Étiquette : élégance

  • La splendidissime confirmation de l’écoute du miraculeux CD « Lignes claires – Ravel – Lipati – Julien Libeer », parvenu hier chez mon disquaire préféré : un CD décidément indispensable !!!…

    Suite à mon écoute enchantée du CD Evil Penguin Records Classic EPRC 0020 « Lignes claires – Ravel – Lipati – Julien Libeer« , ce CD paru en 2015, commandé et enfin parvenu hier samedi chez mon disquaire préféré – cf mes articles « Le splendide Rigaudon, assez vif, avec un peu de gravité retenue, du spendide « Tombeau de Couperin » dans le splendide triple album « Ravel – Julien Libeer » du toujours excellent Julien Libeer pour Harmonia Mundi…«  et « Deux transcendants bijoux pas assez reconnus, sublimement servis par les trois interprètes du merveilleux triple album « Ravel – Julien Libeer », que sont Lorenzo Gatto, au violon, Bruno Philippe, au violoncelle, et Julien Libeer lui-même, au piano : la « Sonate pour violon et violoncelle » (1921-1922) et la « Sonate pour violon et piano n°2 » (1923-1927) : chapeaux bien bas, Messieurs les transcendants interprètes ! » des 25 et 28 octobre derniers – , en continuation de mon enthousiasme pour le coffret de 3 CDs Harmonia Mundi HMM 902761.63 « Ravel – Piano & Chamber Music« ,

    il me faut immédiatement chanter bien fort mon total enthousiasme pour cet enregistrement – à Flagey – Bruxelles, les mois d’août 2013 et 2015 – miraculeux de beauté…

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    Et je retrouve ainsi l’enthousiasme de Jean-Charles Hoffelé parfaitement exprimé avec une merveilleuse acuité de perception et appréciation le 17 février 2016 en son article d’une justesse absolue, intitulé, lui, « Lignes parallèles« …

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    LIGNES PARALLÈLES

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    Ces enjeux ne semblent guère affecter – en absolument rien ! – Julien Libeer : dès les premiers accords des si périlleuses Valses nobles et sentimentales et jusqu’à leur dissolution dans une nuit étrange, un pianiste paraît – oui, et d’emblée s’impose admirablement ! – qui possède son style : clavier clair, jeu subtil et pourtant affirmé, maîtrise des couleurs – tout cela est parfait de justesse ! – produisent un discours évident – oui – où des phrasés suggestifs apportent autant d’éclairages inédits. Plus encore dans Le Tombeau de Couperin qui est probablement l’un des plus aboutis – mais oui ! – que j’ai entendus – moi aussi – , élégant et ombreux – oui – comme celui de Marcelle Meyer, pudique et ailé – oui, oui – , suggérant dans le grand crescendo du Menuet ce tombeau qui n’est pas celui des clavecinistes mais des amis disparus dans les carnages de la Grande Guerre.

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    Cette puissance et cette simplicité – voilà ! – , ce jeu – merveilleusement – poétique, jamais démonstratif mais qui n’en est que plus éloquent – absolument ! – relève les subtilités que Dinu Lipatti mit à toutes ses rares œuvres de jeunesse. Les modes roumains n’y sont pas aussi exposés que chez Enesco, mais leurs couleurs parent d’un lyrisme secret le Nocturne et la Sonatine pour la main gauche qui équilibre ses cinq doigts sur tout le clavier.

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    Mettre en parallèle ce qui dans le piano de Ravel tend le plus à l’épure – oui – et ces deux partitions oubliées d’un prince du clavier revient à tisser une sorte d’idéal sonore : un nouveau classicisme de moyens, de ton, de chant – absolument ! – , qui même dans le pathétique ou le tragique cherche la lumière – comment dire plus juste que cela ? « Lignes claires », décidément le titre de l’album est – très – bien trouvé.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    cover libeer lignes claires eprLignes claires

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Valses nobles et sentimentales, M. 61
    Le tombeau de Couperin, M. 68

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    Dinu Lipatti (1917-1950)

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    Nocturne
    Sonatine pour la main gauche

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    Julien Libeer, piano

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    Un album du label Evil Penguin Records Classic 0020

    …(de 4′ 02)

    Photo à la une : © DR

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    Ce surplomb et cet aplomb même, d’emblée, de Julien Libeer sont tout simplement magistraux.

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    Ou comment la flamme vibrante, contenue, et l’esprit de Ravel, avec son indéfectible élégance, sont ici comme magiquement incarnées…

    Et comment la flamme vibrante, contenue, et l’esprit même de Ravel, avec son indéfectible élégance, sont ici comme magiquement incarnées…

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    Et admirez cette vidéo de présentation (de 4′ 02) de ce CD « Lignes claires » par Julien Libeer il y a 10 ans, en 2015…

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    Un CD de 2015 – il y a 10 ans déjà… – absolument indispensable !!!

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    Ce dimanche 16 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le très intéressant coffret « Mikhail Pletnev – The Erato Recordings 1988-2001 » : clarté et élégance…

    Il y a déjà quelque temps que je me suis procuré le coffret de 16 CDs Erato 5021732661395 « Mikhail Pletnev – The Erato Recordings 1988-2001« , consacré à ce pianiste virtuose assez singulier, dont je possédais déjà quelques CDs : magistraux…

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    Et voici que ce dimanche 5 octobre le très fin écouteur qu’est Jean-Charles Hoffelé publie sur son site Discophilia un très juste article intitulé « Les Années Virgin« , dont je partage bien des appréciations…

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    LES ANNÉES VIRGIN

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    Haydn, Beethoven, Chopin, comme si Mikhail Pletnev, tout juste trentenaire, voulait, entrant à la St Martin’s Church pour les micros de Virgin, s’affirmer hors du répertoire russe qui avait fait sa première gloire – voilà ! – : au compte-gouttes quelques microsillons Melodiya avaient déjà prouvé qu’il était autant, voire plus !, chez lui chez Chopin que chez Rachmaninoff.

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    La clarté du jeu, l’élégance un peu dandy des phrasés, la balance parfaite des timbres – voilà bien d’excellents critères… – qui réglait les sfumatos picturaux de la Waldstein, la volatilité d’une technique hors pair qui saisissait avec un tel raptus le Deuxième Scherzo de Chopin, tout cela impressionna, plus que les splendeurs de ses Tableaux d’une exposition captées l’année suivante, qui se firent voler la vedette par ses arrangements virtuoses de onze numéros de La Belle au bois dormant – de Tchaikovsky – : le jeune homme pensait déjà à cet orchestre qu’il ne pouvait alors que susciter de son piano.

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    Les deux maître-disques de ces années restaient à venir : les albums Scarlatti, inclassables, d’une vitalité prodigieuse – oui ! et c’est aussi là un critère décisif… – qui donne la sensation que son piano avait avalé un clavecin, dispensent toujours un poil à gratter salvateur.

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    Ils remboursaient d’une intégrale des Concertos de Tchaïkovski qui auront trop promis, même à ceux qui doutaient de l’alliage avec Vladimir Fedoseyev. On le préférera seul face aux Saisons, aux merveilles de l’Opus 21 – toujours de Tchaikovsky. En concerto on le trouvera, singulier mais toujours musicien, chez Mozart ou chez Haydn. Inutile de s’attarder à son doublé Premier Concerto et Rhapsodie sur un thème de Paganini – de Rachmaninov – où, malgré l’accompagnement brillant de Libor Pešek, il dévale puis s’attarde, syndrome d’un ennui certain.

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    Rachmaninoff fut assez peu sa musique, alors que le décadentisme de Scriabine lui parle d’évidence : ses Préludes, Op. 11 peuvent s’entendre – même – face à ceux de Sofronitzki, et sa 10e Sonate, du quasi-Berg, quel diamant noir ! – en effet…

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    L’orchestre finira par le happer, une Pathétique – de Tchaikovsky – démonstrative, dès 1991, prévenait en quelque sorte, rappelant que son art s’était entièrement incarné au piano, ce que tout rappelle ici, malgré les quelques bémols notés.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Mikhail Pletnev, piano
    The (Virgin Classics) Erato Recordings, 1988-2001

    CDs 1-2
    Domenico Scarlatti
    (1685-1757)
    Sonate pour clavier en ré majeur, Kk. 443
    Sonate pour clavier en ré mineur, Kk. 1
    Sonate pour clavier en sol majeur, Kk. 283
    Sonate pour clavier en sol majeur, Kk. 284
    Sonate pour clavier en si mineur, Kk. 27
    Sonate pour clavier en mi majeur, Kk. 380 « Cortège »
    Sonate pour clavier en la majeur, Kk. 24
    Sonate pour clavier en ut dièse mineur, Kk. 247
    Sonate pour clavier en fa mineur, Kk. 519
    Sonate pour clavier en fa majeur, Kk. 17
    Sonate pour clavier en ré mineur, Kk. 9 « Pastorale »
    Sonate pour clavier en la mineur, Kk. 3
    Sonate pour clavier en la majeur, Kk. 404
    Sonate pour clavier en ré mineur, Kk. 213 « L’Amant »
    Sonate pour clavier en ré majeur, Kk. 214
    Sonate pour clavier en ré majeur, Kk. 96
    Sonate pour clavier en sol majeur, Kk. 146
    Sonate pour clavier en si mineur, Kk. 87
    Sonate pour clavier en sol majeur, Kk. 520
    Sonate pour clavier en ut mineur, Kk. 11
    Sonate pour clavier en fa mineur, Kk. 386
    Sonate pour clavier en fa mineur, Kk. 387
    Sonate pour clavier en la majeur, Kk. 268
    Sonate pour clavier en ré mineur, Kk. 141
    Sonate pour clavier en la majeur, Kk. 113
    Sonate pour clavier en fa dièse mineur, Kk. 25
    Sonate pour clavier en si mineur, Kk. 173
    Sonate pour clavier en sol majeur, Kk. 523
    Sonate pour clavier en sol mineur, Kk. 8 « Bucolique »
    Sonate pour clavier en sol majeur, Kk. 259
    Sonate pour clavier en ré majeur, Kk. 29

    CD 3
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Andante avec variations en fa mineur, Hob. XVII:6
    Sonate pour piano en ut mineur, Hob. XVI:20
    Sonate pour piano en mi bémol majeur, Hob. XVI:52
    Sonate pour piano en ut majeur, Hob. XVI:50

    CD 4
    Joseph Haydn (1732-1809)
    Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, Hob. XVIII:4
    Concerto pour piano et orchestre en fa majeur, Hob. XVIII:7
    Concerto pour piano et orchestre en ré majeur, Hob. XVIII:11
    Deutsche Kammerphilharmonie Bremen

    CDs 5-6
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano et orchestre No. 9 en mi bémol majeur, K. 271 « Jeunehomme »
    Concerto pour piano et orchestre No. 20 en ré mineur, K. 466
    Concerto pour piano et orchestre No. 23 en la majeur, K. 488
    Concerto pour piano et orchestre No. 24 en ut mineur, K. 491
    Deutsche Kammerphilharmonie Bremen

    CD 7
    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano No. 14 en ut dièse mineur, Op. 27 No. 2 « Clair de lune »
    Sonate pour piano No. 21 en ut majeur, Op. 53 « Waldstein »
    Sonate pour piano No. 23 en fa mineur, Op. 57 « Appassionata »

    CD 8
    Frédéric Chopin (1810-1849)
    Sonate pour piano No. 2 en si bémol mineur, Op. 35 « Funèbre »
    Nocturne No. 5 en fa dièse majeur, Op. 15 No. 2
    Nocturne No. 18 en mi majeur, Op. 62 No. 2
    Barcarolle en fa dièse majeur, Op. 60
    Nocturne en ut dièse mineur, B. 49
    Nocturne No. 13 en ut mineur, Op. 48 No. 1
    Scherzo No. 2 en si bémol mineur, Op. 31

    CD 9
    Johannes Brahms (1833-1897)
    Sonate pour clarinette No. 1 en fa mineur, Op. 120 No. 1
    Sonate pour clarinette No. 2 en mi bémol majeur, Op. 120 No. 2
    Carl Maria von Weber (1786-1826)
    Grand duo concertant, Op. 48, J. 204
    Michael Collins, clarinette

    CD 10
    Modeste Moussorgski (1839-1881)
    Tableaux d’une exposition
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    La belle au bois dormant, Op. 66, TH 13 (sélection d’extraits opérée par Pletnev)

    CD 11
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    6 Pièces, Op. 21, TH 134
    Les Saisons, Op. 37a, TH 135

    CDs 12-13
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en si bémol mineur, Op. 23
    Fantaisie de concert pour piano et orchestre en sol majeur, Op. 56, TH 61
    Concerto pour piano et orchestre No. 2 en sol majeur, Op. 44, TH 60 (version originale)
    Concerto pour piano et orchestre No. 3 en mi bémol majeur, Op. 75, TH 65
    Philharmonia Orchestra – Vladimir Fedoseyev, direction

    CD 14
    Piotr Ilitch Tchaikovski (1840-1893)
    Symphonie No. 6 en si mineur, Op. 74, TH 30 « Pathétique »
    Marche slave, Op. 31, TH 45

    CD 15
    Alexandre Scriabine (1872-1915)
    24 Préludes, Op. 11
    Sonate pour piano No. 4 en fa dièse majeur, Op. 30
    Sonate pour piano No. 10, Op. 70
    4 Pièces, Op. 51 (extrait : No. 2. Prélude ; No. 4. Danse languide)
    3 Pièces, Op. 49 (2 extraits : No. 2. Prélude ; No. 3. Rêverie)
    3 Pièces, Op. 52 (extrait : No. 3. Poème languide)
    3 Pièces, Op. 45
    2 Pièces, Op. 57

    CD 16
    Sergei Rachmaninoff (1873-1943)
    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en fa dièse mineur, Op. 1
    Rhapsodie sur un thème de Paganini, Op. 43
    Philharmonia Orchestra – Libor Pešek, direction

    Un coffret de 16 CD du label Erato 5021732661395
    Acheter l’album sur le site du label www.jpc.de ou sur Amazon.fr

    Photo à la une : le pianiste Mikhail Pletnev – Photo : © Warner Classics

    Les années Virgin

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    Un interprète assurément intéressant…

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    Ce dimanche 5 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa  

  • Une bel hommage à Pierre Monteux pour le 150e anniversaire de sa naissance, par Alain Pâris…

    Hier 4 septembre, sur le site du magazine Crescendo,

    un bel hommage d’Alain Pâris à l’incomparable Pierre Monteux pour le 150e anniversaire de sa naissance – Paris, 4 avril 1875 – Hancock (Maine), 1er juillet 1964 – ,

    très sobrement intitulé : « Pierre Monteux, 150 ans« …

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    Pierre Monteux, 150 ans

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    LE 4 SEPTEMBRE 2025 par
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    En 1961, lorsque l’Orchestre symphonique de Londres fit appel à lui comme chef permanent avec un contrat de 25 ans, on le croyait éternel. Il y avait de quoi : signer un tel contrat à 86 ans équivalait à un bail à vie, un usage assez rare dans un monde où l’usure se fait vite sentir et où les musiciens aiment à voir partir assez rapidement les chefs qu’ils ont tout d’abord encensés. Monteux avait un sens du contact très profond, un grand calme dans le geste comme dans le propos, une compétence que les instrumentistes à cordes appréciaient car il était l’un des leurs – d’abord un instrumentiste : violoniste et altiste !.. – , et une précision – bien française, tempérée…  – encore rare à l’époque des excès du post-romantisme. On a attribué à Toscanini l’exclusivité de cette révolution au profit d’une nouvelle rigueur. Mais Monteux a œuvré dans le même sens. L’histoire semble l’avoir oublié. D’ailleurs, comment imaginer avoir dirigé le répertoire qui était le sien, à commencer par le Sacre du printemps dont il fut le créateur – le 29 mai 1913 – , sans une précision – éminemment ravélienne, elle aussi – qu’ignoraient ses prédécesseurs. Toutefois, limiter les qualités de Monteux à la seule précision rythmique serait – très – réducteur. Son abondante discographie en apporte la preuve. Et s’il fallait se contenter d’un seul exemple, il suffit d’écouter son enregistrement – à Londres – en février 1964 – de La Valse de Ravel avec l’Orchestre symphonique de Londres : souplesse et rigueur font bon ménage, élégance sans le moindre excès, l’art de la juste mesure. Inégalé et, à mon humble avis, inégalable – probablement.

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    Monteux était violoniste de formation – voilà. Il avait roulé sa bosse dans l’orchestre des Folies-Bergère tout en pratiquant la musique de chambre – c’est important, ça aussi… – dans deux des quatuors à cordes français les plus réputés, le Quatuor Geloso et le Quatuor Tracol – que fréquenta aussi Lucien Durosoir, ami de Pierre Monteux. En 1893, Édouard Colonne lui offre le poste de premier altiste dans son orchestre. Pendant une vingtaine d’années – 1893 – 1914 – , il va participer à la création des plus grandes œuvres du répertoire symphonique de l’époque, Debussy, Ravel – oui ! En 1906, Colonne le prend à ses côtés comme chef adjoint. Puis ce seront les Ballets russes où il remplace Pierné dès la deuxième saison et où, en l’espace de trois ans, il porte sur les fonts baptismaux quelques unes des œuvres fondamentales du répertoire symphonique et chorégraphique du XXe siècle : Petrouchka (1911), Le Sacre du printemps (1913) et Rossignol (1914) de Stravinski, Valses nobles et sentimentales (1912) et Daphnis et Chloé (1912) de Ravel, Jeux (1913) de Debussy. La porte des États-Unis s’ouvre à lui : deux saisons au Met, cinq ans à la tête de l’Orchestre symphonique de Boston, et il revient en Europe où tous les grands orchestres font appel à lui, notamment le Concertgebouw d’Amsterdam dont il est un invité régulier. Puis c’est l’Orchestre symphonique de Paris, qu’il quittera en 1938 lassé par les querelles syndicales qui entravent son action. San Francisco l’appelle au pupitre de son orchestre symphonique alors en piteux état. Il y restera dix-sept ans et adoptera la nationalité américaine. Monteux est alors devenu une référence tant pour la connaissance du répertoire français – évidemment ! – que pour bâtir ou relever des orchestres. Toujours à l’affût des œuvres nouvelles, il impose Stravinski, naturellement, avec lequel il reste étroitement lié, mais aussi Poulenc ou Honegger, Villa-Lobos, et chez les Américains, Sessions, Antheil, Creston et bien d’autres. Lorsque la NBC décide de créer un orchestre pour Toscanini à New York, c’est à lui que l’on fait appel pour les concerts préparatoires – voilà – , afin de façonner l’orchestre à la mesure du maestro. À la fin de sa vie, il s’installe dans le Maine – à Hancock – où il fonde une école de direction d’orchestre que fréquenteront notamment David Zinman, Neville Marriner, George Hurst, Michel Plasson ou André Previn.

    À l’occasion d’une série d’émissions sur France Musique qui lui étaient consacrées, j’avais longuement rencontré sa fille Nancy pour tenter de comprendre pourquoi la France avait laissé s’échapper une telle personnalité. Et elle m’avait expliqué que la vie symphonique à Paris entre les deux guerres était devenue ingérable avec un va-et-vient permanent des instrumentistes entre les différentes phalanges, ce qui rendait impossible un travail – vraiment suivi – en profondeur comparable à celui auquel il avait été habitué Outre-Atlantique. Et pourtant, à l’époque, le niveau des orchestres américains était bien inférieur à celui des grands orchestres européens. Il existe un enregistrement de répétition où Monteux fait travailler la Marche funèbre de la Symphonie héroïque de Beethoven à l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam. Quelle leçon !

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    Un très grand Monsieur autant qu’un chef-interprète d’exception !

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    Ce vendredi 5 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Retour au trop méconnu, et magnifique, Bohuslav Martinu (1890 – 1959), avec un tendrissime double CD Supraphon « Bohuslav Martinu – The Complete Works for Cello and Piano », par Vilem Vicek, violoncelle, et Denis Linnik, piano : élégance et vraie poésie…

    C’est un tendrissime double CD Supraphon SU 4364-2 « Bohuslav Martinu – The Complete Works for Cello and Piano » que viennent nous offrir Vilem Vicek, violoncelle, et Denis Linnik, piano, pour un compositeur toujours bien trop méconnu du public français : Bohuslav Martinu (Policka, 8 décembre 1890 – Liestal, 28 août 1959).

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    Voici ce qu’en son excellent blog Discophilia, et sous le titre de  »La grande caisse de Bohulav » nous en proclamé hier le bon Jean-Charles Hoffelé, à l’oreille très fine :

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    LA GRANDE CAISSE DE BOHUSLAV

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    Le second disque de l’album parle d’un temps heureux que Bohuslav Martinů ne retrouvera pas : les Nocturnes, les Pastorales, les Arabesques, la Suite miniature, la Romance, l’Ariette – tous morceaux délicieux… – sont imprégnés par cette fantaisie suractive typique des années parisiennes – oui... Les motifs populaires s’y marient avec l’impertinence des traits, ce que l’archet leste de Vilém Vlček, qui anime son beau violoncelle romantique napolitain signé Lorenzo Ventapane, saisit avec un brio qui n’exclut – certes – pas la poésie.

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    Le piano vif – oui – de Denis Linnik est au diapason de cette lecture animée, il se fera autrement sombre, et quasi orchestral pour les trois Sonates, surtout les deux premières, enfants troublés du temps de guerre, où Martinů ouvre la porte de sa seconde manière, réflexive, secrète, à la lyrique teintée d’amertume – voilà... Un peu de rêve encore dans l’admirable – oui, oui ! – Lento de la Première Sonate, alors que le Largo de la Deuxième est un quasi kaddish – oui.

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    La Troisième Sonate – de 1952 – regardera ailleurs, comme les deux cahiers de Variations tardifs – de 1942 et 1959. À jamais loin de son pays natal – qu’il ne reverra donc pas – , Martinů en retrouve l’esprit par les thèmes populaires, les chants et les danses de Moravie – son pays natal – ou de Slovaquie– le pays de tout à côté – , tout un paradis plus renoncé que perdu où s’invite une touche nostalgique –oui, oui ; mais sans kitsch… – que ce beau duo saisit avec mieux que de la poésie, une tendresse – voilà ! – qui rend leur somme précieuse dans une discographie relativement abondante mais rarement aussi inspirée.

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    Et si maintenant, fort de ce beau succès, Vilém Vlček osait les Concertos ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Bohuslav Martinů (1890-1959)

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    L’œuvre pour violoncelle
    et piano

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    Sonate pour violoncelle et piano No. 1, H. 277
    Variations sur un thème de Rossini, H. 290
    Sonate pour violoncelle et piano No. 2, H. 286
    Sonate pour violoncelle et piano No. 3, H. 340
    Variations sur un chant traditionnel slovaque, H. 378
    7 Arabesques, H. 201
    Suite miniature, H. 192
    6 Pastorales, H. 190
    Romance, H. 186bis
    Nocturnes, H. 189
    Ariette, H. 188b

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    Vilém Vlček, violoncelle
    Denis Linnik, piano

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    Un album de 2 CD du label Supraphon SU4364-2
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    Photo à la une : le violoncelliste Vilém Vlček –
    Photo : © DR

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    Une musique infiniment touchante, et, en sa parfaite élégance, dénuée du moindre kitsch…

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    Martinu, décidément un des très grands du XXe siècle européen,

    est ici merveilleusement servi…

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    Ce mardi 5 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa