C’est bien l’incroyable révélation d’un sublime chef d’œuvre – enfin exhumé ! – du Baroque français, la tragédie en musique en un prologue et cinq actes « Suite d’Armide ou Jerusalem délivrée » – créée à Fontainebleau le 14 octobre 1704, et plusieurs fois rejouée en privé, mais jamais mise au répertoire de l’Académie royale de musique ; avec une unique source musicale conservée, à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris… – , que le génie d’interprétation de Leonardo Garcia Alarcon (La Plata, 1976), dirigeant sa Cappella Mediterranea et son Chœur de chambre de Namur – toujours magnifiques ! regardez cette brève vidéo (de 3′ 10) du chœur « Unissons nos cœurs à jamais« … – , vient mettre splendidement à la disposition de notre écoute avec le magnifique double CD Château de Versailles Spectacles CVS 125 (Collection Opéra français n° 12 « Suite d’Armide ou Jerusalem délivrée«
– regarder ici cette brève vidéo de présentation (de 1′ 30) par Leonardo Garcia Alarcon lui-même… – ,
avec aussi un casting parfait de chanteurs idoines : Marie Lys (Hermione), Véronique Gens (Armide), Gwendoline Blondeel (la Voix de Clorinde, une Suivante d’Armide, une Nymphe), Cyrille Dubois (Renaud), Nicolas Scott (Adraste, Alcaste, un Vieux Berger), Fabien Hyon (Vaffrin, un Guerrier), Victor Sicard (Tancrède), David Witczak (Ismen, Tissapherne)…
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De ce très marquant et magnifique (!!!) événement musical et discographique, ont tout récemment témoigné,
On pourrait croire qu’il s’agit d’une curiosité, mais c’est tout le contraire – que oui ! Servi par un cast impeccablement choisi, cet enregistrement, né d’un concert donné en 2023 au salon d’Hercule de Versailles et soulevé par la direction ardente – oui – de Leonardo García Alarcón, met en lumière un compositeur pour le moins inattendu – de nous tous jusqu’ici ! – et une œuvre singulière – absolument !
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…Le régent Philippe d’Orléans en 1715, par J.-B. Santerre
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De ce prince, le Régent, on savait en somme – assez – peu de choses. Qu’il avait mené une vie de plaisirs, passablement dissolue, allant de petits soupers en soirées galantes avec ses « roués » – oui, oui… – , qu’il avait passé nombre d’années à attendre la mort de Louis XIV, son oncle, avant d’assurer la Régence (de 1715 à 1723) pendant la minorité de Louis XV.
On se souvenait aussi de la mélancolie de Philippe Noiret dans Que la fête commence de Bertrand Tavernier (et de la gaillardise chaffouine de Jean Rochefort dans le rôle de l’Abbé Dubois).
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Ce qu’on savait un peu, c’est que cet homme de volupté et de goût – oui – , mais assez avisé en politique, était fort cultivé, qu’il dessinait et gravait, et collectionnait les tableaux. Qu’il fit décorer le Palais-Royal, à Paris, qui lui était échu en apanage, dans un style nouveau préparant les courbes aimables du Louis XV.
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Mais surtout que Philippe d’Orléans, fils de Monsieur, frère de Louis XIV, et de la Princesse Palatine, était fort mélomane. Que tout en s’intéressant à la géographie, aux mathématiques ou à l’optique, il avait pris des leçons de musique (et de composition) auprès de Charpentier – excusez du peu ! – , puis de Bernier, Campra et enfin Gervais à partir de 1700-1701. Saint-Simon, qui ne l’estimait guère, concède que « le duc d’Orléans aimait extrêmement la musique ; il la savait jusqu’à composer ». Le prince pratiquait le clavecin, la guitare, la flûte traversière, la viole de gambe et le chant, et avait bon goût : faisant nommer Charpentier et Bernier à la tête de la Musique de la Sainte-Chapelle ; favorisant Campra, protégeant Marais, Forqueray, Desmarest, Hotteterre, etc. ; faisant du Palais-Royal un foyer d’italianisme – voilà – , y accueillant des castrats, Pasqualino Tiepoli et Pasquale Betti, et nommant Charles-Hubert Gervais surintendant de sa musique.
Gervais, justement, collabora (jusqu’à quel point ?) à l’élaboration de Penthée, l’autre opéra du Régent, et de cette Suite d’Armide dont vraisemblablement il assura la direction lors de la création le 14 octobre 1704 dans la galerie des Cerfs du palais de Fontainebleau où séjournait alors la cour.
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Puis l’opéra fut redonné au Palais-Royal : « Il y eut au Palais-Royal un divertissement qui charma tous ceux qui eurent le bonheur de s’y trouver. Plus de 80 Concertans des plus habiles dans leur Art y firent répétition sous la conduite de Mr Gervais d’un Opéra intitulé Suite de l’opéra de Renaud & Armide. La surprise des Auditeurs fut grande, & quoiqu’ils eussent attendu beaucoup ce qu’ils entendirent fut trouvé beaucoup au-dessus de ce qu’ils attendaient. […] Je crois ne devoir rien dire davantage de ce divertissement, sinon qu’il semble qu’Apollon Dieu de la Musique ait versé ses connaissances dans le sein de quelqu’autre Dieu : je dis quelqu’autre Dieu, parce qu’il est des hommes que leur naissance et leur mérite mettent au dessus des Dieux de la Fable », écrit le Mercure Galant, dont les allusions à la « naissance » et au « mérite » désignent le Duc sans avoir à le nommer.
Ce qui est étonnant dès le prélude orchestral au premier monologue d’Herminie qui ouvre l’opéra, c’est la beauté et la richesse de l’orchestration (rappelons qu’on est là quelque trente ans avant – mais oui ! – l’Hippolyte et Aricie de Rameau…). Un opulent tissu de cordes et des contrechants de flûtes à bec colorent en arrière-plan une déclamation qui s’inscrit dans la postérité de la tragédie lyrique de Lully, où Marie Lys est superbe de passion contenue, de diction, de phrasé et de timbre. L’air assez bref « Qu’à son trépas » qui suit le long récitatif et s’appuie sur d’étonnantes cordes graves (violes de gambe et « basses de violons ») donne à Marie Lys l’occasion de montrer combien sa voix semble avoir encore gagné en richesse dans les graves, sans avoir rien perdu de sa lumière dans le registre supérieur.
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Tandis que la malheureuse Herminie se désole que Tancrède, non seulement la réduise en esclavage, mais reste de surcroît rétif à son amour, Armide se lamente de n’avoir pas eu plus du succès avec Renaud (l’ami de Tancrède) qui est resté sourd à ses ardentes sollicitations… Résolue à se venger, elle promet d’épouser celui (d’Adraste ou de Tissapherne ou de « cent guerriers fameux ») qui occira Renaud.
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…Fragonard : Renaud dans les jardins d’Armide (vers 1760). Musée du Louvre
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Italianismes
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Véronique Gens, à qui la redécouverte de la tragédie lyrique doit tant, dessine une Armide vengeresse, à la voix certes plus mûre, mais royale de phrasé et de douleur blessée. « Je chercherais moins sa perte si je l’avais moins aimé », dit-elle… Gens a l’art de rehausser la poésie du baron de Longuepierre qui n’est peut-être pas de la qualité de celle de Philippe Quinault, et fait un usage copieux de fatal courroux, atteinte mortelle, charme affreux, juste vengeance, et autre cruel vainqueur…
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Mais le Régent lui aussi l’améliore sérieusement : il passe avec naturel d’un style récitatif déclamé (sans doute, comme Lully, avait-il écouté la Champmeslé) à des airs plus mélodiques (qui témoignent de son goût pour la musique italienne). On remarque son habileté à animer le discours, en changeant le tempo à la fin du dialogue des deux femmes, sur « L’Amour causa mes malheurs ».
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On remarque aussi un certain penchant au sarcasme dans le duo des prétendants, rivalisant de panache surjoué : Adraste (le ténor Nicholas Scott) et Tissapherne (la basse-taille David Witczak) comme les valets, Vaffrin, l’écuyer de Tancrède, et la suivante d’Armide (le ténor Fabien Hyon et le soprano Gwendoline Blondeel) mêlent leur voix pour un finale du premier acte qui semble s’inscrire dans la tradition de la comédie-ballet.
Ce qui est plus personnel, c’est le pathétique de la nouvelle déploration, « Dans cette nuit de trouble et de douleurs », d’Herminie (Marie Lys, décidément magnifique) racontant à Vaffrin les avanies de Tancrède : c’est d’abord un arioso, très souple, que ponctue le continuo, dans une écriture calquée sur les affects du texte ; de là, insensiblement, on passe à nouveau sur « heureux et chers liens » à un air tendre où elle évoque la douceur de la captivité, quand, prisonnière de celui qu’elle aimait, son ennemi, elle le voyait sans cesse. Ce syndrome de Stockholm donne lieu à une mélodie effusive sur un lumineux accompagnement des cordes, d’une belle inspiration.
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De même que la fière plainte, « Amour, funeste amour » d’Armide sur un ostinato mordant de cordes graves, aux effets dramatiques puissants.
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Autre témoignage d’un talent d’orchestrateur très singulier (qui permet à la Cappella Mediterranea de déployer toutes ses couleurs), la « symphonie » précédent l’invocation de l’enchanteur Ismen (à nouveau David Witczak, qui peut là faire sonner toute sa puissance, un beau timbre très plein de baryton et son agilité dans les ornements).
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Dans une scène très théâtrale (on ignore tout bien sûr d’une éventuelle mise en scène), Philippe d’Orléans fait appel à des bassons obligés, sur un tapis de cordes graves et des roulements de timbales imitant le tonnerre, pour des effets spectaculaires qui semblent préfigurer Spontini voire Berlioz.
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En avance sur son temps
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Cette scène fantastique est bâtie largement, avec, non moins pittoresque et colorée, une danse des Démons, à nouveau très appuyée sur les basses, scandée et vigoureuse, sur quoi surenchérit un chœur des Démons (le Chœur de Chambre de Namur comme toujours parfait – oui – de précision et de couleurs variées).
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Le cantabile d’Ismen qui s’ensuit, très large, montre à nouveau les multiples talents du prince. Qui sans doute disposait d’interprètes de première force (il en avait les moyens) si l’on en juge par la difficulté et l’âpreté du monologue d’Armide, disant à la fois sa joie de terrasser bientôt Renaud et sa douleur de le perdre.
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C’est à nouveau une manière d’arioso, très tragédie lyrique, montant jusqu’au plus haut de la tessiture, et s’interrompant pour de brèves ritournelles mélodiques, et des fusées des violons. L’ultime phrase,, « Et tu pourras alors le suivre et mourir de douleur d’avoir percé son cœur », est une manière de lamento, qui à nouveau sonne très en avance sur son temps.
Évidemment qu’on s’interroge : quelle est la part de la réalisation de l’orchestration par Leonardo García Alarcón dans le chatoiement de l’orchestre ? Une part aussi difficile à mesurer que celle de Charles-Hubert Gervais, qui peut-on penser n’est pas mince… * voir note importante en bas de page !
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Une dramaturgie qui a de la force
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Le livret a ses faiblesses (les clichés cités plus haut), mais d’un point de vue dramaturgique il a de la force.
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Ainsi l’apparition de Tancrède (on change de personnage principal) au troisième acte. Victor Sicard dit autant qu’il chante, et avec beaucoup de largeur, et même de grandeur, la longue plainte du héros, se morigénant d’avoir tué Clorinde. Là encore le Régent (ou Gervais) passe avec décontraction du récit à l’air, pour revenir au récit, et ainsi de suite. Et que dire de la scène fantastique en Technicolor de la tempête, du vaste tintamarre, de « l’enchantement » (le mot est dans le texte) au milieu duquel Tancrède entend la voix de Clorinde. Mais ces timbales, ces violons agités, ces éclairs, sont peut-être moins audacieux que le discours décousu du héros, l’écriture hachée disant son désarroi, puis s’apaisant (sur un tapis de flûtes à bec) quand il entre dans le royaume de la mort.
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Contrastant avec la terribilità de l’apparition de Tancrède, celle de Renaud s’entourera d’un frais bocage musical, à renfort de flûtes, pizzicati de cordes et chœur des Nymphes. Autant l’écriture vocale pour Tancrède avait été heurtée et expressionniste, autant celle pour Renaud est séraphique et virginale – oui. Cyrille Dubois est aussi limpide dans ce registre pastel que Victor Sicard est puissant dans le sien. Beauté du timbre, délicatesse des phrasés, fierté des accents – voilà, voilà – dans son dialogue avec la fausse Armide (l’excellente Gwendoline Blondeel), puis éclat de son chant triomphal, « C’est étendre trop loin », Cyrille Dubois déploie toute la palette du héros solaire. Et c’est l’une des réussites de cet enregistrement que ce jeu sur les couleurs de voix.
On mentionnera encore les belles déplorations d’Herminie à l’acte IV. Son lamento « Ô vue, hélas, à mes yeux si chère » sur un tapis songeur de cordes et de flûtes à bec (deux pupitres de « dessus de violon » et deux de flûtes) est d’un pathétique qui lui aussi semble en avance sur son temps. Ces courbes, ces inflexions, semblent augurer une sensibilité nouvelle. De même que le bucolique de la scène du Vieux berger (Nicholas Scott), avec accompagnement de trois hautbois.
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Toile de Jouy et Hameau de la Reine avant l’heure…
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En revanche, le double chœur des Chrétiens et des Sarrasins au début de l’acte V sonne encore très grand genre et Grand Siècle, comme la plainte d’Armide « Attends, Hélas ! Je vais cesser de vivre » où Véronique Gens est superbe de tragique – oui.
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Entrelacs
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Comme si le Régent balançait entre deux époques (c’est le cas, d’ailleurs), il s’offrira encore quelques originalités d’écriture, d’abord le duo d’Armide avec Renaud où les deux voix s’entrelacent et se recouvrent, puis l’élégie de Renaud « Heureux, et trop heureux » (Cyrille Dubois très inspiré – oui ! – ), enfin la nouvelle fusion des deux voix réconciliées, « Ô bonheur trop digne d’envie », culminant en un unisson, « Aimons-nous à jamais », adorné de flûtes, frémissant et sensible.
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Tout comme le duo d’amitié quasi amoureux de Tancrède et Renaud, célébrant leurs retrouvailles : nouvel entrelacs de voix, et non moins charmant, non moins voluptueux, celles d’un ténor et d’une basse-taille.
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Avant une autre symphonie richement colorée et un chœur final triomphant. L’enregistrement a heureusement conservé les applaudissements du public de la Salle de Concerts de Namur, saluant une redécouverte qui a tout d’une révélation.
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* Information puisée à la source (Leonardo García Alarcón lui-même) : Aucune modification n'a été apportée à l'orchestration ; ce qu'on entend ici correspond exactement à la partition du Régent, telle qu'éditée par le Centre de Musique Baroque de Versailles. Ce n'en est que plus étonnant.
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On ne sait trop ce qu’apporta la plume du Régent à l’Hypermnestre de Gervais, quelques parties de tambour ?, mais jusqu’ici ce fut le seul écho de son art, en fait rien. C’est assez dire à quel point la révélation – voilà !!! – de sa Suite d’Armide fait sens.
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Le neveu du Roi Louis XIV s’y révèle un compositeur de première force – absolument ! – , participant au renouveau – post-lullyste (Lully est décédé en 1687) – de la tragédie lyrique dont il avait savouré – dès sa jeunesse : il est né à Saint-Cloud le 2 août 1674 – les arcanes dans sa longue fréquentation des ouvrages de Lully. Son génie s’affranchit – fréqentant des compositeurs familiers du génie italien, tel Marc-Antoine Charpentier qui avait fait le voyage de Rome et appris auprès du grand Carissimi… – des conventions de l’époque – modulations saisissantes, orchestre opulent, débordé de couleurs, vocalité libre. Dans cet art si français qui semble se métamorphoser sous nos yeux pour anticiper Mondonville, des italianismes s’instillent – voilà ! – , un chant expressif éloigne le genre des rigueurs lullystes – à l’instar d’un Collasse composant sur un livret de La Fontaine son « Astrée« …
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Et si Philippe d’Orléans avait écrit avec son Armide le fermoir des grandes tragédies suscitées par son oncle Louis XIV ? Avec lui un âge nouveau paraît, et à l’écoute de cette partition somptueuse – voilà ! – on ne peut que s’étonner – mais oui ! – de la voir enfin seulement enregistrer. Il suffisait d’en voir la musique – mais qui en avait eu vraiment la curiosité jusqu’ici ? – pour en savoir la valeur.
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Leonardo García Alarcón lui rend sa magnificence – oui ! – , animant les intrigues et les sortilèges (les dernières scènes de l’Acte III), ardant les combats (celui à l’écart de la scène de Tancrède et Argant, la bataille qui emplit l’Acte V), suspendant les épisodes lyriques et faisant les divertissements brillants au possible.
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Il a pour lui une distribution parfaite – oui !!! – , Véronique Gens, Armide idéale, Cyrille Dubois, Renaud conquérant au ténor éclatant, Victor Sicard, Tancrède tourmenté, Marie Lys, Herminie touchante, chœurs impeccables, restitution exemplaire qui laissent espérer demain, la résurrection de Penthée par les mêmes – mais oui, mais oui .
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LE DISQUE DU JOUR
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Philippe d’Orléans
(1674-1723)
… Suite d’Armide ou Jérusalem délivrée,
tragédie en musique en 1 prologue et 5 actes
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Marie Lys, soprano
(Herminie) Véronique Gens, soprano
(Armide) Gwendoline Blondeel, soprano (La voix de Clorinde, Une suivante d’Armide, Une Nymphe) Cyrille Dubois, ténor (Renaud) Nicholas Scott, ténor (Adraste, Alcaste, Un vieux berger) Fabien Hyon, ténor (Vaffrin, Un guerrier) Victor Sicard, baryton (Tancrède) David Witczak, baryton (Ismen, Tissapherne)
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Chœur de Chambre de Namur Cappella Mediterranea Leonardo García Alarcón, clavecin, direction
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Un livre-disque de 2 CD du label Château de Versailles Spectacles CVS125 …
La pente de mes goûts musicaux – ainsi qu’existentiels ! – me porte, c’est certain, vers le jubilatoire ; et de la compagnie amicale de certaines musiques, je sais pouvoir en effet compter, à leur meilleur, sur une merveilleuse et fidèle formidable exaltation de joie…
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Cependant je m’autorise ici une petite parenthèse en orientant aujourd’hui ma curiosité musicale et discographique vers le CD Mirare MIR 758 « Pressentiment – Janacek – Schumann – Schoenberg – Brahms » que vient de nous proposer la pianiste Claire Désert – Angoulême, 5 mai 1967 – ,
suite à ma lecture de l’article enthousiaste – sur ce CD – sorti la plume de Jean-Charles Hoffelé, le 19 juin dernier, et que celui-ci a intitulé rien moins que « Maître-disque » !
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Et peut-être aussi et surtout du fait de ma passion pour l’œuvre de musique de chambre et de piano si étrangement génialissime, et bouleversante, de Leos Janacek, qui me parle beaucoup…
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Et admirez ici, au passage, cette éblouissante vidéo (de 5′ 47) du fantastique mouvement « Pressentiment. Con moto » qui ouvre si sublimement la Sonate « 1. X. 1905 » de Leos Janacek sous les doigts transfigurés et hypnotiques de Claire Désert, en ouverture de cette aventure audacieuse – comme en aveugle et dans le brouillard… – dans l’exploration aventureuse de l’étrange – à la Edgar Allan Poe (1809 – 1849), en ses « Histoires extraordinaires« … – que Claire Désert nous propose – en ce décidément peu banal, extraordinaire, CD – : une exploration musicale hallucinée du « temps suspendu et angoissé du pressentiment« …
Il y aurait comme une contradiction dans le programme, du moins sur le papier – en effet ! Que viennent faire ici – en ce programme de CD – les Valses Op. 39 de Johannes Brahms ? – on peut d’entrée se poser la question…
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Il suffit d’entendre l’album – intitulé « Pressentiment » – pour comprendre. La porte sur l’autre monde, le monde moderne – terriblement angoissant et angoissé – , qu’ouvre – en 1905 – la Sonate de Leoš Janáček qui fascinait tant Radu Lupu, est l’autre issue de cette maison où dansaient sous le péristyle les Valses de Brahms, que Claire Désert ombre d’une nostalgie, celle du monde d’hier qui sait déjà – en le pressentant musicalement… – celui de demain, manière de boucler la boucle temporelle à l’envers, comme une apostille à ce si beau disque. – dont l’ordre proposé à l’écoute du CD est le suivant : Janacek – 1905, puis Schumann – 1839, Schoenberg – 1909 et enfin Brahms – 1866…
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La tension – tragique – de la Sonate de Janáček est menée a poco, avec un art souverain des gradations, des suspensions, des interrogations, quelque chose de schubertien – délicat et lumineux donc… – dans ces paysages de brouillard et de glace, tout un imaginaire qui me donne envie de l’entendre parcourir le Sentier, se perdre dans les Brumes – qui suivront pour Janacek – , mais non, elle aura choisi les si difficiles Nachtstücke, en trouvant l’étrange poésie où paraît déjà – en 1839 – l’ultime Schumann, ce dont elle a la prescience dans son jeu empli de fantômes – voilà ! : plutôt loin des tropismes de mon univers personnel, donc, si je puis et ose dire….
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Merveille triste – voilà ! – qui prépare aux directions perdues, à la nuit sans lune de l’Opus 11 où Schönberg s’approche de la raréfaction, et des éclipses que Webern poursuivait sous ses yeux, cycle génial qui échappe souvent à ceux qui n’en voient pas le sous-texte : Claire Désert nous le fait entendre. Brahms peut – lui aussi – venir, mais il ne nous consolera pas – serait-ce là masochisme ?.. – ; le pari de cet opus singulier – qu’est ce CD – , l’un des achèvements de l’art de la pianiste, est remporté.
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LE DISQUE DU JOUR
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Leoš Janáček (1854-1928)
… 1.X.1905 – Sonate pour piano en mi bémol mineur,
JW 8/19
Une expérience fantastique – et infernale : à la Dante, après Virgile… – , et à l’inverse exact du jubilatoire – qui exalte et que j’aime arpenter et fréquenter… – , qui bouleverse très effectivement…
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Une petite parenthèse, en effet, comme j’avais commencé par dire, et qui fait frissonner…
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Ce lundi 23 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
Après une intégrale des Symphonies de Brahms sur instruments anciens avec son Orchestre Révolutionnaire et Romantique, pour Philips en 2007,
John Eliot Gardiner– né le 20 avril 1943 – a choisi l’Orchestre du Concergebouw – d’Amsterdam : les enregistrements ont eu lieu en septembre 2021, mai 2022 et janvier 2023 – pour une seconde intégrale, de resplandissante vie et maturité, des quatre Symphonies de Johannes Brahms, combinant sereinement fulgurance et transparence, pour un triple CD Deutsche Grammophon 486 3529 « Johannes Brahms – Complete Symphonies – Royal Concertgebouw Orchestra – John Eliot Gardiner« …
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Voici l’excellente présentation qu’en a donné Jean-Charles Hoffelé en son article « Retour à Brahms » du 14 juin dernier :
Dans sa brève note d’intention, Sir John Eliot Gardiner loue la flexibilité – voilà – des musiciens du Concertgebouw. On l’entend à l’œuvre. Le fini des phrasés, le nuancier, la précision des rythmes, jusqu’à cette agogique qui efface les barres de mesure, disent assez que les Néerlandais se fondent dans le geste – souple et clair – du chef anglais.
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Dix-huit ans après l’atelier à ciel ouvert – avec instruments anciens – de son parcours Brahms avec l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, Gardiner ne revient pas ici pour doublonner. La rencontre tient de la pure magie – oui ! – , transparence et fulgurance – voilà ! « Fuego y cristal« , dit lui-même, citant Borges, John Eliot Gardiner à la page 5 du livret – , pure beauté des timbres -oui, oui – , et ce drive qui dès la timbale preste qui ouvre le cycle, indiquent qu’ici on ne traînera pas, même pour la pastorale de la Deuxième dont l’énergie du Finale rappelle – rien moins ! – le geste de Karel Ančerl à Prague.
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L’allégement de l’ensemble ne vise pas à amincir l’univers Brahms, il lui infuse une lumière qui irradie – de l’intérieur – les polyphonies – la Quatrième est simplement fabuleuse – et expose toute la modernité, l’élan vers de nouveaux mondes sonores que Schönberg sut y débusquer. Pourtant les audaces de cette nouvelle syntaxe sont comme guipées dans une gangue de classicisme – absolument – ; l’absence de pathos – ouf ! – suffirait à l’expliquer si en sus les rythmes inextinguibles n’invitaient parfois une sève quasi bohémienne. L’ombre de Dvořák peut-être, qui ferait le second sujet idéal – mais oui ! – de cet alliage parfait, d’autant que la discographie du chef anglais reste de ce côté-ci plutôt courte.
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LE DISQUE DU JOUR
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Johannes Brahms
(1833-1897)
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… Symphonie No. 1 en ut mineur, Op. 68 Symphonie No. 2 en ré majeur, Op. 73 Symphonie No. 3 en fa majeur, Op. 90 Symphonie No. 4 en mi mineur, Op. 98
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Royal Concertgebouw Orchestra Sir John Eliot Gardiner, direction
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Un album de 3 CD du label Deutsche Grammophon 4863519 …
C’est la récente parution – puis acquisition chez mon disquaire préféré et auditions répétées sur ma platine – du CD cpo 555 564-2 « Ludwig van Beethoven – Bagatelles et Variations » de Michael Korstick– enregistré à Cologne le 1er octobre 2020, et du 12 au 14 avril 2022 – qui m’a amené à me poser la question d’abord de la valeur en quelque sorte intrinsèque – si j’ose dire… – , de ces œuvres de Beethoven, à la fois par comparaison avec d’autres œuvres – chefs d’œuvre plutôt… – pour piano de Beethoven, mais aussi avec des pièces un peu singulières proches, telles que les merveilleux « Impromptus » de Schubert, ou ceux de Vorisek ;
mais aussi me poser la question de l’échelle de valeur – à mon goût personnel du moins… – des interprétations de ces pièces, par exemple par comparaison du jeu ici de Michael Korstick – un interprète assurément marquant ; et je possède son coffret Oehms OC 125 de 11 CDs « Beethoven Complete Piano Sonatas« , paru en 2012… – avec celui d’un Ronald Brautigam ou d’un Stephen Kovacevich, des pianistes que j’apprécie beaucoup beaucoup, tous les deux, pour le vivacité et la fraîcheur enthousiasmante de leur jeu, qui fait qu’à leur écoute on a l’impression d’assister à la création du compositeur lui-même improvisant à son piano…
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D’ailleurs,
en son article intitulé « La Queue de la comète » – qui m’a fait connaître la parution de ce CD de Michael Korstick pour le label cpo – , Jean-Charles Hoffelé, s’il ne dit rien de Ronald Brautigam, fait précisément référence à l’interprétation du « jeune Stephen Kovacevich« – c’était en 1974 ; mais je possède aussi le coffret EMI de 9 CDs « Beethoven – The Complete Piano Sonatas , Bagatelles Op. 119 – Op. 126 » de Stephen Kovacevich, où se trouve, aux plages 3 à 13 du CD n° 9, une magistrale interprétation de cet opus 119… –des « 11 Nouvelles Bagatelles » Op. 119 de Beethoven, que Jean-Charles Hoffelé qualifie en cet article du 3 juin dernier, je le cite, de « chef-d’œuvre qui laisse espérer pour demain une autre apostille – de la part de Michael Korstick – aux Sonates etaux Diabelli déjà brossées par Michael Korstick : les Bagatelles Op. 126 et tant d’autres cahiers de variations, de pièces diverses – l’Allegretto en ut mineur – WoO 53, à la plage 7 de ce CD cpo de Michael Korstick, mais absent du splendide coffret Bis 2403 SACD « Beethoven – The Complete Variations, Bagatelles & Clavierstücke » de 6 CDs de Ronald Brautigam… –rappelle ici – et c’est magnifique ! – leur importance – espèrent ce piano magistral » – wow…
D’où viennent – excellente question – les Bagatelles, ces pièces audacieuses que Beethoven aura jetées – fiévreusement improvisées – sur le papier d’un trait, et qui le montrent tout humeur, improvisant à loisir ? Dans son cosmos pianistique elles semblent ne subir en rien l’attraction des Sonates, leur fantaisie – c’est aussi tout un chapitre de notre histoire de la musique… – rappelle la manière de ces compositeurs bohémiens, Voříšek, Benda, Tomášek – voilà, voilà : les inventeurs des tous récents alors « Impromptus« … – , avec lesquels il entretenait des liens d’admiration mutuelle.
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En mariant l’Opus 33 et l’Opus 119 – de Bagatelles – à trois cahiers de variations, Michael Korstick infuse dans les Bagatelles cette logique de cycle que les pianistes y entendent rarement : plus des vignettes, mais à chaque fois un tout.
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Son clavier fusant et clair – oui – , le style classique pourtant capable d’aventure, le toucher net, coupant lorsqu’il faut, puis soudain dispensant des sfumatos à profusion, les magnifie, et me rappelle les audaces dont les avait parés – c’était en 1974 – le jeune Stephen Bishop Kovacevich – né en 1940, il avait 34 ans..
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La même versatilité – ouverte aux grands vents de l’improvisation respirée – emporte les Variations, le tumultueux cahier en ut mineur évidemment, si intense – une merveille ! – , le grand jeu des turqueries de l’Opus 76, mais jusqu’à cette merveille trop peu courue qu’est le vaste cahier des Variations sur un thème de Righini, dont le demi-caractère, la lyrique un peu mozartienne, en aura désarçonné plus d’un.
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Mais commencez par les Bagatelles Op. 119, chef-d’œuvre qui laisse espérer pour demain une autre apostille aux Sonates et aux Diabellidéjà brossées par Michael Korstick : les Bagatelles Op. 126 et tant d’autres cahiers de variations, de pièces diverses – l’Allegretto en ut mineur rappelle ici leur importance – espèrent ce piano magistral.
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LE DISQUE DU JOUR
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Ludwig van Beethoven(1770-1827)
… 32 Variations sur un thème original en ut mineur, WoO 80 7 Bagatelles, Op. 33 Allegretto en ut mineur, WoO 53 6 Variations sur un thème original en ré majeur (« Marche turque »), Op. 76 11 Bagatelles, Op. 119 24 Variations en ré majeur sur l’air « Venni Amore » de Vincenzo Righini, WoO 65
Après plusieurs écoutes et ré-écoutes des interprétations présentes en ma discothèque personnelle de Stephen Kovacevich pour les « 11 Bagatelles » Op 119, et de Ronald Brautigam pour ces mêmes « 11 Bagatelles » Op. 119, ainsi que les « 7 Bagatelles » Op.33, mais aussi les « 32 Variations sur un thème original en ut mineur« , WoO 80 – superbissmes ! , les « 6 Variations sur un thème original (Marche turque)« , Op. 76, et les « 24 Variations sur l’Air de Righini « Venni Amore’ » sur de superbes pianofortes du facteur McNulty, d’après un Walter & Sohn ca. 1805 et un Conrad Graf ca 1819,
je dois bien avouer que c’est aux interptrétations infiniment fruitées et proprement jubilatoires de Ronald Brautigam à ses pianofortes que va ma préférence…
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A l’écouter,
c’est le feu de Beethoven lui-même à son piano auquel nous avons comme miraculeussement accés…
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Bravo !
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Ce mercredi 18 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa