Étiquette : Maurice Ravel

  • Qui sont les parents et la soeur de Magdeleine Hiriart-Gaudin ? Leur parenté avec Ravel

    En sa lettre de condoléances à sa « chère cousine » Magdeleine Gaudin-Hiriart du 8 octobre 1910,

    à la réception de la nouvelle de la disparition _ par noyade dans le fleuve Oubangui, dans ce qui était alors le Congo Français _, de Charles Gaudin,

    « ce bon Charles » écrit-il,

    …

    Maurice Ravel,

    après avoir mis l’accent sur l’importance pour le petit Edmond _ il a sept ans _ qui vient de perdre son père,

    de la présence auprès de lui de sa mère

    _ « Les consolations sont inutiles en un pareil moment. Une seule chose adoucira, plus tard, votre douleur. Ce sera la présence de votre cher petit Edmond. C’est pour lui qu’il vous faut vivre maintenant, et ne pas vous laisser abattre. Pensez qu’il n’a plus que sa pauvre maman« … _,

    …

    conclut sa lettre autographe signée de deux pages par ces mots :

    …

    « Il n’a plus que sa pauvre maman 

    à qui nous envoyons _ nous, c’est-à-dire sa mère, Marie Ravel-Delouart, lui-même, Maurice, et son frère Edouard _, ainsi qu’à vos parents  et à votre sœur, nos sentiments bien affectueux.« 

    …

    …

    C’est ici l’occasion de préciser

    qui sont précisément les parents Hiriart

    de cette « chère cousine » Magdeleine ;

    …

    ainsi que qui est sa sœur.

    …

    …

    Magdeleine Gaudin-Hiriart (née à Saint-Jean-de-Luz le 11 mars 1875),

    désormais veuve de Charles Gaudin, le fils aîné d’Edmond Gaudin et son épouse Annette Bibal,

    est en effet la fille aînée de Dominique Hiriart, né à Saint-Jean-de-Luz le 28 janvier 1849, menuisier-ébéniste

    _ fils de Jean-Baptiste Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 10 avril 1816 – Saint-Jean-de-Luz,  24 septembre 1859, tonnelier) et de Marie Etcheverry (Saint-Jean-de-Luz, 21 juin 1817 – Saint-Jean-de-Luz, 27 décembre 1850 ;

    elle même fille de Jean Etcheverry (Ciboure, 17 septembre 1877 – noyé au large d’Hendaye, le 15 novembre 1841, marin) et de la seconde Marie-Baptiste Delouart (Ciboure, 17 juin 1784 – Saint-Jean-de-Luz, 3 janvier 1842, couturière), la sœur cadette de la première Marie-Baptiste Delouart (Ciboure, 20 juin 1782 – Ciboure, 28 août 1855, poissarde), l’arrière-grand-mère maternelle de Maurice Ravel (qui est né à Ciboure le 7 mars 1875) _

    et qui décèdera à Saint-Jean-de-Luz le 20 décembre 1926 ;

    et de son épouse Marie _ dite aussi Marianne_ Dimats _ dite Imatz _, née à Saint-Jean-de-Luz le 28 octobre 1845, couturière, et qui décèdera à Saint-Jean-de-Luz le 9 juillet 1932. 

    …
    …

    Quant à la sœur cadette de Magdeleine,

    et qui demeurera célibataire,

    il s’agit de Marie Hiriart,

    née à Saint-Jean-de-Luz le 27 juillet 1877 ;

    et qui décèdera à Saint-Jean-de-Luz en la maison des Hiriart, au 37 rue Gambetta, le 19 octobre 1945.

    …
    Maurice Ravel n’oublie pas de la saluer elle aussi.

    …

    Magdeleine était le prénom de la grand-mère maternelle Harispe (épouse Dimats) de Magdeleine Hiriart ;

    et Marie était le prénom de la grand-mère paternelle Etcheverry (épouse Hiriart) de Marie Hiriart.

    …

    …

    Ces précisions d’état-civil, je les obtenues avant-hier, vendredi, au service d’archives de la mairie de Saint-Jean-de-Luz…

    …

    Cf aussi mon article du 26 mai dernier : ...

    …

    …

    Ce dimanche 22 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Dates de naissance et de décès de la « chère Tante Gachuch » de Maurice Ravel

    Pour faire un point sur mes nouvelles découvertes aux archives d’état-civil de Ciboure et Saint-Jean-de Luz vendredi 20 septembre,

    …

    ceci,

    soit un courriel adressé à Manuel Cornejo :

    …
    …
    mon séjour hier à Saint-Jean-de Luz et Ciboure m’a permis de passer _ avec profit ! _ un peu de temps aux archives municipales de ces deux cités _ procéder à partir des données documentaires (même sérieuses) du web comporte des limites : elles demeurent lacunaires. Et la recherche est infinie.
    …
    …
    Voici pour commencer _ d’autres documents bien intéressants aussi suivront ! _ de quoi rectifier les erreurs (de paresse de recherche) d’un bon auteur,
    à propos de Gachucha Billac, la « chère grand-tante » maternelle de Maurice Ravel
    (demi-sœur de sa grand-mère Sabine Delouart, née elle aussi à Ciboure, le 11 mars 1809 _ de Marie Delouart et d’un père inconnu _),
    cet acte de décès (n° 76) d’ »Engrâce Billac, décédée le 17 décembre, rue Gambetta, 41, (83 ans), célibataire« ,
    en date du 17 juin 1902, à onze heures du matin :
    …
    …
    L’an 1902, et le dix-sept décembre à onze heures du matin,
    Par devant nous Dominique Larrea, maire, Officier de l’État Civil de la ville de Saint-Jean-de-Luz, département des Basses-Pyrénées, sont comparus en notre Mairie, Charles Gaudin, capitaine au long cours, âgé de vingt-sept ans, et Pierre Gaudin, employé, âgé de vingt-quatre ans, domiciliés en cette ville, voisins _ sic _ de la défunte,
    lesquels nous ont déclaré que ce jour, à quatre heures du matin, Engrâce Billac, domestique, célibataire, âgée de quatre-vingt-trois ans, née à Ciboure _ le 15 mai 1824 _, domiciliée en cette ville, fille de feu Jacques Billac _ âgé de 52 ans à la naissance d’Engrâce, marin _ et de feue Marie Delouart, son épouse _ 35 ans, à la naissance d’Engrâce, poissarde _,
    est décédée à la rue Gambetta, numéro quarante et un,
    ainsi que nous nous en sommes assuré, et ont les déclarants
    signé avec nous le présent Acte de Décès après qu’il leur en a été fait lecture.
    …
    …
    Ont donc déclaré à la mairie de Saint-Jean-de-Luz le décès de Gachucha Billac
    Charles Gaudin, capitaine au long cours, âgé de 27 ans _ né le 19 novembre 1875, à Saint-Jean-de-Luz, 41 Grand’Rue n° 41 _,
    et Pierre Gaudin, employé, âgé de 24 ans _ né le 7 février 1878, à Saint-Jean-de-Luz, 41 Grand’Rue n° 41 _, 
    « voisins de la défunte » _ et beaucoup plus que cela : Engrâce-Gachucha avait pris la place la plus active à leur éducation quotidienne. Ils tenaient donc beaucoup, beaucoup à elle…
    …
    Suivront deux photos _ de simple confirmation des faits déjà reconnus ; cf mon article du 15 juillet dernier : … _ de l’acte de naissance (à Ciboure, le 15 mai 1824) de Gracieuse Billac.
    …
    …
    C’est la confusion _ d’où a-t-elle bien pu surgir ? Qu’est ce qui a donc pu la susciter ?.. _ par ce bon auteur de cette « Tante Gachuch » Billac avec la « Tante Bibi » des Bibal
    qui a entraîné vos affectations à Gachoucha Billac, aux pages 764, 1250 et 1646 de votre magnifique Correspondance,
    de ce qui revenait en réalité à Bernardine Bibal (née à Saint-Jean-de-Luz le 22 août 1855 ; je n’ai _ hélas _ pas pensé à rechercher aux archives municipales de Saint-Jean le document établissant la date de son décès ! _ ce que j’ai fait un mois plus tard, le 25 octobre suivant : Bernadine Bibal, célibataire, est décédée à Saint-Jean-de-Luz en son domicile, 5 Place Maréchal Foch, le 28 février 1943, à l’âge de 86 ans _)…
    …
    …
    Un simple calcul d’âge, et, d’abord, une vérification des dates de naissance et de décès de ces deux personnes, Gracieuse Billac et Bernardine Bibal,
    auraient permis d’éviter cette ridicule confusion _ que j’ai déjà relevée ; mais maintenant je dispose de la date effective (et significative de tout ce qui nous manque en fait de documents de la présence de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure avant 1901) du décès de Gachucha, le 17 décembre 1902 _ ; développée hélas dans le livre de cet auteur un peu trop négligent sur ses sources (et leur vérification)…

    Compiler ne dispense pas de chercher aussi vraiment un peu et de penser à vérifier…
    …
    Ce serait plus sérieux pour un travail aspirant à faire référence scientifique !
    …
    …
    Précisions en forme de commentaire :
    …
    La première de ces 2 mentions par Maurice Ravel de Gachucha Billac, en une lettre à Jane Gaudin, en date du 16 octobre 1902 _ page 82 _,

    date de 2 mois et 1 jour avant le décès de Gracieuse Billac, le 17 décembre 1902.
    Jusqu’ici, nulle mention de ce décès _ et de ce qu’a pu en ressentir Maurice Ravel : mais tant de lettres ont disparu ! ou nous échappent !.. _ n’a été retrouvée dans la Correspondance conservée de Maurice Ravel
    _ Madame Lenoir m’a répété hier qu’en un accès de rage une personne de sa parenté a (ou aurait) détruit (est-ce possible ???) toutes les lettres de Ravel que cette personne, qui en avait la détention après héritage) avait conservées en sa possession… Quelle terrible (et si absurde !) perte pour la connaissance !
    …

    La seconde _ et dernière _ de ces deux mentions du nom de Gachucha Billac dans la Correspondance conservée et connue de Maurice Ravel 
    est très postérieure à ce décès _ du 17 décembre 1902 _, puisqu’elle se trouve dans une lettre adressée à Marie Gaudin, en date du 20 septembre 1916 _ pages 537-538 _ :
    …
    son occasion est une dysenterie survenue à Saint-Dizier provoquée par des melons,
    ces melons qu’affectionnait tout particulièrement la chère tante Gachucha : « J’ai voulu réaliser le vœu de ma pauvre tante Gachucha, qui souhaitait mourir d’une indigestion de melon. Je m’en suis fourré pendant trois jours avec accompagnement de tomates crues, le tout additionné d’eau contaminée. Me voici depuis 5 jours couché dans ma chambre, avec la perspective d’être transporté à l’hôpital « …
    Maurice s’est alors souvenu avec émotion de sa grand-tante et de son goût immodéré des melons…
    …
    …
    Les élucubrations d’E. sur les « 64 ans » (« Gachoucha resta ensuite au service de ce couple Gaudin pendant soixante-quatre ans« , lit-on page 30 du livre d’E.) _ d’où peut donc sortir un tel nombre ? La référence n’en est bien sûr pas donnée… _ que Gachucha aurait passés au service des Gaudin (Annette Bibal _ née le 28 avril 1845, Grand’Rue n°21 à Saint-Jean-de -Luz  _ et Edmond Gaudin _ né le 17 novembre 1844, Rue Neuve n° 38, à Saint-Jean-de-Luz _ se sont mariés le 27 janvier 1875
    _ et si avant ce mariage Bibal-Gaudin de 1875, cela avait été au service des parents d’Annette Bibal (soit Pierre Bibal, né le 5 septembre 1806, rue Saint-Jacques n° 24, à Saint-Jean-de-Luz ; et Victoire Dupous, née le 9 juin 1822, rue Saint-Jean, n°4, à Saint-Jean-de-Luz) qui s’étaient mariés, eux, le 26 avril 1843), et pas des Gaudin… que Gachucha Billac aurait pu être domestique, à Saint-Jean-de-Luz _)
    manquent du plus élémentaire bon sens : 1875 + 64 = 1939 ! _ et 1843 + 64 = 1907 ; ce n’est toujours pas cohérent…
    …
    Gachucha Billac, née à Ciboure le 15 mai 1824, aurait atteint en 1939 l’âge beaucoup plus que canonique de 115 ans…
    Alors que Bernardine Bibal, née à Saint-Jean-de-Luz le 22 août 1855, était de 31 ans plus jeune que Gachucha Billac
    _ pour rappel, cf mon article du 1er juin dernier :  ; et celui du 12 juillet : … C’est pas à pas que l’enquête progresse.
    …
    Enfin, si l’on retranche 64 ans (de situation de domestique) des 83 ans de vie de Gachucha Billac (1902 – 64 = 1838),
    il se trouve que le résultat de 1838
    implique que la cibourienne Gachucha Billac aurait été domestique dès l’âge de 14 ans, en 1838,
    des luziens Gaudin-Bibal (mariés à Saint-Jean-de-Luz le 27 janvier 1875) ;
    ou plutôt des luziens Bibal-Dupous (mariés le 26 avril 1843) ;
    et même, plus en amont encore, des luziens Dupous-Benoît _ les parents de Victoire Dupous (9 juin 1822 – 16 juin 1903), soient Baptiste Dupous (Béhobie, 26 juin 1800 – Saint-Jean-de-Luz, Grand’Rue n° 41, 11 avril 1865) et Françoise Benoît (Saint-Jean-de-Luz, 2 octobre 1786 – Saint-Jean-de-Luz, Grand’Rue n° 20, 13 septembre 1855) _, qui se sont mariés, eux, le 17 septembre 1821, à Saint-Jean-de-Luz !
    …
    …
    La recherche, comme la publication, exigent un peu plus de sérieux !
    …
    …
    Suivront maintenant d’autres précisions documentées : sur les Hiriart…
    …
    …
    Ce samedi 21 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Un cas anomique (et anecdotique) de fétichisme ravélien…

    Recevant ce jour de Manuel Cornejo,

    l’étrange récit suivant,

    narrant le vol en 1975, puis la restitution ces jours-ci, de la clé de la maison natale de Maurice Ravel (1875-1937),

    …

    je lui ai répondu ceci :

    …

    …

    Merci de cette information.

    …
    Le fétichisme _ dans ce cas-ci : sans profit pour la connaissance ! _ des reliques va très loin…

    …

    …

      Académie internationale de musique Maurice Ravel

    Hier, à 00:03
    …
    …

    Une belle histoire…

    La semaine dernière, en pleine session de l’académie, La BnF – Bibliothèque nationale de France, nous a contactés par téléphone à propos d’une affaire surprenante.
    Elle nous a fait suivre un courrier contenant la clef d’une énigme vieille de 45 ans…

    « Chers Mesdames et Messieurs,

    J’ai l’honneur de vous écrire afin de vous demander pardon et vous retourner un petit morceau du patrimoine français.

    En 1975 j’étais un jeune américain âgé de 21 ans, étudiant à la Sorbonne Nouvelle, dite Paris III où je faisais des études de la musique et l’art français.

    Etant moi-même musicien (je jouais du cor d’harmonie dans des orchestres et fanfares universitaires), j’attendais avec plaisir le 7 mars, centenaire de la naissance du grand compositeur français Maurice RAVEL. Quelle joie de pouvoir écouter, au Théâtre de Champs-Elysées, les deux concertos de Ravel (dont l’un pour la main gauche) joués par Phillipe Entremont et l’Orchestre de Paris, dirigé par Serge Baudo ! Bien sûr il y avait plein de concerts de Ravel partout la ville de Paris, ainsi qu’une exposition, à la Bibliothèque Nationale de France, de ses objets personnels (son passeport, sa canne, une lettre lui écrite par Stravinsky (qui était content que Ravel ait aimé ses Noces), et plus.

    Auparavant j’avais fait un court séjour dans le sud-ouest de la France et bien sûr j’ai visité la maison natale de Ravel à Ciboure. C’est quand je me promenais dans la petite rue derrière la maison (où se trouvait une petite église) que j’ai vu la grosse porte de derrière de la célèbre maison. Dans la serrure il y avait une vieille clé.

    Au lieu d’essayer d’expliquer les émotions que j’ai senties au moment, je vous dirai tout simplement que j’ai volé la clé.
    45 ans plus tard, il est moment que je vous la rende.

    Maintenant âgé 66 ans, j’ai quatre petits-enfants et je continue à me rappeler les moments inoubliables que j’ai passés en France – à l’exception du moment honteux dont je viens de parler.

    Je vous demande pardon et je vous prie d’accepter cet objet auquel je n’avais aucun droit.

    Veuillez croire, chers Mesdames et Messieurs, à mes sentiments cordiaux et respectueux. »

    La clef a été solennellement remise par Jean-François Heisser à M. Guy Poulou, maire de Ciboure.

    …
    …

    AU lieu d’essayer d’expliquer les émotions que j’ai senties au moment, je vous dirai tout simplement que j’ai volé la clé.

    45 ans plus tard, il est le moment que je vous la rende. Maintenant âgé de 66 ans, j’ai quatre petits-enfants et je continue à me rappeler les moments inoubliables que j’ai passés en France – à l’exception du moment honteux dont je viens de parler.

    Je vous demande pardon et je vous prie d’accepter cet objet auquel je n’avais aucun droit.

    Veuillez croire, chers Mesdames et Messieurs, à mes sentiments cordiaux et respectueux

    M. L.

    Hillsboro, Oregon 97124

    …
    …

    Je complète ceci par cet article-ci _ d’Emmanuelle Fère et Ghislaine Castillon _ paru hier dans le journal Sud-Ouest :

    …

    …

    Ciboure : volée, la clef de la maison Ravel rendue par un Américain 44 ans plus tard

    …

    A La Une Pyrénées Atlantiques Saint-Jean-De-Luz

    …

    Publié le 17/09/2019 à 17h00. Mis à jour à 17h04 par Emmanuelle Fère et Ghislaine Castillon.

    …
    …

    Dimanche, Jean-François Heisser président de l’Académie Ravel a remis la précieuse clef au maire de Ciboure Guy Poulou.

    …
    …

    En 1975, un jeune Américain, étudiant en musique avait visité Ciboure et n’avait pu résister à empocher la clef de la maison Ravel…

    …

    …

    Maurice Ravel est-il culte ? Après le festival Ravel, clôturé dimanche et qui a suscité l’engouement du public, la question mérite d’être posée au regard de l’admiration immodérée que le compositeur a suscité auprès d’un Américain. En visite à Ciboure, en 1975, ce jeune étudiant féru de l’œuvre du Cibourien n’avait pu refréner son émotion. Il avait emporté la clé de la maison natale du musicien. Celle-ci vient d’être rendue à la Ville.

    …
    …

    La remise de la clef a eu lieu dimanche, au sein de l’auditorium Ravel de Saint-Jean-de-Luz, à l’issue de la proclamation du palmarès des prix des jeunes talents, lauréats de l’Académie Ravel (lire par ailleurs), en présence de Jean-François Irigoyen, maire de Saint-Jean-de-Luz et de Guy Poulou, maire de Ciboure. Jean-François Heisser, président de l’Académie Ravel, a narré le singulier parcours de cette vieille clé rouillée, et qui aura traversé deux fois l’Atlantique.

    …
    …

    « Émotions du moment »

    …
    …

    En 1975, un Américain, âgé de 21 ans, séjourne en France pour les besoins de ses études à l’université Sorbonne-Nouvelle (Paris III), en musique et en art. « Étant moi-même musicien (je jouais du cor d’harmonie dans des orchestres et des fanfares universitaires), j’attendais avec plaisir le 7 mars, centenaire de la naissance du grand compositeur français Maurice Ravel », narre celui qui est désormais âgé de 66 ans et vit en Oregon.

    …
    …

    « Quelle joie de pouvoir écouter, au théâtre des Champs-Élysées, les deux concertos de Ravel, dont l’un pour la main gauche », relève le mélomane, après avoir connu l’émotion la plus forte, et certainement irrépressible, lors de sa visite de Ciboure, déjà en 1975.« J’avais fait un court séjour dans le sud-ouest de la France, et bien sûr visité la maison natale de Ravel, à Ciboure. C’est quand je me promenais dans la petite rue derrière la maison, que j’ai vu la grosse porte de derrière de la célèbre maison. Dans la serrure, il y avait une clé. Au lieu d’expliquer les émotions que j’ai senties à ce moment, je vous dirais tout simplement que j’ai volé la clé. »

    …

    …

    Ni une, ni deux, à la vue du sésame de la maison de son idole, l’étudiant américain n’avait pas résisté à l’empocher. Pour mémoire, à l’époque, les lieux étaient occupés par l’office de tourisme, côté quai Ravel, et par l’Académie Ravel, côté rue Pocalette, à l’arrière de la maison. Le promeneur a donc « emprunté » la clé du couloir de communication entre les deux locaux, au sein de la maison. La clef a été recherchée, puis il a bien fallu se rendre à l’évidence, elle avait disparu. La serrure a été changée et la clé itou. L’objet a reparu, comme par enchantement. Pris de remords, l’ancien étudiant en musique l’a renvoyée le 28 août, accompagnée d’une missive, à l’attention de la Bibliothèque nationale de France (BNF). Cette dernière a transmis les éléments à l’Académie Ravel, qui les a reçus la semaine dernière, en plein cœur du festival !

    …

    …

    « 45 ans plus tard, il est temps que je vous la rende. Maintenant, âgé de 66 ans, j’ai quatre petits-enfants et je continue à me rappeler les moments inoubliables que j’ai passés en France – à l’exception du moment honteux dont je viens de parler », confie le sexagénaire. « Je vous demande pardon et je vous prie d’accepter cet objet auquel je n’avais aucun droit. »

    …

    …

    Jean-François Heisser a donc remis la clé symbolique à Guy Poulou, maire de Ciboure. Il reste à lui trouver une place, dans la Ville, elle qui ne quittera pas le cœur de cet Américain, mélomane.

    …
    …

    Prix de l’Académie

    …

    La 50e session de l’Académie Ravel a remis ses prix aux jeunes talents, dimanche matin. Ruben Micieli, piano, Elia Cohen Weissert, violoncelle, et Jean Sautereau, alto, ont reçu le prix de l’Académie Ravel (par la Ville de Saint-Jean-de-Luz).

    …

    Le prix Maurice-Ravel, décerné par la Ville de Ciboure, est allé à Iris Scialom (violon), Baptiste Tricot (piano), Arthur Heuel (violoncelle) et Madeleine Rey (alto).

    …

    …

    Ce mercredi 18 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La superbe BD « Maurice Ravel, un imaginaire musical » : pour raconter, aussi, et en beauté, la musique

    Karol Beffa, concepteur de ce projet (Comment raconter la musique),

    Guillaume Métayer

    et Aleksi Cavaillez _ le dessinateur : superbement éloquent par son trait ! _

    nous offrent une magnifique _ de vie ! _ BD,

    à partir des passionnants entretiens  _ publiés en 1938 _ de Maurice Ravel (1875 – 1937)

    et de son ami et disciple Roland-Manuel (1891 – 1966) :

    …

    Maurice Ravel : un imaginaire musical,

    une co-édition Le Seuil – Delcourt.

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    Ravel : un imaginaire musical

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    …

    Karol Beffa _ il est né le 27 octobre 1973 _ a un très vif _ et efficace _ souci d’aider par tous les moyens disponibles _ et à inventer _

    à la découverte par chacun et par tous de la musique !

    …

    …

    Bravo !

    …
    …
    Ce dimanche 1er septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    P. s. : Karol Beffa ne manque pas de saluer l’admirable travail de Manuel Cornejo, le président des Amis de Ravel ; et son indispensable édition de l’Intégrale de la Correspondance de Ravel…

    …

    Sur Karol Beffa,

    cf surtout mon article détaillé du 1er juin 2016 :  ;

    ainsi que le podcast de mon échange avec lui à la Station Ausone le 11 octobre 2016 à propos de Ce que nous fait la musique.

    …

    Et à propos de mes propres présentes recherches ravéliennes, depuis le mois de mars dernier,

    cet article-ci, récapitulatif, d’hier 31 août :