Étiquette : justesse

  • Explorer des variations d’instrumentation dans l’interprétation de Johann Sebastian Bach

    L’œuvre de Johann Sebastian Bach parvenue jusqu’à nous

    est un peu moins copieuse que celle d’autres compositeurs,

    par exemple _ je l’abordais hier même _ celle de Georg Philipp Telemann ;

    ou celle d’Antonio Vivaldi _ merveilleusement conservée à Turin.

    …

    …

    D’où la tentation pour les interprètes de Bach

    d’oser varier l’instrumentation de ses œuvres,

    avec, bien sûr, les accommodations adjacentes nécessaires _ aux œuvres elles-mêmes…

    …

    …

    C’est ce séduisant jeu-là que suivent dans leur très belle réalisation qu’est le CD Glossa intitulé Cross-dressing Bach,

    les excellents Enrico Gatti, violoniste, et Rinaldo Alessandrini, clavecin ;

    en un très jouissif CD Glossa GCD 921210.

    …

    …

    Ces métamorphoses affectent ici

    …

    la Sonate pour violon et clavecin en ré majeur BWV 1028,

    la Partita en sol mineur pour flûte traversière seule BWV 1013,

    la Sonate en ré mineur pour clavecin seul BWV 964,

    le Trio en ré mineur BWV 583,

    la Sonate en sol mineur pour violon et clavecin BWV 1029,

    et la Fugue en sol mineur pour violon et basse continue BWV 1026 ;

    …

    toutes _ à l’exception de la Partita, transposée pour le violon seul _ transformées ici

    en œuvres pour violon et clavecin.

    …

    …

    Des métamorphoses parfaitement réussies.

    …
    …

    Il faut dire que les interprètes et transcripteurs,

    Enrico Gatti et Rinaldo Alessandrini,

    sont _ à mon goût du moins _ parmi les meilleurs _ et plus sérieux, sans esbroufe en leur imageance même _ des musiciens du Baroque… _ j’apprécie tout particulièrement la justesse de jeu d’Enrico Gatti.

    …
    Chapeau, Messieurs !

    Un récital de gala.

    …

    Qui chante avec jubilation _ et sans hystérie.

    …
    …
    Ce dimanche 20 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Sur la liberté d’écriture du récit : les conquêtes du travail de René de Ceccatty en son « Enfance, dernier chapitre »

    La réponse d’Aharon Appelfeld, le 19 mars 2008

    _ que voici :  » La différence entre un roman, entre l’écriture romanesque et l’écriture de mémoire, par exemple, c’est que l’écriture du roman mobilise toute la personne _ voilà _, mobilise ses sens, sa sensibilité, son imagination et sa mémoire. Si on se contente d’écrire ou de raconter ses mémoires, son autobiographie, on s’intéresse à, et on part surtout de, la dimension chronologique de l’être ; on se cantonne à ça _ l’alternative se situe donc entre se mobiliser et être cantonné. Si on n’écrit qu’à partir des sens, on fait de la littérature pornographique. Si on n’écrit qu’à partir du sentiment, c’est de la littérature sentimentale. Si on écrit uniquement à partir de l’intellect, c’est de la philosophie, et ce n’est plus de la littérature. Et si on n’écrit qu’à partir de son imagination, c’est de la science-fiction _ toutes écritures de cantonnement et d’immobilisation. Le roman, lui, fait la synthèse, et mobilise tout mon être« … _,

    …

    à ma question

    _ que voici, à 36′ 33 du podcast au sein de l’article Ré-écouter la voix d’Aharon Appelfeld : à Bordeaux le 19 mars 2008  :  » Merci d’être présent. Je voudrais vous demander ce que vous apporte votre écriture, en particulier romanesque, par rapport à ce que vons avez vécu ; puisque La Chambre de Mariana reprend ce que vous avez raconté dans Histoire d’une vie. Alors je voudrais vous demander ce que vous apporte cette écriture de type romanesque, qui n’est pas de l’ordre du divertissement, par rapport au sens de votre vie.« …  _

    sur ce qu’apportait l’écriture romanesque au sens qu’il donnait, lui, à sa vie,

    …

    la réponse d’Aharon Appelfeld

    a réactivé mon attention au « principe flottant
    sur la nature particulière de cet objet qu’est l’enfance » (ces expressions se trouvent à la page 350)
    qui anime fondamentalement le récit d’Enfance, dernier chapitre, de René de Ceccatty ;

    …

    et par opposition à ce que René de Ceccatty, lui, nomme « une narration linéaire, événementielle, chronologique »

    …

    (cf aussi ce passage page 394 :

    « mes réticences à m’en tenir à une _ simple _ chronologie linéaire
    ne relèvent pas de ce qu’on pourrait présenter négativement comme un désordre structurel
    ou une négligence de construction,
    ni d’un aléatoire soumis au système de l’association d’idées,
    ni encore d’une « manière » que j’ai adoptée dans certains de mes livres _ des biographies _ consacrés à des personnalités dites complexes dont j’ai tracé le portrait en m’autorisant une libre circulation temporelle _ voilà l’expression cruciale : « en m’autorisant une libre circulation temporelle« … _,
    mais _ bien plus essentiellement _ de la nature même _ voilà ! _ de cet objet de réflexion qu’est l’enfance.
    Non seulement « objet de réflexion », mais essence même _ voilà ! qui consiste en un questionnement ouvert par des va-et-vient permanents (et sans fin), allant de l’inconnu, déroutant, à l’un peu mieux connu (et retour)…  _ de la réflexion. ») ;

    …

    ou encore par rapport à ce qu’aurait pu être un récit « par listes » (page 198 :
    « On pourrait raconter une enfance par les odeurs (…). Par les vêtements. Par les lectures.
    Par listes.
    Mais ce serait renoncer au système d’associations d’idées _ en permanence ouvert sur de l’à découvrir, lui… _ qui préside _ voilà ! _ à la rédaction de ce livre,
    dont aucun chapitre ne se ferme définitivement _ comme pour un Montaigne (« tant qu’il y aura de l’encre et du papier au monde« ) ou pour un Proust ne cessant d’abouter et accoller à son texte déjà écrit, de nouvelles  « paperolles« … _, ni aucune scène ne peut _ en sa singularité _ être classée _ rangée, bouclée, enfermée en une catégorie délimitée à jamais _ »).

    …
    Tout demeurant, et en permanence, ouvert et questionnant,

    taraudant l’auteur ;

    comme plus tard le lecteur, en un dialogue se poursuivant, lui aussi, à l’infini.

    L’œuvre est fondamentalement ouverte.

    …

    La méthode, parfaitement ajustée à la complexité même de l’objet qu’il s’est assigné : « l’enfance » comme « essence même de la réflexion »,

    est donc pleinement et parfaitement assumée par l’auteur, qui s’y déploie avec bonheur…

    …

    Car, page 370 :

    « C’est le propre de la mémoire
    de ne pas plus épuiser ou pâlir les images qui lui reviennent,
    que de pouvoir s’y arrêter ».

    …
    Ce penser ne cessant de bouger

    et s’étendre en une pluralité de directions, elles-mêmes nécessaires…

    …

    Ainsi ce « travail » de remémoration-écriture lui-même ne peut-il être qu’infini :

    …
    « Le travail n’est pas terminé. Par qui _ d’autre _ pourra-t-il l’être jamais ? » termine ainsi René de Ceccatty, page 405, ce très riche et principal chapitre « Enfance » de ce merveilleux livre…

    …

    …

    Il me semble _ est-ce une question d’âge de l’écrivant ? ou une question d’époque (« modernité«  me paraîtrait incongru ici) de l’écriture ? ou tout simplement une affaire de degré de liberté conquise peu à peu en son œuvre même (et en sa vie ?) par l’auteur ? _
    que René de Ceccatty parvient
    _ et cela quelles que soient ses propres « réticences », voire « remords », ou scrupules
    (qui même parfois, je l’avoue, m’agacent un peu, ô très légèrement ! : qu’il soit donc un peu plus confiant en lui-même et en son merveilleux pouvoir d’auteur ! il s’en est donné pleinement et magnifiquement, opus après opus, le droit effectif)… _ ;

    …

    il me semble qu’il parvient ici _ en dépit de ces doutes et inquiétudes qui le taraudent ! il craint un peu trop, parfois, de ne pas être à la hauteur de son défi d’auteur, par rapport à d’autres qui l’ont impressionné… _
    à une merveilleuse liberté de circulation (d’« imageance ») d’une image à l’autre,
    qui me séduit tant comme lecteur, appréciant cette magnifique mobilité (et justesse !) :

    parfaitement « dansante », aurait dit sa mère (cf page 242)…

    …

    Et à l’image du funambule de Genet, que partagent et Marie-José Mondzain et René de Ceccatty,

    il me faut ajouter celle, sublime elle aussi, du « danseur de cordes«  _ voilà ! _ du magistral Prologue d’Ainsi Parlait Zarathoustra de Nietzsche, comment pourrais-je ne pas y penser ?..  

    …
    « En m’autorisant une libre circulation temporelle », disait donc René de Ceccatty _ c’était alors à propos de ses travaux de biographies d’auteurs _, à la page 394.

    …

    Aisance et hyper-mobilité dansante de « circulation »

    à laquelle n’a pas, me semble-t-il, tout à fait osé se rendre plus souvent un Aharon Appelfeld (Jadova, 16-2-1932 – Petah Tikva, 4-1-2018) en son écriture mémorielle,
    réservant, lui, cette écriture dansée-là, à sa seule écriture de fictions…

    …

    …

    Pardon de sans cesse ramener à ce livre déjà ancien pour lui, René de Ceccatty, qu’est Enfance, dernier chapitre, paru le 2 février 2017,

    …
    mais ses échos sont toujours tellement présents pour moi _ le livre ne quittant, d’ailleurs, pas mon bureau, il demeure à portée de ma main et de mes relectures ! Et continue de me travailler : je m’y réfère… _,
    me rendant même d’autres lectures _ telle celle du Classé sans suite de Claudio Magris, comportant, pourtant, lui aussi bien des déplacements dans l’espace comme dans le temps _ un peu trop lourdes, et même par moments plombées…

    …

    …

    Idéalement,

    il me plairait de voir désormais René de Ceccatty auteur pousser un peu plus loin la confiance en lui-même,

    et se révéler encore un peu plus serein et heureux en son écriture, si porteuse,

    si « télétransporteuse » même…

    …

    Mais ce serait probablement aller à l’encontre de sa foncière humilité personnelle,
    et de son infini auto-questionnement d’auteur, travaillé au tréfonds de sa quête d’écriture, par l’insatisfaction de l’à-peu-près, de l’améliorable, sur la voie qu’il a empruntée vers toujours _ de même qu’en son travail de traduction ! _ davantage de précision et pertinence,
    parce que perpétuellement et sans fin dans le souci et la recherche active de constants nouveaux progrès de justesse…
    Et cela n’est bien sûr en rien reprochable !..

    …

    A quel moment doit-on donc décider qu’une œuvre a atteint enfin son point d’achèvement ?..

    …

    Tout au contraire : nous nous sentons comme en devoir de le rassurer _ il sait nous transporter ! _ et de l’en épauler…

    …

    …

    Ce lundi 8 janvier 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La sublime justesse de l’humour de Dominique Noguez, cette fois dans un merveilleux « Causes joyeuses ou désespérées »

    On ne dira jamais assez de bien de Dominique Noguez,

    si magnifiquement juste,

    avec l’humilité, toujours, de la brièveté,

    en ce qu’il nous offre généreusement à _ joyeusement _ partager et lire de lui.

    …

    Cette fois, ce mois de mai 2017, pour ce cadeau inespéré, que constitue ce bref et tellement délicieux florilège (d’articles la plupart déjà publiés, ici ou là, à quelque occasion assez spécifique, mais soigneusement conservés, ensemble, en un dossier à portée de sa main, parce que bien aimés de lui, leur auteur) qu’il nous propose maintenant _ et, bien sûr, rien de cela n’a d’un seul moindre poil vieilli : la sublime fraîcheur (de vérité !) de toute cette petite musique-là est demeurée intacte, pure, vierge : à jamais tout simplement juste !!! _, sous le titre de Causes joyeuses ou désespérées, qui paraît aux Éditions Flammarion.

    …

    Je me permets ici de simplement reproduire le courriel à l’ami Pierre Bergounioux _ auquel l’ouvrage est dédié, je m’en suis avisé en terminant ma lecture _ que j’ai adressé hier, afin de tâcher de joindre _ par courriel, ou au téléphone _ Dominique Noguez lui-même :

    …

    Cher Pierre,

    à chaque parution d’un ouvrage de Dominique Noguez,
    je m’en saisis et m’en délecte !

    Ainsi de ce brillant et plus encore merveilleusement juste ! « Causes joyeuses ou désespérées »,
    dont je m’avise, venant d’en terminer la lecture, qu’il vous est dédié _ sans davantage d’explication…

    J’ai rencontré une seule fois Dominique Noguez : aux obsèques (en décembre 2006) de notre ami commun Hervé Brevière ;
    qui me parlait souvent de lui, et de leur amitié
    nouée en khâgne au lycée Montaigne à Bordeaux.

    Je me demandais si c’était là, en ces classes, que vous avez fait, vous aussi, la connaissance de Dominique Noguez ;
    mais en y réfléchissant, Hervé est passé au lycée Montaigne un peu avant moi (qui suis né en 1947) ;
    alors que vous, y êtes passé un peu après.

    J’ai eu l’adresse électronique de Dominique Noguez, mais l’ai égarée…
    Et j’aimerais lui proposer de venir présenter son livre _ tant de justesse en si peu de mots et avec cet humour détonnant en même temps que humble _ chez Mollat…

    En tout cas, je suis ravi d’apprendre ainsi l’estime que vous porte Dominique Noguez…

    Bien à vous, Pierre,

    Francis

    …

    Voilà.

    …

    C’est en effet un bonheur rare de lecteur que d’admirer et se réjouir si vivement de tant de justesse de penser, en telle grâce de légèreté grave _ à la Mozart ? à la Domenico Scarlatti ? Je me délecte aussi depuis samedi dernier de l’écoute en boucle du 5 éme volume de Sonates de Domenico Scarlatti que vient de nous donner le génial Pierre Hantaï : mêmes qualités de justesse, de vivacité, d’esprit, d’humour, de légèreté grave, ainsi que de politesse de la brièveté, que dans l’alacrité d’écriture, si intensément merveilleuse, de Dominique Noguez ! _ d’écriture, avec tant d’esprit ainsi que de culture _ aussi large que profondément faite sienne, et avec une aussi sublime pertinence ! _,

    avec ce merveilleux humour, aussi incisif et mordant que tendre, doux et apaisé…

    …

    Ce Causes joyeuses ou désespérées est tellement pourvoyeur de joie à chacune de ses 176 pages

    qu’il doit être à faire rembourser de toute urgence par la Sécurité sociale…

    …

    …
    Titus Curiosus, ce lundi 29 mai 2017

    …

    P. s. : le terme de « Causes » se justifie ici par la nécessité _ au moins pour l’auteur _ d’un si peu que ce soit d’argumentation ou plaidoyer à dérouler, a minima, et en toute modestie _ sans guère d’illusion, de sa part, de réussir à convaincre surtout ceux qui ne le liront pas !!! _, face à tant de cécité d’esprit jointe à tant d’inculture galopante, parmi les opinions arrêtées de beaucoup trop nombreux de nos frères humains ; là-dessus, et sur cela, revenir au lucidissime portrait du « dernier homme » dans le génial Prologue d’Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche…

    Ce Causes joyeuses ou désespérées _ à son tour « un livre pour tous et pour personne« … _ de Dominique Noguez, étant, bien sûr, lui aussi une petite bouteille à la mer : des lecteurs potentiels…

    Et au final, c’est bien toujours la joie qui doit l’emporter… Nous n’en démordrons décidément pas !

     

  • A propos du « nominalisme radical » de Michel Deguy et de la « confiscation » du mot « radical » selon Marie-José Mondzain

    À propos du « nominalisme radical » de Michel Deguy _ selon son merveilleux La Vie subite _ poèmes, biographèmes, théorèmes (aux Éditions Galilée) _

    et de la « confiscation » du mot « radical » selon Marie-José Mondzain _ en son passionnant Confiscation des mots, des images, du temps (aux Éditions Les Liens qui libèrent) _,

    voici le texte du courriel que je viens d’adresser à Michel Deguy et Marie-José Mondzain,

    suite à un échange de courriels avec mon ami et collègue Mathias Arnault, présent à la Station Ausone lors du magnifique entretien avec Michel Deguy à propos de La Vie subite _ poèmes, biographèmes, théorèmes :

     

    …

    Chers amis,

    en sa lettre hebdomadaire, intitulée, hier, « Mille façons de raconter »,
    la librairie Mollat cite, à propos de son « podcast de la semaine » (!),
    l’entretien que j’ai eu _ mais cette lettre ne va toutefois pas jusqu’à citer mon nom, cependant… _ avec Michel Deguy,
    en utilisant l’expression forte _ merci !! _ de « Retrouvez aussi en podcast la belle et profonde rencontre avec Michel Deguy », accessible à l’écoute (en 75′) par ce lien même…

    …

    L’expression « belle et profonde rencontre » me touche, forcément,

    en tant que source de proposition de cette rencontre,

    et plus encore acteur _ sur le vif de nos échanges : on peut y percevoir le rythme très parlant, lui aussi, des respirations et des silences, en même temps que la vivacité ou la sérénité des prises de parole, et aussi le merveilleux humour… _  sur le plateau de la Station Ausone…

    …
    J’ajoute qu’ à ce jour j’ignore si la vidéo qui a été réalisée de cet entretien sera prochainement accessible et diffusée, ou pas _ ce sera le podcast…

    …

    Voici donc ce que je viens de répondre à l’instant à l’ami Mathias Arnault, qui a assisté avec le plus vif intérêt, à l’entretien du jeudi 9 mars dernier,
    et qui me donne quelques réflexions _ stimulantes _ de sa part,

    notamment sur les rapports entre poésie et philosophie selon Michel Deguy :

    …

    …
    Ecouter parler-penser Deguy, et, mieux encore, s’entretenir-dialoguer avec lui, est en effet très enrichissant.

    …

    Il faut revenir regarder de plus près ce que Michel Deguy nomme son « nominalisme radical » :
    expression cruciale

    à relier à la magnifique méditation de Marie José Mondzain sur la confiscation du mot « radicalisation »
    en son très important (et urgent) Confiscation des mots, des images et du temps qui vient de paraître aux Éditions des Liens qui libèrent,
    qu’elle m’a adressé,
    et pour laquelle je suis, et en train d’écrire un article sur mon blog En cherchant bien, et de proposer à la librairie Mollat d’inviter son auteur, Marie-José Mondzain, à venir en parler in vivo en un entretien à la Station Ausone _ ce sera au Théâtre du Port-de-la-Lune, le 7 novembre 2017 ; et en voici la vidéo (de 65′)…

    …

    Ainsi qu’il faut revenir-regarder-étudier de plus près la poétique du « comme si comme ça » de Michel Deguy ;
    ainsi que sa pratique (poétique) _ active et créatrice _ de la « semblance » _ à oser penser, avec audace autant que justesse des rapprochements vraiment pertinents entre choses _ envers une « identité éclatée, multipliée », ouverte, tant des concepts que des choses ainsi rapproché(e)s.
    Car c’est via nos usages des concepts et via nos usages des mots (de la langue) que les choses, en leur étrangèreté de départ, nous sont (ou deviennent) humainement accessibles et (un peu) plus aisément formulables, y compris et surtout en leur fondamentale complexité et singularité : sans amalgame grossier qui les trahirait…

    …

    Tout cela mérite explicitation, bien sûr.

    …

    À ré-écouter _ grâce au podcast _ parler-penser in vivo _ rien ne remplace cela ! _ Michel Deguy,

    nous constatons que son humour très fin et magnifiquement subtil, nous éclate (de rire) à la figure ;
    et l’on comprend sa position-thèse de penser, de penser vraiment, en poète et poèmes, et pas seulement par concepts philosophiques : à la Deleuze, pour le dire un peu vite, selon sa caractérisation-formule fameuse du philosopher.

    …

    Cf ainsi de Michel Deguy la thèse de l’identité profonde, radicale 
    _ ou plutôt que d’identité, il vaut mieux parler de « semblance » ; celle-ci étant, à chaque fois, sur le champ, à établir ! à tenter, s’y risquer, au coup par coup… ; soit une fondamentale et radicale métaphoricité ! commune à tous les signes vraiment humains, y compris les authentiques œuvres d’art _
    entre mots ;
    ou plutôt entre phrases, comme je l’ai un peu repris là-dessus, en m’appuyant, en pensée du moins, sur la générativité de la parole _ toujours nécessairement articulées en phrases à créer _ selon Chomsky.

    Soit  la thèse de la fondamentale et radicale semblance entre mots, concepts, et choses : à faire conjointer !
    Sans non plus les séparer artificiellement _ par l’analyse, par exemple linguistique, à la Saussure _, puisque mots, concepts et choses se renvoient dynamiquement les uns aux autres.

    …

    Sur cet accès aux choses mêmes (et à ce que Michel Deguy nomme plus largement « le terrestre« ), ré-écouter déjà ce qu’en dit dans l’entretien, Michel Deguy.

    …

    Et il faudrait, en effet, appliquer cette correction-ci appliquée aux mots,
    à la fois aux concepts et aux choses : tous (générativement) ouverts, dans les usages et/ou approches qu’en permanence nous, humains _ pas encore trop inhumains _, en faisons, tentons _ hors des clichés, lieux-communs éculés et slogans…

    …

    Et il me semble qu’il y a de cela quand Michel Deguy se réfère, comme modèle de méthode de son penser, aux « mythèmes » de Lévi-Strauss,
    à propos à la fois de ses « biographèmes », « théorèmes », mais aussi, et d’abord, « poèmes »,

    selon le sous-titre même de son La Vie subite…

    …

    Prendre le temps de ré-écouter le podcast, est, déjà, plus que jubilatoire !

    …

    La lettre de Mollat, intitulée « Mille façons de raconter », quant à elle, dit simplement, mais c’est beaucoup ! :
    « Retrouvez aussi en podcast la belle et profonde rencontre avec Michel Deguy » : rencontre, voilà : entre nous deux, interlocuteurs improvisant sur le vif nos phrases sur le plateau éclairé _ et même éblouissant pour l’occasion : par l’intensité des projecteurs (destinés à la prise vidéo) _ de la Station Ausone…

    …

    A suivre,

    …

    Francis

    …

    Fin de ma citation de moi-même.

    …

    Titus Curiosus, ce samedi 18 mars 2017

    …

    P. s. : la veille, le mercredi 8 mars,

    j’avais eu le grand plaisir de m’entretenir, à la Station Ausone également, avec l’excellent (et très brillant, à l’oral comme à l’écrit) Olivier Wieviorka, à propos de son superbe Une Histoire de la Résistance en Europe occidentale 1940-1945 (aux Éditions Perrin), qui fait suite à sa brillante synthèse, en 2011, et toujours aux Éditions Perrin : Histoire de la Résistance 1940-1945.

    Ce nouvel opus portant sa focale sur la conduite mouvementée et complexe des Résistances intérieures européennes par les Anglo-Américains, depuis Londres (et aussi Washington) ; alors que le précédent opus portait sur les Résistances intérieures de la France seulement.

    Voici un lien vers ce podcast (de 54′) de mon entretien avec Olivier Wieviorka