer – voilà, avec émerveillement et reconnaissance, de la part déjà du compositeur lui-même l’inventant et découvrant, venant tel un magique cadeau du ciel, sous sa plume balbutiante… – au fil des notes – et dans l’élan qui nous emporte et nous transcende… La technique exceptionnelle de la musicienne lui permet d’alterner les mouvements en les caractérisant et en jouant les contrastes dans un jeu d’échange – parfait ! – avec l’orchestre – de chambre, entièrement à son diapason… La réussite ne serait pas au rendez-vous sans l’engagement total – lui aussi – de Pekka Kuusisto, lui aussi violoniste – et c’est bien sûr à souligner – , au pupitre d’une phalange – le Deutsche Kammerphilharmonic Bremen, ad hoc… – galvanisée – absolument – par cette expérimentation musicale – se faisant dans la jubilation…
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Vilde Frang est – aussi – l’une des plus fabuleuses interprètes du Concerto pour violon de Stravinsky. L’entendre en concert dans cette partition – et je veux bien le croire… – est une expérience musicale exceptionnelle tant la jeune femme repousse les limites des possibles en faisant ressortir les plus petits détails et les plus incroyables nuances – voilà, et toujours dans l’irrépressible élan qui emporte… C’est un travail d’orfèvre – oui – , parfaitement secondé, encore une fois – et dans le même élan – , par un orchestre goguenard – voilà : à laStravinsky… – qui joue de toute une palette dans cette œuvre dont la dimension pastiche – oui – ressort comme jamais : les vents piaffent et ricanent en échangeant avec un violon diabolique qui emporte tous les pupitres dans un ouragan – on ne saurait mieux dire : tout cela est proprement jubilatoire…
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Les références sont – certes – très nombreuses, certes plus dans Beethoven que Stravinsky, même si la discographie du concerto de Stravinsky est qualitativement incroyable et numériquement plus réduite que pour le grand chef d’œuvre du Grand sourd. Dans tous les cas, cet album se hisse aux plus hauts sommets ! – voilà !!!
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Le livret est également sympathique et original avec une conversation entre Vilde Frang et Pekka Kuusisto.
qui se sont poursuivis et précisés hier 24 juin avec ce courriel-ci reçu de François Despax, fils de Jean Despax (Dax, 18 mars 1912 – quelque part entre Paris et Amiens, 18 août 1944) et petit-fils de Gabriel Despax (Dax, 22 novembre 1878 – Pissos, 9 mars 1922), le frère aîné du poète Émile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-Verneuil, 17 janvier 1915) ;
ce poète dacquois dont le pianiste Emmanuel Despax (Paris, 1984) a confié au musicologue Pierre-Jean Tribot, en un entretien donné en l’article de Crescendo Magazine « Emmanuel Despax, après un rêve » paru le 22 juin 2022, être l’arrière-petit neveu.
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Voici donc ce courriel reçu hier de François Despax – avec en rouge mes commentaires-réponses en retour… – :
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« Je me permets de reprendre nos échanges, commencés dans le formulaire de contact, mais interrompus sans doute par leur taille limitée. Au passage, j’aime bien votre argument d’autorité : « ..c’est Emmanuel Despax lui-même…. ce n’est donc pas contestable ». Ce qui n’est pas contestable, c’est qu’Emmanuel Despax se prétend arrière-petit neveu d’Emile ; mais est-ce vrai, c’est cela le problème – on peut en effet très légitimement se poser la question, au sein de cette recherche, je vous l’accorde, en absence de confirmation étayée jusqu’ici…
Comme vous l’avez fait apparaitre dans votre généalogie, Pierre Gabriel Despax eut un fils unique, Hippolyte, père, dans l’ordre, de Gabriel (mon grand-père), Frédéric et Émile. Gabriel eut deux enfants de son premier mariage, Geneviève – Despax (Dax, 8 mars 1909 – Draguignan, 15 août 1997), future épouse, à Paris le 24 août 1945, de Marcel Serveau (Makoeva, 4 juillet 1913 – Draguignan, 19 janvier 2000) – et Jean – Despax (Dax, 18 mars 1912 – quelque part entre Paris et Amiens, 18 août 1944) – (mon père), et Pierre – Raymond Despax (Dax, 5 janvier 1929 – Avallon, 4 avril 2007) – d’un second mariage; effectivement, il ne semble pas – et il faudrait tâcher de l’établir… – que Pierre ait eu une descendance. Frédéric eut deux filles (et non pas une), Jacqueline – Despax (La Rochelle, 5 avril 1907 – Dax, 14 novembre 1973) – (future épouse – à Capbreton le 19 mai 1936, d’Edmond Pierre Marcel – Cazaux – Pau, 29 janvier 1894 – Dax, 24 mars 1961 – ) et Colette – Despax (Toulon, 24 mai 1911 – Caen, 9 février 2012) – (future épouse – à Paris le 14 mai 1935 de Marcel Louis François Louis – Fatôme – Cherbourg, 11 septembre 1909 – Cherbourg, 20 septembre 1997 – ), qui elle-même eut quatre enfants. Émile eut une fille (qui n’est pas mentionnée dans la généalogie), Suzanne (? – Despax (Oloron, 3 septembre 1912 – Gien, 1er mai 1993) – , je ne l’ai jamais connue que sous le surnom de Zoute), épouse – j’ignore la date et le lieu de leur mariage, d’Éric – Peters– Paris, 25 septembre 1911 – Mont-Valérien – Suresnes, 1er août 1942 : fusillé par les allemands pour acte de résistance – dans un premier mariage, puis – le 27 avril 1951, de Boris – Daragan – Saint-Petersbourg, 6 avril 1911 – 26 juillet 1964 – après son veuvage.
Donc pas beaucoup de place pour un nouveau Despax, père d’Emmanuel : Jean-Luc – dont je fais l’hypothèse qu’il pourrait être, lui, le père d’Emmanuel Despax… – , s’il est né en 1968, aurait eu Emmanuel (né en 1984) bien jeune ! – certes, 16 ans, je l’ai moi aussi bien sûr remarqué ; mais cela n’est pas impossible : Jean-Luc Despax, jeune poète, collaborait avec Jacques Charpentreau, poète confirmé, le père de Catherine Charpentreau, future mère d’Emmanuel Despax en 1984…Et votre gentille fable – non, ce n’était là qu’une simple hypothèse au cours de ma recherche : à la place de votre nom, c’est le nom de Jean-Luc Despax que j’ai très vite évoqué , et c’est lui qui aurait divorcé de son épouse Catherine Charpentreau à Aix-en-Provence en 1996 : ce qui a eu pour résultat de précipiter Emmanuel Despax dans ses études de musique, au Conservatoire d’Aix-en-Provence, pour commencer… – me concernant se heurte à la date de mon mariage (1964), et à une certaine longévité conjugale (je suis toujours avec mon épouse Marie – Delcroix– !).
Pour un rattachement – indirect – d’Emmanuel à Émile – Emmanuel Despax cite le dacquois Émile Despax comme étant son arrière-grand-oncle, pas son arrière grand-père ! – , il faudrait, soit que Pierre ait eu un fils, qui aurait pu être le père d’Emmanuel, mais ça ne semble pas être le cas – et c’est à confirmer ! – , soit qu’il y ait eu un « fils caché » – ou du moins ignoré de nous – chez Frédéric, mais là on tombe dans le roman – vous connaissez, bien sûr, mieux que moi votre famille Despax originaire de Dax…
Ne voyez aucune acrimonie dans mes propos – au contraire : j’apprécie la précision de tout ce que vous m’apprenez… – : j’aurais bien aimé avoir dans ma branche Despax un pianiste talentueux. Petite histoire amusante, mon dernier fils Jean, né en 1981, a découvert un homonyme (nom et prénom) à la tête d’un quatuor familial de musique classique, canadien et… fortement métis – sur Jean Despax et le Quatuor Despax, cf cet article-ci « Quatuor Despax : 20 ans de musique en famille« , en date de 29 mai 2023 : Jean Despax en est le second violon ; et décédé en 2018, leur père Emmanuel Despax était guitariste de formation, compositeur et chef de chœur…Ils se sont vus et congratulés lors d’un de leurs déplacements à Paris – non seulement existent pas mal de Despax en France (à Toulouse, en Ardèche, je me souviens d’avoir rencontré leurs noms en mes recherches…), non directement apparentés à la branche dacquoise des Despax, mais aussi, en effet, au Québec…
Alors ? Je ne pense pas qu’Emmanuel Despax soit mythomane ; mais son père – Jean-Luc Despax, poète, et maintenant professeur de français à Grenoble – l’est peut-être et – a peut-être – imaginé cette ascendance – dacquoise – qui aurait « fait bien » auprès de la famille Charpentreau. Il aurait transmis cette histoire à son fils – c’est là aussi une hypothèse… – , et vous savez comme moi que, jeune, on n’est pas trop regardant sur les sagas familiales.
En tous cas, je suis très admiratif, et flatté d’une certaine façon, de vos recherches sur les « Despax de Dax ».
Croyez, cher Monsieur, à toute ma sympathie – et vous, à ma reconnaissance – ,
François Despax«
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Et le 11septembre 2025, mon article du 21 août 2025 avait reçu ce joli commentaire de Camille Despax fille de François Despax :
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« Bonsoir, Je suis une des 5 filles de François DESPAX, Camille, fille de Marie Delcroix. C est drôle de retrouver toute l’histoire familiale dans votre article (j’étais en train de chercher un extrait d’un poême d’Émile DESPAX).
Mais mon père n’est pas le père d’Emmanuel. Par contre ça donne envie d’écouter sa musique »…
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La recherche de filiation Despax du brillant pianiste Emmanuel Despax se poursuit donc…
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Ce jeudi 25 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa