Le double album Aparté AP396 « Poulenc – The complete A Capella Choral Works » de l’ensemble Aedes dirigé par Mathieu Romano – en des enregistrements étalés entre 2009, 2011, 20013-14, 2018, 2024 et pour finir 2025… – sert idéalement l’intégralité de la musique chorale a capella (composée entre 1922 et 1959) de Francis Poulenc (1899 – 1963),
avec une ferveur, une clarté et fluidité, et une intensité de profondeur de sentiments, qui forcent notre admiration, nous qui aimons beaucoup Poulenc et sa magnifique simplicité et pureté raffinée, toute d’élégance, à la française…
C’est tout son univers de méditation sonore intime, composé de 28 pièces de son répertoire les plus chères à son cœur, que vient nous livrer, comme une délicate et très fine confidence amicale, à l’occasion de ses 80 ans – il est né le 12 mai 1945 à Charenton – , Bruno Rigutto, à son piano, en un chaleureux, tendre, profond et élégant double album Aparté AP390 – enregistré à l’église Saint-Pierre à Paris du 12 au 14 mai 2026 – , sobrement intitulé, en italien, « Ricordi » – cf ce petitentretiende présentation par Bruno Rigutto lui-même – ,
et comportant en son livret 5 pages d’un entretien de confidences sur son parcours de vie de musicien, avec Aurélie Moreau…
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C’est un article de ResMusica, du 28 décembre dernier, signé par Salvatore Sclafani et intitulé « Bruno Rigutto : Ricordi, mémoires au piano« , qui m’a fait connaître la parution de cet album – le 26 septembre dernier – , que j’ai pu aller me procurer bien vite chez mon disquaire préféré, pour mon très grand plaisir : j’apprécie plus que tout ce qui est de l’ordre de l’intime…
Avec son dernier album Ricordi, paru chez Aparté cet automne, Bruno Rigutto livre l’un des enregistrements les plus personnels de sa carrière.
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Dans le livret, un entretien vivant mené par Aurélie Moreau révèle un pianiste qui dit avoir réuni ici quelques-unes de ses pièces les plus chères, parfois de très courts morceaux qu’il n’avait jamais abordés auparavant, choisis pour ce qu’ils disent intimement – voilà – de lui. Vingt-huit pièces – données en 2 CDs – dessinent ainsi un itinéraire intérieur : non seulement un florilège, mais une véritable méditation sur la mémoire et la continuité d’un geste pianistique façonné par des années d’écoute et de recherche – voilà.
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La construction du programme renforce la cohérence de l’ensemble : les pièces se succèdent tantôt par affinités, tantôt par contrastes mesurés, dessinant une cartographie intime où souvenirs, rencontres et influences dialoguent librement. L’une des forces transversales de l’album réside dans la texture transparente et délicate – oui ! – du jeu : Rigutto cultive une finesse rare – oui, oui – , où les lignes s’articulent avec une limpidité presque vocale et les nuances se déploient dans une lumière douce – absolument. Son toucher, souple et précis, révèle une science très personnelle du timbre ; chaque doigt façonne l’équilibre sonore et garantit une continuité du discours à la fois naturelle et fluide – tout ce que j’apprécie personnellement : ni esbroufe de virtuosité, ni maniérismes…
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Dans le livret, Rigutto évoque l’influence déterminante de Samson François, aux côtés d’autres grands interprètes qui ont marqué sa formation. Sa lecture de La plus que lente – écoutez-la ici (4′ 04) – de Debussy, portée par un tempo lyrique subtilement modelé, constitue un hommage explicite à son maître. En même temps, il affirme ne pas se reconnaître strictement dans une « école française » : il se considère plutôt héritier d’une tradition latine et méditerranéenne, où la chaleur sonore – voilà ; mais pas la canicule… – et la liberté interprétative – mais sans excès – occupent, selon lui, une place essentielle.
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Les œuvres réunies dans les deux disques qui composent ce travail appartiennent pour l’essentiel à un univers de méditation sonore intime – c’est cela ! – , auquel Rigutto insuffle une respiration – tout simplement – naturelle. Le contrôle de la pédale, la netteté des attaques et la précision du geste confèrent à chaque page une élégance sobre – parfaite. La prise de son, claire et proche sans dureté, instaure une atmosphère de concentration quasi confidentielle – oui, oui -, comme si la musique se construisait sous nos yeux – et c’est absolument décisif pour l’interprétation et l’interprète, au disque comme au concert.
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On est également saisi par le soin porté au phrasé : certains débuts de phrases, à peine murmurés, semblent surgir d’un silence préparé, tandis que d’autres s’élèvent en arches finement sculptées. Le piano devient alors un véritable espace de contemplation – oui, avec recul et profondeur : vers l’essentiel… Certes, il peut paraître audacieux de proposer un disque composé en grande partie de pages essentiellement lyriques – un choix qui pourrait sembler risqué par son apparente uniformité – mais Rigutto déjoue cet écueil grâce à la richesse de son toucher et à la rigueur de son interprétation.
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Il est également intéressant de constater que, sans se limiter au romantisme européen, l’album s’ouvre à des horizons plus anciens avec Carl Philipp Emanuel Bach, ainsi qu’à plusieurs compositeurs sud-américains tels que Guastavino, Ponce ou Villa-Lobos. Cet élargissement du champ esthétique constitue l’un des aspects les plus stimulants du programme : Rigutto aborde ces pages sans le moindre exotisme – mais oui – , privilégiant la structure, la pulsation interne et la continuité du chant. Les rythmes y conservent leur tension propre tout en s’intégrant avec naturel à son discours, révélant une belle versatilité dans l’approche du répertoire latino-américain du XXᵉ siècle.
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On saluera enfin la présence de compositions originales de Rigutto. Ces pages s’intègrent naturellement au programme et en renforcent la dimension autobiographique. Parmi elles, Douce valse – écoutez-la ici (2′ 57) ; c’est un des sommets de ce récital admirablement composé – retient – tout – particulièrement l’attention – oui ! – , prolongeant l’esthétique du pianiste : simplicité de la ligne, goût de la couleur, respiration naturelle – qualités éminentes, en effet, de l’art de Bruno Rigutto…
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Rigutto séduit par sa clarté, son éloquence et sa tenue – voilà !Ricordi est un album d’une profondeur durable – voilà... – , un hommage au passé tourné vers l’essentiel – c’est bien cela – , où le pianiste livre, avec une élégance discrète – exactement ! – , ce que la musique a déposé en lui.
Hier après-midi 11 décembre à l’Académie de Bordeaux,
splendide et passionnante conférence d’Emmanuel Hondré, directeur général de l’Opéra national de Bordeaux, sur le sujet de « La redécouverte de deux albums d’inventaire des décors de l’Opéra de Bordeaux (1877-1886)« – notre cher « Grand-Théâtre » : l’abandon (administratif !) de ce beau nom me dérange toujours… – ,
qui a permis à ce très brillant, très compétent, très dynamique – et élégant, et très sympathique aussi – conférencier d’éclairer excellemment l’assistance sur les conditions d’entretien et tout simplement de vie, à tous égards – artistique autant qu’économique, humain, etc., etc. – , d’une entreprise aussi importante qu’une maison d’opéra – la deuxième de France, avec Lyon, après Paris…
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Et cela par la précision de ses réponses détaillées et très circonstanciées aux très pertinentes questions qui lui ont été posées, ensuite, par les membres de l’Académie – notamment Hélène de Bellaigue, qui l’a reçu et excellemment présenté, Joël Dehais, le président de cette année 2025, Jacques Battin, Michel Pétuaud-Létang, Philippe Loupès…
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Ce fut absolument passionnant, et très éclairant, sur les conditions de vie-survie-développement-rayonnement, d’une institution culturelle majeure et essentielle, et tout particulièrement ici et maintenant, à un moment délicat à gérer, avec un nécessaire ultra-fin et très intelligent doigté, de restrictions budgétaires tous azimuts…
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Merci infiniment, Monsieur Hondré !
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Ce vendredi 11 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
En mon voyage aller retour hier et aujourd’hui Bordeaux – Saint-Jean-de-Luz pour rencontrer hier après-midi Maylen Lenoir, et présenter avec Guy Lalanne ce matin à la Tour de Bordagain à Ciboure notre « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure » que publie Jakintza,
j’ai passé en boucle, les deux fois, plus de deux heures durant, sur le lecteur CD de ma voiture, le magistral CD « Lignes Claires – Ravel -Lipati » de Julien Libeer, le CD Evil Penguin Records Classic EPRC 0020 – enregistré à Bruxelles en août 2013 et Août 2015 – , d’une somptueuse franchise et assurance, jamais dénuée ni de subtilité ni d’élégance.
Sans un seul instant me lasser…
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Bien au contraire,
de retour chez moi, et très heureux aussi de ce petit très heureux séjour à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, et des rencontres conviviales qui y ont eu lieu, je me le repasse encore et encore, sur ma platine, tant le si franc et inspiré jeu ravelien de Julien Libeer dans les « Valses nobles et sentimentales » et « Le Tombeau de Couperin » me transporte et m’emporte de joie…
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Tout vole, au vent porteur de l’Atlantique…
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À suivre…
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Ce jeudi 20 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa