La belle anthologie ! Les mélodies de Debussy, en dehors des Bilitis, ne sont pas si courus que cela, et il semblait impossible d’y réunir les deux sexes par des voix aussi versées dans cet univers.
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Magnifique de bout en bout, Sophie Karthäuser distille l’érotisme des mélodies saphistes sans en charger les affects et sublime les Baudelaire : quel Jet d’eau, quelle Mort des amants dans le piano si caressant, si sonore d’Eugene Asti, bien plus qu’un accompagnateur, un peintre qui passe incontinent du crayon au pinceau. Et pour les quelques Vasnier, ce sens du mot qui fait les vers de Bourget enchanteurs sans être désuets. Elle vous sauverait toutes les mélodies de charme de Fauré avec le même art.
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Mais c’est pourtant d’abord à la face sombre _ oui ! _ de cet album parfait que je retourne _ moi aussi… _ : Stéphane Degout est l’imagination même _ en effet ! _ dans les Verlaine, dans les Mallarmé, son chant noir donne aux Rondels de Charles d’Orléans, à ses Ballades de François Villon cette nostalgie ou cette gouaille _ les deux _ qui se sont perdus dans le chant français d’aujourd’hui sinon par sa voix _ en effet : splendide !
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Son Promenoir des deux amants peut regarder droit dans les yeux ceux que nous aura laissés Bernard Kruysen. Alain Planès qui l’accompagne de toute sa science debussyste ajoute _ au piano seul _ les Images oubliéestandis que Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon sont dévolus à Asti : respirations nécessaires dans tant de perfections.
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LE DISQUE DU JOUR
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Harmonie du soir
Claude Debussy (1862-1918) Nuit d’étoiles, L. 4 Mandoline, L. 29 Fêtes galantes, Livre I, L. 80 3 Chansons de Bilitis, L. 90 L’âme évaporée, L. 78 Les cloches, L. 79 Les Angélus, L. 76 Dans le jardin, L. 78 Beau Soir, L. 6 Voici que le printemps, L. 52 Paysage sentimental, FL 55 Fleur des blés, FL 16 La Belle au bois dormant, L. 74 5 Poèmes de Charles Baudelaire, L. 64 Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon, L. 150* Sophie Karthäuser, soprano *Eugene Asti, piano
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3 Mélodies de Verlaine, L. 81 Fêtes galantes, Livre II, L. 104 3 Chansons de France, L. 102 3 Ballades de François Villon, L. 119 3 Poèmes de Stéphane Mallarmé, L. 127 Le Promenoir des deux amants, L. 118 3 Images oubliées, L. 87** Stéphane Degout, baryton **Alain Planès, piano
Un album de 2 CD du label harmonia mundi HMM902306.07 …
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La discographie de l’Ode à Sainte-Cécile où Haendel rend un hommage à peine masqué _ en effet _ au génie de Purcell ; avait-elle besoin d’une nouvelle version ? Même si John Butt ne dispose pas d’une soprano aussi radieuse que Teresa Stich-Randall, Felicity Lott ou Lucy Crowe – Carolyn Sampson y récidive ici, en petite voix hélas (hélas oui ! ) – la réponse est oui _ mais pas pour moi..
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L’élégance un peu inquiète de l’Ouverture introduit une atmosphère différente, ce sera une vraie ode, lyrique, poétique, et non la célébration solaire _ voilà ! _ que Pinnock _ très heureusement, à mon goût _ proclamait. Le pari était osé, mais comment ne pas entendre que John Butt retrouve les lumières ambigües qu’y peignait Nikolaus Harnoncourt ? _ tiens donc…
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Même fatigué, Ian Bostridge _ que j’adore _ atteint à une vraie émotion, mais pour l’entendre, il faut oublier les perfections d’Anthony Rolfe Johnson et de Richard Croft, ce ne sera pas en vain.
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Un chœur ardent et nombreux serait-il l’autre atout de cette lecture plus tendre que festive ? Peut-être, et prenant d’ailleurs à rebours les habitudes du temps. De plage en plage, il y aura beaucoup à glaner dans cette version qui s’éloigne du théâtre _ ce théâtre qu’aime tant Haendel ! _ et à mesure gagne en spiritualité _ mais Haendel n’est pas Bach… L’ajout du Concerto grosso Op. 6 No. 4 lui fait un postlude teinté d’une certaine mélancolie.
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LE DISQUE DU JOUR
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Georg Friedrich Haendel(1685-1759) Ode for St. Cecilia’s Day, HWV 76 Concerto grosso, Op. 6 No. 4
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Carolyn Sampson, soprano Ian Bostridge, ténor Chœur de la Radio Polonaise Dunedin Consort
Mstislav Rostropovitch avait défendu de son archet somptueux le méditatif Concerto pour violoncelle de Mieczyslaw Weinberg sans pourtant parvenir à l’imposer au répertoire. Alors que les violoncellistes de la jeune génération se l’approprient enfin (Claes Gunnarsson et Nicolas Altstaedt l’ont enregistré coup sur coup), voici que ressurgit sa première mouture _ voilà ! _ qui correspond bien mieux au projet initial du compositeur : un concerto juif écrit pour un ensemble modeste limité aux seules cordes _ information capitale, en effet ! Je viens de ré-écouter la version du Concerto de Nicolas Alstaedt, un musicien que j’apprécie pourtant beaucoup. L’esprit dans lequel celui-ci interprète la version modifiée du Concertino opus 43 de Weinberg est en effet bien moins émouvante, moins klezmer ; moins Requiem juif… L’œuvre, plus brillante (voire luxueuse) ainsi, y perd pas mal en émotion simple, prenante, taraudante : bouleversante…
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La poésie crépusculaire de cet ouvrage encadré par deux Adagios et dont le centre se compose de deux danses klezmer _ voilà _ est bien plus émouvante _ oui _ dans cette nudité première _ oui ! _ d’autant que Marina Tarasova chante ici _ oui _ avec un archet expressionniste saisissant _ c’est bien cela ! Ecrit en 1948, comment ne pas y entendre un petit requiem instrumental _ mais oui ! _ pour l’âme juive.
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Quel contraste avec les brefs gestes des Vingt-quatre Préludes pour violoncelle seulcomposés spécialement pour Rostropovitch, en 1960, qui ne les joua jamais ! Ouvrage majeur qui joue des formes, pratique la citation (Mozart, Chostakovitch, Schumann et quelques chants folklores juifs ou slaves), et explore toutes les possibilités de l’instrument avec une poésie désarmante : écoutez seulement le 3e Prélude.
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Finalement, Weinberg porta en 1979 le cahier à Marina Tarasova en lui dédiant le cycle. Elle en est devenue depuis l’apôtre. Son enregistrement est plus qu’historique, bouleversant _ voilà. Ce disque constitue un témoignage majeur de l’art de la plus grande violoncelliste russe de la fin du XXe siècle _ rien moins ! _, à égalité avec Marina Chaykovskaya et Natalia Gutman.
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LE DISQUE DU JOUR
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Mieczyslaw Weinberg (1919-1996)
Concertino pour violoncelle et cordes en ut mineur 24 Préludes pour violoncelle seul, Op. 100
Marina Tarasova, violoncelle Musica Viva Chamber Orchestra Alexander Rudin, direction
Comme Herbert von Karajan, Leonard Bernstein fut d’abord pianiste, mais le demeura au long de sa carrière, mettant son clavier au secours des chanteurs, se produisant en musique de chambre ou en soliste, mais aussi expliquant aux gamins, devant la caméra comment l’objet musical fonctionne _ tout cela !
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Ce piano laboratoire _ exploratoire _ était souvent peu soucieux du texte, Bernstein jouait à vue, même pour ses chanteurs qu’il n’hésitait pas à malmener d’enthousiasme – la section passionnée de La Vie antérieure le voit presser sans vergogne le débit vieilli de sa chère Jennie Tourel, l’album Brahms avec Christa Ludwig, superbe d’élan, mais tout de même bucheronné du clavier _ tiens, tiens…
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En musique de chambre et au studio, il savait être à la fois inspiré et exact comme l’illustre un immortel Quintette de Schumann avec les Juilliard, mais plus extraordinaire encore, c’est tout l’orchestre de Mahler qu’il fait entrer dans son piano pour l’un des plus inspirés disques de Dietrich Fischer-Dieskau, y ajoutant un théâtre insensé lors d’un Knaben Wunderhorn capté en public à Vienne où Walter Berry et Christa Ludwig se déboutonnent, fabuleux moment _ car c’est de toujours de moments uniques qu’il s’agit bien : et parfois, instants de grâce magiques, les dieux sont présents et nous assistent !
Et le concertiste ? Un transcendant 17e Concerto de Mozart, libre comme l’air, en dit assez long sur son cantabile qui n’oubliait jamais le rythme _ en effet !sa pulsation est bien fondamentale ! _, son Concerto en sol de Ravel – deux versions ici, la première avec le Philharmonia est à peu près une horreur, la seconde avec le Columbia Symphony une étude de jazz – est passé à la postérité, mais le live à Paris _ in le superbe et indispensable, lui aussi, coffretLeonard Bernstein An American in Paris, le coffret Warner Classics de 7 CDs Warner 0190295689544 _ les éclipse tous deux _ mais oui !
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Quelques merveilles absolues et oubliées : I Hate Music! avec Blanche Thebom en 1949, les Chants et Danses de la mort et la Shéhérazade avec Tourel. Hélas, il est trop tard pour elle lors du récital à Carnegie Hall le 2 mars 1969, ce qui n’empêche pas de pouvoir y prendre bien du plaisir – les Satie ! Mais le plus étonnant reste pour moi le Quatuor en sol mineur de Mozart avec les Juilliard. Ecoutez seulement !
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LE DISQUE DU JOUR
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Leonard Bernstein The Pianist
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Ludwig van Beethoven(1770-1827) Concerto pour piano et orchestre No. 1 en ut majeur, Op. 15 Leonard Bernstein (1918-1990) Seven Anniversaries Afterthought – Study for the Ballet “Facsimile” I Hate Music (2 versions) La Bonne cuisine Marc Blitzstein (1905-1964) Dusty Sun Johannes Brahms (1833-1897) Zigeunerlieder, Op. 103
Liebestreu, Op. 3 No. 1
Ruhe, Süssliebchen, im Schatten, Op. 33 No. 9
Von ewiger Liebe, Op. 43 No. 1
Die Mainacht, Op. 43 No. 2
eldeinsamkeit, Op. 86 No. 2
Sapphische Ode, Op. 94 No. 4
Der Tod, das ist die kühle Nacht, Op. 96 No. 1
Immer leiser wird mein Schlummer, Op. 105 No. 2
Ständchen, Op. 106 No. 1
Mädchenlied, Op. 107 No. 5 Dimitri Chostakovitch (1906-1975) Concerto pour piano et orchestre No. 2 en fa majeur, Op. 102 Aaron Copland (1990-1990) Sonate pour piano Claude Debussy (1862-1918) Fêtes galantes, Livre I, L. 80 Henri Duparc (1848-1933) La Vie antérieure George Gershwin (1898-1937) Rhapsody in Blue Franz Liszt (1811-1886) Oh! Quand je dors, S. 282 Gustav Mahler (1860-1911) Des Knaben Wunderhorn Rückert-Lieder Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit Phantasie aus Don Juan Erinnerung Ich ging mit Lust durch einen grünen Wald Frühlingsmorgen Lieder eines fahrenden Gesellen Modeste Mussorgski (1839-1881) Chansons et danses de la mort Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Concerto pour piano No. 15 en si bémol majeur, K. 450 Concerto pour piano No. 17 en sol majeur, K. 453 Concerto pour piano No. 25 en ut majeur, K. 503 Concerto pour trois pianos et orchestre en fa majeur, K. 242 Quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle en sol mineur, K. 478 Jacques Offenbach (1819-1880) O mon cher amant (extrait de « La Périchole ») Ah! Quel dîner (extrait de « La Périchole ») Francis Poulenc (1899-1963) Air vif, FP 46/4 Banalités, FP 107 (2 extraits : No. 2, Hôtel ; No. 4, Voyage à Paris) Ce (No. 1, extrait des “Deux poèmes de Louis Aragon, FP 122 ») Sergei Rachmaninov (1873-1943) Oh, cease thy singing (No. 4, extrait des “6 Romances, Op. 4”) Maurice Ravel (1875-1937) Concerto pour piano et orchestre en sol majeur (2 versions) Shéhérazade Erik Satie (1866-1925) La statue de bronze Daphénéo Le Chapelier Robert Schumann (1810-1856) Quintette pour piano et cordes en mi bémol majeur, Op. 44 Liederkreis, Op. 39 Richard Strauss (1864-1949) Allerseelen, Op. 10 No. 8 Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) Die Nacht (No. 9, extrait des “12 Romances, Op. 60”) Romances, Op. 16 Nos. 1 & 2 Jours sombres (No. 5, extrait des “6 Romances, Op. 73”) Zabyt tak skoro, TH 94
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Leonard Bernstein, piano, direction Jennie Tourel, mezzo-soprano Dietrich Fischer-Dieskau, baryton Christa Ludwig, mezzo-soprano Walter Berry, baryton-basse Blanche Thebom, mezzo-soprano Arthur Gold, piano Robert Fizdale, piano Juilliard String Quartet Columbia Symphony Orchestra New York Philharmonic Israel Philharmonic Orchestra Philharmonia Orchestra
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Un coffret de 11 CD du label Sony Classical 88985483792 …