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  • Ce qu’offre de ressources un blog tel que le blog « encherchantbien.fr » : des questions sur la généalogie des Despax, de Dax, en marge de ma recherche sur les ascendances paternelles de l’excellent pianiste Emmanuel Despax, né à Paris en 1984…

    Les données généalogiques auxquelles il m’arrive de m’adonner sur mon blog encherchantbien.fr constituent un riche terreau de correspondances de courriels à venir avec divers correspondants y découvrant des informations sur leurs propres ascendances familiales.

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    Ainsi mon blog a-t-il reçu hier 22 juin trois courriels émanant de Martine Bouthier née Despax et de son frère François Despax s’étonnant de certaines affirmations sur leur famille Despax, originaire de Dax, contenues en mon article « Quelques avancées concernant mon questionnement sur l’histoire et la généalogie familiales, côté paternel, d’Emmanuel Despax (Suite)… » en date du 21 août 2025,

    un article lui-même suscité par un passionnant entretien donné par le pianiste Emmanuel Despax au musicologue Pierre-Jean Tribot, paru le  22 juin 2023 sur le site de Crescendo Magazine sous le titre de « Emmanuel Despax, après un rêve « , dans lequel ce très brillant pianiste, né à Paris en 1984, mentionnait la part prise à son très grand amour de la poésie française par son grand-père maternel Jacques Charpentreau (Les Sables d’Olonne, 25 décembre 1928 – Paris, 8 mars 2016), poète éminent, et son arrière grand-oncle paternel Émile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-sur-Aisne, 17 janvier 1915) , poète lui aussi…

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    La question que je me posais alors et me pose encore aujourd’hui étant celle des liens précis de parenté d’Emmanuel Despax le pianiste avec Émile Despax, le poète dacquois : duquel des deux frères d’Émile Despax, ou bien Gabriel Despax (Dax, 22 septembre 1878 – Pissos, 9 mai 1922), ou bien Frédéric Despax (Dax, 27 mai 1880 – Roscoff, 9 février 1935), Emmanuel Despax est-il l’arrière-petit-fils ? Quel est son grand-père Despax ? Et son père est-il bien Jean-Luc Despax, poète lui aussi, époux puis divorcé, en 1996, à Aix-en-Provence, de Catherine Charpentreau ?.. – cf ici cette intéressante généalogie Despax proposée par Sylvie Gavand…

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    Voici donc l’intéressant état de ces échanges de courriels d’hier 22 juin :

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    Le 22 juin 2026 à 22:49, Martine Bouthier a écrit :
    Bonjour 
    Mon frère – François Despax – vous a écrit de son côté, car il manque des descendants dans votre généalogie – pouvez-vous donc la compléter s’il vous plaît ? Cela m’éclairera… 
    Je ne vois pas comment Emmanuel Despax serait un petit neveu d’Émile, même s’il le revendique dans cet écrit, il ne figure pas dans notre arbre familial – j’ignore les raisons des manques de votre arbre généalogique familial. Il vous faudra le compléter…
    Mais je ne vois pas du tout ce qui me ferait mettre en doute les affirmations d’Emmanuel Despax le pianiste, se confiant, dans son entretien « Emmanuel Despax, après un rêve « du 22 juin 2023 avec le musicologue Pierre-Jean Tribot, sur ses liens familiaux à la poésie française, via son grand-père le poète Jacques Charpentreau (1928-2016) et son arrière-grand-oncle Emile Despax (1881-1915).
    D’où tenez vous donc que mon père aurait disparu le 18/08/1944 ???? Cette date est disponible d’une part dans l’arbre généalogique des Despax donné par Sylvie Gavand (https://gw.geneanet.org/sylviegavand?lang=fr&iz=1324&m=D&p=pierre+gabriel&n=despax&siblings=on&notes=on&t=T&v=6&image=on&marriage=on&full=on).
    Ainsi que, surtout, par les divers liens donnés dans mon article du 21 août 2025 : https://encherchantbien.fr/quelques-avancees-concernant-mon-questionnement-sur-lhistoire-et-la-genealogie-familiales-cote-paternel-demmanuel-despax-suite/ sur lesquels il faut cliquer pour en dégager les données précises. Les circonstances du décès de votre père Jean Despax le 18 août 1944 entre Paris et Amiens sont longtemps demeurées très confuses du fait des circonstances tragiques de ce mois d’août 1944 ; ainsi que de ce qui en a résulté de complications très concrètes pour votre mère Simone Nouguès (jusqu’à un jugement de divorce, prononcé le 7 juillet 1950 « à la requête et au profit de la femme, avec toutes les conséquences de droit »), et pour sa sœur Geneviève Despax, épouse Serveau…
    Cordialement
    Je demeure donc pour le moment dans l’incertitude de la filiation paternelle Despax du pianiste Emmanuel Despax, né à Paris en 1984 : son père est probablement Jean-Luc Despax (né en mai 1968), et poète lui aussi ; mais qui étaient le père et le grand-père Despax de Jean-Luc Despax, je ne l’ai pas encore découvert…
    Merci de votre attention, et ravi que mes modestes recherches vous rendent un peu service…
             Francis Lippa, à Bordeaux
    Envoyé depuis l’application Mail Orange
    —————-
    De : Francis Lippa
    Envoyé : lundi 22 juin 2026 10:41
    À : martine bouthier
    Objet : Re: encherchantbien.fr : Formulaire de contact simple
    Madame,
    Merci beaucoup de votre courriel de ce matin, après lecture de mon article https://encherchantbien.fr/quelques-avancees-concernant-mon-questionnement-sur-lhistoire-et-la-genealogie-familiales-cote-paternel-demmanuel-despax-suite/ en date du 21 août 2025, concernant mes efforts d’identifier le père – qui est-il ? – ,  du pianiste Emmanuel Despax (né à Paris en 1984), lui-même petit-neveu du dacquois Émile Despax (Dax, 14 septembre 1881 – Moussy-Verneuil, 17 janvier 1915)…
    Je n’y affirmais pas que votre frère Jean Despax était le père du pianiste Emmanuel Despax, mais je faisais seulement l’hypothèse qu’il pouvait peut-être l’être,
    si votre père était bien celui qui avait divorcé de son épouse Catherine Charpentreau vers 1996…
    Ce n’est donc pas le cas !
    Je cherchais alors à réaliser une généalogie de cette intéressante famille dacquoise des Despax…
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    Merci encore de votre attention…
    Francis Lippa, à Bordeaux 

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    Les aventures de ce blog encherchantbien.fr sont décidément passionnantes !

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    Ce mardi 23 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Accéder à d’autres musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigée par Albert Recasens : le CD « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna »…

    Accéder à d’autres belles musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigées au CD par Albert Recasens – cf mes articles des : « Des chefs d’oeuvre d’Espagne à découvrir : l’oeuvre vocale en latin du Padre Antonio Soler (1729 – 1783)« , « Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675) » et « Continuer à découvrir le charme envoûtant et splendide de l’oeuvre du compositeur du Siglo de Oro, Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)« , en date du 14 octobre 2018, et des 1er et 2 juillet 2023… – :

    voici ce que vient nous offrir le tout nouveau CD Lauda LAU 027 « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna » – enregistré à Valladolid les 8 et 9 novembre 2024… et écoutez ici… – ;

    dont m’a fait découvrir l’existence l’article de Cécile Glaenzer « Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle » paru le 29 mai dernier sur le site de ResMusica :

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    Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle

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    A la croisée des influences espagnoles et italiennes, Naples connaît une vie musicale intense dans les premières années du XVIIᵉ siècle. C’est là que nous emmène dans son voyage à travers l’Espagne baroque.

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    En 1600, Naples est espagnole depuis plus d’un siècle. La cour des vice-rois accueille de nombreux artistes et son rayonnement est grand dans toute l’Europe. Sur la colline – napolitaine – du Pausilippe, les nobles organisent des fêtes somptueuses dans leurs villas. L’activité musicale se développe avec la naissance des premiers conservatorii, fondés au XVIᵉ siècle comme établissements caritatifs destinés à accueillir les orphelins. A l’époque choisie pour ce programme, le vice-roi est le Duc d’Osuna – Pedro Tellez-Gijon, troisième duc d’Osuna (1574 – 1620)… – , personnalité complexe et flamboyante, qui fréquente autant les lieux de plaisir populaire que les salons aristocratiques. Le programme proposé ici est à son image, brassage du madrigal savant et des danses populaires.

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    Après deux disques remarqués qui nous ont amenés dans l’Espagne du XVIIIᵉ siècle, fait donc étape à Naples au début du XVIIᵉ siècle. Le programme de cet enregistrement comporte trois parties : des œuvres vocales pour la chapelle royale – « Nella Real Cappella« … – , des madrigaux de cour –  »Dopo il banchetto« … – , les danses d’un bal au palais – « Festa a ballo in Palazzo« … Les motets sacrés de la première partie sont tous de Trabaci – Giovanni Maria Trabaci (Montepeloso, ca. 1575 – Naples, 31 décembre 1647)… – , le compositeur le plus important à la cour des vice-rois à cette époque. On y retrouve l’écriture polyphonique vénitienne à deux chœurs. Les voix des chanteurs sont magnifiquement timbrées. La deuxième partie s’ouvre sur une danse instrumentale à la fois noble et bien rythmée avec l’arrivée des castagnettes, suivie par deux madrigaux – de Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca. 1587 – 1653) et Scipione Lacorcia (ca. 1585/95 – 1620)… – riches de chromatismes qui rappellent Gesualdo – 1566 – 1613… Les réjouissances de la dernière partie, un bal donné à l’occasion de la guérison du roi Philippe III en 1620, nous ramènent vers la musique d’inspiration populaire. On dispose des textes décrivant précisément la mise en scène éblouissante de ce bal, qui représente l’équivalent des grands ballets de cour français. Remarquables sont les interventions des ensembles de vents, chalemies et sacqueboutes. , avec sa verve habituelle, nous donne ainsi à découvrir une nouvelle facette de la vie musicale espagnole – voilà ! – ,  servie ici par des compositeurs italiens ; et nous saluons le choix d’un programme original et festif – oui – , où de nombreuses pièces sont ici enregistrées pour la première fois.

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    Delizie di Posillipo.Musiques de Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), Ettore de la Mara (fl.1609-1620), Pietro Antonio Giramo (fl.1619-1630), Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca.1585-1653), Scipione Lacorcia (ca.1585-1620), Francesco Labardi (1587-1642), Giacomo Spiardo (?).La Grande Chapelle. Direction Albert Recasens.

    1 CD Lauda. Enregistré en novembre 2024 à Valladolid.

    Notice de présentation en français, anglais, allemand et espagnol.

    Durée 58:10

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    Un très beau CD qui vient nourrir notre curiosité musicale…

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    Ce vendredi 19 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P.s. :

    Et à l’appui de la satisfaction éprouvée à l’écoute de ce bien beau CD proposé par Albert Recasens,

    ce très instructif et très détaillé article-ci « Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III« , de Christophe Steyne, sur l’excellent site du Magazine Crescendo, paru à la date du lundi 29 juin 2026 :

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    Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III

    par Christophe Steyne
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    Delizie di Posilipo. Música para el virrey de Nápoles. Œuvres de Giovanni Maria Trabaci (c1575-1647), Ettore de la Marra (fl. 1609-1620), Giuseppe Palazzotto e Tagliavia(c1587-1653), Scipione Lacorcia (c1585-1620), Pietro Antonio Giramo (fl. 1619-c1630), Franceso Lambardi (1587-1642), Andrea Ansalone ( ?-1656)…

    La Grande Chapelle. Albert Recasens.

    Novembre 2024. Livret en espagnol, anglais, français, allemand ; paroles en langue originale, traduction trilingue. 58’07’’. Lauda LAU 027

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    Peu taillé pour l’exercice du pouvoir, Felipe III laissa opérer le Duc de Lerma, qui concéda à Pedro Téllez-Girón y Velasco le gouvernement de la Sicile (1610-1615), puis de Naples, alors sous domination de la branche hispanique des Habsbourg. La cité parthénopéenne s’affirmait comme un des centres européens les plus peuplés – oui ! – en ce début de XVIIe siècle. Lors d’une trouble conspiration contre la République de Venise, le vice-roi, titré Duc d’Osuna, fut suspecté de vouloir affranchir Naples de la couronne espagnole, voire de la détourner à son profit personnel. Ces intrigues et l’accession de Felipe IV en 1621 précipitèrent sa disgrâce et son emprisonnement, jusqu’à sa mort en 1624.

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    De complexion maladive, Felipe III recouvra la santé en 1620, certes brièvement puisqu’il mourut de déshydratation l’année suivante, à l’âge de quarante-deux ans. Avant cette issue fatale, la liesse fut décrétée pour fêter l’heureuse nouvelle. À l’instar des célébrations dynastiques, on organisa offices religieux, banquets et spectacles, d’autant volontiers que ce mois de mars coïncidait avec le carnaval. Par ce protocole, le vice-roi entendait célébrer la guérison du souverain autant qu’exalter la majesté de la cour napolitaine, et opportunément glorifier sa propre stature, voire assourdir les soupçons qui accablaient son obscure diplomatie.

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    C’est à Álvaro de Mendoza, gouverneur de la forteresse du Castel Nuovo, que fut confiée l’organisation d’une festa a ballo à grand renfort de danses et de scénographie. Parent du Mask anglais et du ballet sous Henry IV, ce Delizie di Posilipo boscarecce e maritime faisait écho au palais La Goletta, somptueuse villa de Don Álvaro située sur la colline de Pausilippe, ici investie comme allégorie du Mont Parnasse – voilà. Dans des décors de l’ingénieur Bartolomeo Cartaro résonnèrent des chants de Giovanni Maria Trabaci, de Francesco Lambardi (organiste du vice-roi) et de Pietro Antonio Giramo (compositeur de villanelles populaires), ainsi que la musique de ballet d’Andrea Ansalone et Giacomo Spiardo, ce dernier réglant également la chorégraphie.

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    Le sujet mythologique confronte deux empires, celui sylvestre patronné par le dieu Pan, celui marin de Vénus et Cupidon. Créatures rustiques, comiques et grotesques (bergers, singes et satyres) campent une sphère profane qui s’oppose à la grâce et à la séduction de cygnes et sirènes. L’Amour et le retour de la concorde viendront bien sûr concilier ces deux mondes, au gré d’une danse des chevaliers. Un narrateur et des personnages symboliques (Fortune, Temps, Gloire, Envie) briguaient la connivence avec l’aristocratique audience de l’époque.

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    La disposition spatiale dans la Real Sala contribuait à ce rapport métadiégétique, essentiel pour saisir les ressorts politiques plus ou moins évidents véhiculés par cet ouvrage. Le livret signé de Giambattista Basile s’incarnait dans « des attitudes chargées d’émotion, souvent difficiles à déchiffrer, capables de suggérer à la fois une expression sincère et une ambivalence ironique dans un même geste scénique » signale Nathan Kent Reeves dans son captivant mémoire*. Les limitations du langage sont d’ailleurs au cœur de la louange Lenguas son de este monte, évoquant l’indicible beauté de la nature.

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    Textes et musique furent aussitôt préservés et édités, facilitant la compréhension du public, et favorisant la réhabilitation pour les entreprises d’aujourd’hui. Philip Pickett et son New London Consort s’y étaient déjà risqués (L’Oiseau-Lyre, avril 1988), se limitant au Delizie mais le complétant par quelques appoints, comme une fanfare dérivée de Girolamo Fantini.

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    La réalisation d’Alberto Recasens se déploie dans une perspective élargie, en trois parties – voilà. La première renvoie aux cérémonies religieuses qui se tinrent probablement dans la chapelle du Palazzo Vecchio, par une sélection de psaumes et antiennes de Trabaci, maestro di cappella de la Real Cappella, s’exprimant dans une écriture polychorale sous allégeance des modèles vénitiens. Intitulée « Dopo Il Banchetto » et introduite par une Spagnoletta, la seconde section du programme invite le madrigal polyphonique a capella, dont Naples fut un foyer – dans l’orbite de l’immense génie de Carlo Gesualdo, et c’est bien sûr à relever… La troisième déroule le Delizie et se conclut par un madrigal strophique qui a fait l’objet d’une reconstitution musicologique et se trouve enregistré pour la première fois. Già spiega’l raggio honore l’éveil du printemps et le triomphe de l’amour, donc en lien direct avec le ballo di cavalieri qui le précède.

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    Neuf chanteurs, une vingtaine d’instrumentistes : La Grande Chapelle rivalise sans peine – oui – avec les effectifs du New London Consort et s’avère proche des circonstances historiques, du moins dans leur effet – voilà. D’un côté le studieux collectif britannique, un brin figé et muséal, de l’autre un plateau vivant et charismatique – c’est tout à fait cela… Superbement captée – oui – , la prestation surclasse ainsi son prédécesseur anglais, par sa chaleur, sa suavité et son lustre – oui, oui, oui. Comparons par exemple le Ballo De’ Selvaggi E Delle Simie, sur la seule cornemuse au Henry Wood Hall, et ici délurée sur un – riche – panel d’anches et cuivres.

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    On saluera la somptueuse – oui – rumeur des cornets et sacqueboutes. Aux chirimias, bajoncillos, bombardas, bajóns, l’on admire ici quelques pointures – bien connues et reconnues dans ce répertoire – : Elsa Frank, Adrien Reboisson, Stéphane Tambuy, Jérémie Papasergio. La parure est des plus suggestives – oui – , ainsi le Ballo de cigni aux cordes frottées et triangle, ou le parterre de flautas de pico qui nimbe le dernier tableau. Les basses d’archet de Marta Vicente assurent un confortable élan rythmique, pimenté par les percussions de Pere Olivé Aymerich – tout cela archi-vivant et délicieux.

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    Tant à l’aise – voilà – dans la ferveur des motets que dans la verve des madrigaux et la trame dramatique du Delizie – très contrastés – , l’équipe vocale parachève la réussite – réjouissante, en effet – de cet album. Lequel s’enrichit d’une instructive, profuse notice – de 13 pages, oui – , exemplairement traduite en français par Pierre Élie Mamou. Parrainé par le Centro de Estudios Europa Hispánica et la Fundación Tatiana pour le quatre-centième anniversaire de la disparition du troisième duc d’Osuna, voilà un disque à fêter – voilà ! – pour tout amateur du décorum à la charnière de la Renaissance et du Baroque. Et un digne, splendide tribut à cet événement politico-musical de 1620 qui, comme conclut la présentation de Rodulfo Hazen, connut un retentissement majeur sur les deux rives de la Méditerranée.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 10 – Répertoire : 9 – Interprétation : 10

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    [*] Reeves, Nathan Kent, Delights of Posillipo, Terrors of Vesuvius: Music, Spectacle, and Identity in Early Modern Naples. Master’s Thesis, University of Tennessee, 2015 (page 134)

     

  • Apprendre à rendre l’hommage qu’il mérite au travail primordial et de feu de l’immense Carlos Païta : une flamme vitale…

    Chaleureuses félicitations au bien bel hommage rendu par Crescendo Magazine avant-hier 14 juin par la plume d’Olivier Vrins en son article « Une première monographie primordiale consacrée à Carlos Païta » au très beau travail – primordial, en effet… – d’André Hirt en son « Carlos PaÏta dans le fracas d’un son plein d’épouvante – physionomie musicale d’un chef d’orchestre » – l’expression est empruntée à Dante : « Un fracaso d’un suon, pien di spavento« … – que publie Le Palais des Dégustateurs de l’ami Eric Rouyer – qui me l’a adressé – sur cet interprète hors-normes – et de feu ! – qu’est, pour jamais, l’immense Carlos Païta (Buenos-Aires, 10 mars 1932 – Genève, 19 décembre 2015)…

     
    Dont le rapport aux œuvres symphoniques qu’il choisit d’interpréter est rien moins que charnel et vital…
     
    D’où le schnaps préventif de quelques membres de l’orchestre qu’il dirigeait pour tenir le choc de la performance attendue bien sûr d’eux…
    Quelque chose d’une crainte sacrée ; pas un simple trac ordinaire…
     
    Merci !
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    Voici donc – avec mes modestes farcissures en rouge – ce bel article d’hommage rendu à Carlos Païta et au livre d’André Hirt, d’Olivier Vrins pour Crescendo Magazine :
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    par Olivier Vrins
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    André Hirt : Carlos Païta, dans le fracas d’un son plein d’épouvante. Physionomie musicale d’un chef d’orchestre, Le Palais des Dégustateurs, 2026, 161 p.

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    Qui entreprend de chroniquer le dernier ouvrage d’André Hirt, consacré à Carlos Païta (1932-2015), marche inévitablement sur des œufs. Personne n’a en effet oublié – et le philosophe – qu’est André Hirt – moins que quiconque – les rebuffades, tantôt condescendantes, tantôt féroces, essuyées par le maestro argentin, lacéré par la plume d’une horde de critiques musicaux, « d’ailleurs essentiellement ‘critiques’ davantage que musicaux (il suffit, comme partout, d’un seul pour que d’autres suivent – panurgiquement… – par opportunisme) au mépris du travail des artistes », souligne l’auteur non sans raison.

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    Fort heureusement, le travail d’André Hirt n’appelle que des éloges. Aussi insensé que cela puisse paraître, il signe ici le premier ouvrage, toutes langues confondues – en effet – , consacré à Carlos Païta. Dans ce précieux document, porté par une plume d’une rare élégance et d’une pertinence plus remarquable encore – oui – , se dessine une tentative de réhabilitation – voilà ! – amplement méritée : une hagiographie assumée davantage qu’une biographie consommée. Elle s’inscrit dans le sillage de la réédition, ces dernières années, de plusieurs enregistrements majeurs du chef sous l’étiquette du Palais des Dégustateurs – oui, oui – , auxquels Crescendo n’a pas manqué de faire écho.
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    Également publié avec le soutien du label dirigé par Éric Rouyer, authentique mélomane guidé par la passion et les coups de cœur – si proche, en cela – oui – , de Carlos Païta –, cet essai rédigé par un autre amoureux de la musique avec la complicité d’Alexandre Païta, fils aîné du chef, s’attache à la personnalité volcanique – de braise à jamais – de son protagoniste : un immense artiste à la réputation injustement ternie, qui ne fit pourtant de mal à personne en suivant son chemin de grand bonhomme.

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    Souvent décrié de son vivant pour sa grandiloquence et sa théâtralité, Païta brilla auprès de certaines des plus prestigieuses phalanges du monde sans jamais avoir été titularisé à la tête de l’une d’elles, nouant « de solides amitiés avec les orchestres anglais et belges, de l’amour même », comme aime à le rappeler André Hirt. D’aucuns eurent la chance de voir cette comète solitaire – singulière – qu’était Carlos Païta à l’œuvre sur la scène de la Philharmonie liégeoise, qu’il fréquenta assidument, ou au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Alexandre évoque avec le sourire sa rencontre avec les musiciens de l’institution bruxelloise qui, avant de pénétrer corps et âme dans le monde inspiré du maître argentin, se donnaient du courage en avalant un verre de schnaps – voilà : le chef intimidait... Ne répondirent-ils pas au fils du chef, étonné de leur légèreté : « Nous sommes prêts à jouer à fond pour votre père, et il nous faut un petit coup d’alcool pour avoir assez de vitalité – voilà, voilà – pour tenir le coup ! »

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    Personnalité hölderlinienne, « faustienne » selon André Hirt – dionysiaque, ajouterai-je… – , Carlos Païta était, nous enseigne l’auteur, un idiot musical – mais un « idiot » au sens originel du terme : une voix irréductiblement originale – singulière, tout simplement – , à l’image d’un Glenn Gould ou d’un Sviatoslav Richter ; l’un de ces artistes qui « sont tous finalement rejetés après une brève période au cours de laquelle, stupéfaits, on les salue comme d’étranges phénomènes (et on les célèbre alors comme tels, mais seulement comme tels !) ». Païta demeura toute sa vie en marge du circuit musical institutionnel – voilà, voilà. Ne dirigeant qu’à un rythme modéré, à rebours de la vogue de son époque – et de la nôtre encore –, il n’enregistra qu’une seule fois – voilà – une poignée– seulement – de chefs-d’œuvre. Il sut néanmoins se montrer aventureux, gravant notamment la Pastorale d’été d’Arthur Honegger ainsi que l’Adagio pour cordes d’un compositeur belge mort à vingt-quatre ans, Guillaume Lekeu.

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    Nombreux sont ceux qui, confrontés pour la première fois à la fougue et à la puissance vitale – de feu – de la narration païtienne, souvent tragique, voire catastrophée, en sortirent ébranlés. Le Requiem de Verdi, que je découvris dans mon adolescence sous l’étiquette « Lodia », détonna en moi comme une bombe. D’autres furent secoués par sa lecture des grandes symphonies : la Première de Brahms, la Cinquième de Beethoven, la Sixième de Mahler, les deux dernières de Bruckner, la Fantastique de Berlioz, la Pathétique de Tchaïkovski, voire la Quarantième de Mozart – peut-être moins inattendue sous la baguette du chef latin que ne l’affirme André Hirt, tant cette œuvre compte parmi les plus tragiques, sinon les plus romantiques, du compositeur salzbourgeois, bien plus sombre, en tout cas, que la « Jupiter » qui lui succède au catalogue.

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    Admirateur de Furtwängler, dont l’influence est palpable, et contempteur de Karajan, le maestro n’eut de cesse de privilégier le sens et la vérité – oui – au-delà du « beau son » – séducteur hédoniste. Matador au tempérament sanguin – et le sang est esprit, nous dit Nietzsche en son Zarathoustra... – , esseulé dans l’arène, aux prises avec une œuvre intimidante – voilà: en sa grandeur ou sa sublimité à affronter pour la servir telle quelle – , dont il entend maîtriser – et servir vraiment – le souffle – formidable, intimidant, terrifiant peut-être même – de ses deux – seules – mains tendues, pressenti par Ernest Ansermet pour lui succéder à la tête de l’Orchestre de la Suisse romande, Païta fut un homme de contrastes, volontiers porté à l’hyperbole ; « sa poésie se nouait à la violence comme chez Baudelaire », écrit justement André Hirt – on pourrait aussi se référer à la puissance magistral de Michel-Ange… Une violence qui « n’est pas dirigée contre les êtres ou même les choses, mais porte sur la contrainte de devoir forcer les portes d’un autre rapport au monde – brut, dionysiaque – , un forçage que la musique exige pour elle-même – voilà, tout simplement – au risque de n’être – sinon – qu’un simple divertissement – superficiel, passager, éphémère, de surface seulement – ou l’objet d’une contemplation – désossée, dénervée, vidée de sa vie – pour les esthètes et les conformistes ». Tout est dit, ou presque… – voilà. Carlos Païta est nietzschéen…

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    Au fil de ce livre magistral, qui se lit d’une traite et se relit ensuite par bribes avec plaisir, Hirt interroge la « grandeur » – la force, la puissance – de Carlos Païta : son art, son répertoire, sa dialectique « inesthétique », sa direction exaltante sinon exaltée, sa vision extasiée du son ; telle interprétation mémorable de la Deuxième de Mahler – dont le surnom de « Résurrection » sied si bien à l’héritage du chef argentin – ; telle autre, sublime quoique déroutante par l’extrême rapidité des tempi, de la Neuvième de Bruckner, quitte à questionner, non sans risques, les intentions déclarées du compositeur ; ou encore cette Neuvième enflammée de Beethoven, demeurée dans les limbes. « La brûlure, voici au moins descriptivement un mot qui serait à même de qualifier la musique de Carlos Païta » ; mais une brûlure qui agit comme une catharsis – voilà ce que réalise seul l’art vrai… 

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    Au-delà de la physionomie musicale d’un chef hors normes, ce que André Hirt défend en filigrane de son ouvrage, c’est la liberté artistique dans ce qu’elle a de plus noble et de plus fondamental : le combat des artistes – et cela quel que soit leur art… – imperméables aux pressions commerciales – évidemment, oui ! – , habités par une vision – pure et vraie, sans concessions… – de l’œuvre – même – qui, précisément parce qu’elle est singulière, ne saurait laisser indifférent – certes pas : mais qu’est un art sinon, sans cela : une pure imposture…

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    À l’heure où « l’uniformisation des interprétations est devenue telle que la nouveauté n’est elle-même validée que si elle peut correspondre à un standard, c’est-à-dire à une attente – intéressée, commerciale, marchande – , qui est le ferment du contraire d’une expérience », dénonce André Hirt, Carlos Païta nous donne à entendre « l’inouï ». Un « inouï » que le Palais des Dégustateurs nous donne de redécouvrir. Mieux : de revivre. Cet ouvrage y contribue dans une large mesure.

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    Une attitude vitale d’artiste parente de celle de Lucien Durosoir (1878-1955), qui me tient tant à coeur,

    dès mon article de découverte très très impressionnée de ses sublimes Quatuors à cordes, en date du 4 juillet 2008  « Musique d’après la guerre« …

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    Ce mardi 16 juin 2028, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Nouveau retour au passionnant CD « Martinů- String Quartets 2-3-5-7 » du Pavel Haas Quartet : à propos de la riche complexité si singulière et prenante de Bohuslav Martinů…

    C’est l’article paru hier 3 juin et intitulé « Cycle majeur » de Jean-Charles Hoffelé sur son site, qui m’amène à revenir me pencher sur le somptueux et très riche CD Supraphon 4368-2 « Martinů- String Quartets 2-3-5-7 » de l’admirable Pavel Haas Quartet,

    auquel j’ai déjà consacré 2 articles de mon blog :

    le 15 octobre 2925, l’article « L’admirable sérénité tragique, dénuée de pathos, du splendide Pavel Haas Quartet dans Martinu, dans le CD Supraphon « Martinu – String Quartets 2-3-5-7″…« , lors de ma découverte de ce CD d’un compositeur, Bohuslav Martinu (Polička, 8 décembre 1890 -Liestal, 28 août 1959), que j’ai très à cœur,

    et le 28 janvier 2026, l’article plus approfondi « La singularité irréfragable des Quatuors à cordes de Bohuslav Martinu, y compris appréhendée par ses formidables interprètes, au concert comme au disque, que sont les membres du somptueux Pavel Haas Quartet…« , à l’occasion d’un passionnant entretien très fouillé de Pierre-Jean-Tribot, pour Crescendo Magazine, avec Peter Jarůšek, le violoncelliste et membre fondateur du Pavel Haas Quartet, qui nous fait pénétrer dans les arcanes de leur longue fréquentation de ces œuvres complexes et si riches de Martinů…

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    CYCLE MAJEUR

    Hors de la Seconde École de Vienne, de ses suiveurs, et de l’œuvre au noir de Chostakovitch, trois autres séries majeures pour le quatuor à cordes – et j’y ajoute pour ma part les trois extraordinaires quatuors de Lucien Durosoir (1878 – 1955) ! – auront encadré le mitan du XXe siècle : les six Quatuors de Béla Bartók – hongrois – , les huit Quatuors d’Alexandre Tansman – polonais, toujours trop méconnus – , et les sept Quatuors de Bohuslav Martinů – tchèque...

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    En rien trois monolithes – en effet – , pour chacun des trois compositeurs, l’occasion de pénétrer dans leurs ateliers – voilà – et de scruter les abysses de leurs processus créatifs – ce qui moi aussi me passionne. Il manquait une nouvelle intégrale pour le cycle de Bohuslav Martinů, j’y espérais les Pavel Haas, les voici dans un premier volume – espérons-le du moins… – qu’ils ouvrent avec le 5e Quatuor, chef-d’œuvre de la série, composé au printemps 1938 en Tchécoslovaquie, période supposée heureuse : Martinů revenait d’assister à la création parisienne de Juliette. Las !, l’assombrissement du destin de l’Europe, et partant de son pays natal, donnèrent une tonalité tragique – voilà – au nouvel opus.

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    L’œuvre se détache par ses abrasions, ses dissonances, son ton résolument expressionniste de tout ce qu’il aura confié précédemment aux quatre archets, y compris l’évocation des idiomes populaires. Le motorisme du Vivo sonne acide, le Lento inquiet qui ouvre le Finale semble faire écho aux nocturnes si chers à Alexandre Tansman, l’ami – en effet – de Paris, la radicalité de l’œuvre s’exalte dans le jeu âpre – idoine – des Pavel Haas.

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    Quel contraste !, la lumière, le giocoso empli de traits populaires mêlés d’un peu de jazz et de fox-trot emportent le Troisième Quatuor, écrit à la toute fin du long séjour parisien (décembre 1929). Le Finale trépidant est irrésistible dans le jeu precipitato des quatre amis. Quatre ans plus tôt, le Moderato introductif du Deuxième Quatuor fait entendre du Debussy, du Ravel: Martinů y rend hommage à tout ce que la musique française lui apporta, et d’abord cette lumière, l’allégement d’une palette où les idiomes tchèques viennent fleurir un discours aussi joueur qu’irrévérencieux (un peu de moqueries beethovéniennes ici et là). Les Haas en savourent – oui, oui – les touches poivrées.

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    La guerre passée, Martinů épura son langage en le teintant de néo-classicisme, le Septième Quatuor n’échappe pas à cette simplification, mais les Haas s’emploient à embraser – oui – les ostinatos des mouvements vifs et délivrent dans l’Andante tout le lyrisme d’une des plus touchantes pages que nous aura laissée Bohuslav Martinů.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Bohuslav Martinů
    (1890-1959)

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    Quatuor à cordes No. 2,
    H. 150
    Quatuor à cordes No. 5,
    H. 268
    Quatuor à cordes No. 3,
    H. 183
    Quatuor à cordes No. 7,
    H. 314 « Concerto da camera »

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    Pavel Haas Quartet

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    Un album du label Supraphon SU4368-2
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    Photo à la une : les musiciens du Pavel Haas Quartet –
    Photo : © Petra Hajska

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    Une œuvre d’une richesse somptueuse, à écouter avec beaucoup d’attention, donc…

    Ce à quoi nous aide l’interprétation incisive et au cordeau du décidément magnifique Pavel Haas Quartet !

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    En voici un trailer de 5′ 59…

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    Ce jeudi 4 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa