Étiquette : élégance

  • L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…

    Angela Hewitt (Ottawa, 28 juillet 1958) est une formidable pianiste :

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    à preuve la merveille subjuguante du troisième volet, le double CD Hyperion CDA 68431/2, de son intégrale des Sonates pour Piano de Mozart, sur un piano Fazioli, le CD « Mozart – Piano Sonatas – K457 – K533 – K545 – K570 – K576 » – enregistré à Marienmünster du 26 novembre au 3 décembre 2023 – qu’ouvre en supérieure beauté, à la plage 1 du CD n°1, la magique « Fantaisie en ut mineur » K476 – à écouter ici (13’08)…

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    C’est tout à fait par hasard qu’en fouillant dans la rangée de récents CDs non directement exposés sur la table des nouveautés de mon disquaire préféré que je suis tombé  sur l’image un peu kitch – une rose rose… – de ce CD d’Angela Hewitt, une pianiste que j’estime beaucoup – notamment pour ses fulgurants admirables CDs Bach des « Partitas » et des « Goldberg« , qui m’avaient beaucoup marqué ; cf mes articles «  » du 3 août 2018 et «  » du 15 décembre 2019… – , et je me suis laissé tenter…

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    Grand bien m’en a pris : c’est superbe, et surtout parfaitement mozartien – du moins à mon oreille : l’oiseau Mozart est si difficile à vraiment bien saisir et attraper.

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    Bien sûr, je suis déjà parfaitement mieux que comblé par le coffret de l’intégrale de ces « Sonates pour Piano » de Mozart sous les doigts idéalement idoines du grand Robert Levin, et sur le propre magique pianoforte de Mozart, à Salzbourg, en cette merveille lumineuse – un pur enchantement ! Cf mon article «  » en date du 22 septembre 2022 – du coffret ECM new Series ECM 2710-16 « First complete recordings of Mozart’s piano sonates on his own pianoforte from c. 1782« , paru en 2022…

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    Et c’est ainsi en parfaite inconscience-ignorance que  j’avais laissé passer les deux premiers volets (Hyperion CDA 68411/2 « Piano Sonatas K279-284 & 309 » et Hyperion CDA 68421/2 « Piano Sonatas K310-311 & 330-333« ) de cette intégrale des Sonates pour Piano de Mozart d’Angela Hewitt – parus en 2022 et 2023 – , qui vient donc ici de s’achever.

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    Mais en cherchant bien un peu,

    voici que, sur le site de Crescendo Magazine, je retrouve à l’instant ce très intéressant – et significatif surtout ! – article de Jean Lacroix, paru à la date du 4 décembre 2023 : « Toute en légèreté, Angela Hewitt poursuit son exploration des sonates pour piano de Mozart« …

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    Que je m’empresse de partager ici avec tout juste un an et demi de retard :

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    Toute en légèreté, Angela Hewitt poursuit son exploration des sonates pour piano de Mozart

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    LE 4 DÉCEMBRE 2023 par Jean Lacroix
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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonates K. 310 et 311 ; Fantaisies K. 396 et 397 ; Sonates K. 330 à 333. Angela Hewitt, piano. 2022. Notice en anglais, en français et en allemand. 155’ 55’’. Un album de deux CD Hyperion CDA68421.

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    Voici le deuxième double album que la Canadienne Angela Hewitt (°1958) consacre aux sonates pour piano de Mozart, après la parution, chez le même éditeur l’an dernier – en 2022 – , des sonates K. 279 à 284, auxquelles venait s’ajouter la K. 309. Cette artiste, qui a aussi gravé pour Hyperion plusieurs concertos de Wolfgang Amadeus, avait, dans la première livraison, imprimé à ces partitions composées à Salzbourg, à Munich et sans doute à Mannheim en ce qui concerne la K. 309, un ton qui leur convenait à merveille, à la fois simple et intime – voilà – , avec des couleurs mesurées et un toucher qui alliait la virtuosité à la fraîcheur – comme il le faut. Le nouvel éventail, qui semble annoncer une intégrale – en effet – , se présente lui aussi comme un vrai moment de bonheur pianistique – c’est dit.

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    Pour rappel, cette originaire d’Ottawa, qui a été une enfant prodige et se produisait dès l’âge de neuf ans, a étudié le piano au Conservatoire de Toronto avec le Français Jean-Paul Sevilla (°1934), mais aussi le violon et l’art de la danse, avant de poursuivre sa formation à Aix-en-Provence et de s’établir en France en 1980. Spécialiste de Bach (elle a remporté le Concours de Toronto qui porte son nom en 1985), elle a gravé des versions de référence de son œuvre, mais s’est aussi attachée à la musique française (Debussy, Ravel, Messiaen…), avec un succès salué par la critique. Avant d’aborder sa vision des Sonates de Mozart ici rassemblées, arrêtons-nous un instant sur les deux compléments au programme. Selon une pratique devenue habituelle chez elle, Angela Hewitt signe de copieux – et très riches – commentaires, y compris au niveau des dates de composition, d’après des recherches récentes. Elle propose les deux Fantaisies, en ut mineur K. 396 (inachevée et complétée par l’abbé Maximilian Stadler), et en ré mineur K. 397, des pages qu’elle a jouées dès son enfance, en particulier la seconde nommée qui était incluse dans son tout premier récital donné à Toronto lorsqu’elle avait neuf ans. Elle y voit un Mozart presque en microcosme, pour apprendre la dynamique, le sens du rythme, les gestes dramatiques, les harmonies expressives, le style improvisé, comment utiliser un son chantant. En appliquant à son interprétation ces caractéristiques énumérées, la pianiste insère ces deux fantaisies à la fin du premier CD- de ce second volet, donc –  , comme un hommage fervent à leurs accents méditatifs mais aussi dramatiques.

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    Le programme a proposé avant cela les K. 311 en ré majeur (1777) et K. 310 en la mineur (1778), ainsi que la K. 330 en ut majeur, publiée en 1784, ce qui peut la faire dater des mois qui ont suivi le mariage avec Constance Weber en août 1782. Angela Hewitt aborde la première sonate, écrite à Mannheim, en évitant la tentation de la virtuosité facile que cette partition autorise, pour en souligner le contenu émotionnel, avec élégance et légèreté – voilà – , deux adjectifs que nous attribuerons globalement au toucher de la virtuose – et c’est bien sûr à souligner. La K. 310, dans l’ombre du décès de la mère de Mozart à Paris en juillet 1778, partage des instants de révolte (dans l’Allegro maestoso) avec la mobilité lyrique de l’Andante et l’inspiration mouvante du Presto final, plein d’agitation et d’anxiété, ajoute Angela Hewitt. Dans la K. 330, il y a du rayonnement, de l’insouciance même, avec cet Andante cantabile qui, pour la pianiste, évoque le futur Mendelssohn – remarque tout à fait intéressante – , et une expressivité qui sait se faire gracieuse et même, tout à la fin, frôler l’humour. Ce premier disque de l’album, qui s’achève donc par les deux Fantaisies, est parcouru par des couleurs qui sont à la fois discrètes et intenses – voilà – , vécues par Angela Hewitt avec un appel au partage et au rêve.

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    On aborde le second disque avec l’impatience de découvrir la fameuse K. 331 en la majeur, avec la célèbre Alla turca. Après la série de six variations, que la pianiste développe avec un sens très sûr de l’ornementation, la chaleur que développe son Fazioli – et c’est aussi à souligner – creuse la redécouverte d’un manuscrit de cette sonate en 2014 à Budapest, (explications à la clef, dans la notice), avant cet Allegretto si attendu d’inspiration turque. Le choix assumé de ne pas jouer trop vite ce mouvement lui apporte son poids d’originalité. Quelle finesse – voilà, voilà ! – est ici étalée dans le contrôle du dynamisme ! Avec la Sonate K. 332 en fa majeur, on peut apprécier d’autres commentaires interprétatifs d’Angela Hewitt, qui montre à quel point une notice intelligente peut se révéler un outil pédagogique des plus indispensables – mais oui !.. On est emporté par l’élan imprimé au chant de l’Allegro, par le cantabile de l’Adagio et par l’équilibre de l’Allegro assai. On est définitivement conquis (mais on l’est depuis le début !) par la Sonate K. 333 en si bémol majeur, dont la pianiste affirme qu’elle a toujours été l’une de ses préférées. Elle la situe, selon des recherches récentes, à Linz ou à Vienne en novembre 1783, et lui accorde, en guise de bouquet final à son album, toute la poétique joyeuse qui traverse la presque totalité de l’Allegro, avant un Andante cantabile racé et un Allegretto grazioso final des plus brillants.

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    Ce sera sans doute à l’aune de la totalité de l’intégrale en chantier, dont on attend le troisième volet avec avidité, que l’on pourra mesurer la remarquable vision – voilà – qu’Angela Hewitt a des sonates de Wolfgang Amadeus. Ce deuxième volume confirme en tout cas toutes les promesses du premier déjà paru, et place cette artiste au rang le plus convaincant des interprètes actuels de Mozart – oui, oui – , dont elle distille la richesse avec un art et un goût très sûrs – et c’est excellemment dit.

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    Son : 10  Notice : 10  Répertoire : 10  Interprétation : 10

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    Jean Lacroix

     

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    Pas d’article repéré à ce jour à propos de ce troisième volet des Sonates pour Piano de Mozart par Angela Hewitt ;

    mais la performance parfaitement mozartienne d’Angela Hewitt sur son piano Fazioli, est tout à fait à saluer !

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    Bravissimo Madame !

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    Et écouter ainsi de tels parfaits Mozart fait toujours un bien fou !!!

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    Ce jeudi 26 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La délicatesse et l’élégance magnifiques de Yoann Moulin en son périple en trois volets, pour Ricercar (Collection German Harpsichord Baroque Music I, II et III), dans le répertoire de la musique pour clavecin allemande du XVIIe siècle, sur trois superbes clavecins de Philippe Humeau : chapeau l’artiste !

    Ainsi qu’en témoigne la toute spéciale admiration exprimée en mon article du 15 mai dernier « Transcendant Yoann Moulin en un merveilleux éclairage, en son CD « Ein Klavierbüchlein », des sources, à Lünebourg, Celle, Hambourg et Lübeck, de l’œuvre en gestation de Johann-Sebastian Bach (1685 – 1750)… » pour le jeu magnifique de Yoann Moulin sur son clavecin en le CD Ricercar RIC 475 « Buxtehude – Bruhns – Reinken – Böhm – Bach – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois de septembre 2024 – ,

    j’ai désiré me procurer les deux premiers volumes de sa « Collection German Harpsichord Baroque Music« ,

    soient les deux précédents CDs Ric 394 « Heinrich Scheidemann – Samuel Scheidt – Cantilena Anglica Fortunae – Selected Harpsichord Works – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois d’avril 2018 – et RIC 433 « Weckmann – Tunder – Froberger – Ritter – Selected Harpsichord Works – Stylus Luxurians – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois de mai 2020 –

    que j’avais assez étrangement laissés passer (!!!), les deux – alors que je connaissais déjà l’immense talent d’interprète de Yoann Moulin par plusieurs de ses précédents CDs… – à leur parution, respectivement en 2018 et 2021… 

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    Et si j’ai pu tout aussitôt me procurer le premier de ces deux CDs, le RIC 394 – de 2018 – , qui sommeillait au nom de Scheidemann sur une des étagères de mon disquaire préféré, en revanche il m’a fallu commander le RIC 433 – de 2021 – , que j’ai attendu ce vendredi 6 juin pour l’avoir entre les mains et l’écouter-admirer intensément à son tour !!!

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    Le 26 janvier 2022, sur Crescendo Magazine, était paru l’article « Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin » de Christophe Steyne,

    un peu tiède – déjà son titre ; mais la tiédeur porte seulement sur le degré d’application par l’interprète de l’adjectif « fantasticus« …

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    Alors que ce jour, l’écoute ultra jouissive de ce CD, littéralement me transporte !

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    Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin

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    LE 26 JANVIER 2022 par Christophe Steyne
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    Stylus luxurians. Matthias Weckmann (1616-1674) : Toccate en mi mineur et ré mineur ; Canzone en ré mineur et ut mineur ; Partita en si mineur ; Toccata vel praeludium en ré mineur. Heinrich Scheidemann(c1595-1663) : Benedicam Domino. Franz Tunder(1614-1667) : Praeludium en sol mineur. Johann Jacob Froberger(1616-1667) : Ricercare XI en ré mineur. Christian Ritter (c1645-c1725) : Suite en ut mineur ; Sonatina en ré mineur. Yoann Moulin, clavecin. Livret en français, anglais, allemand. Mai 2020. TT 56’09. Ricercar RIC 433

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    En avril 2018 fut enregistré le premier volume – RIC 394 – d’une anthologie que le label dirigé par Jérôme Lejeune consacre au clavier germanique du XVIIe siècle : il se partageait entre Heinrich Scheidemann et Samuel Scheidt, deux élèves de Sweelinck à Amsterdam. L’angle de cette série est apparemment chronologique, moyennant tuilage puisqu’on retrouve Scheidemann dans ce second volume – RIC 433 – , par le biais d’un Benedicam Domino dérivé d’un motet de Hieronymus Praetorius, que l’on entend plus couramment aux tuyaux (il figurait par exemple dans l’album North German organ masters de Gustav Leonhardt, Sony 1994). Le programme se voue – principalement, et avec bonheur ! – à Matthias Weckmann, auquel Ricercar avait déjà dédié un plein CD (mars 1998) sous les doigts de Siebe Henstra (clavecins et clavicorde).

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    À l’instar de Froberger – immense et merveilleux : je le vénère ! – , Weckmann cultiva les influences italienne et française – oui. Elles s’expriment respectivement dans les formes de canzone & toccata, et dans la Suite de danses inspirées par la Cour louis-treizième. Dommage que les Suites en mi et ut mineur aient été écartées, d’autant que la durée permettait aisément de les inclure. On croise en revanche un Praeludium que Franz Tunder – magnifique, lui aussi – écrivit pour l’orgue, et deux œuvres de Christian Ritter, témoin de la génération suivante qui lui aussi puisa à divers modèles : la Suite en quatre parties d’esprit français, et une Sonatina dans la veine des polyptiques buxtehudiens.

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    La prestation de Yoann Moulin valorise facture et esthétique de ces différentes manières : le caractère impérieux et questionneur des Toccatas dans le sillage de Frescobaldi – en effet – , la piquante volubilité de la Canzone en ré mineur, la schistosité imitative de la Canzone en ut mineur. Pour autant, son jeu reste globalement moins contrasté que dans l’excellente intégrale gravée par Noëlle Spieth (Solstice, 1991) et se distingue par sa concentration, son intériorité, sa sérénité, sa fluidité – oui, oui – , toutes vertus qui, disque après disque, portent la marque stylistique de cet interprète – c’est très bien vu. Entre l’art déclamatoire et « une rhétorique sensuelle qui ne symbolise plus le divin mais s’adresse désormais aux sentiments de l’être humain » (nous dit l’artiste dans la notice), on sent Yoann Moulin mieux en phase avec cette finesse-là – tout simplement merveilleuse – que dans l’exacerbation du fantasque et des passions de l’âme.

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    On appréciera cette délicatesse – voilà, voilà… – dans un Ricercar de Froberger d’une exquise gracilité – oui. La Partita de Weckmann, la Suite de Ritter apparaissent même un brin fragilisées, non de technique, mais de ton, d’humeur, comme pour préserver l’intimisme – oui – dérivé de l’art des luthistes. Cette retenue convient bien aux Allemandes et Sarabandes, peut-être moins aux Courantes qui restent sur la réserve. Dans Ritter, l’instrument semble d’ailleurs un peu effacé, comme si les micros lui offraient une moindre ampleur. Ce second tome invite un clavecin de Philippe Humeau d’après Ruckers, mais celui que nous entendons ici (photographié dans le livret mais non présenté) n’est pas le même : son ravalement traduit le changement d’époque. L’intelligence et la touchante sensibilité de Yoann Moulin ravissent l’écoute – voilà, voilà – et sont attendues dans le prochain volume qui, si l’on a bien compris le livret, devrait se focaliser sur la Suite à la française.

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    Son : 8,5 – Livret : 8 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9

    Christophe Steyne

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    Yoann Moulin est décidément un grand, un très grand – auprès d’un Benjamin Alard et d’une Elisabeth Joyé, qu’en ses livrets de CDs Yoann Moulin ne manque pas de très amicalement saluer… –  interprète de ce sublime répertoire…

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    Ce vendredi 6 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter Thomas Albertus Irnberger et Michael Korstick (dans le double CD Gramola « Französische Violinsonaten – Fauré – Lekeu – Ravel – Poulenc – Messiaen » : quel violon ! quel piano ! Admiration !!!

    Les noms – et certaines de leurs interprétations au disque que j’ai pu remarquer dans la presse ou sur les blogs spécialisés, et me procurer  – du violoniste Thomas Albertus Irnberger et du pianiste Michael Korstick ne sont en rien inconnus de moi

    – cf, sur ce blog, mes articles « La singularité et la perfection du goût d’Edoardo Torbianelli, à travers deux récentes parutions de CDs de cet excellent pianofortiste triestin, avec, ici, le superbe violoniste salzbourgeois Thomas Albertus Irnberger« , du 12 septembre 2021 ; « Les deux concertos pour violon et orchestre de Bohuslav Martinu (suite)« , du 23 mars 2019 ; et « La sonate pour violon et piano de César Franck « sans violon » : un merveilleux CD de Michael Korstick« , du 3 mars 2019…

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    Aussi, découvrant hier l’enthousiasme de l’article « Passage du siècle » du bon Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia, à l’écoute du tout récent double album Gramola 99336 « Französische Violinsonaten – Fauré – Lekeu – Ravel – Poulenc – Messiaen« ,

    et m’étant empressé, ce matin même, de me le procurer ; et bien sûr d’illico l’écouter,

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    est-ce ma profonde admiration pour le jeu absolument saisissant – mais sans rien du tout forcer… – de ces deux extraordinaires interprètes – encore pas assez bien connus en France – que je tiens à exprimer ici – et à mon tour… – immédiatement !

    – j’ai débuté mon écoute de ce double CD par les pièces de Maurice Ravel, en cette année du 150e anniversaire de sa naissance. Un Ravel parfait !!! Ecoutez-ici…

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    Voici donc l’excellent et justissime article « Passage du siècle » de Jean-Charles Hoffelé :

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    PASSAGE DU SIÈCLE

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    D’un siècle l’autre ce (premier ? – à suivre ?.. -) panorama du violon français en musique de chambre va de Fauré et Lekeu à Messiaen. Le jeu clair, altier – particulièrement en symbiose avec le génie français de ces compositeurs – de Michael Korstick tire la Première Sonate de Fauré des salons, l’alliage avec le violon subtil – voilà – de Thomas Albertus Irnberger réalisant la quadrature du cercle où se dissout la sentimentalité au profit de l’émotion – oui, simplement oui…

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    La conjonction de ce violon élégant et de ce piano décidé – on ne saurait en effet mieux les qualifier ! – sera plus saisissante encore dans les abimes de la Sonate tardive, sauvera de l’anecdotique les pièces brèves et donnera une sensualité inédite à la Sonate de Lekeu, éloignée par cette relecture drastique – un peu trop sec – du modèle franckiste, et entendue comme en prémices à celle de Debussy, qui justement manque (mais le violoniste l’avait enregistrée tout jeune homme avec Jörg Demus).

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    Le plus saisissant de ce double album reste le XXe siècle : Sonate de Poulenc rageuse, moderniste – oui  -, sait-on seulement que c’est l’une de ses plus grandes œuvres, composée sous le joug de l’Occupation et écrite en mémoire de l’assassinat de Federico Garcia Lorca ? Ce que le piano de Michael Korstick fait entendre d’urgence, de sensualité aussi, me laisse penser qu’il ferait bien de se pencher sur les œuvres de piano de l’auteur – Poulenc, donc – des Mamelles de Tirésias.

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    Sonate de Ravel virtuose en diable, d’une projection assez fabuleuse – oui : saisissante ! – , mais chez le compositeur de Montfort, Kaddish est encore plus vertigineux à force d’émotion contenue. Au bout du chemin, les fantaisies dorées du Thème et Variations de Messiaen laissent espérer que les deux amis reviendront à Paris : la Sonate de Pierné, celles de Roussel, tant d’autres les espèrent, dont la Sonate de jeunesse de Ravel, et puis il serait peut-être temps de songer à une nouvelle version de la Sonate de Debussy !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    French Violin
    Sonatas

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    CD 1

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    Gabriel Fauré (1845-1924)

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    Sonate pour violon et piano No. 1 en la majeur, Op. 13
    Sonate pour violon et piano No. 2 en mi mineur, Op. 108
    Romance pour violon et piano, Op. 28
    Andante pour violon et piano, Op. 75
    Sicilienne, Op. 78 (version avec violon)
    Berceuse pour violon et piano, Op. 16

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    Olivier Messiaen (1908-1992)

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    Thème et variations

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    CD 2

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    Guillaume Lekeu (1870-1894)

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    Sonate pour violon et piano en sol majeur

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Sonate pour violon et piano No. 2 en sol majeur, M. 77
    Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré, M. 74
    Kaddisch (No. 1, extrait des « 2 Mélodies hébraïques, M.A 22 » ; version pour violon et piano : Lucien Garban)

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    Francis Poulenc (1899-1963)

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    Sonate pour violon et piano, FP 119

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    Thomas Albertus Irnberger, violon
    Michael Korstick, piano

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    Un album de 2 CD du label Gramola 2025
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    Photo à la une : le violoniste Thomas Albertus Irnberger et le pianiste Michael Korstick – Photo : © DR

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    Un double CD admirable d’incisivité et élégance – la quadrature du cercle, peut-être bien… – qui nous marque très intimement, en cette musique de chambre en rien salonnarde ni sucrée ;

    et qui vient rafraîchir très justement nos oreilles musicales parfois un peu encalminées…

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    Quels parfaits interprètes de cette musique clarissime française sont donc Thomas Albertus Irnberger et Michael Korstick !!!

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    Ce jeudi 10 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Elegance (suite) : le lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer et ses amis : une connivence de ressentis…

    En forme de reprise – en totale connivence… – à mon article enthousiaste « Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge… » du jeudi 27 avril dernier :

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    Mozart, ou la radicale innocence : en forme de suite à mon article récent sur ce qui lie Ravel à Mozart, l’élégance naturelle réjouissante du très beau lumineux CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge…

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    — Ecrit le jeudi 27 mars 2025 dans la rubrique “Blogs, Musiques”.
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    Comme en forme de réponse bien concrète à l’approche de mon article « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »… » en date du 24 mars dernier, à propos des profondes intenses affinités mozartiennes de tout – ou presque tout, ou beaucoup de… – l’œuvre de Maurice Ravel, en leur semblable merveilleuse élégance absolument naturelle, et leur identique sublime sublimation – toujours impeccablement réussie, et sans nulle trace d’effort ! – du tragique de la vie en la profonde légéreté-fantaisie – ponctuée toujours  d’une très très fine touche, quasi imperceptible, sans le moindre appesantissement, de mélancolie… – de leur musique,

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    ce soir, à l’audition du CD Harmonia Mundi HMM 902699 « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet« , de Julien Libeer, Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge – enregistré en octobre 2024 à Schiedam (Pays-Bas) ; regarder ici cette vidéo (de 1′ 40) d’un extrait du Quatuor avec piano n°1 K. 498, pris en concert au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, le 30 septembre 2024 ; et sur l’excellent Julien Libeer lui-même, cf mon article « Le Beethoven rayonnant et solaire de Lorenzo Gatto et Julien Libeer : les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565, des Sonates pour violon et piano de Ludwig van… » en date du 23 novembre 2019… –, c’est une très profonde lumineuse joie porteuse que je ressens…

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    Lire aussi les quelques très justes mots de présentation au dos de ce CD :

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    « C’est le sourire et la lumière – voilà ! – de Mozart que Julien Libeer et ses complices nous proposent dans ce programme très original : une sonate pour piano seul absolument solaire – oui – , une sonate pour violon et piano où la joie triomphe des inquiétudes – et les sublime ! – , un flamboyant – voilà ! – trio de l’époque des Noces, pour ne rien dire du – somptueux ! – quatuor avec piano K. 478, formation rare où le compositeur s’amuse aux frontières du concerto et de la musique de chambre… Le tout dans une progression dramaturgique surprenante !« …

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    Et encore ces simples mots de Julien Libeer, pour dire en quelques mots la double difficulté, et de bien saisir à l’interprétation la musique même de Mozart, et la difficulté aussi de bien parler d’elle, en un bref entretien avec Pierre-Jean Tribot pour le magazine Crescendo, à propos de ce très beau CD « Mozart – 1 – 2 – 3 – 4 – solo – duo – trio – quartet » :

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    JULIEN LIBEER, FACE À MOZART 

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    Notre compatriote Julien Libeer fait paraître un album un peu solo mais surtout chambriste – oui ! –  consacré à des partitions de Mozart (Harmonia Mundi). Le pianiste est en compagnie de  Pierre Colombet, violon ;  Eckart Runge, violoncelle et Máté Szücs à l’alto. Ce quatuor de brillants musiciens – que Julien Libeer a réuni tout spécialement pour cet enregistrement-ci – livre une prestation exceptionnelle, ce qui nous a donné envie d’en savoir plus et de poser quelques questions à  Julien Libeer.

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    Vous êtes le dénominateur commun d’un album chambriste consacré à des œuvres de Mozart. Pourquoi choisir Mozart à ce moment de votre carrière?

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    On ne m’attribuera aucun prix d’originalité si je vous dis que Mozart m’accompagne depuis ma tendre jeunesse, et que notamment ses opéras comptent parmi mes plus intenses souvenirs d’enfance. Ce n’en est pas moins la vérité pour autant, et il fallait bien un jour que je fasse quelque chose avec cette fibre qui est à la racine de mon chemin de musicien. J’ai attendu avant de lui consacrer une monographie entière, car je voulais le faire dans un programme pertinent, et surtout avec les bonnes personnes. Il se trouve que les étoiles se sont alignées à ce moment-ci !

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    Dans le booklet du disque, vous écrivez “demandez à un musicien de vous parler de Mozart, il y a fort à parier qu’il peinera à dire quelque chose”. Pourquoi Mozart semble si difficile à caractériser par des mots ?

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    Si j’avais une réponse claire à ça, je n’aurais pas écrit cette phrase !  Peut-être parce que toutes les choses dont il est facile de parler en musique ne s’appliquent pas directement à Mozart.

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    Son intelligence est aussi fulgurante mais moins ouvertement intellectuelle que Bach ; son évolution esthétique est plus subtile que celle de Beethoven ; à l’exception de Haydn aucun de ses contemporains ne lui arrive à la cheville, donc difficile de le comparer ou le mettre en contexte ; et puis sa musique n’a rien d’idéologique ou pamphlétaire : elle n’incarne aucune révolution tonitruante, elle n’est pas à l’origine d’une école quelconque.

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    Parler de Mozart signifie donc parler réellement, et uniquement, de musique. Est-ce vraiment possible?

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    On dit souvent que Mozart est un juge de paix pour les musiciens, un compositeur avec lequel il est impossible de tricher. Partagez-vous cet avis ?

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    Il a en effet rendu fou les plus grands… Perplexe, Richter se demandait pourquoi une gamme toute bête devenait si difficile dès qu’elle se trouvait dans une œuvre de Mozart… Rubinstein disait que quand on le joue, « soit c’est un miracle, soit ce n’est pas du Mozart» – ce qui met la barre un peu haute, mais n’est probablement pas faux…

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    On pourrait retourner le problème dans tous les sens pendant des pages entières, mais disons qu’il y a peu de compositeurs qui demandent à ce point de dépasser la matière – François Couperin, par exemple… En ce sens, Mozart n’est pas tant un style qu’un état d’esprit.

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    A écouter le disque, j’ai l’impression que vous défendez avec vos partenaires, une approche très dosée et réfléchie, qui refuse tout excès, à commencer par ces boosts énergiques auxquels de nombreux musiciens qui revendiquent une approche historiquement informée cèdent trop souvent ?

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    Il semblerait que nous nous soyons assez naturellement trouvés dans une esthétique qui ne sacrifie pas le chant – voilà ! Et c’est là un des traits essentiels de Mozart (et de Chopin, aussi) – sur l’autel de l’énergie. Il ne s’agit pas non plus de nier la vitalité permanente de la musique – voilà (comme pour  Schubert, le Wanderer…) ! – pour autant – c’est d’ailleurs une des grandes leçons sur Mozart que je retiens de Maria-João Pires : trouver le juste milieu entre effervescence et lyrisme – voilà ! S’il s’endort, ça devient une musique bourgeoise sans piment. S’il devient hystérique, tout le caractère est gommé – tout cela est parfaitement juste…

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    Aux musiciens de faire leur travail de funambule !

    – et c’est bien cela : sur une délicieuse et éminemment jouissive très délicate code raide…

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    Vous et vos partenaires, jouez des instruments modernes. Etes-vous tentés par la pratique d’instruments historiques ?

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    Je suppose que nous y avons tous un peu touchés, même si pour ma part jamais sur scène. L’instrument historique, c’est un métier à part entière. Mais même ceux qui, sur scène, s’en tiennent aux instruments modernes ont des choses à apprendre du contact avec les instruments anciens, et je connais peu de musiciens de ma génération qui s’en tiennent loin.

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    Est-ce que vous avez déjà un autre projet de disque en préparation ? – et c’est cet extrait que je me suis permis d’un peu commenter en mon article du 24 mars dernier : « Ravel et Mozart, ce qui les lie, selon une lucide remarque un peu détaillée de l’excellent pianiste Julien Libeer (« Mozart, l’exemple absolu de Ravel »), au final d’un entretien de présentation de son présent CD « Mozart 1-2-3-4 – solo – duo -trio – quartet », à propos de ce qu’il qualifie d’ »une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne »…« …

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    Oui, il y a une virée Ravel qui s’annonce pour l’automne. Mozart ayant été l’exemple absolu de Ravel, il paraissait cohérent de travailler sur les deux simultanément : ce sont deux mondes aristocratiques, d’une invention mélodique intarissable, expressive mais jamais vulgaire, et dont l’absence de coutures visibles tient du miracle.

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    Au disque, il s’agira essentiellement d’œuvres pour piano seuls, mais mes vieux comparses Lorenzo Gatto et Bruno Philippe viendront en soutien pour quelques plages.

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    Le site de Julien Libeer : https://www.julienlibeer.net/

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    Crédits photographiques :  Diego Franssens

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    Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot

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    Bravissimo, Messieurs ces magnifiques justissimes interprètes de Mozart – si difficile à si bien saisir en sa radicale radieuse innocence !..

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    Ce jeudi 27 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    voici ce jour un article intitulé « Dégressif« ,

    que je découvre à l’instant sous la plume de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

    consacré lui aussi à ce superbe travail musical et discographique – pour Harmonia Mundi – de Julien Libeer et ses amis Pierre Colombet, Máté Szücs et Eckart Runge ;

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    un article en assez belle connivence avec mon ressenti… :

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    DÉGRESSIF

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    Le titre de l’album annonce un ordre que le disque – en effet – inverse : on commencera par le Premier Quatuor avec piano, fait piquant et fluide à la fois, assez concerto au fond – oui – , Julien Libeer jouant en finesse et caprice, puis on ira au Trio, d’un giocoso très opéra, le piano restant l’acteur – oui ! – sans pour autant éloigner les cordes : le décor fait quand même – lui – aussi assez concerto – un genre de fait éminemment mozartien !..

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    Les choses changent avec la Sonate pour violon en fa majeur, Pierre Colombet sera le maître d’œuvre, son archet giocoso entraînant les fusées de l’Allegro, se régalant des merveilleuses variations, perle du disque – peut-être… – qui montre un duo parfait dans les émotions comme dans le brio : ces deux-là feraient bien – ô combien ! – de poursuivre « leur » Mozart.

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    La nuance de mélancolie absolue – présente presque toujours chez Mozart, comme chez Ravel, Karol Beffa le fait bien remarquer… – qui introduit la sublime Sonate en mi bémol majeur montre Julien Libeer seul. Cette élégance – voilà ! voilà ! – , cet air de ne pas y toucher – en totale innocence – , le piano doré qui s’amuse – oui ! – aux deux Menuets, le giocoso avec un peu d’ombres _ nécessaiement – de l’Allegro, font déjà regretter la fin du voyage – lumineux !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Mozart
    1-2-3-4

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    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)

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    Quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle No. 1 en sol mineur, K. 478
    Trio pour piano, violon et violoncelle No. 3 en si bémol majeur, K. 502
    Sonate pour piano et violon [No. 25] en fa majeur, K. 377/374e
    Sonata pour piano No. 4 en mi bémol majeur, K. 282/189g

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    Julien Libeer, piano
    Pierre Colombet, violon
    Máté Szücs, alto
    Eckart Runge, violoncelle

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    Un album du label harmonia mundi HMM902699

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    Photo à la une : © DR

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    Mozartiennement vôtres…

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    Ce jeudi 3 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa