Étiquette : interprétation

  • A propos des deux Concertos pour Piano et Orchestre, Op. 25 et Op. 40, de Felix Mendelssohn : des « Concertos d’opéras » en une interprétation désormais indispensable !

    Hier 4 avril, Jean-Charles Hoffelé sur son excellent site Discophilia, et sous le titre « Concertos d’opéras« ,

    s’est très justement passionné  _ « album indispensable », conclut-il… _ pour les deux Concertos pour Piano et Orchestre Op. 25 et Op. 40, de Felix Mendelssohn, dans l’interprétation de Lars Vogt au piano et à la tête de l’Orchestre de Chambre de Paris, du CD Ondine ODE 1400-2 ;

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    un CD qui, le 11 mars dernier («  « ), m’avait enthousiasmé !

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    CONCERTOS D’OPÉRAS

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    Le Concerto en sol mineur _ Op. 25 _ fuse en sons nourris sous les doigts de Lars Vogt qui, du regard, fait tonner l’Orchestre de chambre de Paris. Quelle fusion, qui resserre l’œuvre, lui donne une dimension épique. C’est que, comme jadis les deux Rudolf, Serkin et Firkušný, Vogt ne veut pas de « beaux doigts », il joue à pleines mains, avant de rendre irréel son clavier dans le nocturne de l’Andante, créant une troublante musique de chambre avec les Parisiens. Le Finale éclatera d’une joie sans frein, tout entier porté par le pur plaisir physique de caracoler.

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    Le ton de ballade romantique du Concerto en ré mineur _ Op. 40 _ est plus complexe, Vogt l’anime avec une présence sombre, y met quelque chose de hanté, le rapproche de Weber. C’est comprendre à merveille cet opus complexe, ambitieux, l’un des sommets de la littérature concertante romantique, avec son Adagio d’opéra et son Finale tumultueux, je crois bien _ et moi de même… _ ne pas l’avoir entendu joué avec un tel degré d’évidence _ ce qui doit être…

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    En postlude, la fantaisie du Capriccio brillant _ Op. 22 _ fait comme une éclaircie dans ce disque inspiré _ oui ! tant par les œuvres que par leur interprétation magnifique ! transcendée… _, où Lars Vogt ne réduit en rien le génie si singulier des deux Concertos, au point de rendre l’album indispensable _ c’est dit !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 1 en sol mineur, Op. 25, MWV O 7
    Concerto pour piano et orchestre No. 2 en ré mineur, Op. 40, MWV O 11
    Capriccio brillant en si mineur, Op. 22, MWV O 8

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    Lars Vogt, piano, direction
    Orchestre de chambre de Paris

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    Un album du label ODE 1400-2
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    Photo à la une : le pianiste Lars Vogt – Photo : © DR

     

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    J’aime énormément Mendelssohn.

    Et j’aime aussi beaucoup son interprète : Lars Vogt !

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    Ce mardi 5 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et en fouillant de fond en comble ma discothèque, j’ai enfin retrouvé l’interprétation, parfaite, elle aussi, des « Sonatae Unarum Fidium » de Schmelzer par Odile Edouard, violon, et Freddy Eichelberger, orgue, en l’église priorale de Saint Quirin, en septembre 2000

    Je désespérai de parvenir à mettre la main sur le CD Schmelzer/Kerll d’Odile Edouard (violon) et Freddy Eichelberger (orgue), un de mes CDS préférés _ le CD K617 114, enregisté en septembre 2000 en l’église priorale de Saint-Quirin, en Moselle _,

    un CD dont diverses réorganisations successives de ma discothèque m’avait hélas finalement éloigné…

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    Mais mon obstination a finalement été récompensée ;

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    et je puis confirmer que cette interprétation de 2000 est tout à fait du niveau _ extraordinaire : sublime ! _ de celle de Gunar Letzbor et son ensemble Ars Antiqua Austria, à l’abbaye de Saint-Florian, en Haute-Autriche, en décembre 2020 _ pour ce merveilleux CD Pan Classics PC 10436 dont je viens de faire l’éloge.

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    Schmelzer est un immense compositeur.

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    Ce lundi 21 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter et goûter l’admirable « Hôtel » (extrait de « Banalités) » de Francis Poulenc – Guillaume Apollinaire : le dialogue fécond des imageances idiosyncrasiques à l’oeuvre, exprimé et décrit dans « L’autre XXe siècle musical » de Karol Beffa…

    Les pages 128-129-130 du chapitre « Interlude Francis Poulenc » (pages 125 à 135) de « L’autre XXe siècle musical » de Karol Beffa (qui vient de paraître aux Éditions Buchet – Chastel) consacrées à la mélodie « Hôtel » de Francis Poulenc, en 1940, sur un poème de Guillaume Apollinaire _ un poème publié pour la première fois le 15 avril 1914 dans la revue d’avant-garde éditée à Florence “Lacerba“ _ dans le recueil intitulé « Banalités« ,

    m’ont bien sûr fortement incité à rechercher, pour en écouter et apprécier diverses interprétations, les CDs de ma discothèque la comportant.

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    Et jusqu’ici, j’ai réussi à mettre la main sur 7 CDs proposant cette admirable brève mélodie, « Hôtel » :

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    par Pierre Bernac et Francis Poulenc au piano, en 1950, à New-York _ pour l’écouter (1′ 38) ; la prise de son, très proche, nous fait accéder de très près à l’excellence de l’art de dire de Bernac et de l’art d’accompagner au piano de Poulenc… _ ;

    par Nicolaï Gedda et Aldo Ciccolini, en 1967, à Stockholm ;

    par Felicity Lott et Graham Johnson, en 1993, à Paris _ une merveilleuse lumineuse version ! _ ;

    par Gilles Cachemaille et Pascal Rogé, en 1994, à Corseaux, en Suisse _ c’est tout à fait excellent ! _ ;

    par Véronique Gens et Roger Vignoles, en 2000, à Metz _ une exceptionnelle réussite ; pour l’écouter (2′ 00) _ ;

    par Lynn Dawson et Julius Drake, en 2004, en Allemagne ;

    et par Stéphane Degout et Cédric Tiberghien, en 2017, à Paris _ et c’est très bien aussi…

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    Et sur le web, j’ai déniché ceci _ vraiment superbe !!! _, cette merveilleuse interprétation :

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    par Régine Crespin et John Wustman, en 1967 _ pour l’écouter (2′ 05).

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    Et voici maintenant ce qu’analyse Karol Beffa, page 128, de cet exemple de la mélodie « Hôtel » de Francis Poulenc, à propos de ce qu’il nomme « les saveurs jazzistiques » qui « parsèment nombre des pièces » de Francis Poulenc, et cela en dépit de maintes « proclamations » de « détestation« , voire de « phobie« , du jazz, de la part de Poulenc :

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    « Il est rare que Poulenc utilise l’accord de septième de dominante à l’état pur, il l’enrichit presque toujours d’une neuvième, d’une onzième, éventuellement d’une treizième. Cette construction d’harmonies par empilement de tierces ne surprend pas chez un compositeur post-debussyste. Ce qui est original, en revanche _ nous y voilà _, est l’insistance sur la septième ajoutée, dans les accords majeurs ou mineurs. Sans doute l’inspiration vient-elle du jazz, directement ou par l’intermédiaire de Ravel, la concomitance de certaines innovations harmoniques chez Ravel et chez Duke Ellington faisant qu’il est difficile de déterminer lequel des deux a influencé l’autre. « Hôtel » _ nous y voici ! _, extrait de « Banalités » _ le recueil des 6 mélodies de Poulenc, en 1940, reproduit le titre du recueil des 6 poèmes d’Apollinaire, en 1914 _, est comme un condensé de tous ces traits stylistiques communs à Poulenc, à Ravel et au jazz : enrichissement des accords de septièmes d’espèce et de dominante par ajout de sixtes, de neuvièmes ou de onzièmes, fausses relations intentionnelles, retard de la présence de la basse d’un accord de dominante pour colorer un enchaînement et en différer l’impact. C’est pour toutes ces raisons qu’« Hôtel«  plonge _ superbement _ l’auditeur dans l’atmosphère moite et interlope d’un jazz frelaté« .

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    Et Karol Beffa d’ajouter alors aussitôt, page 129 :

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    «  »Hôtel«  m’a beaucoup marqué.C’est à travers cette pièce et d’autres œuvres vocales que j’ai vraiment pénétré l’univers de Poulenc« _ le mystère attractif et fascinant de son idiosyncrasie de compositeur singulier et marquant.

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    Et toujours à cette page 129 :

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    « Si l’univers harmonique de Poulenc ne m’a guère influencé, je me reconnais en revanche _ toutes proportions gardées _ dans ce que Jean-Joël Barbier a écrit de sa démarche : « Dans Apollinaire par exemple, il ne choisira pas les poèmes les plus célèbres, mais les meilleurs quant au résultat _ musical _ final _ envisagé-escompté-espéré pour l’imageance féconde de la composition à venir _ (…) : ceux qui laissent une marge autour des mots,  ceux qui n’étant pas rigidement cimentés _ le mot n’est pas très heureux _ au départ, justifient un ciment musical, laissant la place à un espace sonore qui, sans faire pléonasme _ bien sûr ! _ avec les mots, leur donnera, au contraire, des dimensions _ poétiques et musicales _ nouvelles ». 

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    Et page 130 :

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    « Poulenc est connu pour avoir été un admirable pianiste et accompagnateur. Et lorsque j’écris _ nous y voici ! _ pour voix et piano, j’essaie de garder à l’esprit le soin extrême qu’il accordait à la partie instrumentale dans ses cycles de mélodies.

    Quant à son écriture vocale proprement dite, là aussi il s’y montre un maître, tant il sait parfaitement ce qu’il peut exiger des voix : émettre les aigus les plus doux, les graves les plus timbrés, et toujours dessiner des lignes souples _ fluides, flottantes, aériennes…

    « Primauté de la mélodie » : ce credo de Messiaen, Poulenc aurait pu le faire sien« …

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    Voilà ce que la création singulière d’un compositeur se mettant à son tour à l’œuvre peut, en dialogue hyper-attentif, apprendre à la lecture et à l’écoute extrêmement précises, jusqu’aux plus infimes détails, des œuvres les plus originales, riches et, en puissance, inspirantes, du travail singulier (et de la poiesis en acte !) d’autres compositeurs éminemment créateurs à leur propre table de travail ; et de leur imageance idiosyncrasique féconde, en cet artisanat patient infiniment exigeant et  précis…

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    « Le style, c’est l’homme même« , disait Buffon :

    le défi étant de parvenir, œuvre à œuvre, pas à pas, coup de crayon à coup de crayon (et de gomme) à réaliser _ ainsi nourrie par ce riche dialogue avec d’autres œuvres marquantes  _ cette singularité sienne _ et très vite ce style propre à soi s’entend, se perçoit et se reconnaît…

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    Ce dimanche 6 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’interprétation musicale des chefs d’oeuvre : Paul Lewis dans les dernières pièces pour piano de Brahms…

    Les sublimes chefs d’œuvre de musique requièrent de toujours nouveaux chefs d’œuvre d’interprétation de la part de ceux qui s’efforcent de nous y faire accéder, au concert comme au disque, afin que, à notre tour, nous éprouvions-approchions un peu davantage l’infini des myriades de richesses que les compositeurs ont laissées en pauvres traces précipitamment notées, dans l’urgence de l’opération de création, sur les partitions qu’ils avaient sous la main.

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    Soit un défi perpétuellement recommencé, à leur tour, pour les interprètes.

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    Et encore faut-il, aussi, en aval, que notre accueil de réception, à nous qui nous contentons d’un peu activement écouter, soit lui aussi à semblables hauteurs…

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    Soit une conjonction toujours difficile… Et rare.

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    Or, ce jour,

    voici que j’admire profondément l’interprétation que vient de nous donner-proposer le pianiste anglais Paul Lewis de ce chef d’œuvre _ au singullier ? au pluriel ? En quelque unité éprouvée in fine de leur diversité… _ si intensément émouvant _ sublime ! _ « Late Piano Works _ Opps. 116-119 » de Johannes Brahms (1833 – 1897).

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    Bien sûr, il existe déjà de bien belles interprétations au disque de cet Himalaya de piano…

    Auxquelles il nous arrive, bien sûr, de revenir…

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    Mais aujourd’hui,

    voici la très belle propositition que nous offre Paul Lewis, en un CD Harmonia Mundi HMM 902365.

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    Et telle que je l’ai apprise, avant de la découvrir sur ma platine, ce même jour, en un très juste article de Jean-Charles Hoffelé, en son Discophilia, un article intitulé « Journal intime« .

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    Or, il se trouve qu’à l’écoute répétée des 77′ 07 de ce CD, je dois convenir tout à fait partager le ressenti qu’y exprime le chroniqueur à l’égard ce cette interprétation si brahmsienne de Paul Lewis pour ces quatre opus 116-117-118-119 de Johannes Brahms,

    presque au bout de sa vie, lui, quand il les a composés…

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    En leur crépusculaire fondamentale sobriété, aux bords si proches de silences chuchotés, sans pathos.

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    Mais de fait, tout vrai chef d’œuvre est fondamentalement oxymorique…

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    Et toute interprétation à sa hauteur, doit l’être aussi…

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    Ainsi que toute modeste et humble écoute vraie…

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    Il faut donc se laisser engager-conduire dans de pareilles essentielles _ en même temps que très simples, très sobres, très humbles _ expériences de perception…

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    JOURNAL INTIME

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    « Late Piano Works » proclame la pochette », et c’est bien dans un crépuscule _ de journée, de vie _ que Paul Lewis joue les quatre ultimes cahiers _ de piano _ d’un Brahms s’aventurant aux limites de la tonalité _ oui.

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    Pourtant, il ne le tire pas du côté des Modernes, comme le faisait Glenn Gould _ que j’exècre _ en herborisant dans les seuls Intermezzos _ cf, à ce propos, mes articles des 15 septembre « «  et 15 septembre 2019 « « , à propos du très beau travail d’interprétation de Johannes Koroliov… _, non, son Brahms reste dans le monde d’hier _ romantique, donc _, il ose un rapprochement assez inédit avec le monde des Lieder _ de Brahms pour la réception d’interprétations desquels j’ai toujours, décidément, il me faut l’avouer, personnellement bien du mal… Le bref de ces haïkus de clavier les y confronte de nature, mais je n’avais pas jusqu’ici perçu que se tissaient entre le piano et l’imaginaire vocal de telles affinités électives _ peut-être qu’il fallait à Brahms l’expression seulement pianistique, enfin, de tels Lieder ohne Worte…

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    Cela chante, contre-chante, dit _ voilà ! _ autant qu’évoque, mais toujours dans ce crépuscule de sons _ oui _, dans ces _ si délicats et si ténus et fins _ sfumatos où l’harmonie se diapre _ voilà : Johannes Brahms, même à Vienne, garde quelque chose des brouillards nacrés des bords de l’Elbe, de sa native Hambourg _, et lorsque la nuance appassionato paraît, lorsque même des tempêtes se lèvent – le Capriccio introductif de l’Opus 116, la Ballade qui ferme l’Opus 119 – c’est l’envers lyrique du texte qui s’impose _ voilà.

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    À mesure, l’album devient un univers total _ oui ! _, les cahiers ne sont plus individualisés _ en effet… _, je suis saisi par la main du voyageur qui m’emmène par ce sentier perdu, vers ces forêts sombres qu’ourle un crépuscule éternel.

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    Disque de poète assurément _ oui _, et que l’on doit entendre comme on lirait, dans le propre silence _ voilà _ imposé par la musique-même _ du très grand art, en sa fondamentale chaste simplicité-nudité-vérité…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johannes Brahms (1833-1897)

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    7 Fantasies, Op. 116
    3 Intermezzi, Op. 117
    6 Klavierstücke, Op. 118
    4 Klavierstücke, Op. 119

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    Paul Lewis, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM902365
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    Photo à la une : le pianiste Paul Lewis – Photo : © Kaupo Kikkas

     

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    Un essentiel CD.

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    Ce mardi 1er février 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa