Étiquette : Jean-Charles Hoffelé

  • Et à nouveau à propos du renversant CD Beethoven de Pavel Kolesnikov

    Á nouveau à propos du renversant CD Beethoven du prodige Pavel Kolesnikov

    _ cf mon article du 10 octobre dernier :  … _,

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    ce matin, et sur son site, l’article de Jean Charles Hoffelé : ÉTONNEZ-MOI,

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    avec cette même très jouissive impression musicale

    éprouvée et exprimée…

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    Étonnez-moi

    ÉTONNEZ-MOI

    Pavel Kolesnikov ne fait rien comme autrui _ sans rechercher quelque artificielle originalité d’interprétation ; non, il ressent autrement… Un disque Beethoven, oui, mais alors sans aligner trois ou quatre sonates, deux suffiront. Et quel choix ! _ et composition inventive de son programme ! La petite sol majeur, Op. 14 No. 2, pure pièce d’humeur, de fantaisie _ de plaisir _, qui permet au jeune pianiste de distiller des couleurs en estompe et de faire usage d’une pédale virtuose. Il faut entendre comment il compose les images sonores du Finale, ce presque rien où Haydn _ et tout son humour _ semble s’être invité.

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    Surprendre dans la Clair de lune semble _ en effet _ plus improbable, mais pourtant il y parvient _ et combien superbement !!! mais pas pour faire l’original… _ : il entend _ voilà ! _ le sostenuto noté par Beethoven pour l’Adagio comme un sostenuto rythmique, tempo rapide tel celui d’un astre lointain qui tournerait sur lui-même, le tout murmuré _ oui _ dans les feutres des marteaux, théâtre d’ombre pour une lune couleur d’amande, pâle, hivernale _ mais oui. Quelle vision _ voilà _ dans ce presque silence, si ce n’est pas d’un magicien _ en effet ! au pur service de la musique _, ce son-là ! L’Allegretto, posé, se regarde dans le miroir, mystérieux _ et fascinant _ avec ses rallentendos, étrange ! Lunaire. Alors que le Presto agitato est un galop _ beethovenien _ dans la brume.

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    L’album s’ouvre _ mais ce n’est pas du tout là simple rhétorique _ par quatre pièces brèves, ponctuations _ mais pas seulement ! _ dites avec une sorte de réserve, de distance, même dans les deux Allegretto assez pince-sans-rire. L’ombre de Haydn à nouveau ? Ou l’anticipation de quelque facétieux Schoenberg ? ou Webern ? En son centre, les Bagatelles Op. 33 étonnent par leur ton musardant, leur fantaisie sans nuage, quelque chose de lisse qui les met à cent lieux des fantaisies d’un Stephen Bishop _ que l’on apprécie tant, aussi. Interpréter est forcément acte d’ouverture de sa lecture. Et écouter aussi… Etrange là encore, mais fascinant _ oui !!! _, alors que les Variations sur un thème original manquent soudain d’incarnation : il ne faut pas avoir Gilels en tête _ autre grand lecteur de musique. Bémol mineur pour un disque majeur _ voilà _, qui me donne envie d’entendre Kolesnikov chez Haydn. Et ailleurs, tant son spectre de curiosité, je pense ici à son Louis Couperin au piano, comme à ses Mazurkas chopiniennes, est large… Cf mon article du 4 avril … Oui, nous sommes impatients d’écouter le prochain CD de Pavel Kolesnikov !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ludwig van Beethoven(1770-1827)
    Andante en ut majeur, WoO 211
    Presto en ut mineur, WoO 52
    Allegretto en ut majeur, WoO 56
    Allegretto en ut mineur, WoO 53
    Sonate No. 14 en ut dièse mineur, Op. 27 No. 2 “Clair de lune”
    7 Bagatelles, Op. 33
    Sonate pour piano No. 10 en sol majeur, Op. 14 No. 2
    32 Variations sur un thème original en ut mineur, WoO 80

    Pavel Kolesnikov, piano

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    Un album du label Hypérion CDA68237
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    Photo à la une : Le pianiste Pavel Kolesnikov – Photo : © Colin Way

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    Sur la question de l’interprétation

    et de la place de l’interprète

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    face aux œuvres à interpréter

    et servir le mieux possible,

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    cf aussi cet article mien du 13 octobre dernier :

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    Ce mardi 23 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos du double album « Nouvelles Suites » de Louis Couperin, par Christophe Rousset

    Pour prolonger

    beaucoup plus substantiellement

    mon bien trop bref aperçu _ un simple signal de parution _ du 5 septembre dernier

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    sur le double CD Nouvelles Suites (Harmonia Mundi HMM 902501.02) 

    que Christophe Rousset vient de consacrer au merveilleux Louis Couperin (1626 – 1661),

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    compositeur que je porte au pinacle de toute la musique française,

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    voici le très bon article Nouvelle Suites de l’autre Couperin, par Christophe Rousset

    que Jean-Charles Hoffelé consacre ce jour à ce double album

    sur le site de Res Musica :

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    NOUVELLES SUITES DE L’AUTRE COUPERIN, PAR CHRISTOPHE ROUSSET

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    Louis Couperin (1626-1661) : Onze Nouvelles Suites de clavecin.

    Christophe Rousset, clavecin.

    2 CD Harmonia Mundi.

    Enregistré à la Cité de la musique en janvier 2018.

    Livret en français et en anglais reproduisant un grand entretien avec Christophe Rousset et Jean-Claude Battault.

    Durée : 120:26

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    Couperin Nouvelles Suites Rousset HM

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    Le clavecin du grand Louis : Christophe Rousset exhausse l’art de Louis Couperin sur un instrument idéal.

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    Voici neuf ans Christophe Rousset abordait aux rives passionnées de la musique de Louis Couperin, alternant pour le label Aparté foucades et pointes sèches sur un beau Louis Denis de 1658, prétexte à un double album où l’instrument suscitait le répertoire. C’est encore  les noces d’un clavecin historique et d’une musique que célèbre ce nouvel enregistrement.

    En entendant Le Moutier de la Suite en Ut, on comprend que le splendide Couchet du Musée de la Musique est idéalement destiné au répertoire du XVIIe siècle, affaire de sonorité, qu’épice sa tierce pure, qui donne de ces musiques une autre image harmonique, plus roide.

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    Comme tous les interprètes du Grand Louis, Rousset a dû constituer ses propres suites, puisque les pièces nous sont parvenues en ordre dispersé _ voilà. Il les assemble logiquement par famille tonale, et soudain ce sont des univers particuliers _ on ne peut plus singuliers, en effet _ qui surgissent. Le génie _ voilà !!! _ de Louis Couperin aura été d’introduire dans une pratique du clavecin encore fortement influencée par l’art des luthistes _ oui _ une puissance expressive qui passe par une harmonie astringente. Rousset la fait entendre dans toute sa sauvage audace, aidé par ce clavecin impérieux, mais il souligne plus encore le goût du compositeur pour les grandes architectures, pour les gestes amples où parait un baroque à la fois sévère et fastueux.

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    Les fameux Préludes non mesurés où éclate le génie expressif du compositeur sont empoignés, déclamés, exposés, littéralement ils projettent les Suites dans de nouveaux univers d’expression comme de nature sonore. Sans négliger la fantaisie d’une Blandine Verlet, le ton âpre, le jeu visionnaire et roide que Rousset accorde à son instrument vont plus loin dans le théâtre de ce génie du baroque français, trop éclipsé _ faute de mieux connaître cette musique de Louis Couperin _ par son neveu François. Il faudrait un second volume pour qu’encore une fois cette adéquation parfaite résonne.

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    Voilà.

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    Mais on ne manquera pas de revenir

    aussi

    aux merveilleuses interprétations que donna,

    et à diverses reprises

    _ Philips, 1988, DHM 1999, Philips 1992, Alpha 2007, tout particulièrement ;

    et j’en oublie probablement pas mal d’autres… _

    de ces œuvres de Louis Couperin,

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    l’immense Gustav Leonhardt.

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    Ce jeudi 18 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un CD sublimement superlatif pour deux chefs d’oeuvre pas assez connus-reconnus !!!

    C’est le choix de l’Octuor de George Enescu

    _ un chef d’œuvre absolu !!!

    aussi beau que l’Octuor de Felix Mendelssohn, autre sommet de toute la musique ! _

    qui m’a mis en particulièrement favorable disposition

    envers le CD Bartok – Enescu

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    que propose la violoniste _ géniale ! _ Vilde Frang,

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    d’abord avec le chef Mikko Franck,

    à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Radio France

    pour le magique Concerto pour violon n° 1 de Bela Bartok,

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    et, ensuite, avec une équipe de sept autres merveilleux solistes :

    Erik Schumann, Gabriel Le Magadure et Rosanne Philippens, violons,

    Lawrence Power et Lily Francis, altos,

    et Nicolas Altstaedt et Jan-Erik Gustafsson, violoncelles

    _ excusez du peu !!! _,

    pour l’Octuor pour cordes, opus 7, de George Enescu.

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    Eh bien,

    ce CD Warner Classics 0190295662554

    est un enchantement absolu

    _ cf aussi cet article très juste de Jean-Charles Hoffelé : Pour faire venir l’automne… _

    dans chacune de ces deux œuvres

    tout bonnement sublimes !!!

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    Courez-y !!!

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    Ce mercredi 19 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • 4 remarquables articles de Jean-Charles Hoffelé sur des rééditions d’enregistrements de musique française d’Ernest Ansermet autour de Claude Debussy

    Voici 4 articles passionnants

    des 4 août, 31 août, 9 septembre et ce jour même, 16 septembre 2018,

    de Jean-Charles Hoffelé sur son très riche site Artamag,

    à propos de très bienvenues rééditions d’enregistrements d’Ernest Ansermet,

    dont trois par l’excellent Decca-Eloquence australien (que dirige Cyrus Meher-Homji),

    de musique française,

    de, et autour de, Claude Debussy :

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      4 août 2018 : Révisons nos classiques http://www.artalinna.com/?p=9805 
    31 août 2018 : Sombre Allemonde http://www.artalinna.com/?p=9963 
     9 septembre 2018 : Esprit français http://www.artalinna.com/?p=10007
    16 septembre 2018 : Jeux http://www.artalinna.com/?p=10047 
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    http://www.artalinna.com/?p=9805
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    RÉVISONS NOS CLASSIQUES

    Un couplage imparable assemblé sur le thème des Ballets Russes par Cyrus Meher-Homji pour sa _ passionnante ! _ collection Eloquence, rappelle à quel point Ernest Ansermet fut versé dans les musiques écrites pour la troupe de Diaghilev. Ironie de la discographie pourtant abondante du chef helvétique, il ne gravera pas Parade, ni l’intégrale de Chout (mais une grande sélection) et l’éditeur laisse de côté ses versions éclairantes du Tricorne, du Chant du rossignol, de Renard, si bien que seul Pulcinella (peu gâté par un trio vocal frustre) et Les Noces (géniales de bout en bout, écoutez le sel qu’y met Hugues Cuénod !) illustrent ici des œuvres qu’il a créées. L’écriture claire et anguleuse de Stravinsky lui va comme un gant, mais pour parfaites que soient ses interprétations, une émotion supplémentaire _ voilà ! _ se dégage du pan français de ce double album.

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    Daphnis et Chloé, La Valse, le Prélude à l’après-midi d’un faune (avec les incroyables diaprures de la flûte de Pépin), Jeux, ces disques sont célèbres, mais les connait-on vraiment ? _ d’où le caractère si bienvenu de ces rééditions !

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    Daphnis et Chloé _ par Ansermet _ est une merveille qui égale les gestes de Pierre Monteux, Charles Munch ou André Cluytens, avec en prime une prise de son _ Decca _ faramineuse qui sculpte l’espace et que cette réédition rend mieux que les précédentes : on y voit _ voilà ! _ non seulement le ballet, Ansermet battant ses mesures dans le tempo des danseurs, mais on y entend aussi la narration de la pantomime dans la volupté des décors de Bakst ; en tous points la sensation d’être à la création de l’œuvre _ ce qui devrait être le cas pour tout concert et toute interprétation (discographique y compris…) !!! Et la poésie trouble _ voilà _ de Ravel fut-elle jamais mieux servie, dite avec tant de pudeur et pourtant tant de sensualité ? Quel orchestre, quel art des respirations, quelle magie des atmosphères _ oui _ qui gagne même jusqu’au chœur, magnifiquement mené.

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    La Valse, filée comme un mauvais songe, est superbe de style (c’est l’ultime enregistrement _ 2-8 avril 1963, au Victoria Hall de Genève _ des quatre que lui consacra Ansermet). Et Debussy ? Le Prélude, torpide _ oui _, ne s’oublie plus avec ses pleins et ses déliés extatiques, son faune si sexuel : on voit le râle de plaisir de Nijinsky _ mais oui !

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    Le sommet de l’ensemble est pourtant Jeux, partition réputée injouable pour les orchestres d’alors. Mais Ansermet savait se débrouiller des mesures les plus complexes et dirige le tout _ en avril 1958, à Genève, donc _ dans une fluidité envoûtante, faisant apparaître le trio amoureux des joueurs de tennis, décrivant cette symphonie de nuit éclairée avec non plus simplement de la sensualité, mais un érotisme qui s’échevèle dans des crescendo névrotiques _ voilà. Lecture géniale, unique _ que celle-ci, de 1958 _, que l’on ne connaît pas assez. Ecoutez seulement. Et lisez le très beau texte de François Hudry.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ernest Ansermet and the Ballets Russes

    Claude Debussy (1862-1918)
    Prélude à l’après-midi d’un faune, L. 87
    Jeux, L. 133
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Daphnis et Chloé, M. 57
    La Valse, M. 72
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Pulcinella
    Les Noces

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    Marilyn Tyler, soprano (Pulcinella)
    Basia Retchitzka, soprano
    Lucienne Devallier, contralto
    Carlo Franzini, ténor (Pulcinella)
    Hugues Cuénod, ténor
    Boris Carmeli, basse (Pulcinella)
    Heinz Rehfuss, baryton-basse
    Chœur Motet de Genève
    Chœur et Orchestre de la Suisse Romande
    Ernest Ansermet, direction

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    Un album de 2 CD du label Decca 482 4989 (Collection « Eloquence Australia »)
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    Photo à la une : © Decca

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    http://www.artalinna.com/?p=9963
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    SOMBRE ALLEMONDE

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    29 décembre 1962, Ernest Ansermet dirige au Metropolitan de New York l’opéra qu’il aura défendu toute sa vie. Pelléas et Mélisande n’avait plus aucun secret pour lui, et il faut entendre avec quelle sensualité il emporte dans un flot dramatique incessant ce qui s’impose comme sa plus grande version _ notons-le _ du chef-d’œuvre de Debussy, devant même ses deux admirables versions genevoises captées par les ingénieurs de Decca.

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    La distribution au français immaculé y participe en grande part, à commencer par le Golaud blessé et mordant de George London, voix noire de vrai baryton-basse auquel vient se brûler le ténor solaire du Pelléas de Nicolai Gedda, avec son timbre de jeune premier et son sourire triste. Quel duo fraternel ils forment, sublime d’élans et d’accents (la remontée des souterrains !) confronté à la Mélisande naturellement sensuelle et vraiment comme venue d’un autre monde d’Anna Moffo, modèle de style qu’on n’espérait pas à ce point tenu.

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    La scène de la lettre de Geneviève selon Blanche Thebom est admirable pour le français, la ligne, les inflexions, et la soirée réserve une sacrée surprise avec Yniold, génialement campé par la toute jeune Teresa Stratas.

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    Version historique, indispensable, et enfin restituée dans toute sa présence sonore par Yves St-Laurent qui propose ici un ajout considérable à l’héritage sonore d’Ernest Ansermet. Immanquable.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Claude Debussy (1862-1918)
    Pelléas et Mélisande, L. 93

    Anna Moffo, soprano (Mélisande)
    Nicolai Gedda, ténor (Pelléas)
    George London, basse (Golaud)
    Blanche Thebom, mezzo-soprano (Geneviève)
    Jerome Hines, basse (Arkel)
    Teresa Stratas, soprano (Yniold)

    Metropolitan Opera Orchestra and Chorus
    Ernest Ansermet, direction

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    (Enregistré le 29 décembre 1962)

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    Un album de 3 CD du label Yves St-Laurent Studio YSLT738
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    Photo à la une : © DR

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    http://www.artalinna.com/?p=10007
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    ESPRIT FRANÇAIS

    Dans cet immédiat après-guerre où la gravure directe sur 78 tours régnait encore, Ernest Ansermet céda à la proposition de Decca : graver avec l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire les œuvres de Claude Debussy et de Maurice Ravel. Le projet fit long feu et se déporta de Paris à Genève, la saga des albums de l’Orchestre de la Suisse Romande et de son « patron » pouvait commencer.

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    C’est très exactement cette bascule qu’illustre cet album parfaitement composé. Ecoutez La Valse enregistrée à Paris _ le 6 octobre 1947 à la Maison de la Mutualité _ : son mouvement vif, l’équilibre des bois et des cordes toujours placés avant les cuivres, s’ils soulignent le génie de la balance qui fut toujours le signe de l’art d’Ansermet, rappellent aussi la manière dont Gaubert et ses amis dirigeaient le répertoire français à Paris. Ecoutez ensuite l’Alborada del gracioso qui ouvre l’album, sèche, d’une précision fanatique, aux phrasés et aux accents si percussifs qui dessinent le personnage et font voir la sérénade, c’est le génie visuel d’Ansermet qui s’y impose, parfaitement re-situé par un orchestre qui est devenu le prolongement naturel de sa personne _ enregistrée le 4 février 1947, au Studio Radio de Genève .

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    Avec ses amis genevois, il réussit _ ce même 4 février 1947 _ sa version princeps de La Mer (il en laissera quatre versions successives), précis minutieux qui fait tout entendre, mais sait d’abord distiller des atmosphères d’une subtilité sciante _ ô la justesse de cet oxymore ! _, orchestre clair jusque dans les ultimes pages où exulte une tempête solaire, l’inverse de la catharsis qu’y déchaînait Charles Munch.

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    Avec les Parisiens _ le 28 mai 1948 à la Maison de la Mutualité _, il distille le plus onirique des accompagnements que j’ai jamais entendus dans Shéhérazade : sa chère Suzanne Danco n’a plus qu’à voguer sur cet orchestre d’épices. Ils y reviendront ensemble à Genève pour la stéréophonie, mais auront-ils retrouvé les élans qui emportent ici La Flûte enchantée, son mystère érotique ?

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    Transferts parfaits, textes éclairants signés par François Hudry, album essentiel.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Ernest Ansermet
    Ravel & Debussy – The Decca 78s
    Claude Debussy (1862-1918)
    La Mer, L. 109
    Petite Suite, L. 65
    Maurice Ravel (1875-1937)
    Shéhérazade, M. 41
    La Valse, M. 72
    Alborada del gracioso, M. 43/4

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    Suzanne Danco, soprano
    Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
    (Ravel, La Valse, Shéhérazade ; Debussy, Petite Suite)
    L’Orchestre de la Suisse Romande
    Ernest Ansermet, direction

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    Un album du label Decca 482 5007 (Collection Eloquence Australia)
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    Photo à la une : Le chef d’orchestre Ernest Ansermet – Photo : © DR

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    http://www.artalinna.com/?p=10047

    JEUX

    Depuis sa création le 15 mai 1913, au Théâtre des Champs-Elysées sous la baguette de Pierre Monteux, Jeux effrayait les orchestres, mais aussi les chefs. Debussy y avait écrit tout un nouveau monde de sons et de rythmes qui allaient plus loin encore dans l’abstraction lyrique _ voilà _ que ne l’avait fait la simple complexification métrique du Sacre du printemps.

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    Comme aimait à le rappeler Pierre Boulez, Jeux est l’alpha de l’orchestre moderne _ rien moins. Monteux lui-même l’aura dompté pour le ballet – deux lectures en concert témoignent de sa mise en place au cordeau – mais ce seront les chefs d’orchestre dévolus à la musique de leur temps, Bruno Maderna, puis Pierre Boulez, qui en saisiront toute l’importance historique _ voilà _, précédés au disque par deux pionniers : Victor de Sabata, lui-même compositeur, et Ernest Ansermet.

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    Octobre 1953, Victoria Hall _ à Genève _, Gil Went et Roy Wallace règlent leurs micros pour saisir ce qui deviendra la version la plus parfaite du chef-d’œuvre de Debussy enregistrée alors. Si Ansermet se souvient du ballet – ses tempos sont ceux des danseurs – il fait entendre avec une impérieuse sensualité chaque repli harmonique _ oui _ de cette langue si neuve, pliant, dépliant, froissant, défroissant son orchestre qui semble un grand félin dans la nuit.

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    Cette poésie gorgée de timbres où danse encore le souvenir du faune languide, si sensuel, torride comme une nuit d’été, vous enveloppe littéralement d’une symphonie de sons. Abstrait et érotique pourtant. Ansermet refera d’autres Jeux tout aussi réussis (et peut-être plus fluides, de mouvements moins détaillés, ici on voit les beaux muscles), je vous en ai causé il n’y a pas si longtemps _ cf son article Révisons nos classiques du 4 août dernier, donné ici même un peu plus haut _, mais il faut connaître ceux-ci, enregistrés pour faire exemple _ en 1953, à Genève, donc _, et qui sont pourtant la vie même.

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    L’éditeur ajoute la version la moins connue de La Mer (octobre 1957 _ toujours au Victoria Hall à Genève _) selon le chef helvète, un rien plus sombre que les trois autres moutures, et passe aux séances parisiennes _ à la Maison de la Mutualité, les 20 et 21 septembre 1954 _ dévolues à Paul Dukas : L’Apprenti sorcier narré comme un tranquille cauchemar, mais surtout et pour la première fois rééditée en stéréophonie, La Péri (sans sa Fanfare), torpide, sensualiste, emperlée, toute en diaprures, un Orient de sons qui tourne immanquablement la tête. Ernest Ansermet était décidément bien plus que l’esprit cartésien auquel certains veulent le réduire.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Claude Debussy (1862-1918)
    La Mer, L. 111(enr. 1957)
    Jeux, L. 133 (enr. 1953)
    Paul Dukas (1732-1809)
    La Péri
    L’Apprenti sorcier

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    L’Orchestre de la Suisse Romande, mezzo-soprano
    Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
    Ernest Ansermet, direction

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    Un album du label Decca 4824975 (Collection « Eloquence Australia »)
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    Photo à la une : Le chef d’orchestre Ernest Ansermet – Photo : © OSR

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    Des articles très à l’écoute, donc, de Jean-Charles Hoffelé,
    sur son très riche site d’Artamag,
    d’enregistrements magnifiquements réédités _ pour trois d’entre ces albums _
    par l’australien Decca-Eloquence,
    que dirige le très perspicace Cyrus Meher-Homji.
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    Grand merci à chacun d’entre eux !!!

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    Ce dimanche 16 septembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa