Étiquette : interprétation

  • Musiques de joie : le pétillant proprement céleste des Variations pour piano de Mozart, par le jubilatoire Ronald Brautigam

    Certains genres se prêtent, mieux que d’autres, à la belle réalisation _ ludique _ musicale de la joie :

    …

    ainsi en va-t-il tout particulièrement du genre de la Suite

    _ au départ, des Suites contrastées de danses, comme dans l’œuvre emblématique de Johann Jakob Froberger (1616 – 1667) : allemande, courante, sarabande et gigue… _

    que ce soit pour un instrument seul : le luth, le clavecin, etc.,

    ou pour un ensemble plus ou moins étoffé d’instruments : un duo, un trio, etc.,

    voire pour un orchestre

    _ elles sont alors souvent nommées Ouvertures ; toujours d’après le vocable français…

    Et c’est davantage le critère de la variété, déjà, qui importe,

    plutôt que le critère plus simple du contraste, comme c’est le cas dans les Sonate et Concerti, à l’italienne…

    …

    Ainsi que je l’ai éprouvé au fil _ heureux _ de mes écoutes

    pour mes articles de « Musiques de joie« …

    …

    …

    Mais il en va aussi ainsi,

    même si c’est, bien sûr, selon d’autres modalités _ plus destructurées _,

    pour le genre de la Variation sur un thème donné,

    dont le compositeur se plait à jubilatoirement s’émanciper

    _ comme dans les Goldberg, de Bach (vers 1740), ou les Diabelli, de Beethoven (en 1823)…

    …

    …

    J’en veux pour exemple les nombreuses Variations pour piano de Mozart (1756 – 1791) ;

    …

    et tout particulièrement, pour l’écoute discographique, dans l’interprétation merveilleusement ludique

    qu’en a proposé le flamboyant Ronald Brautigam ;

    …

    réunies dans un indispensable coffret de 4 CDs Bis _ le coffret Bis-CD-1266/1267 _,

    enregistré en 1997, et publié en 2001.

    …

    …

    En voici, par exemple, les Variations sur un Allegretto en Si bémol Majeur KV 500 (de 1786) ;

    soit la plage 3 du CD 1

    de ce magistral coffret Bis.

    …

    …

    Ronald Brautigam est un formidable mozartien !

    …

    …

    Ce mardi 26 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la Cantate Was betrübst du dich, meine Seele, de Christoph Bernhard (1628 – 1692), par le génial Henri Ledroit et le Ricercar Consort

    Ce soir,

    en même temps qu’un honneur à une sublime musique :
    …

    la Cantate « Was betrübst du dich, meine Seele » de Cristoph Bernhard
    (Kolberg, 1er janvier 1628 – Dresde, 14 novembre 1692),
    extraite des Geistliche Harmonien, erster Theil, de 1665, à Dresde
    …
    un hommage à un sublime chanteur
    _ précocement disparu _ :
    …
    le génial Henri Ledroit
    (Villacourt, 11 mars 1946 – Nancy, 10 mai 1988),
    …
    en un CD superlatif,
    le CD Ricercar 034008 « Deutsche Barock Kantaten (I) » ;
    …
    comportant aussi des Cantates de
    Franz Tunder,
    Dietrich Buxtehude,
    Heinrich Schütz,
    Johann-Philipp Krieger,
    Johann-Rudolf Ahle,
    et l’empereur Léopold Ier,
    …
    avec le Ricercar Consort
    …
    constitué de
    François Fernandez et Mihoko Kimura, violons,
    Philippe Pierlot, Gail Ann Schröder et Kaori Uemura, basses de viole,
    et Guy Penson, orgue et clavecin ;
    …
    et sous la direction artistique de cet inlassable défricheur qu’est Jérôme Lejeune.
    …
    …
    Un programme fabuleux de beauté,
    enregistré les 9, 10 et 11 octobre 1985,
    en l’église Saint-Apollinaire de Bolland, en Belgique.
    …
    …
    Cette musique des anges à écouter ici
    …
    je l’avais découverte au concert _ dix mois auparavant cet enregistrement _
    par le même sublime Henri Ledroit, chantant à à peine deux mètres de moi,
    au Temple du Hâ à Bordeaux, le 18 décembre 1984 :
    …
    j’en possède un enregistrement…
    … 
    C’était mon tout premier concert de musique baroque.
    …
    Quel choc !
    Inoubliable !!!
    …
    …
    Ce samedi 9 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
    …
    …
    Demain, ce sera, je m’en avise à l’instant,
    le 32e anniversaire de la disparition d’Henri Ledroit.
    ….
    « A thing of beauty is a joy for ever :
    Its loveliness increases ; it will never
    Pass into nothingness ; but still will keep.
    A bower quiet for us, and a sleep. »
    …
    John Keats, Endymion
  • Musiques de joie : la sublime jubilatoire sublimation du deuil brutal d’un ami : le « Tombeau » sur la mort de Monsieur Blancrocher, de Johann-Jakob Froberger, par Gustav Leonhardt, et/ou Bob van Asperen

    Bien sûr,

    il y a quelque part du paradoxe à ranger parmi les « Musiques de joie »
    le sublime Tombeau sur la mort de Monsieur Blancrocher, de Johann-Jakob Froberger
    (Stuttgart, 18 mai 1616 – Héricourt, 7 mai 1667) :
    …
    « Tombeau fait à Paris sur la mort de Monsieur de Blancheroche »,

    « lequel se joue fort lentement, à la discrétion, sans observer aucune mesure »…
    …
    …
    Une mort survenue une soirée de novembre 1652 lors d’une chute dans un escalier, chez lui,
    et en la présence en personne de l’ami Froberger…
    …
    …
    La joie, en effet paradoxale, vient de la sublimité de l’écriture musicale
    …
    _ « sans observer aucune mesure », si ce n’est celle de l’adéquation de la musique à l’intensité-profondeur de la peine éprouvée, et donc très simplement ad libitum, tant pour le compositeur que pour l’interprète _
    …
    pour se situer à la hauteur terrible de l’effroi du chagrin de la perte
    et de la soudaineté de l’accident.
    …
    …
    À aussi sublime œuvre, donc, de la main du compositeur,
    doit tenter de répondre la hauteur et parfaite justesse _ sans boursouflure, ni maniérisme, forcément _ de l’interprétation…
    …
    …
    Je viens de ré-écouter,
    pêchées dans le désordre honteux de ma discothèque 
    _ certains CDs me demeurant, malgré mes efforts, trop partiels encore, de rangement, encore cachés ; et par là inaccessibles _,
    deux interprétations magistrales, en leur diversité même, de Bob van Asperen,
    en 2000 et en 2004,
    dans le double CD AEolus titré « Le Passage du Rhin », CDs AE 10024, sur un clavecin original Ruckers,
    et dans le CD AEolus titré « Pour passer la mélancolie », CD AEolus 100745, sur un clavecin original Labrèche ;
    …
    et une, sublimissime, de Gustav Leonhardt,
    en 1997,
    dans le CD Sony Classical Weckmann –  Froberger Toccatas & Suites K 62732, sur un clavecin d’après un Ruckers de 1624.
    …
    …
    Oui, un extraordinaire chef d’œuvre de musique jubilatoire, en effet,
    mise au défi de la plus profonde justesse d’inspiration du moment _ au concert, ou au disque _ de l’interprète.
    …
    …
    De fait, c’est au concert, et à plusieurs reprises,
    à Bordeaux même,
    que j’ai découvert _ et goûté _ ce sublimissime Tombeau de Monsieur Blancrocher de Johann-Jakob Froberger,
    sous les doigts de braise de l’immense Gustav Leonardt
    _ s’Graveland, 30 mai 1928 – Amsterdam, 16 janvier 2012…
    …
    …
    Ce vendredi 8 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musiques de joie : le Bolero idéalement endiablé de Katia et Marielle Labèque dans leur CD basque Amoria, avec les percussions traditionnelles basques du groupe Hegiak de Thierry Biscary

    J’apprécie particulièrement le jeu

    à jamais juvénile _ libre, affranchi de bien des orthodoxies… _ et tout simplement enchanteur

    des sœurs Katia et Marielle Labèque

    …

    _ filles du Dr Pierre Labèque, pédiatre (1917 – 2007) et de la pianiste Ada Cecchi (Viareggio, 18 juillet 1918 – Bayonne, 9 mars 1997) :

    Katia est née à Bayonne le 11 mars 1950 ; et Marielle, à Bayonne le 6 mars 1952 ;

    et leur frère aîné, Jean-Louis, le 16 novembre 1946, à Bayonne lui aussi _ ;

    …

    et tout spécialement, ici, dans leur interprétation, en 2018,

    en un passionnant album intitulé, en basque, Amoria _ soit le CD Deutsche Grammophon / KML 481 7245 ;

    enregistré en divers Studios :

    KML, à Rome,

    Elkar Estudioa, à Donostia (Saint-Sébastien),

    LFO, à Sempere (Saint-Pé-sur-Nivelle)

    et Santa Cruz Auzoa, à Azkoitia _, 

    d’une transcription pour deux pianos, réalisée par Maurice Ravel lui-même,

    de son célébrissime _ un peu à son corps défendant ! _ hypnotique Boléro…

    …

    avec, aussi _ et c’est très important ! _, une adaptation pour des percussions traditionnelles basques

    _ txalaparta, txepetxa, tombera, xilintxak, danborrak, panderoak, atabala… _

    de Thierry Biscary,

    …

    superbement réalisée _ quelles magiques sonorités : c’est tout simplement diabolique ! _ par le groupe Hegiak, composé de Thierry Biscary lui-même, et Eñaut Elorrieta, Harkaitz Martinez de San Vicente, Mikel Ugarte et Ander Zulaika…

    …

    …

    Le résultat est proprement enthousiasmant !

    …

    …

    Ce Boléro, diaboliquement hypnotique,

    étant tout à la fois parfaitement _ comme il se doit, et c’est rédhibitoire ! _ tenu,

    en même temps que, et surtout, idéalement _ voire orgastiquement… _ survolté !

    …

    Et comme tout ce qui résulte d’une part de génie,

    la chose est nécessairement oxymorique...

    …

    …

    Il n’est que de le comparer avec une précédente interprétation _ un peu moins survoltée… _, en 2006,

    des sœurs Labèque

    _ avec Thierry Biscary, déjà, et Gustavo Gimeno : le second aux percussions, et le premier aux « percussions basques« … _

    dans le CD _ KML 1111 _ intitulé tout simplement Ravel  

    _ et c’était là le tout premier CD produit directement par Katia et Marielle Labèque _,

    de cette même transcription par Ravel lui-même de son Boléro, « pour deux pianos quatre mains » (indiquait alors la notice)

    …

    avec _ déjà ! _ une adaptation pour percussions,

     

    réalisée, cette fois précédente-là, en 2006 donc, par Katia et Marielle Labèque elles-mêmes :

    …

    « les percussions étaient jouées par Gustavo Gimeno, et les percussions basques traditionnelles par Thierry Biscary _ précisait plus succinctement la notice…

    …

    Ce Boléro-ci avait été enregistré à la Gustav Mahler Musiksaal du Grand Hôtel de Toblach, à l’acoustique réputée…

    …

    …

    Les sœurs Katia et Marielle Labèque possèdent,

    en leurs interprétations,

    cette part enthousiasmante magique de génie…

    …

    …

    Cette interprétation-ci, de ce CD Amoria, est tout simplement nécessaire !

    …

    …

    Mais à défaut d’accéder à l’interprétation magique du Boléro

    à la fois orgasmique et splendidement tenu

    de ce CD Amoria de 2018,

    …

    voici une vidéo de 4′ 44

    _ seulement ! Et non équivalente, hélas, au bonheur absolu de la prise de son du CD Amoria _

    prise lors d’un concert donné à Marciac le 28 juillet 2017… 

    …

    …

    Ce mardi 21 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa