Étiquette : Jean-Charles Hoffelé

  • Tendrissime beauté noire du « Liebestod – Wagner – Mahler – Strauss » : temps et éternité sous la baguette de miel du magicien Jakub Hrůša à la tête de ses chers Bamberger Symphoniker…

    Tendrissime beauté noire du « Liebestod – Wagner – Mahler – Strauss » de Jakub Hrůša – né à Brno le 23 juillet 1981 –  à la tête de ses chers Bamberger Symphoniker – qu’il dirige depuis la saison 2016 ; cf aussi mon article « L’excellent chef Jakob Hrůša nommé pour diriger à Prague l’Orchestre Philharmonique tchèque pour 5 ans à partir de la saison 2028-2029 ; ou un tropisme tchèque…«  en date du 30 juin 2026, à propos de sa nomination aussi à la tête de l’Orchestre Philharmonique tchèque, à Prague, à partir de 2028… – , en un splendide et bouleversant CD Accentus music ACC 39599 – enregistré à Bamberg aux mois de juillet et septembre 2022 – , en un programme idéalement composé par lui à partir de l’éblouissant Liebestod de Richard Wagner…

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    Écoutez donc ici, au choix :

    cela, le Prélude de Tristan (10′ 46) ;

    ou cela, le Liebestod de Tristan (7′ 24) ; 

    ou cela, l’Adagietto. de la Ve de Malher (9′ 51)…

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    C’est un très bel et justissime article intitulé « Romantisme noir » de Jean-Charles Hoffelé en date du 6 décembre 2025 qui m’a fait connaître l’existence de ce CD de Jakub Hrůša, un chef tchèque que j’apprécie beaucoup, et me l’a fait commander à mon disquaire préféré :

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    ROMANTISME NOIR

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    L’immensité du Prélude semble la mer d’Iroise au repos – oui – , les cordes somptueuses des Bamberger enchantent ce conte noir où la passion distille des poisons – voilà : à la Wagner… On est plus à l’opéra qu’au concert, et la Mort d’Isolde portée par un crescendo qui semble ne devoir jamais finir sonne, dans sa folle ivresse, comme l’aboutissement d’un drame auquel on croirait avoir assisté – c’est absolument cela, en un instant qui dure et indure, en sa terrible virulente douceur, et nous semble nous faire accéder au sentiment de ce qu’est l’éternité.

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    Opéra sans chanteurs, mais avec quel orchestre – absolument ! – , que Jakub Hrůša – qui fait littéralement corps avec eux ! – fait – immédiatement en suivant, sans suture, le plus naturellement du monde – flamboyer dans Totenfeier, qui deviendra à peine retouché le premier mouvement de la Résurrection – la Symphonie n°2 de Gustav Malher. Un héros s’y dresse face au destin, prémices de la Sixième Symphonie. Là encore – oui, oui : c’est tout à fait cela… – , l’espace semble immense, ouvert à l’infini – d’une éternité totalement hors temps… – , Jakub Hrůša ne pressant rien – certes pas ! – , maître du temps absolument – oui, oui -, jusque dans l’éther – qui le prolonge… – d’un – sublimissime – Adagietto qui a des teintes d’au-delà – oui – , manière de préluder au poème métaphysique de Richard Strauss.

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    Un autre opéra sans voix, dont le chef détaille les émotions de l’agonisant avec tendresse – les souvenirs de la première partie – ou terreur, puis élève l’âme, créant un troublant écho – voilà : tout se tient ici, sans rupture – avec l’exaltation des dernières pages de la Mort d’Isolde.

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    Fil parfaitement tiré – en sublime douceur, et même tendresse – entre trois compositeurs plus proches qu’on ne le suppose.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Liebestod

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    Richard Wagner (1813-1883)

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    Tristan und Isolde, WWV 90 – Prélude et Mort d’Isolde

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    Gustav Mahler (1860-1911)

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    Totenfeier (1888)
    Symphonie No. 5 (extrait :
    IV. Adagietto)

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    Richard Strauss (1864-1949)

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    Tod und Verklärung, Op. 24, TrV 158

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    Bamberger Symphoniker
    Jakub Hrůša, direction

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    Un album du label Accentus Music ACC30599
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Jakub Hrůša –
    Photo : © DR

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    Une douceur-tendresse enchanteresse :

    le filtre d’amour et et de mort opère mieux que jamais sous les doigts des Bamberger Symphoniker si subtilement dirigés par la baguette de miel du magicien Jakub Hrůša… 

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    Ce dimanche 29 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et la « Passion selon Saint-Jean » de Jean-Sébastien Bach, en la version révisée de 1749, par l’Ensemble Pygmalion, à l’approche de Pâques : un théâtre sacré de passions exacerbées…

    Et voici que l’Ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon vient nous offrir, à l’approche de cette Pâques 2026, son interprétation de la « Passion selon Saint-Jean » de Jean-Sébastien Bach (BWV 245), composée en 1724, mais en sa version révisée par Bach en 1749, un an avant sa mort, en un double CD Harmonia Mundi HMM902774.75 – enregistré à Namur en avril 2025 – ,

    avec une bien belle équipe de chanteurs : Julian Prégardien, ténor, en l’Evangéliste, How Montague Rendall, baryton, en le Christ, Yin Fang, soprano, Lucile Boulanger, alto, Laurence Kilsby, ténor, Christian Immler, basse, en Pilate, et Étienne Bazola, basse, en Pierre…

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    En un article intitulé « Crucifixion » paru sur son site Discophilia le 20 mars dernier, Jean-Charles Hoffelé nous en a donné, comme à son habitude, un intéressant commentaire :

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    CRUCIFIXION

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    Ceux qui ont appris leur Saint-Jean chez Günther Ramin auront le souffle coupé. Là où le cantor de Saint Thomas faisait émerger – qu’est-ce-à-dire ? – l’appel au Sauveur, Raphaël Pichon et Pygmalion lancent des interjections fulgurantes, emportées dans un tempo fou.

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    Manière de faire surgir d’emblée un théâtre sacré qui est l’essence même de la Saint-Jean, Passion avec clous, couronne d’épines, lance, l’œuvre la plus violente – tiens, tiens ! – écrite au XVIII siècle que Raphaël Pichon fait entendre dans l’ultime version – de 1749 – . Bach, une année avant sa mort, continuait de rapprocher sa partition de la version princeps de 1724.

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    Trahison, Reniement, Jugement, Supplice, Mort, Mise au Tombeau, l’acuité visuelle déployée par les instrumentistes et les chanteurs déroule le drame – voilà – dans toute sa complexité, le discours preste qu’anime encore un prodigieux – oui ! – Évangéliste (Julian Prégardien osant le cri (Barrabas aber war ein Mörder et sa vocalise de fureur), atteint son acmé dans la comparution devant Pilate (terrible Christian Immler) et la flagellation, en fait un point de non-retour : ensuite l’œuvre va plonger dans la ténèbre jusqu’aux consolations finales du chœur, moment magique.

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    L’intensité du geste étreint Pygmalion autant que les acteurs du drame, au sommet – oui ! oui ! – le Christ d’Huw Montague Rendall  – quel merveilleux chanteur !!! – et Lucile Richardot – toujours terriblement magnifique !!! – aussi saisissante dans l’air d’outrage devant le Sauveur enchaîné que dans l’élévation spirituelle d’Es ist vollbracht, mais écoutez avec attention chaque mot du Servus de Laurence Kilsby(Erwäge, wie sein blutgefärbter Rücken), merveilleux ténor – oui, oui…

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    Cette Saint-Jean qui rebat les cartes d’une discographie fournie – elle s’approche singulièrement de celle de Peter Schreier par l’esprit sinon par les moyens – s’accompagne de la réédition d’une autre splendeur, la Musique funèbre pour le Prince Leopold d’Anhalt-Cöthen – ma version favorite avec celle de Gustav Leonhardt.

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    Déjà Aline Blondiau et Hugues Deschaux veillaient sur le Bach de ce jeune homme inspiré. Douze ans plus tard, ce disque n’a pas pris une ride.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Johannes-Passion,
    BWV 245
    (version 1749)

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    Julian Prégardien,
    ténor (L’Évangéliste)
    Huw Montague Rendall,
    baryton (Le Christ)
    Ying Fang, soprano (Ancilla)
    Lucile Richardot, contralto
    Laurence Kilsby, ténor (Servus)
    Christian Immler, basse (Pilatus)
    Etienne Bazola, basse (Petrus)

    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

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    Un album de 2 CD du label harmonia mundi HMM 902774.75
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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    Köthener Trauermusik,
    BWV 244a

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    Sabine Devieilhe, soprano
    Damien Guillon,
    contre-ténor
    Thomas Hobbs, ténor
    Christian Immler, basse

    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

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    Un album du label harmonia mundi HMM 93221
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    Photo à la une : le chef Raphaël Pichon – Photo : © Fred Mortagne

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    Un article de Jean-Charles Hoffelé sur cette « Saint-Jean » de Bach à comparer avec celui, intitulé « Un monde en soi« , en date du 15 avril 2022, consacré à la précédente « Saint-Matthieu » de Bach par Pygmalion,

    soit le triple CD Harmonia Mundi HMM 902691.93 de Pygmalion – et je relève au passage que trois chanteurs seulement  sont communs à ces deux Passions enregistrées par Pygmalion :Julian Prégardien, Lucile Richardot et Étienne Bazola…

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    À méditer et ré-écouter, en cette approche de Pâques 2026, en une actualité hallucinée…

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    Ce lundi 23 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir un jeune interprète, le pianiste Alexander Malofeev, en un répertoire (russe) avec lequel je n’ai personnellement guère d’atomes crochus, sur la foi de la lecture de comptes-rendus enthousiastes : une expérience de la délicatesse féérique d’un toucher adamantin qui nous fait accéder au cœur préservé du plus secret et toujours à vif de l’intime à jamais nostalgique de Nikolai Medtner (1880-1951) et Serguei Rachmaninov (1873-1943)…

    œœDécouvrir un jeune interprète, le pianiste Alexander Malofeev – né à Moscou le 21 octobre 2001, et installé à Berlin depuis la fin de l’année 2022 – , en un répertoire (russe : Glinka (Novo Spasskoïe, 1804 – Berlin, 1857), Medtner (Moscou, 1880 – Londres, 1951), Rachmaninov (Semionov, 1873 – Beverley Hills, 1943), Glazounov (Saint-Pétersbourg, 1865 – Nelly-sur-Seine, 1936) – tous les quatre un jour expatriés de leur Russie natale... – ) avec lequel je n’ai personnellement guère d’atomes crochus, sur la foi de la lecture de comptes-rendus enthousiastes – de Bertrand Boissard aux pages 70-71 du numéro 753 de ce mois de mars 2926 (le double CD y est « Diapason d’or« ) ; et de Jean-Charles Hoffelé en son article « L’Élégiaque » en date su 17 mars dernier … – en son double CD Sony 19802936922 – enregistré à Berlin du 20 au 22 février et du 1er au 6 mars 2025, soient 9 jours ; et Alexander Malofeev a alors 24 ans… – :

    telle est l’expérience à laquelle je me livre ce dimanche matin 22 mars…

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    De l’article remarquable de justesse et précision de Bertrand Boissard, je retiens ici la forte conclusion :

    « Plus qu’un immense pianiste – « de ce nouveau maître du piano » qu’est magnifiquement déjà Alexander Malofeev, ainsi que l’annonce le titre de l’article, page 70 – Alexander Malofeev s’affirme comme une forte et originale personnalité artistique : ce premier album en offre l’éclatante démonstration, et nous rend impatients de le retrouver« …

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    L’ÉLÉGIAQUE

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    « forgotten melodies », j’attendais tout un album Medtner, mais non, Alexander Malofeev ouvre ici son carnet secret de la musique de son pays natal, qu’une certaine nostalgie d’exil aura transformé en élégie.

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    Le nouveau petit prince du piano russe aura pris à revers les récents virtuoses tapageurs du Conservatoire de Moscou, toucher adamantin – voilà ! – , goût de l’intime – oui ! – palette de couleurs subtile – des traits dont je suis pour ma part éminemment fervent !!! – , tout un art que je n’avais plus entendu depuis Feinberg ou Ginzburg, avec cela une volatilité soudain stupéfiante : le grand déploiement de l’envol de L’Alouette, quelle splendeur ailée !

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    Il commence chez Glinka, rapprochant la pincée de Mazurkas, la Valse ou la Polka de l’univers Chopin – dont il doit être déjà un interprète d’exception – et après Medtner la poursuivra chez Sergei Rachmaninoff pour une sélection de pièces secrètes entourant une Deuxième Sonate débarrassée de tout effet, soudain plus émouvante que spectaculaire, une sorte d’anti-Horowitz où la virtuosité ne se voit jamais – comme il se doit et se devrait toujours !

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    Ici, son clavier semble sans marteaux – wow ! – , tout en couleurs, en ondes, en irisations ou en fulgurances – re-wow !!! – , comme il le sera dans les quatre merveilles prises chez Alexander Glazounov dont l’œuvre de piano n’est décidément pas assez courue.

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    Fil rouge de ce voyage, la nuit, dont la Sonate, les danses et les canzonas des Mélodies oubliées – de Medtner, qui donnent son titre à ce double album – explorent l’univers, entre conte et fantastique.

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    Il faut être assez poète pour varier si subtilement le kaléidoscope où Nikolai Medtner fait tourner son petit motif tendre et nostalgique, le jeune homme en saisit chaque inflexion, cueillant l’émotion dans un toucher magique – wow !!! –  ; et de conclure – plage 14 du CD n°1 – hors du cycle par l’Elfenmärchen, irréel à force de caresses, musique de perles. Je crois bien que Medtner est son univers, qu’il y persévère !

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    La prise de son (Maximilien Ciup a posé ses micros dans la Jesus-Christus-Kirche – à Berlin, où réside désormais Alexander Malofeev… – ) fait un peu trop ! entendre le jeu de pédales.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Forgotten Melodies
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    Mikhail Glinka (1804-1857)

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    L’Alouette (No. 10, extrait du cycle « Adieu à Sant-Pétersbourg » ; version pour piano seul : Balakirev)
    Mazurka en ut majeur
    Mazurka en ut mineur
    Polka en ré mineur
    Abschiedwalzer en sol majeur

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    Nikolaï Medtner (1880-1951)

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    Vergessene Weisen I, Op. 38
    2 Skazki, Op. 48 (extrait : No. 2. Elfenmärchen)

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    Sergei Rachmaninoff (1873-1943)

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    5 Morceaux de fantaisie, Op. 3 (2 extraits : No. 2. Prélude en ut dièse mineur ;
    No. 1. Élégie en mi bémol mineur)

    Fragments (Andante semplice) en la bémol majeur
    Sonate pour piano No. 2 en si bemol mineur, Op. 36
    12 Romances, Op. 21 (extrait : No. 5. Lilas – version pour piano seul : Rachmaninoff)
    Études-Tableaux, Op. 33 (3 extraits : No. 3. Grave ; No. 7. Moderato ; No. 8. Grave)

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    Alexandre Glazounov (1865-1936)

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    Étude en mi majeur, Op. 31 No. 3 (La nuit). Allegretto quasi andantino
    Chant des Bateliers de la Volga, Op. 97 (version pour piano seul)
    Idylle en fa dièse majeur, Op. 103
    3 Miniatures pour piano, Op. 42 (extrait : No. 3. Valse. Allegretto)

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    Alexander Malofeev, piano

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    Un album de 2 CD du label Sony Classical 198029369229
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    Photo à la une : le pianiste Alexander Malofeev –
    Photo : © Evgeny Evtyukhov

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    Pour découvrir ici le toucher de ce piano magique d’Alexander Malofeev,

    regardez cette vidéo (de 6′ 52) de la « Canzona serenata » Op. 36 n°8 de Medtner, enregistrée en concert à Francfort le 15 septembre 2022…

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    Quel art magique de servir si idéalement – sans le moindre pathos sirupeux, ni encore moins la plus petite once d’histrionisme grandiloquent – l’art profondément méditatif et si subtilement délicat et profondément intérieur, intime et onirique, de Nikolaï Medtner et de Sergueï Rachmaninov, subtilement agrémenté de pièces nostalgiques elles aussi, de Mikhail Glinka et Alexandre Glazounov :

    tous des exilés de Russie…

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    Immense merci à la magie si touchante de cet interprète prodigieux qu’est Alexander Malofeev !!!

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    Ce dimanche matin 22 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Entre chaloupés et syncopes, et magnifiques subtilités rythmiques, la très sensible intelligence du jeu de Guillaume Coppola en son marquant CD « Satie amoureux » au charme singulier un peu fou…

    Entre chaloupés jazzy et syncopes ironiques – merveilleuses subtilités rythmiques ! – , la très sensible intelligence du jeu de Guillaume Coppola nous offre un très marquant et idéalement réussi (!) CD Alpha 1192 « Satie amoureux » – enregistré à Paris au mois de mai 2015 – en forme d’hommage discographique parfaitement senti à Erik Satie (Honfleur, 17 mai 1866 – Paris, 1er juillet 1925), pour l’anniversaire des 100 ans du décès de celui-ci…

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    J’ai entendu jouer naguère, dans les salons Mollat, Guillaume Coppola – de plus très sympathique ! – ,

    mais n’avais, jusqu’ici, pas trop d’affinités avec l’univers poétique de la musique d’Erik Satie, dont ont paru l’année 2025 pas mal de CDs-hommages de divers excellents pianistes…

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    Et l’intitulé de ce CD « Satie amoureux » n’était pas non plus sans me surprendre quelque peu : Satie amoureux ? Tiens donc !?..

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    Et c’est l’article « Carte du tendre » de Jean-Charles Hoffelé – à l’oreille très fiable – consacré à ce CD « Satie amoureux« , paru sur son site Discophilia le 11 mars dernier, qui m’a laissé me convaincre d’aller y jeter une oreille – regardez et écoutez ceci ! – , et cela pour ma très grande satisfaction !

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    Oui, Guillaume Coppola a bien tout compris de l’univers poétique musical assez singulier de cet atypique et à l’abord épineux Erik Satie,

    et il le sert même ici rien moins qu’idéalement !!!.. Bravissimo !

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    CARTE DU TENDRE

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    Jacques Leguerney, raillant Satie, gloussait : « de la musique de boîte d’allumettes ! » et certains pianistes, en effet, l’auront fait tout sec, et docte, et froid – voilà, voilà, voilà ! épineux, viens-je de dire – , ses musiques tirées par les épingles que Picasso a mis dans son portrait. France Clidat y osa le ton caf’conc – voilà ! – , du brio, de la générosité, soudain Satie n’était plus dans sa boîte et toute la Belle Epoque l’envahissait, fabuleuse découverte pas assez célébrée.

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    Guillaume Coppola sur les splendeurs secrètes d’un grand Steingraeber, qu’il caresse comme avec des plumes à la place des doigts, nous replonge dans les amours orageuses du compositeur et de Suzanne Valadon, dixit le pianiste dans sa brève note d’intention.

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    Mais ce que j’entends d’abord dans l’intimité que déroule le fil de ce beau disque, c’est Satie seul, dans le réduit d’Arcueil, assis à son piano droit, et se jouant à lui-même les charmes de Je te veux, les capricieux envols de la Fantaisie-Valse où passe comme le souvenir de Chabrier, le piquant d’une Diva de l’Empire où Hans Ourdine a réussi à faire entrer dans le clavier la voix de la chanteuse et Guillaume Coppola quasi ses mots – voilà, voilà… Tout cela d’une parfaite justesse d’appréciation !

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    L’album distille une sécrète nostalgie – oui – , même la Sonatine de Clementi, posée pour modèle à la Sonatine bureaucratique, n’y fait pas hiatus : sa petite fantaisie est si bien accordée aux trois « portraits » brossés par Satie. Comme ce Steingraeber est beau ! Guillaume Coppola ne serait-il pas tenté d’y oser – maintenant – un peu de Chabrier, un peu de Poulenc ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Satie amoureux
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    Erik Satie (1866-1925)

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    Je te veux, valse chantée
    (version pour piano : Satie)
    Valse-Ballet
    3 Gymnopédies (extrait : No. 3. Lent et grave)
    Gnossiennes
    (3 extraits : No. 1. Lent ; No. 4. Lent ; No. 2. Avec étonnement)
    Fantaisie-Valse
    Tendrement
    Poudre d’or
    Bonjour Biqui, bonjour !
    Gnossienne « No. 7 » (extrait de « Le Fils des étoiles)
    Vexations (extraits : Thème de la basse ; Première harmonisation du motif ;
    Seconde harmonisation du motif)

    Danses gothiques (extrait : No. 1. À l’occasion d’une grande peine)
    Prélude de la porte héroïque du ciel
    3 Valses distinguées du précieux dégoûté
    Sonatine bureaucratique
    Nocturne No. 6
    Désespoir agréable
    Jack-in-the-Box (extrait : No. 1. Prélude)
    Le Piccadilly
    La Diva de l’Empire (version pour piano seul : Hans Ourdine)
    Rag-Time Parade (version pour piano seul : Hans Ourdine)
    3 Morceaux en forme de poire (2 extraits : VI. En plus. Calme ;
    VII. Redite. Dans le lent)

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    Muzio Clementi (1752-1832)

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    Sonatine pour clavier en ut majeur, Op. 36 No. 1

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    Guillaume Coppola, piano

    Un album du label Alpha Classics 1192
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    Photo à la une : le pianiste Guillaume Coppola – Photo : © Lyodoh Kaneko

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    Un CD d’un très grand charme un peu fou !, comme il le faut…

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    Ce samedi 14 mars 1026, Titus Curiosus – Francis Lippa